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rencontres avec des gens biens

  • 3522

    Sangliers.jpgC'est ce soir, à 19 heures, à la librairie Lune et l'autre de Saint-Etienne, 19 rue Bérard, que j'aurai le plaisir de vous faire partager mon enthousiasme pour le formidable roman d'Aurélien Delsaux, "Sangliers", en présence de l'auteur.

    Enfin, un roman ample, ambitieux, riche tant du point de vue de la forme, du style, que du contenu. Enfin, enfin, un monument dans ce paysage littéraire de nains, une épopée nécessaire au milieu de cette théorie de récits timides, prudents, égotiques, souvent cyniques parce qu'incapables de grandeur.

    Enfin, enfin, de la littérature, bordel ! (je m'excuse).

  • 3516

    En quelques mois, j'ai prétendu saisir quelque chose de la ville, et dessiné les contours de ses enjeux pour le passé et le présent (et l'avenir, pour faire bonne mesure, n'ayons peur de rien). «  A propos de Saint-Etienne  » entre dans sa phase la plus angoissante, le moment où je vérifie quelques données, j'affine des constats, je rencontre les ultimes référents qu'on m'a conseillés, sur tel ou tel sujet que j'ai abordé. Et le problème est là  : j'ai déjà écrit, produit des hypothèses, traduit mes impressions et mes constats, dans l'élan donné par l'écriture, l'observation, les échanges et les lectures. Et soudain, à dix jours de rendre ma copie, un scientifique adorable et serviable répond à mes questions et démolit une à une mes petites inventions avec tranquillité, méthode, me renvoyant sans méchanceté à ma prétention d'auteur qui a cru pouvoir comprendre certains phénomènes en si peu de temps et avec si peu de culture. Je vous laisse, j'ai du boulot.

  • 3513

    Cafe-Touba.jpgBeaucoup la découvriront avec cet album, mais Léah Touitou ne débarque pas de nulle part. A 30 ans juste passés, elle a suivi un parcours personnel, exigeant, exemplaire, une traversée en solitaire avec pour seules armes son talent et son infatigable attention aux autres. Entrée dans le milieu professionnel avec des illustrations, des albums pour enfants, des films d'animation, le mode d'expression qui lui permet le mieux de faire connaître son univers, reste la BD qui lui avait valu d'être publiée dès l'âge de 16 ans. Aujourd'hui la « petite pousse » des éditions Ikon & Imago est devenue une auteure reconnue, éditée par Jarjille, excellente maison aux racines stéphanoises, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Le premier album de ce qui pourrait être un diptyque, voire un triptyque, s'intitule Café Touba. En 2011, Léah imagine et conçoit un parcours artistique en Afrique, dont elle connaît déjà le Cameroun. Cette fois, de nombreux pays de l'ouest du continent seront traversés, chaque escale donnant lieu à des ateliers de dessin, de BD, de fresques, de films d'animation, etc. Pour Léah, tout d'abord, l'odyssée est affaire collective, impensable en solo. Elle se démène, contacte associations, institutions, particuliers et professionnels... Un vif enthousiasme accompagne d'abord « Caravane d'images », le nom de son projet. Beaucoup d'encouragements, de soutiens inconditionnels, d'accolades à la vie à la mort (enfin, j'imagine ce genre de chaleur très superficielle) sauf que, de dizaines d'aventuriers prêts à s'envoler pour l'Afrique, la veille du départ, Léah se retrouve bel et bien seule. Elle ne renonce pas (ce serait mal la connaître) et, la peur au ventre de se lancer dans une telle 'performance', elle atterrit à Dakar, au Sénégal, sa première étape. Son travail sur place, les trajets, les rencontres dans les villages, les écoles, chez l'habitant, loin du Sénégal touristique (et des « mamans cadeaux » européennes qui viennent chercher sur ses plages la chair athlétique des garçons pauvres du pays), est le sujet de ces 110 planches en noir et niveaux de gris. Et c'est un régal, une jubilation, une déambulation étonnée, drôle et tendre, au contact d'inconnus dont on se ferait facilement de grands amis. Léah Touitou restitue la langue, les attitudes, les expressions au plus juste. Elle n'est pas la « toubab », la blanche qui observe et juge, elle est de son temps, notre toubab, elle ne croit pas détenir la vérité occidentale. Pétrie d'auto-dérision, toujours en retrait, simple invitée au service d'un projet, (collectif cette fois : tout le monde, y compris une vieille femme du village, participe à la réalisation d'une fresque élaborée avec les enfants d'une école), elle ne sort de sa réserve que si on la pousse à participer à un jeu ou à une fête. Femme accueillie dans un monde différent, ses hôtes la guident et lui expliquent l'histoire ignorée des Européens, la grande histoire africaine, les puissants et vastes empires d'antan, « Est-ce que, parce que ce n'est pas écrit dans vos livres de blancs, c'est faux ? » Le lecteur partagera quelques leçons de vie aussi, dont chaque vrai voyage intime est prodigue, quand un homme dit, parce que notre voyageuse s'impatiente d'attendre une voiture : « Hé, en Europe vous avez la montre, nous on a le temps » ou quand elle remarque une élève métisse et que le professeur de l'école prononce : « Les enfants métis sont toujours beaux. La preuve que Dieu aime les mélanges ». Les carnets de l'auteure, croquis pris sur le vif, détails annotés à la façon des cahiers d'explorateurs, ponctuent et enrichissent la narration, ne sont jamais gratuits. Vous saisit aussi, au détour d'une anecdote qui trouve sa conclusion à la toute fin de l'album, l'émotion, celle qui étreint, vous noue la gorge soudain, et vous réconcilie avec l'humanité. La BD de Léah Touitou, comme le café Touba du titre, aux grains de café grillés, c'est fort et ça donne de l'énergie pour la journée (au moins).

     

    N.B. : Léah Touitou sera à la médiathèque Tarentaize de Saint-Etienne le 2 juin pour un atelier autour de la BD.

  • 3512

    Une présentation de rentrée littéraire, à Lyon. Avec un autre écrivain (du genre excellent et qui ne la ramène pas) et l'organisateur de la journée, nous nous retrouvons à la gare et attendons une jeune auteure d'origine locale mais venant de Paris où la promotion de son premier livre a commencé. Notre ami organisateur tremble : c'est que la primo-romancière est précédée (déjà) d'une bonne réputation de caprice et d'autorité. Le Figaro l'a surnommée « la Houellebecquienne », ce qui en impose. L'auteur du genre excellent et qui ne la ramène pas et moi, nous amusons de l'angoisse de notre guide et tentons de le calmer avec force plaisanteries. Ah, la voilà. Bon, petit bout de femme énergique, comme on le supposait, elle sourit suffisamment pour que notre ami organisateur se détende. Dans la voiture, elle commente sa rencontre de la veille, dans une librairie où la responsable du rayon littérature lui a avoué d'emblée qu'elle n'avait pas aimé son livre. L'auteure grince et vitupère. Je fais alors le portrait possible d'une libraire qui, bien qu'elle n'ait pas aimé, a compris l'intérêt d'un texte et décidé de le proposer à ses lecteurs, ce qui me semble noble et professionnel. La jeune auteure veut bien croire à cette hypothèse, et se tourne vers sa vitre pour ne pas m'imposer sa moue dubitative. Cent mètres plus loin, elle émet des nuances sur la façon dont elle est traitée, chez son éditeur, Gallimard. L'auteur excellent et modeste soupire que, souvent, on est mieux traité chez des éditeurs moindres. Elle réfute l'argument : attendez, dès son premier roman, publiée dans la collection Blanche (autrement dit : d'où tu me parles, toi ?), « c'est quand même le Graal des écrivains ». L'excellent auteur et moi ne pouvons échanger un regard (je suis à l'arrière, à côté de la jeune houellebecquienne, lui est devant, côté passager, tandis que notre organisateur, revenu à son stress, tremble au volant). Tiens, dis-je, c'est vrai, le côté Graal m'avait échappé. L'auteur excellent, et d'expérience, avec une vingtaine de romans derrière lui, échappe : On s'en fout un peu, non ? La jeune auteure géniale serre les lèvres. Son éditeur ne lui aura rien épargné. S'abaisser à fréquenter des écrivains qui se fichent du Graal, ben merde...

  • à propos de Saint-Etienne...

    A propos.... Je retrouve la résidence qui m'a accueilli en janvier et février, pour une ultime session sur le mois de mai. Je réserve l'exclusivité de la fin du texte, pré-publié sur Kronix ces derniers temps, pour mes commanditaires. Merci à tous ceux qui ont eu de la curiosité pour cet exercice et l'ont suivi. Je ne sais pas si, par qui et quand mon petit exercice littéraire sera publié (même s'il y a des pistes). Je l'espère évidemment de tout cœur.

    Mai sera donc l'occasion pour moi de compléter, affiner, corriger et clore "à propos de Saint-Etienne" ; l'occasion de rencontrer encore quelques personnes qui nourriront cette promenade 'infra et super urbaine', de travailler avec des lycéens sur des balades littéraires en leur cité, d'inviter, dans le cadre d'une carte blanche, Aurélien Delsaux pour évoquer ensemble son superbe roman : "Sangliers", paru chez Albin Michel. Je vous en dirai plus en temps et heure, bien entendu.

    Kronix devrait conserver son rythme quotidien, si la connexion internet a été conservée sur place (ce qui n'est pas absolument certain).

    Dans ce cas, bonne journée et à demain.

     

  • 3505

    Chers amis, je suis toute la journée au salon du livre d'Yzeure, à côté de Moulins (Allier). Signatures en présence de Mireille Lesage, Jeanne Cressanges, Geneviève Chauvel, grandes auteures de romans historiques avec lesquelles j'aurais l'honneur de partager quelques propos autour du roman, justement, historique.

    Caravane du livre.jpg

  • 3493

    "D'abord, les librairies n'ont pas été mon lieu de naissance culturelle. La littérature est entrée dans mon monde — que l'imagination rendait hermétique — par les romans d'occasion chinés sur le marché. Vecteurs de récits et de microbes, les livres y étaient confinés dans des caisses comme des légumes, en beaucoup moins frais. La petite bibliothèque de mes parents puis la bibliothèque municipale, complétaient. Avec l'âge, les librairies devinrent un point de repère aussi essentiel que les cinémas et les cimetières où que j'aille, mais ma véritable histoire avec les librairies commence avec ma libraire préférée, qui a cessé aujourd'hui cette activité pour s'occuper exclusivement de moi (chance imméritée et démesurée)." ...

     

    La suite est à lire dans le numéro d'avril du magazine "PAGE (des librairies)", pages 95-96. J'y évoque ma relation aux librairies et notamment au Carnet à Spirales, la librairie de Charlieu que je fréquente, tandis que, de son côté, Jean-Baptiste Hamelin, qui a créé ce superbe espace, décrit son rapport au métier, et me portraiture. La rubrique double s'intitule : "La vie du libraire" / "L'avis de l'auteur".

  • 3490

    [Toujours les crassiers de Couriot...]

    J'ai vu un grand-père, désignant à sa petite-fille, équipée d'un appareil photo, le triangle gris dans le lointain : « tu vois, c'est la mine » lui dit-il, avec une sorte de fierté. Le déchet résumait ou substituait à ses yeux la production envolée en fumée. Je suis frappé, devant une photo non-créditée, des années 50, qui montre les crassiers et la procession des wagonnets, des dimensions du site. C'est à l'échelle des pyramides, des mausolées cyclopéens, que s'inscrivent ces paysages industriels dans l'inconscient collectif. Leur bon poids de monument assoupi qui déforme les bâtiments autour, avec désinvolture mais sûrement. Voyez le carrelage des douches à Couriot, qui se soulève comme une échine monstrueuse. 3,5 millions de tonnes, peut-être immobiles ne cessent pourtant de déranger l'assise de ce qui les encercle. Des géants. Pas étonnant que des mythes en proviennent. « C'est la mine » disait le vieux. Et c'est le négatif de la mine pourtant, c'est un indice en creux si l'on ose, ou en relief une écharde, un scrupule qui impose de méditer sur lui comme sur un écho de la vérité. Car c'est de dessous, toute cette tripaille, ces bedaines renflées grasses de gaz, ça vient d'en bas. Et quand on considère que c'est la portion congrue de ce qui fut arraché... Sur 100 kilos de matière enlevée au front de taille par le mineur, il y en a 20 qui termine sur le crassier. Je les ai bien observés, chaque jour ou presque, par toutes les météos, sous beaucoup d'angles, depuis la ville ou la campagne, et à presque toutes les heures diurnes, de peur de louper le phénomène qui, dit-on, se fait plus rare, les décennies passant. Et un matin, j'y étais ! Du passage de la rue Henri Gonard pour me rendre à la médiathèque de Tarentaize, j'ai vu le grand crassier, un matin de février, se prétendre volcan. Des flancs et du sommet chauve, un pastel gris, distinct des remuements de ciel, fondait en s'élevant dans la brume montée de la ville. Le signe de la composition intime des collines de Michon, qui trahit le tri manuel grossier, assez pour négliger une proportion suffisante de charbon résiduel et amorcer le phénomène de l'auto-combustion : 8 % de la masse en combustible est le minimum requis. Est-ce qu'elles pensaient aux miséreux, les femmes au tri, est-ce qu'elles laissaient ce tribut aux glaneuses venues contre les pentes à la recherche d'un peu de méchante houille à mettre dans le poêle ? Sans doute pas, elles ne seraient pas restées longtemps à la tâche si on les avait soupçonnées de pareille gabegie.

     

    Extrait de "à propos de Saint-Etienne", écriture en cours.

  • Nouvelle critique des Nefs de Pangée

    Marc Séfaris, blogueur et écrivain, qui me laisse de temps à autre un message en passant sur Kronix, est l'auteur d'un billet riche et clair sur "Les Nefs de Pangée". Je ne résiste pas au plaisir de relayer son article, paru dans Babelio. J'en profite pour (et c'est une manière de) le remercier de s'être fendu d'un si beau texte.

    C'est ICI.

    Presque deux ans que ce roman est sorti ; le voir continuer de vivre par la découverte des lecteurs est une belle récompense. Récemment, une amie qui a échoué à dépasser la page 50 des Nefs (alors qu'elle a sincèrement aimé et chroniqué tous mes autres romans, depuis le Baiser de la Nourrice), me promettait de s'y remettre et de le finir. Comme je lui disais que ce n'était pas grave, de laisser tomber, qu'importait, elle me répondit qu'elle voulait me "faire ce cadeau". Et c'est en effet un cadeau. Oui, j'ai de véritables ami(e)s.

  • 3478

    Affiche Rencontre Chr. Degoutte1.jpgC'est ce soir !

    Je me permets de vous conseiller de venir, parce que je sais que, sans le moindre doute, ce sera un moment qui comptera.

    Pour en savoir plus, si vous ne connaissez pas cet auteur passionnant, vous pouvez lire une interview récente, donnée par Christian à Kronix, ICI.

  • 3477

    Réseau de galeries ou réseau hydrographique, les deux sont inaccessibles. On m'a présenté un simulacre de mine ; on m'a montré l'entrée du Furan dans Saint-Etienne, sa petite joie immédiatement avalée par la ville. J'ai dû faire avec ce peu. Il a fallu que j'apprenne indirectement, ce qui agonisait ou palpitait sous nos pas. Il a fallu que je connaisse sans contact. J'ai cru d'abord devoir me borner à rêver la ville souterraine. Et puis, pas à pas, ce qui réside là dessous a montré ses saillies à la surface. Il n'y a aucun secret ; les cicatrices subsistent et montrent. Par les caprices du labyrinthe monstrueux au dessus duquel elle s'est étendue généreusement, Saint-Etienne vibre et danse, c'est une ville qui questionne le regard du minotaure égaré entre ses parois, contraint le promeneur à s'assurer de sa perception de l'équilibre. C'est une ville où, dans bien des cas, la verticale des immeubles contrarie celle du piéton et ne la laisse pas au repos. C'est une ville dont le dessin des rues reprend parfois le méandre des eaux, dont les voies de circulation, là où le tramway est établi, sont calquées sur le cours du Furan ou les biefs qui en ont distribué la force. Jusqu'à ce qu'un énorme centre commercial prouve le contraire, on ne savait élever de bâtiments trop lourds sur les arches qui couvrent la rivière. Des kilomètres de rivière et des kilomètres de galeries. C'est vivant et c'est mort, c'est demain et c'est ancien, c'est là et ce n'est pas là, c'est là.

     

    Extrait de "à propos de Saint-Etienne". Écriture en cours.

  • Oh my GASH !

    61f3a16875a6f8c0709431c061f81595_original.tif.jpegGash est un projet de série d'animation, inspiré d'une BD du grand Petelus, que j'avais chroniquée ici. Nul doute que le propos minimaliste d'origine s'est quelque peu étoffé et le nombre de protagonistes multiplié pour accoucher d'un argument assez ample pour motiver toute une série.

    Les deux créateurs du projet, Lionel Quéroub et Olivier Paire (alias Petelus), ont bossé comme des dingues pour mener à bien la première phase de réalisation : un appel à financement via la plate-forme Kikstarter. Le lien ICI. Ils ont réussi, pour convaincre leurs futurs fans, à mettre en scène l'univers de la série dans un teaser superbe et alléchant. Cette première étape consiste à financer une véritable bande-annonce, plus riche et longue que ce bref aperçu, un "trailer" nécessaire pour intéresser des producteurs et chaînes de télé, et qui devra déboucher sur le financement (encore une étape de ce long processus), sur le pilote de la série. Nous sommes nombreux à y croire, mais le temps est compté : le financement participatif sera clos le 20 avril. Il est vital pour un tel projet, que le financement débute vite et fort. Bon, si vous ne me trouvez pas, là, dans les tout premiers contributeurs de ce projet magnifique, c'est simplement parce que ma douce est partie ce matin avec ma carte bancaire. Passé ce détail, dès ce ce soir, je participe. Vous me connaissez, n'est-ce pas ? Je ne vous solliciterais pas sur Kronix pour une œuvre dérisoire ou passable. Gash sera un événement dans l'histoire de l'animation hexagonale. Voici l'occasion de participer à l'histoire artistique de notre pays. Rien de moins.

  • Nouvelle chronique des Nefs de Pangée

    ... Et celle-ci est une des plus riches qui aient été écrites sur ce roman, publié il y a presque deux ans (ce qui commence à faire une petite longévité dans le milieu des littératures de l'imaginaire). Un article riche et sans complaisance, car l'auteur relève les défauts qu'il a perçus. Sur le blog de Tom Vipraine, Monde imaginaire, j'ai eu le plaisir de voir explorés et approfondis des aspects jamais abordés. Il y a notamment cette notion de la continuité et de la discontinuité des deux univers qui s'affrontent : le continent unique et l'océan unique, et les figures mythiques du Léviathan et du Béhémoth. Presque toutes les références y sont, dans un louable effort d'analyse littéraire du texte. Quelle jubilation pour un auteur d'être ainsi "travaillé". Je vous laisse en compagnie de cette longue et passionnante chronique.

  • 3467

    C'est ce soir, à 20 heures, à la médiathèque de Lentigny (tout près de Roanne), médiathèque située dans le bâtiment de la mairie que nous dialoguerons, Olivier Paire et moi, autour des notions de BD et de romans, et des particularités de ces deux formes de narration. L'occasion, rare, d'évoquer mon travail de scénariste de bandes-dessinées et mon passé de dessinateur. Je sais gré à Olivier de prendre le temps de préparer cette rencontre, lui qui croule sous les traductions de mangas et surtout, qui est sur la dernière ligne droite d'un projet superbe dont je vous parlerai bientôt.

    Pour Lentigny, en attendant, je suis certain que ce sera un joli moment complice de pensée complexe (voilà, je l'ai dit).

  • 3460

    Dans une semaine exactement, à 20 heures, je serai à la bibliothèque de Lentigny. Interviewé par le complice Olivier Paire, alias Petelus, nous allons évoquer les relations de mon univers avec celui de la BD, mais pas seulement. Je ne sais pas si ce sera instructif, mais je vous promets que ce sera un bon moment.

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  • 3439

    Mis au défi de mettre au point une utopie qui fonctionne, les élèves de l'atelier que je suis venu « animer » (l'atelier) trouve de suite la solution : prendre tout l'argent disponible et le redistribuer de façon égale à tout le monde. Je rappelle ma demande : une utopie « qui fonctionne », et on n'a qu'une heure devant nous, pas le temps de rigoler, soyons sérieux. Non mais !

  • 3427

    Première rencontre avec des élèves de 1ère, dans le cadre de ma résidence. Nous parlons utopie, puisqu'ils ont étudié ce sujet et que certains de mes livres en explorent des aspects. Le paradoxe de l'utopie est qu'elle n'a pas de lieu, et pourtant… Me promenant autour de cette idée, il me vient à l'esprit qu'il a existé récemment une petite communauté, tentant de faire vivre une utopie : la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Pas mécontent d'avoir su relier un thème millénaire avec notre actualité, je poursuis ma démonstration, que la professeure interrompt. Elle demande aux élèves (car, plus exercée que moi, elle a lu les regards perplexes des enfants) : ça vous dit quelque chose, Notre-Dame-des-Landes ? Moues d'incompréhension. Aucun des élèves présents n'en a entendu parler. Je ne juge pas, je suis seulement abasourdi. Nous ne vivons pas exactement dans le même pays, me dis-je. Je demande alors ce qui, dans l'actualité, a retenu leur attention. En gros : que savez-vous du monde qui vous entoure ? Regards et silences. Après réflexion, une élève témoigne enfin. Il y a bien cette histoire de Trump qui menace la Corée… (je ne suis pas sûr qu'elle précise « Corée du nord »). Bon. OK. Sur le chemin du retour, je me demandais, moi, à leur âge, soit 16-17 ans, ce que je savais du monde qui m'entourait. Honnêtement, je ne sais plus. Il est bien possible que j'en savais autant qu'eux, ou aussi peu.

  • 3413

    Dans quelques heures, je pars pour Saint-Etienne, ma seconde ville après Roanne en quelque sorte, parce qu'une longue histoire me relie à ses rues et à ses habitants. J'ai failli y vivre et y travailler, il y a longtemps. Je rappellerai ces souvenirs lors du lancement officiel de ma résidence, ce samedi à la médiathèque de Tarentaize.

    J'évoquerai aussi cette notion qui me travaille souvent : le hiatus permanent qui existe entre l'écriture qui, dans mon cas, réclame silence et solitude, et le matériau humain que cette écriture investit, qui exige le contact avec la société. Partir en résidence, demeurer ailleurs, est peut-être une solution à ce dilemme.

    La résidence à Saint-Etienne m'a été proposée alors que mon dernier roman semblait bien diffusé et bien reçu, et commence, quelques mois plus tard, à un moment étrange de ma vie. Manuscrits discutés, perspectives de publications repoussées vers un horizon désespérément lointain... C'est un écrivain en proie au doute (plus que d'habitude, veux-je dire) qui est accueilli dans la capitale ligérienne. Faire avec ce doute, travailler sur ce doute, mettre en scène les atermoiements du doute, c'est un matériau possible. L'exploiter sans se regarder le nombril, c'est le mode à définir. Une moindre politesse. Il y a de toutes façons un thème que j'ai promis à mes hôtes de travailler, et qui m'obligera à la discipline de l'écriture sans avoir recours à l'artifice des affres de la création (car c'en est un, sachez-le). J'en parlerai plus tard, ici.

    Pendant quelques jours, je n'aurai pas Internet pour des raisons techniques. Ensuite, ce blog pourrait être le support d'une chronique de mon temps de résidence. Aucune promesse, je m'interroge seulement. Car il se peut que je reste silencieux pendant deux mois, concentré sur la routine monacale que je me serais infligé. Qui sait ?

    Pour l'heure, préparer les affaires, rassurer ma douce. Après tout, lui dis-je, je n'ai jamais été si près de revenir.

     

  • 3410

    Lecture-Lancement de la résidence le 13 janvier à 17 heures, Médiathèque de Tarentaize, à Saint-Etienne. Invitation_13janvier_Recto.jpg

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  • 3408

    Allez, vite fait, un petit panorama rétrospectif de l'année qui vient de s'évanouir. Elle a existé, c'est ainsi, personne ne pourra nous enlever ce que nous y avons fait, ni nous absoudre de ce que nous n'aurions pas dû y faire. Je vous épargne les soucis que chacun traverse dans sa vie de tous les jours (par contre, je ne vous épargne pas mes réalisations, c’est mon blog, vous êtes assez grands pour passer à autre chose, je vous fais confiance).

    Côté écriture, beaucoup de travail pour pas mal de déception (voire d'ébranlements). Deux pièces de théâtre. L'une, acceptée, mais dont la production est repoussée à une date indéfinie : «  Le sort dans la bouteille » (titre provisoire, je vous rassure). Une autre, née d'une initiative passionnante : « Courage », écrite pour une classe de Seconde au lycée Jean-Puy, à Roanne. Nous verrons cela mis en scène par une professionnelle et interprété par les élèves (et pourquoi pas, aussi, par des profs audacieux) avant la fin de l'année scolaire, logiquement. Il y eut aussi cette belle expérience autour des témoignages des tisserands de Charlieu et environs : « Portraits de Mémoire ». Un site, des photos et vidéos de Marc Bonnetin et des musiques de Jérôme Bodon-Clair. Ajoutons deux scénarios inédits : l'un de Bande-Dessinée, pour l'ami Thibaut Mazoyer en recherche d'éditeur, et un de documentaire : « Joseph Déchelette précurseur de l'archéologie ».

    Hors les romans avortés (il y en a eu deux, abandonnés cette année : « Cryptes » et « Mado »), j'ai achevé deux manuscrits, l'un pour Mnémos, l'autre pour Phébus. Les deux ont été rejetés, ou plutôt... pas acceptés en l'état. Des ratés, quoi. Plus d'un an d'écriture pour rien, si l'on veut voir le verre à moitié vide (ce qui est ma nature, hélas). Tout reprendre, tout refaire, tout reconsidérer, sans garantie de faire mieux. Bon. Encore sous le coup de cette double perplexité de mes éditeurs, je n'ai pas écrit plus d'une page ou deux, depuis.  Ces échecs m'ont atteint plus que je ne saurais le dire, plus que je ne croyais en tout cas. Combien de temps peut-on se prétendre écrivain quand on n'est plus publié ? Dans le même temps, j'ai vu tant d'amis auteurs bien « implantés », réputés, sûrs, dont les manuscrits sont refusés… Je ne me plains donc pas. Je préfère qu'un éditeur me refuse des textes faibles plutôt qu'il les accepte pour de mauvaises raisons (même l'amitié serait une mauvaise raison). Je vais donc tenter de travailler mieux, avec encore plus d'exigence. Dès que je serai remis de ce double uppercut.

    Côté publication, l'année a commencé avec clairons et tambours (en fanfare, quoi), par la sortie de « La vie volée de Martin Sourire » chez Phébus. Réception variable, mais plutôt bonne en général, une presse assez attentive à ce qu'elle considère comme mon deuxième roman (la presse ignore ma veine « imaginaire » et mes romans précédents, éditions trop confidentielles pour lui être parvenues). Des lecteurs nombreux, des retours, des fidélités qui se dessinent. Quelques prix ou sélections, de nombreuses rencontres, de nouvelles librairies qui commencent à s'intéresser à mon travail. Pour la première fois, avec ce titre, des éditions simultanées pour « clubs de lecture » : France-Loisirs, Le Grand livre du Mois… dont des libraires et amis me disent que c'est dévalorisant. C'est possible. Il faut que je vous dise, ici, qu'on ne me demande pas mon avis. Mon éditeur me prévient seulement que mon roman va être publié chez un tel ou un tel, point. Dans le cas contraire, m'y opposerais-je ? Je ne crois pas : je vis toujours le syndrome de l'auteur immensément reconnaissant (et un peu incrédule, même) qu'un éditeur veuille bien dépenser des sommes extravagantes en pariant sur ses écrits. Alors, si l'éditeur peut rentabiliser son investissement, et bien, ma posture d'auteur trop au dessus de la mêlée pour confier ses si belles réalisations aux communs, me paraîtrait à la fois méprisante et vaniteuse.
    2018, année aussi des sorties en poche de deux romans : « L'Affaire des Vivants » et « Les Nefs de Pangée ». Deux versions dont je suis assez fier. La couverture du poche de « L'Affaire des Vivants » enfin, belle ! comme j'aurais souhaité que celle du grand format le fût. Une seconde vie pour ces deux romans. Je n'ai pas encore les chiffres (il faut attendre plus d'un an), mais j'ai vu les livres bien diffusés, longtemps. Notons pour « L'Affaire » une diffusion particulière sous la forme « Mybookbox », une jolie formule et un contact chaleureux avec les inventeurs de cette formule.
    Côté publication, toujours, un grand merci aux Éditions Le Réalgar d'avoir accepté un texte singulier : « Lettre Ouverte à l'autre que j'étais », et aux éditeurs associés pour l'occasion : Mnémos et Les Moutons électriques, d'avoir élevé au statut de préface un article spécialement écrit pour l'occasion de la réédition de « Salammbô » de Flaubert. Une manière de se réapproprier ce monument et de le revendiquer comme l'ancêtre, le précurseur, du genre Fantasy. Vision à laquelle j'adhère totalement, d'où ma participation avec un long texte intitulé : « Salammbô, raté, comme un chef-d’œuvre ». Enfin, une publication confidentielle, prévue en 2017, ne sortira qu'en début de cette année : « Étrangères » aux éditions Les Petits Moulins.

    2017 aura été riche en commandes. Une conférence sur l'histoire de l'Art abstrait : « Retour aux signes » et une « masterclass » autour des scènes de batailles. Beaucoup de travail pour les préparer, je n'ai pas fait les choses à moitié, je vous assure. La récompense étant, par les réactions venues ensuite, de constater qu'on a pu apporter aux autres.

    Et puis un grand nombre de rencontres en librairies, en bibliothèques, dans des classes en collèges ou lycées, ou dans des salons du livre. Cette année, j'ai choisi avec plus de rigueur qu'autrefois ceux auxquels j'étais invité : Salon du livre de mer de Noirmoutiers (pour « Les Nefs de Pangée »), Fête du livre de Saint-Etienne, Salon du livre de Ménétrol et surtout le festival de littérature itinérant « Les Petites Fugues » en Franche-Comté, dont je ne cesse de vanter les mérites autour de moi. Je distingue l'expérience de la rencontre au « Hibou Diplômé », petite librairie de ma région, car elle avait la particularité d'être inspirée par un lecteur. Il se reconnaîtra, qu'il soit ici remercié.

    2018 s'ouvre avec la perspective d'une résidence d'auteur. Dès la semaine prochaine, je serai à Saint-Etienne, par la grâce d'un jury qui m'a proposé. Je ne vous accable pas de mes expressions émues. Sachez seulement que, parmi les membres dudit jury, il y a deux écrivains que je vénère (sans parler d'un éditeur et d'un bibliothécaire bienveillants). Je ne sais pas encore si Kronix sera le relais quotidien de cette expérience prometteuse mais je vous signalerai les rendez-vous publics qui vont ponctuer trois mois d 'installation dans la préfecture de la Loire.

    Assez parlé bilan, l'année 2018 s'ouvre sur de belles promesses. J'essaierai d'en être digne.

    Bonne année à vous aussi.