vendredi, 21 août 2009

Avatarte

Vu les premières images d'Avatar, la fameuse révélation cinématographique de Cameron. Déçu. Créatures et monde déjà vus dans la BD et dans l'animation depuis des dizaines d'années, chez Corben, Mézières ou Vatine (que je n'aime pas, d'ailleurs, Vatine). C'est sur écran, en 3D ? Et alors ? je suppose que c'est seulement bien fait. Moi, j'attends que ce soit original. Ce sera pour une autre fois.

jeudi, 20 août 2009

L'autre dimension de la 3D

Je suis sûrement un peu parano, mais je trouve très suspect cet engouement pour le cinéma 3D, ces derniers temps. Tous les films d’animation ou presque sortent (voir re-sortent) en relief, le reste de la production s’engouffre dans le même élan, bons et mauvais films compris (autrefois, le relief était l’apanage des licences en perte de vitesse : « Jaws », « Emmanuelle », « Halloween », etc.). La technique de base n’est pas nouvelle (l’image stéréoscopique date des débuts de la photo, il y a plus d’un siècle), mais ce qui change, c’est l’obligation pour les salles, si j’ai bien compris, d’être équipées en numérique. Ce qui, dans un premier temps, va favoriser les multiplexes. Dans un premier temps…
Si le phénomène se propage et s’accélère, il ne sera plus possible aux exploitants de ne pas suivre le mouvement. Or, le remplacement des projecteurs classiques (déjà des outils très coûteux) par leurs équivalents numériques coûte une vraie fortune, oblige à un endettement supplémentaire, malgré les aides du CNC en matière d’investissement. (une petite part sur le billet d'entrée que vous payez au cinoche va dans une cagnotte dédiée à la modernisation des salles) Ensuite, il découle du passage au numérique une autre modification dans le circuit de distribution du cinoche : plus de pellicule, mais des fichiers, que l’exploitant pourra obtenir via internet par abonnement ou contrat avec une « major ». Quand il aura payé son projecteur et son abonnement (ses abonnements, en fait : un par compagnie), il lui faudra certainement acheter le logiciel adéquat (et pourquoi pas les logiciels : un pour chaque « major ») ainsi que les mises à jour constantes que ces merveilles technologiques nécessiteront (vous voyez déjà le tableau ?). Quand tout cela sera bien en place, les producteurs indépendants n’auront pas d’autres choix que de se mettre, eux aussi, au tout numérique (avec les économies de coût que ces techniques induisent d’abord dans le processus de production des films – et de diffusion aussi. Enfin, dans un premier temps, toujours) et par qui seront-ils obligés de passer, pour diffuser leurs films ? Vous croyez que les patrons des multiplexes, qui auront investi des fortunes pour faire passer les block busters dans leurs salles, vont encore acheter des systèmes d’exploitation pour les indépendants ?
A ce moment-là, les dernières salles « chimiques » auront disparues, faute de pouvoir assumer de tels investissements, et comme les salles « numériques » ne voudront pas faire passer de films indépendants, c’est la mort du cinéma d’auteur (ou bien, un renouveau via le net ?).
Je ne suis pas parano, donc (enfin, je me soigne), mais je me demande tout de même s’il ne faut pas voir dans la multiplication des films en relief une offensive radicale des grandes maisons, notamment américaines, pour détruire ce qui subsiste des productions nationales ou confidentielles. Le débat est ouvert.

vendredi, 28 novembre 2008

De confiance

Vu l'autre jour en DVD (du coup, l'appellation "Cinéma" pour cette rubrique est assez spécieuse, mais tant pis), "Deux jours à tuer" de Jean Becker et avec Albert Dupontel. Film sans grand intérêt, mais qui m'amène à parler de confiance.

Dupontel, très vite déplacé de ses stands up qui agaçaient les bien-pensants critiques de Télérama, toujours prompts à déceler racisme, antisémitisme dans les propos les plus second degré, et après quelques court-métrages, avait entamé une carrière d'auteur de films "en marge" avec "Bernie". Film fort, irritant, décalé, brutal. Un autre film, "Le créateur" 'avec Terry Jones dans le rôle de Dieu, était un de ces hymnes jubilatoires et décalés dont le cinoche nananère a bien besoin de temps en temps. Dans les rôles qu'il choisit, pour un cinéma plus conventionnel, Dupontel fait souvent preuve d'un goût sûr. Bref, j'aime bien Dupontel. Avec lui, je marche à la confiance. Donc, n'ayant pu voir "Deux jours à tuer" en salle pour raison de boycottage du multiplexe où il est passé, j'achète le DVD du film. De confiance, sans m'interroger sur le nom du réalisateur, dont je n'ai rien vu jusque là*. Le propos (un type qui craque, envoie promener famille et amis et se barre de chez lui), cautionné par la présence de l'acteur, me suffisent.

"Deux jours en été", après un début assez jouissif et destructeur, se transforme en mélo insupportable et caricatural comme un dernier paragraphe de nouvelle policière, quand l'auteur tient absolument à caser la "révélation" censée mettre le lecteur sur le cul. Film autodétruit, curieux métissage de cynisme et de mièvrerie, le film de Becker n'est ni satyrique ni émouvant, du coup. Il échoue sur ces deux tableaux.

Enfin -attention : je dévoile ici un ressort essentiel de l'intrigue- quand on apprend que Dupontel s'est fâché avec tout le monde (ses clients : il travaille dans la pub (très original), sa belle-mère est une garce qui terrorise son mari, ses amis sont des petit-bourgeois satisfaits et avides) pour partir, mourir auprès de son père, sans qu'on le regrette, quelque chose cloche a posteriori : le problème est qu'il a bien dit leurs vérités à chacun, dans une scène explosive (mais désamorcée du coup, puisque donnée ensuite comme une manoeuvre). Il a dit la vérité, mais c'était triché, insincère, calculé, ce qui signifie qu'il est du même monde, aussi cynique et amoureux de l'argent que les autres. Tout ça pour ensuite, quand la rupture est consommée, avouer la vérité à son père, et lui demander d'aller dire à sa femme, dès sa mort, qu'il l'aimait comme un fou. C'est nul. Niveau Alexandre Jardin et consorts.

Dupontel, tu m'as déçu. Becker, je ne te connais pas*, et tant mieux.

 

* Mais si, bien sûr, c'est le réalisateur de "l'été meurtrier", mince, pas de bol, pas tombé sur le bon scénario. Dur, ce métier.

samedi, 07 juin 2008

Indy 4

Indy 4, c'est pas la peine.

Je ne vois pas ce que je pourrais vous dire de mieux pour vous faire comprendre l'idée.

mardi, 18 décembre 2007

Dante01

Guider par Spice, j'ai découvert le site et la bande-annonce de DANTE01, dont la sortie est prévue pour janvier.

Un film de Marc CAro, l'ancien acolyte de Jean-Pierre Jeunet, celui qui inoculait tout le venin visuel des "Bunker de la dernière rafale", "Delicatessen" et autres "Cité des enfants perdus", na, à ma connaissance, jamais réalisé de long métrage seul. Les images promettent beaucoup. Espérons seulement que Caro ait mis en images un bon scénario.

Le site est un bijou.

dimanche, 09 décembre 2007

Déjà Noël ?

C'est tellement bon que je ne résiste pas au plaisir de vous faire plaisir :

Grâce à nos amis (mille fois bénis soient-ils) de nanarland, ce mauvais film de Sf sympathique : "Tennagers from outer space". Visionnage légal (ceux qui me connaissent savent que j'y tiens). Vous pouvez vous régaler en toute bonne conscience.

Merci qui ?

Vous devez vous dire que, ces temps-ci, Kronix vous la joue un peu léger au niveau écriture. C'est que je suis en vacances et -paradoxalement- j'en profite pour écrire autre chose que des billets. Alors, oui, en ce moment, plutôt des liens que des textes. Je me rattrape demain, avec des révélations -véritablement inédites, quoique peu nombreuses-sur "cloverfield". Quand même, hein ?

mardi, 04 décembre 2007

Révélations sur Cloverfield

Je vous le dis en passant : le 10 décembre, j'aurai des infos exclusives sur "Cloverfield".

Voilà voilà voilà....

jeudi, 29 novembre 2007

I am legend

Sur le thème, il y aura le film bien cadré, bien hollywoodien avec Wesley Snipes, mais il y a aussi ce projet incroyable.

mercredi, 28 novembre 2007

Les promesses de l'ombre


36113554712338d93d0e9a9d5117f02f.jpgLa collaboration Cronenberg/Mortensen semble promise à un certain avenir, vu les deux dernières réalisations du cinéaste canadien. Moins dérangeant que l’opus précédent (History of violence, dont j’avais largement parlé dans une version précédente de Kronix) et la plupart des films de Cronenberg, « Les promesses de l’ombre » laisse pourtant, après la vision de ce qu’on croit être seulement un bon thriller mâtiné de film noir, une sensation indicible, un écœurement discret*. L’impression n’est probablement pas due qu’aux scènes violentes et sanglantes, coutumières chez le réalisateur de « la Mouche » ou « Crash », mais à une sorte de mystère qui résiste à la première vision.

L’histoire est celle d’Anna, une sage-femme (Naomie Watts ), qui accouche une très jeune droguée et prostituée, mourant en couches. De la gamine de 14 ans ne restent donc qu’une petite fille en couveuse et un journal intime, écrit en russe. La traduction, que la sage-femme confie à un émigré russe, dont la carte de restaurant marquait les pages du journal, va la plonger dans le monde de la mafia russe londonienne (incarnée par Semyon, vieux parrain odieux et cruel aux abords doux et sages, et son fils Kirill -Vincent Cassel, extraordinaire en petit magouilleur alcoolique et sans envergure). Apparaît alors la figure du chauffeur et frère d’armes de Kirill, Nikolaï (Viggo Mortensen). Et c’est en lui que tout le mystère du film réside. Qui est-il, que veut-il vraiment, quel est son véritable rôle ? Le dernier plan ne livre qu’une clé ultime, encore impuissante à desceller les secrets infernaux cachés sous le masque du nouveau parrain.

Les amateurs pourront, lors de la sortie DVD, multiplier les arrêts sur images durant la longue scène de combat dans un hammam, scène d’anthologie où Viggo n’est couvert que de ses tatouages (tatouages d’ailleurs, stigmate historié de la vie –réelle ou factice- du chauffeur, un thème dans le thème qui mériterait une analyse à part entière).

 

* Ce serait une erreur de voir dans l'évolution de la filmographie du réalisateur vers des projets plus consensuels et commerciaux, un renoncement à ses hantises et à son univers. Cronenberg reste lui-même, quoi qu'on en dise.

samedi, 03 novembre 2007

Apocalypto

7b7beb509ac31ecfbe08f00b9de4b291.jpgde Mel Gibson

Bon, d'accord, je le vois avec beaucoup de retard, mais une réticence épidermique à partager les obsessions hémorragiques du réalisateur de "la passion du Christ", avait remis l'exercice aux calendes mayas.

Au bout du compte, le film n'est pas si mal. Magnifiquement photographié, il faut le reconnaître : rien de plus difficile que de filmer sous les frondaisons d'une forêt dense ; interprété par des acteurs du cru en langue maya, et bénéficiant d'un vrai budget. Toujours très gore (aucune raison pour que les indiens du XVè échappe à la fascination morbide de Gibson pour la souffrance), mais spectaculaire, vraiment. Le film a surtout le mérite de montrer pour la première fois à l'écran (c'est la véritable audace de cette production hors-norme), une reconstitution crédible de la civilisation maya. Mon problème est qu'il me semble bien (il me semble, hein, mais qui suis-je pour critiquer le travail de dizaines de scénaristes hollywoodiens sur-rémunérés?), que la civilisation maya avait disparu avant l'arrivée des colons. Et que les sacrifices humains étaient surtout l'apanage des Aztèques. Mais n'en demandons pas trop au type qui fait s'effondrer le temple de Salomon le jour de la mort du Christ.

Le film prend très vite une tournure de "dernier des mohicans", sauce précolombienne. C'est vif, visuellement réussi. Il y a un petit propos écologiste qu'on hésite à critiquer. C'est bien, Mel, tu as bien travaillé. Et maintenant, je retourne à la lecture de "Fuegia", de Eduardo Belgrano Rawson, roman argentin qui raconte la disparition des tribus d'indiens de Patagonie. Ils n'intéresseront jamais Hollywood : pas de sacrifices, de coeurs arrachés, de pyramides défiant la forêt vierge... Juste de pauvres hères chassés de leurs terres et morts en loques, quelque part en terre de feu.

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