jeudi, 11 juin 2009

Bonjour tristesse

En déposant mon fils ce matin à la gare, avant que l'aube pointe, le voyant, mal rasé, les cheveux trop longs (ça ne lui va pas), engoncé dans un blouson trop chaud et trop grand pour lui, son sac sur le dos, pour se rendre au travail, à 80km de là, je me suis senti empoigné de tristesse. Je suis revenu ensuite ici, l'attention toujours mobilisée par l'image de mon garçon prenant le train, ignorant que je l'observais.

Si tu savais, bonhomme, comme j'aurais aimé t'épargner, te protéger de ce monde, t'éviter le rituel des heures et de l'argent qu'on gagne, qu'on ne gagne pas, dont on n'a pas assez, après quoi l'on court. Si tu savais le monde idéal que j'aurais créé, pour toi, pour ta soeur, pour ceux que j'aime. Personne n'y parvient ? Personne ne peut le faire ? Peut-être. Mais alors, quel est ce monde ? je te fais naître, te présente à la vie qui est déjà construite sans toi et n'a que faire de toi, je te lance dans une tragédie dans laquelle tout est en place, où tu ne peux que jouer le rôle qu'on t'a assigné. Je te mets dans un train qui va bouffer ton quotidien jusqu'à la fin, et, ce faisant, j'ai l'impression de collaborer à la défaite de ta vie, au précipice qui guette, au bout des rails.

Je n'y ai pas pensé tout de suite mais, ce qui m'a rendu triste soudain tout-à-l'heure, c'est le sentiment de t'avoir trahi. De t'avoir mis sur deux pieds, sans te prévenir qu'il faudrait vivre à genoux.  

mercredi, 10 juin 2009

Méchant

L'autre jour, je me moquais de Maxence Fermine, enfin surtout de sa prose, lourde à force d'effets visant la légèreté la plus démonstrative. Or, je découvre que Neige, le livre qui m'a justement inspiré cet agacement, fut sélectionné en son temps (1999) pour le prix lettres-frontière. Me voici donc, moi, moqueur condescendant, ramené à la réalité et à la modestie. Il faut bien croire que "Neige" est riche de certaines qualités, que sa musique ronronnante est autre chose qu'une mièvre berceuse. Il faut bien croire. Ou sinon, que vaut ma propre sélection ?

Dans quelques jours, quand je serai installé dans mon nouveau chez-moi, je tenterai de prendre un peu de temps pour acheter et lire "Il y a des abeilles" de Christian Degoutte, dans sa nouvelle édition bilingue français et allemand. Voilà de la littérature, de la vraie. Disponible par le net (sinon, où voudriez-vous trouver telle rareté ?) : http://precarreditions.hautetfort.com...

lundi, 08 juin 2009

Eden

Dans quelques jours, nous allons déménager. Je vais quitter une maison que j’ai habitée pendant plus de vingt ans, dans des conditions assez singulières. Sans nostalgie, croyez-moi. Même les photos retrouvées en faisant les cartons, et par lesquelles je plonge instantanément dans le passé, ne me font rien regretter. Je souris pourtant, à certains de ces souvenirs. Les enfants, leurs jeux sous le soleil. Les fêtes avec tous les amis. Les chats, leur vie de fauves magnifiques parmi la jungle que je laissais à leur disposition. Les bêtes, tellement nombreuses, comme nées spontanément, dès qu’on ne les dérange pas pour tondre ou désherber, dès qu’on renonce à forcer la terre à produire. Merles, verdiers, écureuils, rainettes, hérissons, tourterelles, mésanges, sauterelles, fourmis, énormes escargots (bons à manger, mais amoureusement écartés du chemin), tortues (oui, terrestres, pas les saloperies aquatiques), canard, pipistrelles, poissons rouges, moineaux, musaraignes, souris, crapauds, rouges-gorges, rossignols, orvets, et les espèces que je ne connais pas, tout cela sur 800 m2. De la vie partout. C’était un bonheur, de les découvrir par hasard, aussi surpris que moi. J’espère qu’on saura, à ma suite, conserver cet éden.

dimanche, 07 juin 2009

La croix en bannière

Arborer le petit autocollant de la croix-rouge, quand on a donné, je dois dire que ça m’agace un peu. Le conserver comme une médaille pendant plus d’une semaine, je dois dire que ça reste pour moi, d’une indécence telle, qu’elle me laisse coi.

samedi, 06 juin 2009

Depuis le temps

En ce moment, je travaille sur mon prochain roman (enfin, il y a toujours un prochain roman : je les enchaîne infatigablement). La nouveauté pour moi, est qu’il se passe entièrement au 19ème siècle. Disons de 1850 à 1914, en gros. Deux générations, et deux sociétés, l’une rurale, l’autre petite bourgeoisie commerçante de province. Je suis plongé dans de la documentation jusqu’aux oreilles. C’est à la fois très pénible, laborieux, mais c’est évidemment un régal pour l’intellect. J’amasse une quantité d’informations incroyables, depuis le prix du pain, la forme des banquettes de train de deuxième classe, les façons de dire bonjour, les rituels de fiançailles, jusqu’au vocabulaire utilisé alors et disparu ensuite, les courants de pensée, la durée du service militaire, la manière d’imperméabiliser de la toile ou de refroidir un dessert. Grâce à la diligence de ma douce, je dois avoir une douzaine de livres de référence sur la période, étalés autour de mon bureau, je dois en avoir lu des centaines de pages, avoir fait des heures et des heures de journaux microfilmés à la médiathèque, des sondages chez des collectionneurs, des spécialistes dans tel ou tel domaine, en attendant certaines visites de musées… J’arrache le récit à la chair du quotidien. A cause de tout ce travail de documentation, le roman lui-même avance très lentement, en moyenne neuf pages par mois, c’est bien tout. Mais je ne suis pas mécontent du résultat. Parce que l’idée, ayant compulsé tout ça, est de ne pas m’appesantir sur les détails, de ne pas paraître démontrer que j’ai bien fait mes devoirs. L’idée est simplement de plonger le lecteur dans une époque, sans avoir l’air d’y toucher. Je vais donc poursuivre sur cet axe, tranquillement, sans prévoir de date de fin d’écriture (je m’en suis bien fixé une, mais pour une fois, je vais la dépasser allègrement).

vendredi, 05 juin 2009

Prix lettres-fontière

Les dix gagnants du prix lettres-frontière (5 pour la France, 5 pour la Suisse), sont :

  • Bertholon, Delphine - Twist - Ed. JC Lattès (Rhône-Alpes)
  • Cachard, Laurent - Tebessa, 1956 - Ed. Raison et Passions (Rhône-Alpes)
  • Char, Yasmine - La Main de Dieu - Gallimard (Suisse romande)
  • Chavassieux, Christian - Le Baiser de la nourrice - JP Huguet (Rhône-Alpes)
  • Delaloye, Julie - Dans un ciel de février - Cheyne éd. (Suisse romande)
  • Durif, Eugène - Laisse les hommes pleurer - Actes Sud (Rhône-Alpes)
  • Gallay, Claudie - Les Déferlantes - Ed du Rouergue (Rhône-Alpes)
  • Richter, Anne - l'Ange hurleur - Ed. l'Age d'Homme (Suisse romande)
  • Rivaz, Dominique de - Douchinka - Ed de l'Aire (Suisse romande)
  • Sandoz, Thomas - La Fanée - Ed. G d'Encre (Suisse romande)

Ah oui et, tiens, au fait, je suis dedans non ? Ah oui, tiens, je suis dedans... Oh mais Oh, je suis dedans, les gars !

Bien, bien. Merci au jury, tout ça.

Je ne sais plus si je fais semblant de ne pas être carrément content, ou si je suis simplement heureux que ce livre puisse encore faire un bout de chemin, avec la reconnaissance de libraires de Rhône-Alpes et de Suisse romande. Je suis aussi heureux pour mon éditeur, qui glane ainsi son deuxième prix lettres-frontière en trois ans, sur quatre ans d'existence, je dis que c'est bien.

 Pour plus de détails sur le processus de sélection : http://www.lettresfrontiere.net/coulisses-de-la-selection...

 

 

jeudi, 04 juin 2009

Exercices de style

J’ai découvert récemment (mais on m’a forcé, monsieur le juge), l’écriture de Maxence Fermine. C’est à fourguer avec Christian Bobin et Paolo Coehlo, et à jeter à la fosse. Ces auteurs roublards qui entretiennent leur lectorat (malheureusement essentiellement féminin), dans l’illusion que la poésie est une forme lénifiante, molle, esthétisante, ponctuée de « vérités » et de pensées faussement profondes, m’agacent à un point. C’est surtout insupportablement bête. Tiens, je vous en fais une ? Une phrase à la Bobin : « Elle séjournait près des vivants, la pensée toujours à fleur de lumière, comme une onde qui passe, et ses mains avaient la douceur de l’aube ». Une minute chrono, pas compliqué. Voilà. Du Fermine ? Allez : « Yushô quittait la maison familiale au matin. Le père le reverrait le soir. « Où vas-tu, mon fils ? » lui disait-il, « tu sais bien », répondait Yushô avec un sourire, « le vent m’appelle, et je dois lui répondre. » Ainsi, chaque jour, le jeune peintre marchait jusqu’au sommet de la colline, pour répondre à la question du vent. Là, ses lèvres échappaient des mots de la couleur de l’automne, des phrases mélodieuses comme un chant de Geisha. Et le vent, apaisé, souriait. » Obligé de faire plus d’une phrase, Maxence, est verbeux, il lui faut vingt pages pour ne pas dire ce qu’il a à dire (je suppose qu’il cherche en même temps). Et le mec est capable de vous pondre toute un livre comme ça, de cette sorte de litanie dénervée, qui se veut philosophique. M’agace, m’agace…

Par contre, parmi mes récentes lectures, il y avait le dernier Michon « les Onze ». Et dire qu’il n’est toujours pas dans le Robert des noms propres.

dimanche, 24 mai 2009

Chouchou et la justice

Je me permets de citer un extrait du Monde.fr. La moralisation du capitalisme, exhibée en façade par Machin est loin d'être à l'ordre du jour, dans les faits. N'oublions pas qu'on parle de ses amis :

"Au moment où Nicolas Sarkozy prévoit la suppression du juge d'instruction, les spécialistes de la délinquance économique voient le nombre de leurs affaires se réduire comme peau de chagrin. "La réforme de la suppression du juge d'instruction a été largement anticipée", note M. Van Ruymbeke. Entre 2007 et 2008, le nombre de dossiers confiés par le procureur à des juges d'instruction - ils ne peuvent pas s'autosaisir - est brutalement passé de 467 à 251 pour l'ensemble des affaires, santé publique (quatre juges) et délinquance astucieuse (les escroqueries, neuf juges) comprises.

La chute est vertigineuse pour les délits financiers les plus complexes, qui ont fait la gloire et la raison d'être du pôle parisien créé en 1999 : 21 informations judiciaires ont été ouvertes en 2008, contre 88 en 2007 (et 101 en 2006). Depuis le début de l'année 2009, le procureur de Paris a ouvert six informations.

"J'ai pour six mois à un an de travail à plein temps, explique M. Van Ruymbeke. J'ai eu deux nouvelles affaires en 2008, dont la Société générale-Kerviel, trois depuis le début de l'année. Je gère un stock d'une vingtaine de dossiers. A terme, si le ralentissement se poursuit, la réduction du nombre de juges d'instruction me paraît inéluctable.""

 

Autrement, elle l'appelle Chouchou, et nous, ben, on s'en fout.

Sous les voûtes

Une vingtaine de courageux ont assisté à la lecture de "Ermite" hier. C'est le double de ce que je pensais. Donc, très bien. D'abord nous avons commencé avec quarante minutes de retard. A cette heure de la nuit, chaque minute compte. Commencer la lecture d'un texte aussi ardu à 0h 40 était un obstacle pour beaucoup. Nous avons lu dans le noir, comme convenu, avec nos seules lampes de poche et la ponctuation, sous les voûtes de ce beau lieu, de quelques lumignons. Peu de gens se sont endormis. Nous étions quatre : Jean, Dominique, Julien (qu'ils soient remerciés ici, à nouveau, pour leur gentillesse et leur enthousiasme) et moi. La variété des voix a permis de maintenir un minimum d'attention.

Cette lecture à haute voix m'a permis d'y voir plus clair dans les défauts de ce texte. Il me semble que son architecture souffre d'un manque de ligne de force. Il faudrait que je le reconstruise autour d'un axe dramatique, quelque chose de récurrent. Je crois aussi que certains passages enfoncent des portes ouvertes ou, en tout cas, n'apportent rien de vraiment fort et original. On pourrait s'attendre à ce qu'un ascète, reclus dans la nuit d'une grotte, refusant de se nourrir, explore des pensées surprenantes, aborde des terrains inédits. S'il y a de tels moments, ils sont trop rares, à mon goût. Je regrette d'avoir eu la prétention de proposer ce texte à Jean. Il n'était pas abouti. Dire que certaine auditrice ont pris le travail ce matin, dès sept heures... franchement, je me demande si cela en valait la peine. C'est comme ça.

vendredi, 22 mai 2009

La nuit se livre

Demain, à minuit, nous tenterons une petite expérience, à Saint-Haon-le-Châtel, fief de l'association "Demain dès l'aube", association qui a pour unique but de partager son goût de la lecture et de la découverte des textes.

Le texte à découvrir ce soir-là, au fond d'une cave plongée dans le noir, s'intitule "Ermite", et il s'agit d'un texte étrange, du récit poétique d'un homme qui choisit de tout quitter pour se réfugier dans une grotte, et mourir là, tranquille, dans l'espoir de trouver sa vérité. Y parviendra-t-il ?

Ce moment suspendu est une initiative de Jean Mathieu, qui avait fait découvrir l'an dernier, à la même période "Le baiser de la nourrice". "ermite" ne connaîtra évidemment pas la même trajectoire, parce que je le trouve encore inabouti. Mais j'attends justement de cette expérience un retour des auditeurs, pour avoir une vision plus claire de ce travail.

Une des belles idées de Jean pour demain, est la lecture dans le noir, les lecteurs seuls étant équipés de petites lampes de poche. Nous serons plusieurs à lire, dont Dominique Furnon, déjà complice pour le baiser, et décidément toujours partant pour ce genre de délire.

Comme je les aime, ces types...

Autrement, tout le week end, en cours de journée, se succèderont les lectures de Kafka, de Musset, de Hugo, de Maupassant... des formes courtes qui entrent dans la thématique de la nuit. Sans y être forcément liés directement.

vendredi, 08 mai 2009

Vous reprendrez bien un peu de limule ?

 

Je ne sais pas si vous allez me croire, mais le livre existe, et surtout, il est sorti tout récemment :

 

Limules : Une histoire naturelle

de Martin Daigneault avec une préface de Georges Brossard, à partir de 30 euros.

 

En plus, les illustrations sont superbes. Je pense avec émotion à notre bon ami Demaître, qui est un pionnier, et dont le travail, ici, n’est pas reconnu. Misère ! (ça, c’est pour ceux qui ont vu la pièce).

 

jeudi, 07 mai 2009

Pierre Etaix

Une pétition, pour une fois. Ici, c'est pas si souvent, avouez.

Un compatriote célèbre est plongé dans un imbroglio juridique terrible. Sa gentillesse légendaire en a fait une proie idéale pour les requins. En attendant, ses films s’abîment, leur restauration devient de plus en plus problématique, et il faut agir vite. Voici le texte qui accompagne la pétition pour la ressortie des cinq longs métrages de Pierre Etaix.

A quatre-vingts ans, Pierre Etaix, clown, dessinateur et cinéaste ne peut plus montrer ses films !!

Ses cinq longs métrages (dont quatre co-écrits avec Jean-Claude Carrière) sont aujourd'hui totalement invisibles, victimes d'un imbroglio juridique scandaleux qui prive les auteurs de leurs droits et interdit toute diffusion (même gratuite) de leurs films.

Alors, si comme moi, vous souhaitez comprendre les raisons de ce rapt culturel et signer la pétition pour la ressortie des films de Pierre Etaix, visitez ce lien:

http://sites.google.com/site/petitionetaix/

N'hésitez pas à faire suivre ce mail à tous vos contacts et amis avant le 10 mai 2009, date de remise de la pétition à  Madame Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication.

Par avance, merci de votre aide.

mercredi, 06 mai 2009

2026 par Finis Africae

Par Pascal, le délicieux blogueur de "Finis Africae", ce petit pamphlet joliment troussé.

Régalez-vous : 

http://www.finis-africae.net/index.php?post=1187

mardi, 05 mai 2009

Spéciale dédicace

Je suis tout de même épaté qu’un type comme Johnny Halliday (ce nom !) soit toujours adulé par son (vaste*) public.

Voilà pourtant un chanteur qui s’est fourvoyé dans tous les genres à la mode (vous vous souvenez de ses tenues mad max ?), qui n’a jamais réussi à sortir trois phrases sensées à la suite, qui se fait relayer sur scène pour gratter les morceaux difficiles (mais en coulisses), ou doubler sa voix désormais défaillante ; un type surtout qui a préféré filer en Suisse pour payer moins d’impôts que dans le pays dont le peuple l’a enrichi, inconditionnellement, année après année. Et il est là, il revient, tranquille, pour une nouvelle tournée (la dernière ? Non ? Vraiment, la dernière ?), fait pratiquement le plein à chaque fois, s'offre à la béatitude de ceux qui l'aiment et ne lui demandent rien d'autre que de continuer de chanter.

Je me demande si l’abnégation de son public, fidèle, indéfectible, n’est pas un équivalent des dons aux bonnes œuvres. Je pense que ça fait du bien aux plus désemparés, aux plus démunis, à tous les déshérités, de savoir que leur argent alimente un mythe, un vrai. Johnny est leur idole, certes, mais aussi l’incarnation de ce qu’ils ont contribué à construire : une star. Plus que n’importe quel autre, Johnny est le produit des sacrifices de chaque foyer français depuis quarante ans ou plus. Et de cela, les français lui sont reconnaissants. Johnny, c’est comme le France, le Concorde ou le Rafale : ça coûte cher, c’est obsolète, ça ne se vend qu’en France, mais bon dieu c’est la Patrie, c’est le peuple français, quoi ! Pour cela, tout lui est permis, même de mépriser ceux qui l’ont fait milliardaire. On lui pardonne tout. Inattaquable.

 

* Etymologiquement, "vaste" a la même racine que "vide". (J'aime bien rappeler des petites choses comme ça, au passage).

lundi, 04 mai 2009

Vagissant

"Vagissant"... ce mot singulier est dit quatre ou cinq fois dans "le rire du limule". Ce qui m'a valu deux réactions amusées de spectateurs, cette semaine. L'un, un ami, me disait "tu l'aimes bien ce mot", en sous-entendant que j'aurais pu ne pas prendre garde de sa multiple occurence. C'est bien mal me connaître. L'autre, une figure importante de la culture à Roanne, a avoué s'être amusée avec son mari, sur la route du retour, à employer vagissant à tout propos "tu ne trouves pas que la route est vagissante ?", "c'était une soirée vagissante", etc. Humour dont je suis assez client d'ailleurs. Elle avait gardé l'impression que j'avais exagéré l'emploi de ce mot. Je profite de Kronix pour éclaircir ce point. Le mot est placé dans la bouche de lucifer (et de ses diverses incarnations), de la même façon que revient dans la bouche d'un accusé, le mot "innocent". Dans "je n'étais que vagissant", il y a le même caractère d'étonnement et de désarroi que dans le "Je suis innocent", que clame le suspect. La répétition me semble alors logique.

Demain, je vous parle du mot "poireaux", dans ma liste de courses du 20 avril 2009. Tant qu'à parler de trucs intéressants... 

dimanche, 03 mai 2009

Ermite

Je glisse ici un prochain rendez-vous pour les personnes qui, en 2009, après avoir subi la lecture du "baiser de la nourrice" ont supporté la vision du "Rire du limule", et ne sont pas soulés par mes productions.

La fête de Saint-Haon le Châtel, village amoureux des livres et de la littérature, aura pour thème la Nuit. Plusieurs lectures ponctuelles en journée un peu partout, lecture de "la métamorphose" de Kafka à 18 heures, un petit repas vers 19 h 30 (vous voyez, jusque là, tout se passe bien), une visite du village aux fambeaux, sous la houlette de Jean Mathieu, avec précisions historiques, recréation par le discours et l'esprit, de la vie quotidienne des maisons de Saint-Haon et de ses habitants il y a cinquante ans, et puis à minuit, lecture d'un de mes inédits : "Ermite", à plusieurs voix.

Vous aurez le droit de dormir pendant la lecture.

Ah oui : c'est le samedi 23 mai. Il y a des courageux ?

samedi, 02 mai 2009

Des nouvelles du baiser

Pendant ce temps, "le baiser de la nourrice" fait son petit bonhomme de chemin. Il est dans la dernière ligne droite pour la sélection Lettres-Frontière. Un prix prestigieux, attribué à cinq finalistes sur 300 romans, choisis par deux jurys, l'un suisse roman, l'autre rhônalpin. Après une première liste d'une trentaine d'ouvrages, nous sommes maintenant une dizaine, retenus par chaque jury. L'étape qui suit, et qui est en cours actuellement, est organisée de sorte que le jury suisse travaille sur la sélection française, et vice-versa. Parmi les sélectionnés, je suis très fier et flatté d'être en compagnie d'un autre roannais, Daniel Arsand. La collection "les soeurs océanes" où je suis publié, avait déjà été primée il y a deux ans, avec l'excellent et terrible "Cyclope" de Catherine Dessales, livre que je vous conseille.

Au-delà de mon cas personnel, ce qui me plait, c'est le principe d'une sélection de cinq ouvrages, plutôt qu'un prix attribué à un seul. Je crois en effet, qu'à ce niveau-là, aucun livre n'est assurément meilleur qu'un autre. Ils ont tous leurs qualités. Conserver cinq auteurs limite l'arbitraire qui prévaut habituellement dans ce genre de couronnement littéraire.

Résultat le 4 juin. Je vous tiens au courant, bien sûr.

jeudi, 30 avril 2009

Le silence du limule

Et bien voilà. Le rideau est refermé. Nous sommes "après". On peut dire honnêtement que, à l'échelle de notre petite ville, "le rire du limule" a été un succès. En tout cas, une expérience marquante pour tous ceux qui y ont participé. Pour moi, d'abord, l'émotion de voir des hommes et des femmes s'échiner pendant des mois pour apprendre, porter, réinventer les mots écrits dans la solitude de mon bureau. Pour tous, la fierté d'avoir accompli quelque chose de différent.

limule3.jpgJe ne cesse depuis des jours de remercier celles et ceux qui ont permis ce miracle. Bernard, qui est à l'origine concrète du projet, et qui en a trouvé le financement, François, qui a mis en scène, (qui a dû convaincre parfois), qui a travaillé le texte d'une manière extraordinairement intelligente, Jérôme et son complice Benoît, qui ont additionné leur talent pour fabriquer une ambiance et un caractère à l'ensemble de la pièce, par le son et la musique, Marc qui, en plus de signer l'affiche et les photos d'ambiance s'est révélé un acteur solide, capable de créer le lien de tout un spectacle par sa présence, et la finesse de son interprétation, Dominique, qui a créé un parcours lumineux minimaliste mais élégant, et tous les comédiens, impliqués et tremblants, sincères, vibrants, qui ont tenu jusqu'au bout, malgré les obligations familiales et professionnelles : Brigitte, Nathalie, Sandrine, Tatiana, Virginie, Jean-Michel, Marc, Nicolas, Patrick, Renaud, tous éblouissants... et débordant de bonheur et d'énergie au final.

 Et la Ville de Roanne, bien sûr, sans laquelle rien n'aurait été possible, comme on dit.

Et permettez-moi une pensée pour ma douce, toujours pas remise de l'émotion générée par l'aventure.

limule7.jpg

Les photos d'illustration sont de mon vieux pote Christian.

 

En haut : Jean-Michel, Nicolas et Renaud.

 

En bas : Patrick, Tatiana et Virginie.

 

Lire aussi le billet de Jérôme alias Godot :

http://jeromebodonclair.wordpress.com/

(billet du 26 avril, soit le lendemain de la représentation. C'est que jérôme n'est pas un feignant, lui).

dimanche, 12 avril 2009

La routine

Les interdits se multiplient, pas une raison pour se résigner, et considérer que c'est normal.

Merci à l'Autre, qui m'a tuyauté sur ce fait-divers.

samedi, 11 avril 2009

Avec les doigts

Des amis musiciens pestent souvent contre la manie des guitaristes de jouer deux-cent notes quand une suffirait, mais des fois, bon sang, c'est franchement beau. Allez, prenez cinq minutes et admirez. Merci à Steve, au passage. Et vive internet, des fois.

http://www.youtube.com/watch?v=6VAkOhXIsI0