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mercredi, 09 mars 2016

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Télérama disait du film « comment un tournage aussi épique appuyé par un casting  irréprochable, a-t-il pu aboutir à cette œuvre enflée et grotesque ? ce pourrait être mystérieux, si on oubliait que la mise en scène a été confiée à l’un des réalisateurs les plus confits et les plus fades d’Hollywood… » Quant aux inrockuptibles, ils dénonçaient : « Un monumental pudding, un nanard vertigineux, un ratage grandiose ! » Il fallait donc une sacrée dose de culot pour oser afficher au dos de la jaquette du DVD : « Epique », « Mystérieux » « Irréprochable » (Télérama) « Monumental », « Vertigineux », « Gandiose ! » (Les inrocks).

mardi, 05 janvier 2016

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« Vous n'allez pas faire ça ? » dit-il, horrifié, mais le scénariste ne se donna pas la peine de répondre, il frappa sur son clavier et écrivit une histoire de jumelles amnésiques tenancières de bordel nazi, car il n'avait aucun scrupule. « Et peut-être même qu'il y aura des ninjas » fit-il, impitoyable, avant d'être secoué d'un énorme rire démoniaque.

samedi, 27 juin 2015

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Alexandre.jpegHier, revu « Alexandre le Bienheureux » d'Yves Robert, avec Philippe Noiret. Voici un film daté, dont les intérieurs sentent le studio de Billancourt, dont certains gags sont mous et l'interprétation pas toujours parfaite, cependant... Je l'ai revu avec beaucoup de  plaisir et d'émotion. Parce que ce film m'a sauvé la vie.
J'avais 14 ans, peut-être, j'étais pensionnaire dans une institution religieuse, on m'imposait des mathématiques ad nauseam, moi qui ne rêvais que d'art et de littérature, je ne comprenais pas le monde du travail et des adultes que je voyais arriver sur moi, non comme une promesse d'avenir, mais comme un train.
Et puis, un jour, un type qui passait avec son projecteur, nous montra ce conte innocent. Je ne sais pas si nos curés apprécièrent l'apologie de la paresse et du temps long que prônait le film, en tout cas, ce fut pour moi une révélation. Quelqu'un d'autre, quelque part, pensait comme moi !
Ce que je devinais du monde, le désir que j'avais de me placer dans une lumière toute bonne et désinvolte, tandis que je voyais les adultes pliés sous des contraintes qui les faisaient renâcler à longueur de journée, se trouvait soudain confirmé par l'autorité dune œuvre cinématographique. C'est ainsi que je comprenais la vie, elle pouvait être douce à qui choisissait de ne pas se vautrer dans l'obscure fatalité du labeur. L'exemple d'Alexandre me donna confiance, me rendit moins amer, moins suspicieux envers la nature humaine. Je n'étais plus seul. On pourrait estimer que son message m'a maintenu dans une sensualité puérile, a retardé ma maturité, c’est le contraire : il m'a fait mûrir, a dégagé la place où je savais pouvoir me redresser.
Bien sûr, tant d'autres films, plus importants filmiquement, mieux achevés et plus riches, m'ont apporté beaucoup, mais « Alexandre le bienheureux » est le seul qui aie su me dire que je n'étais pas une sous-merde vouée au désespoir pour le reste de mes jours. Voilà. De malheureux, j'étais passé à potentiellement bienheureux. Merci, monsieur Robert.

dimanche, 12 avril 2015

Kinétoscope

Dans un grand musée, choisir une vaste salle bourrée de peintures, et courir très vite en clignant des yeux entre chaque tableau. Cela reproduit de façon étonnante les effets du cinéma. Les toiles se fondent dans un mouvement, bataillent et se heurtent, s'épousent, dialoguent. C'est très beau. Enfin, je suis certain que ce serait très beau. Mais on ne me laisse jamais faire.

mardi, 23 septembre 2014

Bonus

Pour ceux qui sont allés jusqu'au dernier chapitre de "L'Affaire des Vivants", cette séquence incroyable du film "J'Accuse" d'Abel Gance (version 1918). La scène du champ de bataille.

jeudi, 04 septembre 2014

Encore une histoire de poils

Hercules, the Rock, YakOn apprend que tel acteur d'un récent film hollywoodien est affublé d'une fausse barbe réalisée en poils de testicules de yak. Cette information cocasse mérite cependant d'être complétée par la manière dont le précieux postiche a été collecté. Je voulais ici rendre hommage à Everett Wood, jeune stagiaire sur le film, qui devait arracher par touffes lesdits poils pendant le sommeil de l'animal. Everett avait été sélectionné pour son aptitude à la course. Car le yak est sensible et vindicatif.

vendredi, 01 novembre 2013

Grave E.T.

En dehors de l'exploit technique, j'ai aimé dans Gravity, une notion induite simple : nous sommes des terriens, et nos racines sont là. On peut toujours délirer sur les voyages intersidéraux, les exoplanètes et autres terraformations, n'empêche qu'on est de là, et que c’est là, sur notre grain de sable, que nous sommes condamnés à vivre, et pas ailleurs. Faut se faire à l'idée. Et en assumer les conséquences : prendre grand soin de la maison, parce qu'on n'a nulle part où aller.

jeudi, 18 juillet 2013

X Men

- Ah, professeur Xavier, j'étais sûr...
 
- ... qu'on se retrouverait. Evidemment.
 
- Vous savez que je prépare...
 
- ... un attentat contre la NASA, oui.
 
- Finalement, la téléptahie, ça ne vous sert qu'à...
 
- ... finir les phrases des autres. C'est énervant, hein ?

dimanche, 14 juillet 2013

Au temps de la pelloche

(Note écrite en 2007, apparemment disparue de Kronix, et retrouvée pendant une période d'oisiveté)

 

J'apprends avec une grande déception que l'excellent cinéma national du Tadjikistan, qui nous a fait découvrir entre autres l'univers du cinéaste Radjila Vorliadek (auteur notamment du célèbre "Jiihla tvldrskovist miahilioskorsk", sorti en France -après un problème de traduction- sous le titre "le retour des palombes avec un sourire peint sur la tête"), non content d'envahir nos écrans, est aussi une industrie qui spolie les plus démunis.
En effet, la fabrication des pellicules, et particulièrement l'opération de densification des flocules, est confiée à de petits lapons sous-alimentés.
Des enfants de moins de 6 ans travaillent dans des conditions indignes, pendant plus de douze heures, sans interruptions. Leur "rémunération", si on peut la nommer ainsi, est de moins de 1 dollar pour cent mètres de pellicule. Un petit lapon en fabrique en moyenne 60 à 70 mètres par jour. A ce rythme un jeune garçon ne pourra se payer son premier renne qu'au bout de 220 ans !
Quand on sait que le renne, animal emblématique de ce pays, participe au rituel nuptial des lapons, car il est la monture avec laquelle le jeune lapon va enlever sa jeune lapone pour convoler en justes noces, on mesure l'ampleur de la catastrophe culturelle et identitaire que peut causer cette pratique.
Ne permettons pas qu'un tel esclavagisme perdure ! Luttons contre l'exploitation des petits lapons !
Envoyez vos protestations à l'ambassade du Tadjikistan, dès que vous en aurez trouvé l'adresse !

mardi, 02 juillet 2013

C'te misère...

C'est pas possible. Mais enfin nom d'un chien, c’est pas vrai ! ? Je vais tout de même pas me mettre à chialer devant « Les Misérables », non ? si ? Oh et pis merde, allez.

mardi, 25 juin 2013

Note 1770

Etait-ce la tonsure du bidasse ? L'accoutumance à l'humour de chambrée ? Ce film, vu entre camarades de régiment, m'avait fait éclater de rire. J'en avais mal aux côtes, j'avais été asphyxié de rigolade pendant toute la projection. A la première perm', je me hâte d'emmener ma fiancée de l'époque voir ce bijou. Et je me retrouve, consterné, devant un film indigent, stupide, grossier, affligeant, insupportable. Je n'ai jamais aussi bien ressenti et compris le phénomène d'abrutissement généré par un groupe.

mardi, 11 juin 2013

L'Eternel retour

- Et là, l'un d'eux se dresse et dit : non ! Plus jamais cet esclavage !
- Oui, c’est pas mal. C'est pas déjà le scénario de Planète des singes, origine ?
- Non
- De Spartacus, alors ?
- Non
- Django, Amistad ?
- No
- Quilombo ?
- Je ne crois pas
- I, Robot ?
- Non voyons
- Les Misérables ?
- Mais non enfin : c’est le scénario des Dix Commandements.
- Ah oui, je savais que ça me disait quelque chose...

lundi, 03 juin 2013

Cinoche


Raquel Welch se faisait enlever par un ptérodactyle. A l'inverse de mes camarades, je voulais bien croire au ptérodactyle, mais pas qu'une femme puisse être aussi belle.

dimanche, 26 mai 2013

Des ombres sur l'écran

A la fin de ce film étrange sur les fantômes, le générique listait les noms des acteurs défunts. Par ordre d'apparition.

samedi, 11 mai 2013

Top Chef

J'ignorais que Francis Ford Coppola était un fin gourmet capable de venir à bout des recettes les plus sophistiquées. Et maintenant que je le sais, que puis-je faire de cette information ? Si : refuser de l'inviter même s'il insiste (je vais rester un moment près du téléphone, au cas où).

vendredi, 03 mai 2013

Recours aux forêts

N'en a pas fini avec la tentation de s'abstenir de lire de nouveaux auteurs, s'abstenir d'écouter de la musique actuelle, d'aller voir des artistes contemporains et des films récents et de rester connecté à l'actualité. Parce que, à un certain moment, le cerveau se fatigue de n'être que médiocrement stimulé, ou découvre que toute cette soif de culture contribue, paradoxalement, à l'engourdir. Alors, reprendre les livres et les musiques, reconsidérer les œuvres qui nous ont déjà émerveillés, et celles-là seulement. Quant à l'actualité, son triste bégaiement rabâché par les échotiers assoupis, quelle nécessité ?

Et puis, soudain, une invention hallucinante, un livre remarquable, une musique inouïe, un tableau bouleversant... C'est désespérant, ce déferlement incessant de merveilles.

mardi, 08 janvier 2013

Parenté

Qui vois-je, sur une branche de mon arbre généalogique ? Richard Gere ! Mais tu vas descendre de là, oui ?

dimanche, 25 novembre 2012

Sont forts, ces ricains.

Avec ce judoka qui se bat contre des pingouins je croyais qu'on avait touché le fond, et puis j'ai vu « Air Force One », avec Harrison Ford...

mardi, 07 août 2012

Avantage à l'amour.

Ce qui m'émerveille depuis disons une bonne vingtaine d'années (je lance ce chiffre, il a ses raisons, mais trop longues ici à détailler), c'est la bienveillance des gens que j'ai rencontrés. Leur gentillesse à mon égard, leur générosité et leur faculté à pardonner mes petitesses et mes duretés. Tout cet amour m'a rendu meilleur, je l'espère, je le crois. En cela, il y a un peu de moi dans l'Ernest de mon dernier roman. On s'évertue aussi par la grâce de la douceur versée par les autres, sur nos têtes bénies. Élevés par une telle offrande, le moins que l'on puisse faire, c'est d'en redistribuer à son tour. Dans « Tree of Life », Malick montre un dinosaure qui renonce à dévorer sa proie et s'éloigne. Peut-être esquisse-t-il cette idée, que la douceur des caresses est née loin dans des temps immémoriaux, mais que son héritage se transmet depuis et se poursuit, jusqu'à la fin des temps. Comme des milliards d'autres, me voici un passeur de cette compassion héréditaire. Elle équilibre la cruauté du monde. Il ne faut pas négliger la force de notre bienveillance.

dimanche, 24 juin 2012

Le nez dans les archives

Demain, je me rends avec l'ami François à la Cinémathèque de Paris. Mais Peeeuuurquoidon ? Pour trouver dans les archives les petits détails vrais qui donneront la matière du dernier chapitre de mon prochain roman  qui ne sera jamais édité, et oui. Et peurquoâ je me donne tant de mal ? Pasque j'en sais rien du tout. Sauf que si : j'ai envie de savoir comment Abel Gance a tourné sa fameuse scène du film « J'accuse » (version 1918), quand un soldat se lève et appelle les morts à empêcher les vivants de refaire la guerre. C'est une problématique assez pointue, je l'admets, mais elle va me permettre de boucler en beauté ce foutu roman qui me rive au clavier depuis trois ans.

Et si vous ne connaissez pas Abel Gance, ses films, et notamment ses deux versions de "J'accuse" et bien, croisez les doigts pour que mon bouquin trouve un éditeur parce que là, je vous dirai tout.