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Bonus 2

Cette scène, produite lors d'une session d'écriture particulièrement prolifique, a été refusée par François, d'emblée. Il ne l'aimait pas, et puis, c'est une idée de mise en scène, sans vrai fond, qui ne dit rien. Une fausse piste, quoi. je la livre ici, pour souligner combien on s'égare parfois, dans des registres de pure forme. Cela apparaît quand on est soudain persuadé de tomber sur une bonne idée. Dangereux, les bonnes idées.

 

Un personnage entre, un livre à la main. Ses lèvres articulent sans bruit le texte qu'il lit. Un autre entre, même jeu. Et ainsi de suite. Beaucoup de personnages se croisent ainsi, marchant, le nez dans leur bouquin. Ce sont des textes divers, parfois en langue étrangère. Leur voix s'élève au fur et à mesure qu'ils accélèrent la marche. Bientôt, on assiste au ballet de ces promeneurs, vociférant leur lecture. Sur scène, une sorte de chef d'orchestre intervient. Il frappe de sa baguette. Silence. Les marcheurs s'arrêtent, silencieux. Le chef fait un geste, les lecteurs, cette fois immobiles, se remettent à lire et, par les mouvements du chef, lisent à hauteur de voix différentes ; crescendo ou decrescendo.

Pendant ce temps, dans le public, d'autres distribuent des copies de textes divers, incitent à lire à haute voix. Petit à petit, les voix du public se mêlent à celles des acteurs sur la scène. On crée un brouhaha qui monte, monte. Puis le chef se tourne vers le public, module la hauteur des voix, comme il vient de le faire avec les acteurs. Il ordonne des silences, des reprises, des moderato, etc. Jusqu'à un crescendo final, puis silence.

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