samedi, 30 juin 2007
La censure du jour...
Gymnase : La tenue la plus fonctionnelle pour un sportif ? Aucune ! auraient affirmé les Grecs, dont les athlètes couraient nus (gumnos : nu) dans les lieux prévus pour cela et dénommés donc, gymnases. Une coutume perdue, et qu’on regrette. Pas tant par goût des musculatures sculpturales que par nostalgie de la modestie que génère toute nudité : allez donc soulever triomphalement une coupe, quand le point focal de votre anatomie exhibe une risible paresse !
Terrible, hein ? Carrément hard ! Je me demande comment j'ai pu pervertir mon esprit à ce point. La fréquentation des dictionnaires, sûrement...
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samedi, 02 juin 2007
La bonté dans la beauté
Il y a de la bonté dans la beauté, étymologiquement.
Beau est issu du latin bellus, qui est un diminutif de bonus (bon). La réminiscence est sensible dans l'expression bellum est traduite par il est bien de. Bellus qualifiait surtout les femmes et les enfants, avec la valeur de joli, mignon, charmant, ne s'appliquant aux adultes que par ironie (dictionnaire Robert historique de la langue française). En raison de son caractère affectif, bellus l'a emporté sur pulcher et decorus, qui qualifie la beauté parée.
Il y aurait donc dans la beauté une forme de bénéfice à s'y trouver confronté. Et pour cela sans doute, une recherche pour s'y trouver confronté, et obtenir ainsi un bénéfice.
Se faire du bien. La beauté nous fait du bien, non ?
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vendredi, 05 janvier 2007
GYMNASE
Gymnase : La tenue la plus fonctionnelle pour un sportif ? Aucune ! auraient affirmé les Grecs, dont les athlètes couraient nus (gumnos : nu) dans les lieux prévus pour cela et dénommés donc, gymnases. Une coutume perdue, et qu’on regrette. Pas tant par goût des musculatures sculpturales que par nostalgie de la modestie que génère toute nudité : allez donc soulever triomphalement une coupe, quand le point focal de votre anatomie exhibe une risible paresse !
Ce qui m'a fait réaliser récemment que les gymnopédies de l'ami Satie évoquaient le plaisir d'écouter (ou de jouer) des morceaux de piano avec les pieds nus. Quand on a saisi ça, je crois qu'on écoute différemment, non ?
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lundi, 01 janvier 2007
JANVIER
Janvier : Ce mois particulier nous présente un double visage. On y fait le bilan de l’année écoulée, et des vœux pour l’année qui s’annonce. C’était la représentation symbolique de Janus, qui a donné son nom au premier mois de l’année. Car ce roi qui conquit le Latium, reçut de son ami Saturne le don de concilier la connaissance du passé et la projection dans l’avenir, c’est-à-dire la sagesse d’appréhender le présent de façon pertinente. Divinisé, Janus se vit logiquement confier les portes et les passages. Accessoirement, ses temples n’étaient ouverts qu’en temps de guerre.
Quoi qu'il en soit, à tous, une année 2007 favorable à la réalisation des projets, et en tout cas, pas pire que les meilleures déjà écoulées.
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mardi, 26 décembre 2006
CANDIDAT
Il y eut d’abord l’éclat de la candeur (la candor latine, du verbe candere), tellement brillant qu’on pouvait le comparer à celui de la flamme, du fer porté à blanc (d’où : Candélabre, incendier, etc.). La qualité propre donna le sens figuré de pureté de l’âme, qui définit la candeur aujourd’hui encore, avec une nuance ironique, pour souligner la naïveté. Cette naïveté qui caractérise aussi le candide. Pourtant, chez le candidat, aucune naïveté ou candeur résiduelle. C’est qu’il a conservé quelque chose du sens propre de « blanc éclatant ». Chez les Romains, le candidatus, est celui qui, vêtu d’une toge blanche -censée symboliser sa pureté d’intention sans doute- brigue une fonction.
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dimanche, 24 décembre 2006
NOËL
On ne va pas passer la nuit là-dessus ! C’est très simple : Noël vient de natalis, naissance latine. La déformation vocale de natalis en Nael puis Noël, est ce que les étymologistes appellent une dissimilation des deux a. Le tréma marque la diérèse, c’est-à-dire la prononciation en deux syllabes : No-ël. Voilà. Bonne fête de la nativité.
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samedi, 23 décembre 2006
PAYE
Paye : L’effet apaisant de la paye quand elle tombe ! On ne peut mieux dire, car les deux mots ont une racine commune : pacere (pacifier). Cette action de faire la paix s’élargit, comme souvent, au sens moral de satisfaire quelqu’un ou de « se satisfaire de » (se payer de mots, forme encore utilisée), y compris, et pourquoi pas de façon concrète, avec de l’argent. Le provençal pagar a devancé son avatar nordique dans le sens toujours actuel de « rétribuer ». Que votre paye vous apporte la paix.
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jeudi, 14 décembre 2006
HOMME 2/2
Grecs et latins ont puisé dans le Ghiom indo-européen (terre), leur khtôn et homo (voir la note d'hier). La logique inverse est possible : le Wiro indo-européen qui désigne l’homme en tant que principe masculin, a abouti au world anglais et au welt allemand : le monde. Il reste encore un peu de l’humain wiro dans le werewolf (le loup-garou anglais), dans la virilité, la virago et même la vertu (du latin virtus, courage, force). Enfin, une autre racine : Ner, le guerrier, a donné les préfixes andro et anthro, et les prénoms André (viril) et Alexandre (qui protège les hommes).
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mercredi, 13 décembre 2006
HOMME 1/2
L’homme s’est longtemps considéré -étant seul juge- comme l’aboutissement de la création, et les mots témoignent de cette ambition. Revenons dans le passé lointain pour dépoussiérer la racine indo-européenne Ghyom, la terre. Les Grecs y puisent le mot khtôn de même sens, qu’on retrouvera dans chtonien et autochtone. Les latins fabriquent un « homo », littéralement « né de la terre » (idem pour l’Adam hébreu, issu également du sol), dont on retrouve la facture terrienne dans l’humus et aussi, souvenons-nous en, dans l’humilité. Le genre humain, lui, est entièrement représenté, le savez-vous, quand vous dites ou écrivez « on ». Car dans « on » il y a l’ « homme ». Un concept à utiliser avec plus de circonspection, désormais.
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vendredi, 08 décembre 2006
DAME
Dame : Interrogez les mots, pour leur faire avouer ce qu’ils disent vraiment. Ainsi, « dame » a des relents misogynes insoupçonnés. D’abord parce qu’il renvoie madame à ses foyers, la domus latine (d’où domestique, domicile, domaine, donjon) et ne lui assure pas le rôle de dominus, le maître de maison (d’où dimanche, dominer et domino !). Mais aussi parce que sa racine indoeuropéenne Dem (maison), a engendré le mot despote. Curieuse parenté… On se réconciliera avec ce « Dem » méprisant, quand on saura qu’il accoucha des Don et Dom (Quichotte ou Juan), du duomo italien, des madones et des duègnes. Piètre consolation.
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