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kronix

  • 3373

    Il hurla par dessus le vacarme du naufrage : « moi et les femmes sans enfants d'abord ». On aura mal compris.

     

     

    (Voilà. Et maintenant, je pars pour Besançon. Bonne semaine les amis)

  • 3372

    Demain, j'entre dans le bain revigorant des « Petites Fugues », un festival littéraire itinérant dont c'est la seizième édition cette année. Sur les deux semaines de la durée intégrale de la manifestation (deux groupes d'une dizaine, en gros, sinon c'est difficile à gérer, j'imagine), nous sommes une vingtaine d'auteur.e.s invité.e.s (admirez la maîtrise de l'inclusive) à parcourir médiathèques, clubs de lecture ou lycées de Franche-Comté, à la rencontre de publics avertis. Avertis, c'est-à-dire que chaque lieu a organisé les rencontres en LISANT mes livres (pas seulement le dernier) et en échangeant avec moi préalablement. Je dois dire que je me réjouis de cette perspective rare.
    Des élèves de seconde pourront me harceler de questions successivement : le mardi 21 novembre au lycée Claude Nicolas Ledoux (tiens, on devrait pouvoir évoquer l'architecture utopiste de Boullée, ici) à Besançon ; le mercredi 22 au lycée Sainte-Marie de Lons-le-Saunier ; le jeudi 23 au lycée Georges Colomb de Lure ; le vendredi 24 au lycée Condorcet (tiens, on pourrait parler des Lumières, ici) de Rioz.
    Le public est invité nombreux à me rencontrer : lundi 20 novembre à la bibliothèque de Velotte à Besançon ; le mardi 21 à la Salle des Cossies de Seloncourt, grâce à la médiathèque de la ville ; mercredi 22 à la mairie de Port-sur-Saône en partenariat avec la médiathèque de la ville ; et le vendredi 24 à la Médiathèque de Rioz.
    Le jeudi 23 novembre est l'occasion d'un sorte de climax : des lectures théâtralisées par les comédien.n.e.s de la Compagnie Day-for-Night Anne Monfort à l'Espace Frichet de Luxeuil-les-Bains. Mathieu Dion et Léa Masson liront des extraits de romans de Thomas Bronnec et Dominique Forma, ainsi que de « La vie volée de Martin Sourire ». Lectures suivies d'entretiens.
    Vous devinez ma fièvre et mon bonheur d'avoir été invité avec (par ordre alphabétique) Laura Alcoba, Jakuta Alikavazovic, Violaine Bérot, Miguel Bonnefoy, Tomas Bronnec, Didier Castino, Pascal Commère, Cécile Coulon, Bérengère Cournut, Louise Desbrusses, Clotilde Escalle, Philippe Forest, Dominique Forma, Guillaume Guéraud, Alain Kercher, Dominique Paravel, Arnaud Rykner, Anne-Sophie Subilia Fanny Wobmann et Carole Zalberg.

    La manifestation est enrichie de concerts, expositions, etc. On sent derrière l'initiative une longue pratique, un élan, beaucoup de travail et de passion. Une belle expérience qu'il convient de saluer.
    J'ajoute que Kronix sera potentiellement muet pendant tout ce temps.
    Bonne semaine à vous.

    Prochain rendez-vous dans ma région : le 1er décembre, à Lentigny, près de Roanne, pour une belle rencontre à la libraire Le Hibou Diplômé.

  • 3371

    Je viens d'adresser le manuscrit des Inconsolables à mon éditeur. En tremblant, lui dis-je dans le message qui accompagne l'envoi, ce qui n'est pas une image. S'il est retoqué, ce serait mon deuxième échec cette année. Outre la déception, ce qui se profile derrière un possible refus, c'est la viabilité de toute l'entreprise, la raison de notre choix de vie. L'enjeu est donc énorme. Alors, oui, je tremble.
    Je peux me raccrocher cependant au fait que le Festival littéraire itinérant « Les Petites fugues » m'invite la semaine prochaine, pour considérer que je suis malgré tout un écrivain. Tous les détails des rencontres et des lieux, demain, sur ce même écran.

  • 3370

    Le père du gamin avait débarqué chez le professeur avec un sachet de coke, persuadé d'avoir lu un message caché dans la punition infligée à son rejeton : « Je veux cent lignes pour demain ». Le père lui avait tendu le paquet en maugréant que, comme ça, ils seraient quittes, mais qu'il était pas donné.

  • 3369

    Amis de Roanne et alentour, c'est dans la récente et prometteuse librairie Le Hibou diplômé, à Lentigny, que j'aurai le plaisir d'être accueilli vendredi 1er décembre, à partir de 18 heures. C'est à l'initiative d'un visiteur de Kronix et lecteur de mes romans (et pas seulement : le bougre est allé jusqu'à acheter l'édition de Salammbô que j'ai préfacée), Bruno Painvin, que la rencontre a été décidée et organisée. Grâces lui soient rendues. Christelle, libraire au parcours atypique, a amplifié l'idée, et nous voici aujourd'hui devant la perspective d'un beau moment, j'en suis convaincu, où il sera question de l'écriture, du travail de documentation, des passerelles avec d'autres auteurs et de mes influences. L'enthousiasme n'est pas rare dans ce milieu, on s'en doute, et j'ai pu le constater souvent, mais les degrés varient. Là, au fil des échanges préparatoires, se manifeste une envie de faire les choses bien et un désir de parler littérature qui m'incitent à vous suggérer fortement de venir assister à la rencontre. Je veux dire qu'il ne s'agit pas que de moi, il s'agit de partager un moment d'amour des textes, en général. Et ça, hein ? Ce n'est pas si fréquent. Et c’est stimulant pour tous, lecteurs de mon travail ou pas.

  • 3368

    Encore ! Croiser celui-là, qui se plaint tout le temps, tellement qu'il n'écoute pas mes problèmes, autrement plus importants.

  • 3367

    Il se plaignait des pleurs continuels de son fils de 4 ans, auxquels s'ajoutaient les cris de sa femme pour qu'il rende au petit les jouets qu'il avait piqués.

  • 3366

    Je ne voudrais pas être exagérément alarmiste à propos de ce mystérieux accident nucléaire survenu en Russie récemment, mais est-il bien normal que, lors de notre dernière promenade, nous ayons pu nous abriter de l'orage sous un champignon qui se trouvait là ?

  • 3365

    Hier, on a caressé la France dans le sens du poilu.

  • 3364

    Depuis quelque temps, la femme du nécrophile lui battait froid. Quant à sa maîtresse, hélas, il la soupçonnait d'être corrompue.

  • 3363

    J'irai cracher sur vos tombes, revoir ma Normandie et au bout de mes rêves. Et dans cet ordre.

  • 3362

    Qui ferait remarquer au copiste du "Sacre de Napoléon", après trois ans de travail sur une toile de 70 m2, qu'il avait tout bonnement oublié Joséphine ?

  • 3361

    Ces jours-ci, ma douce classe et répertorie de vieilles publications trouvées dans la maison. Un régal car l'opération met au jour des raretés, comme un exemplaire des fables de Fong Siue-Fong illustrées de superbes gravures sur bois, des livres pour enfants d'après guerre et des revues pour la jeunesse du même tonneau. En 1954, l'hebdomadaire Mireille aidait les parents de jeunes filles à les préparer à la vie future. C'était chaque semaine des patrons de couture ou de tricots, des conseils culinaires, des jeux, des concours de photos de bébés, des petites chroniques historiques, des récits édifiants, comme Mademoiselle ci-devant, qui racontait en bandes-dessinées (de bonne qualité) les mésaventures de la fille du vendéen Henri de La Rochejaquelein, aux prises avec les barbares révolutionnaires. Chaque semaine, Les conseils de Tante Chiffon, toujours en bandes-dessinées, apportaient leurs bienfaits à leurs jeunes lectrices : se tenir bien, être ponctuelles, propres, etc. Je note, dans le numéro 41 du 11 novembre 1954, un épisode donnant l'attitude à avoir avec son institutrice « tout à fait digne d'intérêt ». On y trouve ce conseil savoureux : « Vous devez veiller à ce que les domestiques considèrent votre institutrice comme une amie, voire un membre de votre famille. » Ce qui donne une idée du public concerné par la publication (sauf qu'en l'occurrence, la revue était reçue dans une maison d'ouvriers, même pas chrétiens, donc assez laxistes sur les lectures de leur fille unique – la maman de ma douce – ou bien s'agissait-il seulement d'acheter un joli patron de robe). Dans ce même numéro, une rubrique « cinéma », fait connaître l'avis d'un(e) certain(e) Marijac sur le film Les Temps modernes de Chaplin. Je ne résiste pas à l'envie de la reproduire in extenso :
    « Charlot nous revient, mais je crois que ses films sont maintenant un peu dépassés. Tant que le mime reste l'amuseur bon enfant, le film est drôle ; lorsqu'il veut être philosophe, le film devient puéril. Le fait de représenter le directeur de l'usine sous les traits d'un monsieur qui ne sait dire que « plus vite » en se contentant de lire les dernières aventures de Tarzan, est d'une vérité et d'un goût un peu simplistes. Le mystère du génie de Charlot est un peu comme celui de Picasso. Il faut d'abord y croire. »

  • 3360

    Les Inconsolables étant achevé, et selon mes vieilles habitudes de graphomane, me voici attelé au prochain roman. Il ne fera sans doute pas les 900 pages réclamées par mon éditeur (enthousiaste et patient), mais il s'agira d'une entreprise assez vaste pour couvrir des siècles et légitimer le titre un poil prétentieux que je lui donne pour l'instant : Genèses. Je ne sais pas encore quel degré d'originalité sera le sien ; par contre, je pense que ce sera le seul roman d'anticipation à commencer par la description du travail de Roman Opalka. Cela pour certaines raisons, qu'on découvrira quelques centaines de pages plus tard, des siècles et des siècles après ce prologue, et qui sont (les raisons) censées provoquer une sensation de vertige.
    Allez savoir ce qui se passe dans cette tête, des fois...

  • 3359

    Vincent et son épouse cherchaient un appartement dans la ville qui allait les accueillir. Vincent ayant plus de temps, c'est lui qui s'occupait des démarches. Cette fois, c'était une maison intéressante. De plus, la voix de la propriétaire au téléphone avait paru tonique et claire à Vincent. Ils se rendirent sur place, le jour dit. La porte s'ouvrit sur une quadragénaire surprise, au regard écarquillé. Elle était en nuisette ouverte sur des dessous affriolants, coiffée et maquillée, et s'attendait manifestement à ne recevoir la visite que de monsieur. Vincent conserva son sérieux et présenta sa femme, qui retenait un fou-rire. Commença une visite assez hallucinante, le couple de futurs acquéreurs suivant pas à pas une propriétaire dénudée et peut-être un peu rougissante, chacun faisant comme si tout ça était normal, y compris l'aperçu de la chambre avec sa lumière tamisée et les pétales de rose répandues sur le couvre-lit. Quand le moment vint de parler argent, « je vais me changer » souffla prudemment la jeune femme avant de s'éclipser, laissant le couple dans le salon, plus hilare que décontenancé. Je ne sais plus s'ils ont fait affaire.

  • 3358

    Je viens d'achever Les Inconsolables, mon dernier roman. Sa première mouture, en tout cas. Il manque deux pages au manuscrit que je vais bientôt confier, malgré ce manque, à mon éditeur, après les habituelles relectures des volontaires. Ces deux pages concernent un voyage qui n'est pas encore entrepris. Tout le reste est écrit et le défaut du passage en question n'empêchera pas mon éditeur de prendre sa décision. Il aura largement de quoi juger du projet. Un très court roman, ce qui me laisse dans un état assez étrange. Pas frustré, puisque j'ai vite compris que je ne pourrais pas étendre le texte au-delà de cet étiage, et c'est très bien ainsi. Pas totalement satisfait, cependant. Comme s'il me fallait être rassasié, plein, étanché, pour estimer qu'un roman a trouvé son accomplissement. Dans sa forme imprimée, il ne dépassera probablement pas les 100 pages. Une nouvelle, alors ? Pas vraiment, trop long pour le définir ainsi. C'est bien un roman. Tiens, d'ailleurs, sur la notion même de roman, la nature de ce texte se discute. Pourrait se discuter, puisqu'il est inspiré de confidences qu'on m'a faites. Qu'on m'a faites avec le projet clair d'être traité par l'écriture. Ce pourquoi, à l'origine, j'avais imaginé un récit sec, à l'os, m'interdisant de m'immiscer par des réflexions inspirées par le sujet, m'interdisant de digresser, de combler les vides. Et puis, une question nouvelle s'est posée : où étais-je alors, moi, écrivain, dans ce projet ? S'il s'agissait seulement de porter la voix d'un homme, un journaliste aurait fait l'affaire. Mon apport serait donc littéraire. Et, s'il était littéraire, j'entrais dans un projet de roman, pas un récit, pas un témoignage, un roman. Les Inconsolables est donc un texte incarné, refouillé, nourri. Dans moins d'un mois, je le proposerai à mon éditeur. Qu'il en veuille ou non, je suis fier de l'avoir écrit. Je devais l'écrire.

  • 3357

    Je pense à tous ces martyrs de la route. Aux veuves des gendarmes sacrifiés, couchés stoïques sur le bitume pour notre sécurité. Et ces pauvres zèbres écrasés, étirés et collés sur le goudron. Et je ne parle pas de ces infortunées buses, enterrées sous la chaussée pour évacuer les eaux pluviales. Et j'en connais qui grognent encore malgré cet holocauste. Ah, quelle inconséquence !

  • 3356

    Quant aux territoires palestiniens, on n'en serait pas là si on n'avait pas mis la charrue avant l'hébreu.

  • 3355

    (Ce billet date de trois ans, je ne sais plus à quelle source j'avais emprunté le sujet de ce récit, j'ignore ce qu'il est advenu des protagonistes, mais compte tenu de l'actualité, j'espère que les choses, aujourd'hui, seraient différentes)

    A 21 ans, il n’est pas impossible qu’une jeune femme un peu paumée, mal dans sa peau, se laisse aller à inviter chez elle un gars rencontré dans un bar. Chez elle, c’est-à-dire l’appartement où elle vit avec son bébé. C’est envisageable. Le gars peut éventuellement envisager, lui, qu’il va se passer des choses, que la soirée n’est pas finie. C’est possible. On ne saurait l’en blâmer. Qu’il s’imagine. C’est-à-dire que cela reste du domaine des projets, des fantasmes. Après un dernier verre, que le type fasse des avances. Bon. OK. Le type a vu tellement de films porno que ça lui semble la seule issue logique. C’est là que le problème se pose. Parce qu’il y a la réalité. La réalité, c’est que la jeune femme se dit « ça suffit ». Merci, au revoir, on n’est pas chez les bonobos. Que le type soit en colère, trouve ça dur, pourquoi pas ? Qu’est-ce que j’aurais fait ? « Je t’envoie des fleurs demain et on en reparle ? » Oui. Je crois que c’est ce que j’aurais fait. Sincèrement. Parce que j’aime qu’on garde une bonne image de moi. On peut envisager les fleurs et une fin de soirée dans un sourire. C’est envisageable.
    Mais le type a frappé, frappé, violé, violé encore, frappé encore et laissé la fille pour morte, le bébé hurlant dans la pièce à côté. Le réflexe d’hommes qui pensent que quelque chose leur est dû, et qu’ils peuvent prendre ce droit si on le leur refuse. Évidemment, quand la jeune femme se rend au commissariat, on prend sa plainte en considération. Non. Je plaisante : on ne prend pas sa plainte en considération. La considération est du domaine de l’envisageable, du domaine de ce qui est possible. On ne prend pas sa plainte en considération, on lui balance qu’elle l’a bien cherché. Ils ont la description du type, le nom de l’agresseur, son numéro de téléphone et le bar où ils se sont rencontrés, mais ils ne feront rien.
    Il y a quelques jours, la jeune femme s’est suicidée. 21 ans. 21 ans. Vingt-et-un ans ! Les policiers vont peut-être prendre sa plainte en considération. Le type va peut-être regretter son geste, et payer d’une manière ou d’une autre. Le bébé grandira et deviendra peut-être un adulte bien dans sa tête. Ce n’est pas impossible. C’est envisageable.

  • 3354

    Expliquer à ce sourd qu'il y a un malentendu.