mardi, 20 novembre 2007
Pour un oui ou pour un non
La pièce de Saraute m'avait profondément marqué. Cette histoire d'amitié très ancienne qui bascule à cause d'une intonation m'avait terrifié, comme elle a sûrement bouleversé tous ses lecteurs ou ceux qui en ont vu une représentation. Parce qu'on sait bien, au fond de soi, à quelques exceptions près, comment certaines amitiés se construisent sur un malentendu ou un aveuglement réciproque et volontaire à l'endroit des défauts les plus insupportables de l'autre.
J'ai vécu une telle déchirure. Sur un sourire, une attitude, un ami de presque vingt ans s'est révélé tel que je SAVAIS qu'il était mais ne voulais pas me l'avouer. Nous restons amis, lâchement, par habitude. Quelque chose s'est brisé ou pire : englué, paralysé, fondu. C'est moins spectaculaire, un peu moins douloureux, mais tout aussi tragique.
(Extrait de "/Stances"")
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vendredi, 08 juin 2007
Proverbes perso
Bon d'accord, ceux qui fréquentent Kronix depuis longtemps connaissent déjà, mais soyez indulgents, y'en a qui bossent...
Abondance de nuits n’est pas bien
Au royaume des cyclopes, les borgnes sont pas fiers
Après la pluie, les escargots
Chat brûlé vif ne craint plus rien
Les bons comptes en banque font les bons amis
Comme on fait son lit, il faut le défaire pour se coucher
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mercredi, 06 juin 2007
Reviens
Au cours d'une émission, j'écoute Tronchet, auteur de BD, sur France Culture. Un collègue lui prête un crayon en précisant : « Il s’appelle reviens ». Or, chez lui, Tronchet a justement un taille-crayon, nommé aussi reviens. Il décide de les présenter l’un à l’autre. Emouvantes retrouvailles. Sont-ils frères ? Quelle destinée les a séparés et que vont-ils devenir, maintenant que le sort les a rapprochés ? Là, Tronchet se souvient que Jésus aussi s’appelait reviens. Serait-il le glorieux ancêtre d’une lignée aboutissant à cette étrange fratrie ? J’ai bien aimé ce délire.
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mardi, 05 juin 2007
A propos des "derniers jours d'un condamné" de Hugo
"A propos de cette victimisation d’un meurtrier. Hugo, malin, a évidemment détourné la question dans le but surtout de tendre à l’universel. D’ailleurs, il s’explique : « Ce livre est adressé à quiconque juge. Et pour que le plaidoyer soit aussi vaste que la cause, il a dû, et c'est pour cela que Le Dernier Jour d'un Condamné est ainsi fait, élaguer de toutes parts dans son sujet le contingent, l'accident, le particulier, le spécial, le relatif, le modifiable, l'épisode, l'anecdote, l'événement, le nom propre, et se borner (si c'est là se borner) à plaider la cause d'un condamné quelconque, exécuté un jour quelconque, pour un crime quelconque »
Ainsi, il s’épargne d’évoquer le sort de la ou des victimes, et de rendre antipathique son personnage principal. C’est facile. Pourtant, comme toi, j’y ai pensé. C’est bien triste, se dit-on, mais il n’en serait pas là, si…
Là, je me demande si l’anecdote de l’autre prisonnier, celui dont l’histoire rappelle celle de Jean Valjean, galérien récidiviste, n’est pas là pour donner un point de vue là-dessus. Les meurtriers (à moins qu’ils ne soient fous, ce qui est une autre affaire, tu seras d’accord), ne sont pas meurtriers par nature ou par goût, mais par la succession des circonstances, aggravés parfois (mais parfois) d’une absence d’exemple moral (mais qu’y peuvent-ils ?). Un vol mineur, une condamnation, de mauvaises fréquentations, un vol plus grave, la brutalité comme seule langage, la nécessité comme morale de l’existence, et voici notre meurtrier prêt à passer à l’acte. Le libre arbitre a de ces limitations dictées par l’exercice de la survie.
Alors, que doit-on punir, et comment ?
Chez Robert Badinter (d’après un texte de 1971 sur l’affaire Buffet et Bontems), s’il est acceptable que la famille d’une victime réclame vengeance, au nom de la souffrance des siens (et comment raisonner un père dont la fillette a été massacrée de la manière la plus sordide ?), la condamnation à mort, dans notre société, est décision de justice, elle est donc la réponse de la loi au crime. Nous sommes alors dans un registre différent de celui qui voudrait trouver une équivalence entre le crime et la punition, et dont la loi du talion fut le modèle. L’équivalence est impossible. La mise à mort, même de la plus cruelle manière, ne soulage personne, n’apporte aucune réponse. Hugo renchérit sur le propos de Badinter (par antériorité si je peux dire) en déniant le pouvoir d’exemplarité de la peine de mort (Badinter rappelle que parmi ceux qui hurlaient « à mort » au procès de je ne sais quel assassin, se trouvait Patrick Henri), et le prétexte de la sécurité de la société « Vous objectez qu'on peut s'échapper d'une prison ? faites mieux votre ronde », résume Victor.
Ce qui subsiste enfin, si l’on a écarté le spectre des souffrances des victimes, si l’on dénie tous les bons arguments qui réclament un bon sang rouge, c’est la barbarie. La société accepterait de vouloir la mort de quelqu’un ? Elle endosserait le rôle du tueur, elle accepterait de perpétrer l’horreur qu’elle condamne ? Pour quel résultat : prolonger ou avérer un état de sauvagerie tellement répandu que ses avatars officialisés n’effraient plus ? On voit bien quel royaume de paix et de sérénité la peine de mort engendre dans les pays qui la pratiquent : Chine, Etats-Unis, Irak, Yémen…
Je dis cela, sachant que tu es convaincu qu’il fallait abolir la peine de mort, mais préoccupé de ne pas oublier l’horreur des souffrances des victimes.
Cette abolition pose des problèmes nouveaux. Je pense souvent au cas Guy Georges. Il y a quelque temps, à l’époque où j’avais une télévision, un document racontait l’histoire de ce meurtrier en série, et montrait le point de vue des parents des victimes. Des jeunes femmes, parfois à peine plus âgées que ma fille. Aujourd’hui, Guy Georges est en prison, oui, mais il est marié, peut avoir, pourquoi pas, des enfants. Tandis que les parents de ses victimes, parfois trop âgés, n’auront plus de descendance. Cette projection d’un bourreau dans son propre avenir, par progéniture interposée, alors que les familles qu’il a endeuillées n’ont plus d’avenir, est terrible, et nous met violemment face à nos capacités de pardon. Oui, on voudrait une vengeance, on voudrait qu’il payât. Mais surtout, qu’il ne s’en sorte pas mieux que ses victimes. Hugo n’avait pas prévu ce cas de figure. Quel récit aurait-il tiré de cette autre injustice ?"
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lundi, 28 mai 2007
Dernière lecture. Premières impressions
Un point sur la dernière séance de lecture du Baiser de la Nourrice, samedi 26.
Le public était plus que restreint, mais ceux qui étaient venus, qui étaient là depuis le début, ont écouté avec attention (malgré mes craintes : j'étais persuadé d'avoir perçu de l'ennui à certains moments, on m'a assuré que non) la lecture effectuée par Jean Mathieu, Dominique Furnon, Jean-Luc Lavrille et moi-même.
La lecture en public d'un de mes romans est une première pour moi, et elle fut suivie d'une autre nouveauté : un débat. La première fois qu'un public réagit, questionne, échange, propose, analyse, projette... un moment bouleversant pour moi. L'occasion d'expliquer ma démarche, de décrire le processus, la maturation d'un projet littéraire, tenter de formuler ce qui fut longuement élaboré dans le silence et la solitude... ce que je n'aurais jamais cru devoir délivrer, soudain libéré par l'attention intelligente des autres. C'est un grand bonheur et un grand honneur d'avoir vécu cela.
Il est possible que de cette première découle d'autres événements, mais restons prudents, nombre de projets ainsi lancés n'aboutissent à rien.
Retour à présent au silence économe de mon travail, devant l'écran. l'écriture est avant tout une méditation.
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samedi, 26 mai 2007
Le baiser de la nourrice
La troisième et dernière partie du baiser de la nourrice, sera lue ce soir, samedi 26 mai, à partir de 19h30, à Saint-Haon le Châtel, au Castel des Arts, par Jean Mathieu, Dominique Furnon et Jean-Luc Lavrille.
La lecture (d'une durée d'une heure trente environ) sera suivie d'un débat.
Entrée libre, évidemment.
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vendredi, 18 mai 2007
Le baiser de la nourrice
Le sujet du baiser de la nourrice est l’adaptation des bandits aux systèmes tyranniques. Les individus, parmi les plus cyniques et les plus amoraux, se débrouillent mieux dans cette atmosphère, parce que les dictatures voient le triomphe des crapules.
Le baiser de la nourrice est conçu comme un livre-avalanche, un texte-éboulement, qui glisse du premier au dernier mot, une idée succédant à une vision, une pensée imbriquée dans une sensation, le tout amalgamé de telle sorte au sein d’une syntaxe complexe, que le lecteur doit se retrouver au milieu d’une page en se demandant à quel instant, à quel instant précis, il a pu passer d’une nappe de brume décrite comme une bouche fascinante, à la peur du regard de collègues de bureau représentés en animaux de zoo (oui m’sieur !).
Le baiser de la nourrice vise l’asphyxie, le récit comble les pages à de rares exceptions près, les phrases s’éternisent, meurent d’elles-mêmes, s’épuisent et épuisent la lecture. Pour les mêmes raisons, pas de renvois, pas de chapitres, pas de saut à la ligne.
A mon sens, jusqu'à la démonstration que m'en fit un soir Jean Mathieu, je croyais ce texte impossible à lire à haute voix. Jean m'a donc prouvé le contraire, il m'a même révélé des nuances que j'ignorais avoir placées !
Qu'il soit ici remercié. A l'heure qu'il est, je suis fébrile et inquiet. Surtout, y aura-t-il suffisamment d'auditeurs, pour ne pas transformer cette lecture en un long cri âpre dans le désert ?
Nous en reparlerons ici, quoi qu'il advienne. Et si vous saviez comme je suis fier... au moins autant que je suis angoissé.
Donc : Première partie, samedi 17 h 30, cour de l'Hôtel Pelletier - Deuxième partie, dimanche 14 h 30, castel des Arts. Saint-Haon-le-Châtel.
18:45 Publié dans Fonds de tiroirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 11 mai 2007
Une chaussure 2/2
Grand-père était cordonnier orthopédiste. Il imposa à la plante de mes pieds plats, que l’enfance aurait dû rendre malléable, des semelles de sa création, outrageusement cambrées. Il confectionnait avec amour ce cartonnage rigide de couches de cuir, assemblées à l’aide de rivets chromés. Une merveille technologique, un instrument de torture individualisé, comme j’en connus plus tard avec les appareils redresseurs de dents rebelles. Inéluctablement, je grandissais, mes pieds aussi, mais les voûtes plantaires ne se voûtaient pas ; grand-père accentuait la cambrure de ses semelles, qu’il glissait à l’intérieur de la nouvelle paire de chaussures que mon changement de pointures exigeait. Les premiers jours, c’était horrible. Tout mon corps se révoltait contre cette sensation de marcher sur des galets embarqués. Dès que possible, je cachais ces maudites formes de cuir et marchais, soulagé, dans l’espace réintégré de mes chaussures neuves. A l’approche d’un parent, je boitillais en plissant le front, mais la supercherie ne dura pas.
L’expression de souffrance que j’employai une fois sous le regard de ma mère, la fit s’insurger contre la trop forte contrainte que l’on imposait à mes jeunes membres. Elle demanda illico à son beau-père de remédier au problème : « Non, mais regardez comme il a mal ! ». Mon grand-père, s’excusant, contrit, me déchaussa pour assouplir les semelles immédiatement. De semelles, point. Sarcasmes du grand-père, confusion et colère de la mère, déconfiture du jeune comédien. Il me fut impossible ensuite d’échapper à la rééducation douloureuse de mes arcades plantaires. Je concevais désormais la vie comme un martyr interminable. Je compatissais au sort de la petite sirène, dont la lecture répétée m’offrait le frisson, incessamment renouvelé, de la description de sa marche sur ses pieds neufs : « A chaque pas, comme la sorcière l'en avait prévenue, il lui semblait marcher sur des aiguilles pointues et des couteaux aiguisés ». Mais cela n’atténuait pas la hantise de devoir déambuler sur les semelles maudites.
Il y eut pourtant une éclaircie. Il m’était conseillé de marcher pieds nus le plus souvent possible, et sur des terrains particulièrement irréguliers : chemins caillouteux, plages de galets, etc. Je découvris la volupté de marcher ou courir pieds nus dans l’herbe, sur les chemins empoussiérés ou les berges sablonneuses. Plus rien ne m’arrêtait : les sous-bois criblés de ronces, les gravières au relief blessant, les lits de rivière sournois… Je martyrisais mes pieds avec une frénésie masochiste. Au hasard des aventures, je me déboîtais les orteils, m’écorchais la plante des pieds, me tordais les chevilles si souvent qu’elles se fragilisèrent à l’excès. Je redoutais tellement le retour des semelles de grand-père, que je laissais mes parents dans l’ignorance de mes nombreux accidents. Mon obstination se solda par une sensibilité permanente de la cheville droite, un déhanchement discret, une position anormale du pied droit, plus tard des rhumatismes à cette articulation… et une espérance de vie abrégée de toutes mes chaussures droites.
Je repose mon soulier démoli. Pas peu fier d’avoir élucidé le mystère de la pompe droite qui se désagrège prématurément. Et je réajuste mon écharpe autour de mon cou endolori.
Pourquoi est-ce que je porte toujours une écharpe, même lorsqu’il fait chaud ?
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jeudi, 10 mai 2007
Une chaussure 1/2
La première chaussure qui cède est celle de droite. D’abord, une série de veinules dans le caoutchouc annonce qu’elle agonise. A ce stade, je commence à éviter les flaques, sans quoi j’arrive au travail les chaussettes humides. Là, discrètement déchaussés dans l’ombre de mon bureau, mes pieds sèchent, plus ou moins vite selon l’agitation de mes collègues et les effets de ventilation qu’elle provoque. Je continue pourtant d’ignorer la crevasse qui, sous la godasse, s’élargit de jour en jour. Enfin, la semelle s’ouvre complètement par le milieu. J’achète une autre paire ? Non, j’attends que la chaussure de gauche parvienne au même degré de détérioration que sa soeur. Il lui faut en général un peu plus de deux semaines. Cela me laisse le temps de ruminer cette interrogation obsédante : pourquoi la droite en premier, toujours ?
Quand je considère cliniquement mes souliers défunts, ou que j’observe leur lent effondrement dans les derniers jours, je constate que sur celui de droite, un affaissement précoce du contrefort s’est opéré. Je reconnais là le stigmate de déshabillages hâtifs au terme desquels pied et chaussure sont désolidarisés de force, sans délaçage préalable. Le geste qui, du bout du pied gauche arrache le talon du pied droit, est le même qui envoie les pompes en direction du meuble où elles devraient s’aligner proprement, mais où elles percutent leurs congénères et retombent au hasard, parfois trop loin pour être repêchées avant le lendemain. Voilà l’explication des contreforts abîmés, mais la semelle fendue ?
L’hypothèse absurde que je marcherais davantage avec le pied droit qu’avec le gauche, causant ainsi une usure plus rapide de ce côté-là, m’amuse un temps avant d’être abandonnée. Une inquisition plus précise me révèle une déformation vers l’intérieur de tout l’appareillage, déformation inédite à gauche. En fait, il apparaît que je marche différemment, plus « en dedans » du côté droit. Ah. Cette position anormale de mes tarses et métatarses sur le sol occasionne une torsion du cuir, des coutures et du caoutchouc, finissant par briser le matériau le moins résistant à cette contrainte particulière. Menant la réflexion plus loin, je rappelle le souvenir de sensations corporelles assez coutumières. Il s’agit de ces petits embarras, de ces élancements chagrins avec lesquels on apprend à cohabiter. Oui, c’est au côté droit de mon dos que j’ai constamment mal ! Et certains jours de marche forcenée –car cela m’arrive malgré mes préventions contre toute forme d’exercice physique- la douleur grimpe jusqu’aux cervicales. Je regarde mon pied avec suspicion. Ce serait toi, toi seul, le responsable de ma démarche lasse, de mes courbatures, de mes nuits gênées, de mes maux de tête ? Et même de la musculature étonnante de ma jambe droite ?
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mardi, 23 janvier 2007
Tant que l'humanité... 9/9
La tolérance, ainsi devenue source de pouvoir et moteur de pouvoir -mais de juste pouvoir- s'organise, devient efficiente, elle renie la complaisance pour lui préférer l'exigence. Aux yeux de ceux qui tolèrent désormais, l'intolérance paraît une lâcheté médiocre, un faux-confort. Il est possible alors de lutter. La tolérance, forte d'être partagée, peut imposer ses idées par la force de la conviction. Sa force vraie c'est la persistance, la constante présence au long de l'histoire de ceux qui ne veulent pas croire que la haine est une fatalité. Elle gagnera, comme la mémoire, comme la justice, tant que l'humanité n'aura pas choisi de perdre.
On peut croire en une humanité gagnée tout entière par la lumière de la tolérance. Cela viendra vite, à peine deux ou trois mille ans, mais cela viendra, c'est inéluctable. Les races, les religions, les nations, les frontières, tout ce fatras hérité de la préhistoire se muera en un principe, vainqueur des guerres et du commerce ; un vaste système d'entraide et d'alliances, de soutien et de vigilance qui se nommera humanité. Mais une humanité nouvelle, occupée d'autre chose que des intérêts de sa vallée, de son village ou de son frigo ; une humanité définie par le regard serein qu'elle porte sur elle-même, et propre à changer, à se questionner, à interpréter les stigmates du chaos, les paroles de sa propre critique. Une humanité définie par sa capacité à se penser entièrement, sans exclusive. Cette humanité, soucieuse de la terre qui la porte, attentive aux droits des générations futures, consciente de son passé, nous la préparons, nous en sommes le germe adolescent.
Nous cheminons vers la maturité de l'espèce humaine, véritable et seule entreprise qui vaille qu'on y brûle son courage.
La tolérance sera la respiration de l'humanité devenue adulte.
Fin
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