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jeudi, 30 juin 2016

2937

Soit le texte sacré de Râlur, loi directement transcrite de la pensée du dieu et donc, littérature sacrée, intouchable pour ses fidèles. On ne saurait porter atteinte au livre sous peine de subir les foudres (non pas divines mais) bigotes : le texte est une entité intègre.
Soit à présent, un hiver glaciaire, pénétrant jusque dans la maison d'un fidèle lambda. Le fidèle dispose du texte sacré de Râlur en deux volumes. Il ne lui reste plus que cela pour allumer un feu vital mais, on le comprend, il rechigne devant un tel sacrilège. Heureusement, il  découvre que son édition comporte un défaut de fabrication : une page du deuxième volume est mal imprimée et un mot est effacé ! Si le texte n'est pas intégral, se dit-il, je ne suis pas véritablement en possession du texte sacré, je peux donc sacrifier cette page, et sûrement, par la suite, ce volume défectueux. Une voix au fond de lui suggère que le volume subsistant ne pouvant être alors considéré comme le texte intégral, il pourra donc brûler celui-là également.
Tout de même, inquiet d'un tel geste, il contacte le prêtre du culte de Râlur le plus proche pour lui demander conseil avant de commettre l'irréparable.
Que lui dit le prêtre ?

2936

Les loutres parties, un dragon en peluche tenta de rétablir l'électricité dans la vieille maison. Il toussait le malheureux, cela faisait peine.

Je ne sais pas trop ce que Freud aurait fait d'un tel rêve.

mercredi, 29 juin 2016

2935

Et donc, c'est officiel : La Grande Sauvage sortira en janvier chez Phébus. Cependant, le roman ne gardera probablement pas ce titre. On cherche.

Contes horrifiques

Insensiblement, la couleur du ciel changea. Le bleu presque blanc de la canicule vira à l'outremer et à l'indigo, par place. Chaque aube trouvait le jour plus dilué, et le fond de la nuit rongeait sa voûte comme une lèpre. Un jour -mais était-ce encore un jour ?- le soleil déroula sa course sur une étoffe de nuit éclaboussée d'étoiles minuscules. Ses rayons ne réchauffaient plus rien. Le crépuscule fut d'un noir mat et sans astres. Le soleil ne reparut pas. Il se fit un froid sidéral. Ne restait plus qu'à compter les minutes qui nous séparaient de la pétrification. Nous nous serrâmes dans les bras les uns des autres, sans prendre garde à qui nous embrassions ainsi. Il n'y eut plus de bien ni de mal. Nos regards échangés se muèrent en vitrail.

mardi, 28 juin 2016

2933

Homosexualité ou hétérosexualité, le monde s'en fout, le monde veut une isosexualité, soit un comportement conforme aux normes industrielles.

lundi, 27 juin 2016

2932

« Chérie ! »
...
« Chérie ? »
« Oui ? »
« Tu n'aurais pas mon médicament pour le cœur ? »
« Non, oui, je ne sais pas. Pourquoi ? »
« C'est assez pressé. »
« Quoi ? »
« Je suis en train de prendre une attaque, là. »
« Ah »
« Chérie ? »
« De faire une attaque. »
« Hmm ? »
« On dit de faire, pas de prendre une attaque. »
« Je ne crois pas. Tu es sûre ? »
« Tu veux que je vérifie dans le Grévisse ? »
« Et bien, tout à l'heure, si ça ne t'ennuie pas. »
« C'est marrant. Tu crois toujours tout savoir et là... »
« Hmm ? »
« Là, parce que je te cloue le bec, pour une fois... »
« Je t'assure, ma chérie, ce n'est pas ça. Mais si tu pouvais activer... »

(et puis je fais court : tout se termine bien).

dimanche, 26 juin 2016

2931

Les Nefs de Pangée, encore en lice pour un prix. Et pas n'importe lequel : le prestigieux et populaire prix Elbakin, du nom de ce site consacré aux littératures de l'Imaginaire, et très convoité pour cela.

Résultat en septembre.

 

11:36 Publié dans actu, Livres | Lien permanent | Commentaires (1)

2930

Depuis hier à 18 heures, les 96 lecteurs de "Demain des l"aube" se relaient pour lire en public et de la façon la plus respectueuse et scrupuleuse qui soit, des extraits des Mémoires d'Outre-tombe de Chateaubriand. La lecture commune de cette œuvre à redécouvrir, à savourer, s'achèvera à 18 heures aujourd'hui. Sauf la nuit quand le temps est trop frais ou en cas de pluie, la lecture se déroule dans le charmant jardin médiéval de Saint-Haon-le-Châtel (Loire), près de Roanne. 24 heures de plongée dans un monument littéraire, c'est une expérience exceptionnelle, qu'il faut vraiment avoir vécue une fois. D'autant plus qu'il semble bien, selon mes sources, que cette dix-septième édition sera la dernière. Enfin, rien n'est décidé, mais après tant d'années au service des maîtres français de la littérature, la fatigue point. On attend une relève...

Quant au passage qu'il me revient de lire à 17h5, c'est un curieux mélange de questionnement visionnaire sur un monde futur globalisé, et des imprécations ultralibérales sur les paresseux et les inutiles, qui font froid dans le dos. Comment lire ça ?

vendredi, 24 juin 2016

2929

Demain, à partir de 16h45, à la librairie Le Carnet à Spirales de Charlieu (Loire).

L'éditeur qui a fait découvrir en France Elif Shafak, Joseph O' Connor ou Julie Otsuka, évoquera son travail d'éditeur de littérature étrangère et son œuvre d'écrivain, à l'occasion de la sortie de son dernier livre "Je suis en vie et tu ne m'entends pas", paru en avril chez Actes Sud. Une rencontre exceptionnelle, un moment rare. Il sera prudent d'arriver tôt.

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jeudi, 23 juin 2016

Les Nefs de Pangée - Nouvelle critique

"J'ai tout de même déploré un manque d'éléments épiques"... Hein ? Ben mince alors ! Qu'est-ce qu'il leur faut ? Je suis aussi surpris qu'un lecteur de littérature de l'imaginaire soit dépassé par "l'originalité" du monde de Pangée, somme toute bien modeste au regard de certains classiques. Bref, certains passent à côté, c'est dommage.

08:53 Publié dans actu, Livres, Web | Lien permanent | Commentaires (1)

2927

De même que le veau court pour se placer au centre du lasso, le taureau se précipite sous les banderilles. Selon moi, cow-boys et toreros n'ont que peu de mérite. Bien plus impressionnant est l'entomologiste, dont le papillon ignore superbement le filet, et que le savant doit inspirer en battant des bras et en mimant le plongeon pour que l'insecte suive son exemple.

mercredi, 22 juin 2016

2926

Encore une sélection pour Les Nefs de Pangée. Cette fois, dans un prix donné par les blogueurs, qui ont été un soutien essentiel pour la reconnaissance de ce livre. La presse générale n'ayant pas levé un sourcil à la parution d'un roman de genre, considéré comme insignifiant, je suppose. Prix ou pas (le lauréat sera désigné en octobre, pendant les Utopiales) j'en profite pour remercier tous les blogs qui m'ont soutenu.

Quatre finalistes, là encore des confrères de haut niveau, c'est le prix Planète Sf 2016.

mardi, 21 juin 2016

2925

Le plongeur est enrobé dans un scaphandre couleur chocolat. La friandise préférée du requin gourmand.

lundi, 20 juin 2016

2924

C'est quoi, une chanson populaire ? (un aperçu du travail en cours sur Portrait de Mémoire(s)")

Après un de nos rendez-vous les plus touchants, celui où les mots de la vieille dame que nous avons rencontrée nous laissent deviner la fatalité d'un destin, nous nous retrouvons chez moi pour faire le point sur la suite. Le monologue de notre ancienne ouvrière, seule dans sa maison abîmée, nous revient. C'est typiquement un récit qu'une Berthe Sylva, une Piaf ou une Damia auraient interprété. La jeune femme tabassée par la vie, que les événements entraînent sur une voie non choisie. Des chansons de cette veine (en plus tragique tout de même) sont restées dans les mémoires. De petits contes affreusement tristes, des mélos insupportables aux couplets déprimants : « En haut d'la rue Saint-Vincent... », « Elle habitait la butte Montmartre... », « Moi j'essuie les verres... » Je cite Les Roses blanches, à cause d'un roman de Gil Jouanard que je viens de lire et qui s'achève par cette chanson célèbre. Le dernier couplet de cette histoire accablante est tellement tragique qu'il produit un effet comique, à voir les moyens mis en œuvre pour tirer les larmes des auditeurs.
Nous entrons aujourd'hui, en ce 19 juin 2016, dans une phase où se pose la question concrète de la forme de nos chansons. Nous convenons que chacune pourrait être une sorte de nouvelle, pas forcément attachée à une personne, mais un précipité des ambiances et détails que nous avons captés. Il faut échapper à la vision sociale trop manifeste, au « détail qui tue ». Dans nos créations précédentes, essentiellement écrites pour la scène, nous sommes d'une résolue modernité, nous avons souvent frisé le conceptuel le plus hermétique. Je ne peux pas écrire un petit mélo ou une historiette sentimentale. Il me semble que chaque mot regimberait, qu'il me faudrait maîtriser un rodéo de phrases révoltées. Pareillement, Jérôme ne se voit pas en train d'écrire une rengaine à la Vincent Scotto. Marc a le même souci avec les photos qu'il prend. Que ce ne soit pas un énième témoignage documentaire sur le passé industriel et les pauv'zouvriers qu'on tant souffert.
Bref, c'est quoi, une chanson populaire aujourd'hui ?
En fait, au terme d'un échange amusé et riche, nous concluons (provisoirement) qu'il nous faut être modestes. Les textes seront simples, la musique mélodique pour être facile à retenir et les images s'attacheront à évoquer la vérité d'une personne. Nous allons tenter de formuler l'impression que nous laisse chaque témoin rencontré, sans tomber dans le cliché. Nous inscrire dans une tradition sans la ressasser. Réinventer le récit chanté des vies minuscules. Nous serons des funambules, marchant entre le précipice de l'extrême modernité et celui du pastiche rétro. Difficile, et passionnant.

dimanche, 19 juin 2016

2923

Je trouve en lien, pour les amateurs, la captation de notre rencontre, Aurélien Delsaux et moi, lors de La Fabrique de l'écrivain, en mars dernier, à la Bibliothèque de La Part-Dieu, à Lyon, organisée par l'ARALD et animée par l'excellente Danielle Maurel. Pas loin d'une heure trente de dialogue. Aurélien y dit des choses très belles sur le roman comme genre démocratique.

 

samedi, 18 juin 2016

2922

A force de louer l'abnégation des policiers, de caresser les gendarmes dans le sens du poil, de prendre prétexte de l'état d'urgence pour déclarer l'amour du peuple à ses soldats, on installe les forces d'autorité sur un piédestal qu'elles n'ont pas pour habitude de quitter facilement, et même, ont une certaine aptitude à se trouver bien sur ces sommets, à y prendre goût, à ne plus se préoccuper d'en redescendre et éventuellement à demander plus de place pour mieux s'y installer, pour enfin trouver légitime de l'occuper tout à fait. On devrait commencer à s'en inquiéter sérieusement.

vendredi, 17 juin 2016

2921

Samedi 25 juin, à 16h45, j'aurais le grand plaisir et l'honneur d'animer une rencontre avec Daniel Arsand à l'occasion de la parution de son dernier livre : "Je suis en vie et tu ne m'entends pas", à la librairie le Carnet à Spirales. Nous évoquerons aussi son parcours exceptionnel d'éditeur de textes étrangers, une façon de faire s'exprimer cet écrivain hors-normes sur sa passion pour les autres écrivains. Comptez sur moi pour faire un rappel dans quelque temps. Toutes les informations ici.

jeudi, 16 juin 2016

Les Nefs de Pangée - Nouvelle critique

Surgi sur ma page Facebook, signé par un internaute, auteur lui-même (et fan depuis très longtemps de la série "Le prisonnier"), Al Bedo alias Jean-Michel Philibert, ce billet spontané qui met du baume au cœur, lui disais-je. Jugez plutôt :

"Pangée… un supercontinent, regroupant toutes les terres émergées. Entouré d’un immense océan, l’Unique. Sur lequel le peuple Ghiom lance ses nefs, magnifiques navires de chasse, à la poursuite du Maître des eaux. Une civilisation complexe, qui maîtrise l’art de la guerre et de la construction, et vit en symbiose avec une faune et une flore étranges. Une confrontation séculaire et meurtrière avec un autre peuple, les Flottants. Des traditions basées sur l’entraide et la sélection génétique, et un art, celui des conteurs. Mais la dixième chasse, la plus puissante jamais organisée, sera bien différente des premières, et la vie politique de Pangée sera bouleversée par l’irruption d’un tyran déterminé à plier son monde à sa loi. Le récit se déroule au rythme de la navigation des nefs. Lent et puissant au début, rapide et épique durant la chasse, puis violent et sanguinaire comme un naufrage. Les personnages sont attachants, déchirés entre leurs désirs et leur destin. La civilisation pangéenne est décrite avec une foule de détails et une cohérence qui rappelle « Dune » de Frank Herbert. Le lecteur est avide d’avancer dans le conte et les surprises se multiplient, jetant un éclairage surprenant sur les deux peuples ennemis. Une petite frustration, celle de n’en savoir pas plus sur l’Odalim, créature mystérieuse et dont le sort semble lié à celui des êtres peuplant cette terre. Mais peut-être le lecteur en saura-t-il plus dans une suite éventuelle…
Le récit se déroule-t-il dans le passé ou dans le futur ? Impossible de le dire. La théorie de la dérive des continents de Wegener affirme qu’il y a deux cent millions d’années, nos continents actuels étaient regroupés en un seul supercontinent. Selon cette même théorie, Pangée pourrait bien se reformer dans un laps de temps identique…
Au final, « Les nefs de Pangée » est une passionnante réflexion sur l’humanité : qu’est-ce qu’un être humain ? Qu’est-ce qu’une race ? La différence est-elle forcément source de conflit ? Une parabole qui pourrait bien être très actuelle."

2919

Ce soir, à la médiathèque de Saint-Cergues, c'est la dernière de la tournée Lettres-Frontière pour moi et pour L'Affaire des vivants. La fin d'un cycle de rencontres qui furent autant de temps fors et chaleureux. Une fin et aussi, d'une certaine façon, le début de quelque chose. Déjà, la promesse d'être à Thonon, en novembre, pour passer le relais au prochain lauréat de ce prix original. En attendant, les amis, ce soir à 20 heures...

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mercredi, 15 juin 2016

2918

Toi, le malheur, sors-toi de là et aussi, écarte-toi du chemin des copains. Vire ! Toi, le bonheur, on t'oblige à rien mais sache qu'on t'apprécie. Tu peux rester. Même discret, même tranquille, sans bruit, c'est bien quand tu es là. On te le dit pas assez mais. Tu es un peu notre chouchou. Je sais : faut qu'on fasse gaffe. Qu'on prenne soin de toi. On s'y applique, on s'y applique.

Et une pensée pour l'ami qui a vu le malheur pointer son nez hier.