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dimanche, 19 février 2017

3153

Le projet "Merveilleux Flaubert" s'étoffe. Les deux tomes prévus initialement (soit : rééditions luxueuses de Salammbô et de Voyages en Orient), seront enrichis d'une post-face de Frédéric Weil et... d'une (longue) préface de ma pomme ! Je suis très heureux et flatté (ne le cachons pas), de cette décision des éditeurs. Frédéric m'avait juste demandé un texte sur ma passion bien connue du Roman carthaginois du grand Gustave. J'y suis allé un peu fort, sans doute. Enfin, j'ai tenté d'amorcer quelques pistes originales (je crois), et donc, me voici catapulté préfacier de Salammbô, ça alors ! j'en suis tout retourné. N'hésitez pas à partager, et à participer à ce beau projet. Si le nombre de souscripteurs dépasse les 30, un nouveau volume s'ajoutera aux deux précédents : La Légende de Saint-Julien L'Hospitalier. L'un des Trois contes. Récit puissant, émouvant, dont le finale vous hante longtemps (et là, rassurez-vous, je n'ai pas fait de préface)

mercredi, 15 février 2017

3147

Ce sable qui est comme rien, et qui durera plus que nous.

vendredi, 10 février 2017

3141

Chers amis, électeurs de droite,

j'ai de la peine pour vous, je vous assure, sans la moindre ironie. Je me mets à votre place. Votre candidat relégué au troisième rang, conspué et déjà promis à la défaite, ou à une victoire guère reluisante. Vous enragez, ça se comprend. Surtout j'imagine le désarroi de ceux parmi vous qui sont obligés, depuis qu'il a gagné les primaires, de le supporter alors qu'ils savent bien que leur champion est un menteur.
Vous supportez très mal qu'on puisse acculer 2F à répondre aux interrogations légitimes que le public se pose. Au passage, il n'y a qu'en France qu'on s'en offusque. Il n'y a qu'en France que des journalistes applaudissent à la fin d'une conférence de presse où ils se sont fait copieusement insulter (alors qu'ils ont été plus que sympas, ont posé des questions insipides, sauf Mediapart, et n'ont pas osé évoquer l'affaire de la Revue des deux mondes, ou réagi quand 2F a dit avoir fait des conférences bénévoles en Russie -hein, quoi ? Bénévoles ? 2F fait du bénévolat ? Sans contrepartie ? Oho...).
Ne confondez pas la demande d'explications avec un harcèlement, un complot médiatico-politique. Quand 2F affirme, des sanglots dans la voix, pour expliquer ses erreurs et ses omissions, que tout ça lui est tombé dessus comme la foudre, sachez que c'est un mensonge. Le Canard rappelle dans ses colonnes, cette semaine, qu'il a interrogé 2 F dès le 27 novembre 2016, pour lui demander de réagir sur les éléments que ses enquêteurs avaient découverts. Découverts en travaillant sur les documents disponibles auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Nul besoin de complot, d'infos descendues de Bercy ou d'ailleurs. Tout était disponible aux esprits curieux. Je le rappelle ici parce que vous n'êtes pas forcément abonnés au Canard, et les autres journalistes en parlent peu. Vous devriez d'ailleurs lire ce journal plus souvent. Je vous assure que ça cogne tous azimuts et que Hollande en prend régulièrement pour son grade. Vous vous régaleriez. Le procès "uniquement à charge" dénoncé par 2F est une plaisanterie : il a refusé de répondre jusqu'à y être contraint.
Ne tapez pas sur la presse, ne hurlez pas au complot. Ce qui se passe est le signe d'une démocratie qui fonctionne. La semaine dernière, Eva Joly expliquait comment, quand elle s'est présentée pour les Présidentielles, elle a appris que des journalistes étaient allés enquêter sur elle dans son pays d'origine, en Norvège, pour voir si par hasard, elle avait bien payé ses impôts. Elle ne s'en offusque pas. Elle a estimé normal d'être ainsi mise à l'épreuve des faits, parce que la fonction qu'elle visait réclame d'être irréprochable, comme le disait justement 2F. Considérez honnêtement la défense de votre champion et concluez vous-mêmes. Pourquoi entamer cette démarche de procès en incompétence pour le Parquet national financier, si ce n'est pour gagner du temps, parce que 2F sait que de ce côté-là, la partie est perdue ? Son attitude et cette manœuvre panique effacent les derniers doutes sur sa culpabilité.
C'est malheureux. J'en suis triste pour vous et, croyez-moi, j'en suis triste pour nous, électeurs de gauche. Parce que nous détestons (là, je suis certain de parler au nom de tous), ne pas pouvoir débattre des idées et des choix de société à l'occasion d'un tel rendez-vous. Nous n'avons aucun intérêt à nous trouver en face de celui qui risque de ne s'avérer que comme une minable crapule. C'est indigne. Parce que la focalisation sur cette affaire n'empêche pas seulement d'exposer son programme, mais par effet-miroir, étouffe le(s) nôtre(s). Et nous savons bien qui en profite vraiment, n'est-ce pas ? Et ce n'est pas la gauche.

lundi, 06 février 2017

3136

Gustave Flaubert, à un éditeur qui voulait absolument illustrer Salammbô : "Vous voulez que le premier imbécile venu dessine ce que je me suis tué à ne pas montrer ?"

mercredi, 01 février 2017

3133

Permettez que j'utilise mon blog pour remercier un ami discret et généreux qui nous a, ma douce et moi, tout aussi généreusement et discrètement, abonnés au Canard enchaîné. Depuis plus d'un an (il a reconduit l'abonnement en 2017) nous nous régalons donc des trouvailles du palmipède, mais dans le dernier numéro, pardon, la jubilation est à son comble ! L'affaire Pénélope inspire nos journalistes et chaque papier est une mine de franche rigolade. Faut bien rire, hélas, de cette sinistre danse au milieu des marécages politiques (de peur qu'on ait à en pleurer, comme disait l'autre).

samedi, 21 janvier 2017

3122

Appréciation de monsieur Humbert, au sujet de son élève de 5e D, un certain Marcel Proust. Premier trimestre : « Cet élève fera beaucoup mieux quand il se laissera moins entraîner par son imagination déréglée ». Au deuxième trimestre : « Bon élève, absent et malade depuis la fin de janvier. » troisième trimestre : « A le plus vif désir de bien faire, mais se laisse trop entraîner par son imagination" (l'expression "peu ordinaire" qui suit est barrée).
Appréciation de M. Darlu, en philosophie, 6 ans plus tard : « Travaille autant que sa santé le lui permet. » Au deuxième trimestre, le même : « Beaucoup de facilité et de goût. Travaille autant que sa santé le lui permet. »

vendredi, 20 janvier 2017

3121

Il était pur, mais loin d'être irréprochable.

samedi, 14 janvier 2017

3115

Dans son journal, un ami écrit qu'il aimerait que, le jour venu, ce soit un homme qui lui ferme les yeux. Il en cite quelques uns, et mon nom apparaît alors. Je me découvre perplexe avant d'être honoré puis tout à fait ému. C'est ainsi qu'un autre ami m'a demandé que je lise un poème de Lamartine au dessus de sa tombe, le jour de son inhumation. Je ne sais si je mérite une telle confiance, mais elle atteste d'une amitié qui est née et se prolonge -voilà ce qui est doux- dans le partage du meilleur de la vie.

vendredi, 13 janvier 2017

3114

Je devais être en troisième. Notre gentille prof de Français nous annonça que nous allions étudier Le Père Goriot et demanda si un élève connaissait ce roman et pouvait en faire un rapide résumé, ou en introduire la lecture pour ses camarades. Je voulus bien et entrepris de raconter l'histoire. Pendant mon discours, je surprenais l'expression peinée de ma professeure, peinée mais encourageante, disant « oui, oui » à chaque phrase. Quand j'eus fini, elle prit la parole pour corriger mes éventuelles erreurs et amener le résumé vers un point de concordance ente nos deux visions. Effort remarquable, car elle n'avait pas osé m'interrompre tandis que j'exposais avec assurance l'argument et les moments clés de Raboliot.

lundi, 02 janvier 2017

3103

Les deux mots sont toujours là. Fidèlement, depuis dix ans. « Doux baisers » me déclare ma douce chaque matin, chaque soir, chaque fois que je me plante devant la glace, de mon côté de la salle de bains. Les lettres sont tracées au rouge à lèvres, renouvelées à chaque ménage, écrites et reprises sur le palimpseste de verre (c'est à peu près la seule utilisation que ma douce a du bâton de rouge, elle qui n'a pas besoin de paraître puisqu'elle se voit telle qu'en mon regard, et que ce reflet lui convient). « Doux baisers » dit naïvement et sans détour le miroir depuis dix années, dix années de déclaration permanente, de tendresse sans partage. Dix années passées comme un songe. J'ai pu croire un temps que j'aimais ma douce égoïstement, car on peut aimer dans l'autre le fait d'être aimé (surtout à ce point, qu'on peut comparer à de l'adulation). Mais un jour, d'inquiétantes nouvelles me firent entrevoir la possibilité que je finisse la route seul. Ce jour-là, un gouffre s'est ouvert. Heureusement, d'autres examens nous remirent sur les rails du bonheur sans défaut. Ma douce, merci pour ces dix années, merci d'avoir soutenu le projet fou de la vie que nous menons aujourd'hui. Doux baisers à toi. Bon anniversaire à nous.

mercredi, 30 novembre 2016

3076

Un ami, l'ami de cet ami, et moi, construisons une charpente que nous couvrons de tuiles de récupération. Je vais pouvoir remettre en service un poulailler pour le début de l'année qui vient. La matinée est bonne, la pluie a suspendu son harcèlement pour nous encourager. Ça rit beaucoup, ça bosse, ça avance. Et puis, un coup de fil nous apprend qu'une très chère amie, belle jeunesse de 90 ans, galaxie de gentillesse et de savoir, immense lectrice et précieuse personne, a été agressée devant chez elle, bras tailladés à coups de cutter pour lui arracher son sac, beaucoup de sang et de peur.
Ce n'est pas haut, le toit d'un poulailler, mais la descente sur terre est bien rude.

mardi, 11 octobre 2016

3035

Comme d'autres, je remarque la timidité des réactions à gauche (ma gauche, dirais-je pour faire court) quand une bande attaque des policiers avec la volonté manifeste de les tuer, et de les tuer avec un surcroît de cruauté (et peut-être aussi une économie de moyens) : par le feu.
J'ai moi-même eu des réticences à entreprendre d'écrire là-dessus. Non pas que la condamnation d'un tel acte soit discutable, mais qu'il nous est difficile (« nous » : voir première parenthèse) de ne pas équilibrer cette condamnation par une analyse sur les causes de cette tentative de meurtre. Or, en l'espèce, l'analyse paraît une excuse, une volonté de relativiser, et disqualifie aussitôt tout discours qui voudrait s'emparer de faits aussi effarants et ignobles pour en dégager des causes.
C'est ce pénible constat qui inhibe la pensée et contraint les plus soucieux de tranquillité à abandonner la recherche de la compréhension des faits pour préférer s'indigner (dans le meilleur des cas) ou parfois hurler avec les loups. « Au meurtre ! » pour « Comment en est-on arrivé là ? »

jeudi, 06 octobre 2016

3029

Dans cet hôtel, assez loin dans la montagne, à l'écart des grands axes, la direction a tout de même perçu les vastes mouvements de la mondialisation. Elle s'est pliée à l'exercice et affiche une présentation, en anglais et avec photos, du personnel de l'établissement. Une dizaine de portraits sont donc affichés, appuyés d'une phrase qui précise les aptitudes de chacun en langues étrangères. Invariablement, à côté de chaque employé, on peut lire : « speak french »... et rien d'autre. Je trouve charmant qu'on prévienne le touriste britannique égaré, qu'ici, de toute façon, personne ne peut rien pour lui.

mardi, 04 octobre 2016

3028

« Je n'ai pas pour habitude de... » commença-t-il, avant de trahir un de ses défauts les plus courants.

lundi, 26 septembre 2016

3023

Le machisme doit commencer quand on laisse sa douce repeindre une fenêtre pendant qu'on écrit, et qu'elle-même vous y encourage. Le machisme n'existerait pas sans l'amour des femmes.

dimanche, 25 septembre 2016

3022

Dans un village d'un millier d'âmes, près de chez nous, quelques dizaines de migrants vont être accueillis dans une colonie de vacances. Outrage, scandale ! La représentante du FN (pourquoi y a-t-il tant de femmes heureuses d'incarner l'extrême-droite ?), est venue de Roanne, non loin, pour exciter la foule. La réunion prévue par la mairie a fait le plein. Pour les réfugiés, l’État a réquisitionné le bâtiment le temps de sa désaffection, les six mois d'automne et d'hiver. Les Afghans et Syriens accueillis ne seront que des hommes, ils vivront en reclus dans le château (il paraît que c'est un château), leur nourriture sera achetée aux commerçants locaux. Quel est le problème ? Le problème est la bêtise, le problème est la haine entretenue, le problème est la stigmatisation et le repli d'un société devenue sourde à la détresse des autres. « Ils vivent dans un château et on paye avec nos impôts » disent ceux qui bénéficient de niches fiscales, « pendant la guerre, nos parents n'ont pas fui devant les Allemands » disent les amnésiques, « On arrive même pas à s'occuper de nos SDF » disent ceux qui n'ont jamais participé à une collecte et gardent leur aumône, « Comment vont-ils assouvir leurs besoins sexuels ? » s'interrogent les plus subtils ; « et ils auront une piscine !!! » renchérit le maire de Roanne qui ajoute « et comment être sûr qu'il n'y a pas de terroristes parmi eux ? » pour apaiser le débat sans doute. Tout est de ce niveau. Le maire de la petite commune, qui s'est vu imposer cette décision d’État, tente d'élever le débat, appelle à la dignité. Cris de haine, de colère, sifflets, bronca, déclarations excédées, bave aux lèvres et rugissements. Les moutons se voient plus grands, quand leur échine se hérisse. Avec ma douce, nous avons hésité longtemps avant de renoncer à nous rendre à cette réunion, parce que nous devinions que nous en reviendrions malades. A lire le compte-rendu du journal, à entendre les témoins, nous avons bien fait. Maintenant, ma douce va demander à l'association et à la mairie comment elle peut se rendre utile auprès de ces infortunés. Je vous tiens au courant. Toute cette bêtise écœurante… Je me dis « c'est la campagne » et puis un ami me rappelle les manifestations des bonnes gens du XVIe dans un moment semblable. Et dire que ce pourrait être pour tous ceux-là, l'occasion de faire une fois dans leur vie un acte qui les élèverait, les rendrait fiers, leur donnerait à eux-mêmes une image acceptable, éventuellement, les mettrait en accord avec les propos entendus à la messe, le dimanche, pour voir ce que ça fait.

samedi, 24 septembre 2016

3021

Le discours de la veuve qui se résuma à un compte-rendu factuel de la vie de son mari, et le fait que la famille ne se déplace pas jusqu'au cimetière, confirmèrent l'opinion générale. Le défunt avait été un suprême enfoiré.

mercredi, 21 septembre 2016

3018

J'aime l'automne. Mais, hirondelles parties, brouillard matinal, bureau plus frais quand je m'y installe, jour raccourci… c'est de voir s'éteindre l'été qui me peine.

jeudi, 15 septembre 2016

3013

A vos postes ! Déambulation télévisuelle.
EMI_602362.jpgEn ce moment, je n'écris plus, je ne lis plus. Je regarde des trucs débiles à la télé. Un téléfilm, hier soir. Je débarque dans cette série policière française, averti par Télérama qui l'a sanctionnée par un signe moins. Il y a belle lurette que je ne fais plus confiance à ce magazine pour juger de ce que j'aime ou pas. Je vois qu'il y a Lionnel Astier, ça suffit à mon bonheur. Je regarde donc. Je comprends au bout de dix minutes que le moins est un plafond dans la notation pour ce genre de daube. A part Le Bihan qui est arrivé dans ce métier sans avoir la moindre intention de l'honorer, tous les comédiens font au mieux pour donner corps à leurs personnages inconsistants et prononcer des dialogues mal écrits, (pas toujours d'ailleurs, comme si deux auteurs, un mauvais et un correct, s'étaient partagé le boulot) dans un scénario invraisemblable. C'est surtout là que ça pêche. Ho là là. Retournements et coups de théâtre qui font pousser des ricanements d'aise, pistes négligées, indices oubliés (« Mais enfin, ils vont le faire analyser ce putain de sang à l'arrière de la bagnole ? » Réponse : jamais. « Mais enfin, personne ne s'interroge sur le coup reçu en plein crâne par le flic (Lionnel Astier, deux répliques et illico à l'hosto) ? » Réponse : si, si, on arrive, holà, pas si vite, on a notre temps. C'est juste un collègue qui a failli se faire buter à coups de piolet, après tout. « Il vient de se réveiller, vous lui demandez pas s'il a vu son agresseur ? » Réponse : Jamais. « Les interrogatoires, vous les menez toujours dans les couloirs, au fond de la cambrousse, ou dans les cuisines chez les gens, sans jamais prendre de notes ? » Réponse : écoutez, laissez la police de ce téléfilm faire son travail, nous ne manquerons pas de vous faire part de...). La résolution de l'énigme provoque chez le spectateur une moue fataliste. La fin a ceci de bon qu'elle permet d'éteindre le poste et de se réapproprier instantanément le cerveau qui ne s'était de toute façon pas impliqué totalement. Je zappe sur les nombreuses chaînes du PAF. Je sais que, désormais, de nouvelles aventures m'attendent.

lundi, 12 septembre 2016

3010

Visage figé, immobile, cou dégagé, sans lunettes. Me voici déguisé en photo d'identité.