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lundi, 27 avril 2015

2473

Le chant admet l'infirmité des mots.

dimanche, 26 avril 2015

2472

Les paroles s'envolent, les écrits s'effacent.

samedi, 25 avril 2015

2471

Ce qui ne te troue pas, te rend plus compact.

vendredi, 24 avril 2015

2470

Tous ces corps jetés comme des ordures à la mer.

Ne crois pas que tu t'en sortiras avec quelques éclaboussures.

jeudi, 23 avril 2015

2469

Il n'y a pas de colère sans enthousiasme

mercredi, 22 avril 2015

2468

Ce corps bizarre

Qui m'en fait voir

dimanche, 19 avril 2015

L'idiot

Je suis épaté par l'intelligence avec laquelle les auteurs parlent de leur œuvre. Moi, j'ai toujours le sentiment d'être l'idiot de mes livres, celui qui ne sait pas ou, en tout cas, en sait moins que ses lecteurs. C'est la pertinence des lectures qui me fait comprendre ce que j'ai fait.

samedi, 18 avril 2015

Allons enfants

Il avait été décidé par toutes les parties d'inaugurer une nouvelle forme de guerre. Il s'agissait, tout en commettant des actes agressifs, de ne blesser personne, de ne tuer personne, de provoquer le moins de dégâts possibles chez l'adversaire. On arriva à la conclusion qu'on pourrait éventuellement bombarder les terrains vagues, les zones désertées -après un temps pour l'évacuation des taupes et autres animaux sauvages- et les cimetières. Il s'en suivit un tel ennui qu'on décida de se foutre une bonne fois sur la gueule et de se massacrer. Au grand soulagement des nations.

vendredi, 17 avril 2015

On veut des noms

Et donc, l'on décida de donner aux rues des noms de personnages célèbres, grands écrivains et héros. Or, on en manquait. La Nation demanda à la population de faire un effort en ce sens et aussitôt, dans un grand élan fécond et patriotique, on vit naître des Hugo, Dumas, Stendhal, Zola, Flaubert, Baudelaire, Verlaine, Musset, Sand, Massenet, etc. Un foisonnement qui ne connaissait pas d'exemple et qui fut tel, que la provende sert encore aujourd'hui, pour baptiser des places et des boulevards. De temps en temps, on fabrique encore un Pasteur ou un de Gaulle, mais les Français ne sont plus contraints comme naguère de produire un si grand nombre de célébrités. On s'en satisfait.

jeudi, 16 avril 2015

Versailles

Ce soir, je suis invité par le club lecture Parole d'encre, dans le cadre prestigieux de la galerie des archives de la Bibliothèque de Versailles (où j'espère revenir pour d'autres raisons et plus longuement). J'ai le plaisir et l'avantage de présenter « L'Affaire des Vivants », en compagnie de Jean-Luc Seigle, qui viendra évoquer, lui, son dernier et superbe ouvrage « Je vous écris dans le noir ». Danielle Maurel en parle mieux que je ne pourrais le faire sur son blog.

Une autre bonne nouvelle : la sortie en poche de « Mausolées », en novembre.

mercredi, 15 avril 2015

La Grande Sauvage - Extrait

Martin laisse s'éloigner le gamin, flatte ses vaches, s'arrête où l'herbe est régénérée. Il s'assied un peu à l'écart. Après un temps, il est surpris de sentir en lui venir une anxiété. La voir surgir, plutôt, comme montée de la terre avec une sensation de fraîcheur soudaine. La journée va s'écouler, c'est la certitude, oui, la journée va passer, traduire sous ses yeux les ombres et les éclats entre les feuillages, ramener le troupeau plus sûrement qu'un ordre vers l'étable, et ce sera une journée d'achevée. L'angoisse incompréhensible qui le tient à présent, et occupe entièrement sa pensée, est celle du lendemain exactement semblable à ce jour qui s'abîmera, inévitablement, dans la succession de la traite du soir, des Vêpres et du coucher. Des jours identiques malgré la variation souveraine des saisons. Des jours recommencés après la brève interruption du sommeil. Il lui est venu l'idée de calculer combien de temps ce manège durerait. La reine sur son paon, tournant dans le carrousel, sa majesté qui décrit la rotation solaire, revient sans fatiguer. Combien de temps ? Martin est troublé. Il accueille ce trouble sans lâcheté, avec de la reconnaissance, car il se sent élevé par le questionnement qui vient de le traverser. Dans son application à explorer cette pensée, les jours lointains de sa petite enfance lui semblent une farandole précipitée, une théorie d'heures vives, comme une course au milieu des frimas. Une course parmi les chiens. Ces accélérations qu'il a connues et aimées, où s'élevait la pulsation des sèves et des humeurs de la pluie. Il se dit que son présent n'est pas mal, bien sûr, mais la perspective de la litanie prévisible des jours renouvelle l'angoisse née tout à l'heure. Il en reconnaît les sourds accents, les propriétés vaguement maladives. S'en repaît et se surprend à y trouver plaisir. Il n'est pas fruste. Les leçons des précepteurs, les fragments de savoir saisis malgré qu'il avait lui-même peu conscience de les avoir assimilés, se manifestent, articulent leurs formes avec les délicats contournements de ses réflexions, éclairent des niches, rendent lisibles et intelligibles la mesure des choses. C'est qu'il y a, découvre-t-il, une mortalité de ces jours routiniers, il y a un terme. C'est une manière d'aube qui se profile ou plutôt se devine à peine derrière une montagne, mais cela devra arriver, aussi inéluctablement que les Vêpres ce soir, aussi certainement que le coucher. Il y aura un jour, après. Ce n'est pas moins angoissant que l'épreuve inconfortable de se trouver au milieu d'un gué, mais enfin, c'est un point essentiel d'avoir compris que les phases de la vie connaissent des fins et sont donc annonciateurs de changements.

mardi, 14 avril 2015

Alibi dineux

Les vieillards vérifiaient seulement que Suzanne avait bien attendu de digérer pour aller se baigner.

Et après, toute cette histoire qu'on leur a fait, pfff...

lundi, 13 avril 2015

Légume des jours

Pour s'éplucher un doigt, il faut veiller à affûter l'économe. Ensuite, l'intérêt de l'opération est votre problème.

 

 

Autrement, la première hirondelle est revenue, ce matin. C'est toujours un moment particulièrement émouvant, pour nous. Une vraie réconciliation avec le monde. Avec ce qu'il a de beau, encore.

dimanche, 12 avril 2015

Kinétoscope

Dans un grand musée, choisir une vaste salle bourrée de peintures, et courir très vite en clignant des yeux entre chaque tableau. Cela reproduit de façon étonnante les effets du cinéma. Les toiles se fondent dans un mouvement, bataillent et se heurtent, s'épousent, dialoguent. C'est très beau. Enfin, je suis certain que ce serait très beau. Mais on ne me laisse jamais faire.

samedi, 11 avril 2015

Un an

Il y a un an exactement, je déposais les clés de mon travail sur le bureau de ma chef.

La vie depuis, si elle n'est pas confortable sous certains aspects, est facile, bonne, bénie. Je vais en reprendre un an, tiens.

 

vendredi, 10 avril 2015

Où Roanne, Quand Roanne, Quelle Roanne ?

Roanne, conférence, Chavassieux, Brideau, Verdet, Albert ThomasC'est ce soir, avec les amis Brideau et Verdet, et apparemment, c'est moi qui lance la soirée.

Un exercice inédit pour moi. 50 minutes de sérieuses fantaisies sur ma ville.

Merci à Thibaut et aux organisateurs de ce colloque, deuxième du genre.

jeudi, 09 avril 2015

A quoi ça tient

Harcelé par des myriades de moustiques bien à l'abri entre les plaques osseuses de son échine, le stégosaure, incapable de soulager cette incessante démangeaison, devenait fou. Il a préféré disparaître. C'est bien triste. Saloperies de moustiques.

mercredi, 08 avril 2015

Péplum musical

Le percussionniste était particulièrement doué. Quand il prenait place, en face des bancs de rameurs, les galériens, ravis, applaudissaient en secouant leurs chaînes.

mardi, 07 avril 2015

Ce qui la fish mal

En plus de tant d'épreuves, la petite sirène comprit vraiment sa douleur le jour de sa première épilation.

lundi, 06 avril 2015

Réaliste

Admettre que Mausolées ou Les Nefs de Pangée seront lus et vus comme ce qu'ils ne sont pas, qu'ils vaudront mieux que leur réputation, compter sur le temps pour que ce qui les fonde, en réalité, soit reconnu. Essayer de s'en moquer et continuer.