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Travaux en cours

  • 3752

    Hier soir, nous célébrions l'ouverture d'un chantier d'importance qui va, Cédric Fernandez (au dessin), Franck Perrot (à la couleur) et moi (au scénario), nous embarquer pour une collaboration de deux ans, au bas mot : la réalisation, pour Glénat, d'une BD en deux volumes sur la conquête du Mexique par Hernan Cortés. Un projet lancé il y a une dizaine d'années sous l'impulsion de Cédric, et qui a mis tout ce temps pour trouver un éditeur.
    Hier, avant de déboucher le champagne, tandis que je transférais de la documentation sur mon ordinateur, Cédric et moi nous amusions du nombre de fichiers contenus dans le dossier qui, par thésaurisation, résume notre collaboration : 11 titres. Et tous d'un bon niveau, je vous assure. De la piraterie fantaisiste à l'adaptation littéraire, d'un récit d'histoire contemporaine à un drame shakespearien ayant pour cadre la Scandinavie du VIIIe siècle en passant par la mythologie grecque, nous avons exploré tous les thèmes qui nous interpellaient. Le plus étonnant, encore, est la durée que l'ensemble symbolise : une vingtaine d'années. Dire que nous sommes têtus serait un euphémisme, vous l'avez compris, mais est-ce bien cet entêtement qui s'est révélé payant ? En partie seulement : le facteur déterminant est que Cédric et Franck assurent depuis pas mal d'années des réalisations qui font des succès de librairie (Saint-Exupéry, Les forêts d'Opale, Les Faucheurs de vent, bientôt Notre-Dame de Paris) et que les éditeurs leur font confiance, désormais. Je ne suis donc qu'un invité, reconnaissant de la chance qui lui échoie. Sans Cédric, je sais que j'aurais pu m'échiner encore des années sans le moindre résultat. L'aventure commence donc, et nous entrevoyons l'énormité du défi. La reconstitution d'une histoire aussi exotique et lointaine, la richesse graphique que nous voulons atteindre, l'ambition du récit, nous font considérer ce diptyque comme un enjeu particulier. Pour le reste, si vous lisez ce billet comme un hommage à mon ami dessinateur qui a si fidèlement tenté de me faire intégrer ce milieu pendant tout ce temps sans rien lâcher, vous avez raison.

  • 3734

    « J'ai fait venir une clim' pour mon bureau, dit-elle en se forçant à rire. Sauf que j'ai passé toute ma journée en rendez-vous extérieurs et je me sens crade. Gluante. En plus, ça encombre. Maintenant, si je mets l'appareil en route, je vais prendre froid. — C'est absurde, dit Nicolas après un temps. Tout ce qu'on fait est absurde. — Je ne crois pas. — Non, bien sûr, parce que tu fais des choses importantes. » Elle émit un gloussement. « Ça va, me cherche pas. Fait trop chaud. — Un boulot qui mérite qu'on travaille au frais. — Si tu veux. — On a vraiment eu peur pour Pierre. Maman était... — Tu as assuré. Merci. » Elle avait perçu le reproche sous la phrase, il le savait. Il lui était reconnaissant de ne pas s'être offusquée, de ne pas avoir bondi sur cette pique. Il avait été injuste. « Une épreuve, souffla Nicolas. J'ai trouvé ce que c’est, cette canicule. Une ordalie. — Une ordalie ? — Une brûlure qu'on s'infligeait pour prouver sa bonne foi. Si la brûlure guérissait dans un court délai, c'est que Dieu attestait de ton innocence. — C'est débile. — C'était la vérité d'une époque. Elle était indiscutable. Nos morts sont indiscutables. La canicule est indiscutable. Le fait que nous y soyons tous pour quelque chose est indiscutable. — Tu plaisantes ? C'est discutable. Tu vas pas me ressortir tes histoires de réchauffement climatique ? — Non, rassure-toi. C'est ma vérité, ce n'est que ma vérité indiscutable. — Indiscutable. — Comme les appareils qui rafraîchissent et contribuent au réchauffement, comme tous ces objets… » Il se tut. Livia marmonnait un air à la mode. Elle lui laissait la parole ; cela lui arrivait parfois. Elle avait envie de quelqu'un en veine de bavardage, ce soir. Nicolas tombait pile. « Tu te rends compte qu'ils ont tous un nom ?, reprit-il vivement, comme inspiré. Tout porte un nom, c'est effrayant. Les objets que l'on nomme. Cette manie de définir la moindre chose. » La frappe sur le clavier avait repris, elle n'était déjà plus là. « Rien n'échappe à notre frénésie de taxonomie. On définit tout, jusqu'au cloaque du moindre insecte, la substance du moindre microbe, jusqu'au fragment le plus infime du temps. C'est une façon d'assécher le monde. Et on n'a qu'un nom pour la canicule. Alors que ceux qui ont succombé à l'ordalie... — Dis-donc, ça cognait à Roanne... — La confusion de cadavres comme disait Flaubert, tous ces anonymes. Et tous ceux des siècles à venir. La foule est innommable. — Dieu est innommable. » Il grogna. Elle aurait toujours le dernier mot.

     

    Noir canicule. Extrait. Sortie en mars, chez Phébus.

  • 3731

    "Nos rêves ne sont pas de valeurs égales. Il en est de plus marquants que d'autres, révélés aux portes du jour, qui bouleversent l'âme au point de sembler dignes d'être relatés. Celui que fit l'enfant était très singulier. Agréable, solaire, il le déposa aux marges du réveil en lui laissant une impression durable d'intense bonheur. Les anciens parlèrent plus tard d'extase, et ses parents, à qui il se confia d'abord, en furent assez éblouis pour y voir un signe. Ce qui augmenta leur intérêt, c'était le visage éclairé de leur petit, son sourire habité par une joie inexprimable. Ils furent convaincus qu'une chose extraordinaire s'était passée dans la nuit. "

    Voilà, ça commencerait comme ça. Ça n'a ni titre, ni forme établie, je sais seulement que, depuis quelques jours, la merveilleuse sensation d'être obsédé par le besoin de raconter cette histoire, me sort du lit (sauf coup de froid impromptu) et me maintient éveillé tard le soir. J'ai tellement attendu de revivre cet état que je désespérais de le recouvrer jamais. C'est parti !

  • 3715

    Quand tu écris, parfois, une certaine dynamique du récit contamine la syntaxe ou la ponctuation, et tu mets en place naturellement une forme singulière. Aucune volonté de révolutionner quoi que ce soit, simplement la ponctuation que tu as imaginée est enclose dans ton projet littéraire. Et puis, vient le temps fatidique où ton travail va passer sous les fourches caudines du correcteur ou de la correctrice. Là, c'est autre chose, il faut réguler, édicter tes propres lois, celles, inconscientes, intuitives, que tu as utilisées -et générées- dans le même temps. Et donc, ton éditeur te demande de poser noir sur blanc tes propres règles. Pourquoi, par exemple, n'utilises-tu pas toujours la forme [: "] ? Exercice salutaire. Ce qui donne, pour "Noir Canicule", le prochain :

    On mettra deux points ouvrez les guillemets [ : " " ] seulement quand la phrase qui précède la réplique contient une expression, un mot, un verbe, induisant l'idée de prise de parole directe ('une voix les stoppa' ; 'elle ajouta' ; 'la main ponctuait chaque mot' ; 'prendre à témoin')

    Attention à certains cas, comme p.5 du manuscrit. ' Il grogna pour faire comprendre sans le dire "Qu'est-ce que t'en sais" ' Je ne mets pas [ : ] avant les guillemets, malgré le verbe 'dire', parce que le personnage ne 'dit' pas ce qui suit. Il n'y a pas de prise de parole.

    La réplique s'achève par [."] quand la phrase qui la suit contient une expression, un mot, un verbe, induisant l'idée de prise de parole effectuée. ex. : [' "on va pouvoir y aller." Sa voix avait arpenté la gorge...' ]

    Enfin, il y a des cas où les paroles, les répliques, sont incluses dans le récit, sans s'en distinguer. Laisser ainsi, SVP. L'idée est celle d'une certaine distance de narration. Les phrases entre guillemets "sonnent", prennent un relief qui, dans les cas où je les ai retirés, nuiraient au rythme et à l'atmosphère que j'ai souhaité créer.

    Il reste la problématique des majuscules en début de phrase entre guillemets, que je laisse à l'appréciation du correcteur ou de la correctrice.

     

    Voilà, c'était un bref passage en coulisses. Merci de votre attention.

  • 3714

    Les livres commencés s'accumulent. Les notes sur les carnets sont poussives. L'écran ne s'allume plus que pour de vagues enquêtes… Des périodes qu'on aimerait ne pas traverser ou mieux : ne pas connaître. Dont l'expérience récurrente assure pourtant qu'elles sont, à terme, fécondes. Patienter, lové dans les sombres draps de la mélancolie. Patienter. Et, comme disait Paul (merci à Françoise pour ce rappel) :
    « Ces jours qui te semblent vides
    Et perdus pour l’univers
    Ont des racines avides
    Qui travaillent les déserts
    [...]
    Patient, patience,
    Patience dans l’azur!
    Chaque atome de silence
    Est la chance d’un fruit mûr!"

  • 3696

    « Je crois en revanche que vous êtes, Christian, un conteur et que le genre qui vous va à la perfection n’est pas la science-fiction mais bien la fantasy. Je sais votre attachement à la SF, mais votre vision du monde, cette vision grand angle et ce goût de l’envol, la fantasy peut le porter. Et c’est le pari que vous aviez réussi avec les Nefs. (…) il vous reste un territoire à explorer, qui n’est ni de la SF ni du roman historique mais la rencontre d’une vision politique et d’un souffle historique. La fantasy. Soyez le conteur que vous pouvez être, revenez avec douceur et simplicité aux personnages en prise avec l’histoire, racontez-nous des contrées nouvelles que le temps n’a su dater mais qui sauront, par leur intemporalité, nous parler, aujourd’hui, dans cette ère troublée dans laquelle nous entrons. La fantasy française a besoin de souffle, soyez-en le vent. » Comment mon éditrice use de diplomatie pour me refuser avec élégance un manuscrit de SF… Nous avons toujours eu, elle et moi, des rapports d'honnêteté, des rapports parfois tendus, certes, mais francs (ceci expliquant cela).

  • 3670

    « Je ne pus croire qu'on eût découvert dans le monde un pays comparable à celui où nous étions. Aujourd'hui, toute cette ville est détruite et rien n'en reste debout. »
    Bernal Diaz del Castillo. La Conquête du Mexique.

  • 3664

    Ici, au Cem-Anahuac Tlali Yoloco, menacé par le ueyquin ayquic, je pose mon tepuli sur le Cuauhxicalli souillé par le sang des xochimiqui, et je commence : « Oc ye nechca... »


    Disons que je commence à me familiariser avec le nahuatl… Il faudra que je vous parle un jour de Cortés, de Moctezuma, de la Malinche, et de la collection Explora, chez Glénat… Oui.

  • 3635

    Allez, mon cher Pourbus, reviens, approche, viens me confier ta voix. Tu vas respirer, aimer et douter à nouveau, nous allons retrouver la scène. Nous allons dialoguer ensemble. Il y aura des âmes nouvelles penchées vers toi, tu diras plus nettement qui tu es, tu seras moins haut mais plus touchant. Tu seras plus près de ce que nous sommes, différents de qui nous étions il y a huit ans, quand l'écriture nous a mis au feu tous les deux, la première fois.
    « Peindre » sera une autre pièce, une autre expérience. Et elle sera meilleure, d'une certaine façon.
    La Compagnie NU se remet à l'ouvrage. Quelque chose en nous se ravive.

  • 3632

    Peindre. Pièce créée il y a quelques années, née de la rencontre avec plusieurs artistes, est remise sur le marbre aujourd'hui. L'écriture a connu une dizaine de versions et, bien que jouée sur scène, elle n'est pour nous qu'une ébauche, tant le contenu est riche, son potentiel prometteur. C'est la dimension nomade du texte de théâtre. Les mots ne seront fixés que par la grâce de l'interprétation. J'ai hâte d'écouter à nouveau François Podetti en Pourbus, s'adresser à une apparition ("E" dans le texte, mais jamais nommée), à la fois muse, fille, femme, menace, souvenir, destin et exigence intime.

    Extrait.

    Pourbus : Parfois, je laissais pinceaux et toiles et te regardais, te regardais, te regardais. Ton corps, tes mains croisées sous la joue, ton sourire aristocrate dans le sommeil. Les boucles de tes cheveux, leur ombre sur ton front. Toute ma peinture était là. Dans ce trouble que j'éprouvais à t'admirer dormir. Certains blancs sont nés dans ce creuset. Dans cette paix où perce l'inquiétude. Dans les blancs, il y a ta respiration calme, ton corps et ton sourire. Personne ne le sait, personne ne le voit, mais c'est là.

    E : Elle était là, elle dormait. Mais toi ? Ton silence ?

    P : Mon silence ? Quand je travaille ?

    E : Quand tu tiens le temps serré entre les mâchoires

    P : Oh, ce silence...

    E : Oui, parlons-en
    P : Cela s'appelle la concentration, figure-toi

    E : Allons...

    P : J'évalue le monde, je promène la pointe de l'absolu dans les ciselures du temps...

    E (l'interrompant) : Ce n'est pas ce que je te demande

    P : Ah bon

    E : Non. Raconte

    P : Je me plante devant ma toile, j'ai les jambes écartées, le buste droit. C'est ça ?

    E : Voilà. Continue

    P : Là, comme ça, sans y penser. Plus de pensée parce que. Absorbé, aspiré. Ça rigole pas. Ça rigole pas, je bosse, je bosse.

    P : J'arpente des géographies devant la toile, il y a des tropiques et des longitudes, des océans à chaque coudée...

    E (soupire) : Fatigue !

    P : Le grand espace, le vide, mon absence... de quoi parlerais-je ?

    E : Le temps, entre les dents serrées

    P : C'est ça, si tu veux. Dents serrées sur le silence. Tout entier dans la toile. Le temps, évanoui. La solitude de l'enfance qui se prolonge, les marmonnements incessants de mes rêveries qui respirent encore tandis que je travaille.

    E : Continue

    P : Pareil dans ma chambre d'enfant, pareil. Dans ma solitude de gamin avec cette sensation de vague, de mollesse. Cette espèce de vertige où je me vautrais. Le même matelas d'ennui généreux dans lequel on est si bien ; le même ici, dans l'atelier.

    E : Continue

    P : Me voici dans ma chambre, me voici avec moi enfant, me voici moi enfant, et je bosse, je joue, le monde est dans ma main, et je joue avec. Là, je suis entier, là je suis peintre, oui. Entièrement, complètement, je ne suis rien d'autre. Ou peut-être même pas : je suis ce que je suis en train de faire. Le pinceau c'est moi, la toile c'est moi. Et pas seulement : l'espace, la lumière...

    E : La musique, les voisins...

    P : Oui. Tout fusionne et se précipite par moi, sur la toile. Si je mets de côté le mystère initial, tout cela pourrait se résumer par la plongée dans le travail. Surtout ne pas être intelligent, lâcher prise, tout désapprendre. Un nouveau-né.
    Je travaille, je bosse. C'est comme ça. Je ne m'amuse pas. C'est sérieux. Je retrouve le sérieux de l'enfance.

     

  • 3604

    « Tout déraciner des légendes qui nous obsèdent, des défiances et des colères, tout oublier, sauf notre travail d'homme, qui est de se présenter face à la mort, meilleurs que nous n'avons jamais été. »
    Demain les Origines. Vol. 1.

  • 3598

    Le peintre reposa son pinceau. Il pensait s'être trompé. Cela lui arrivait parfois. Il traçait, sur une énième toile faite à sa mesure, une suite de nombres qui avait commencé avec le chiffre « 1 », quarante-six ans plus tôt, sur une première toile qu'il avait choisi de nommer détail, parce que chaque tableau n'était qu'un élément de l'ensemble, et c'est la somme des tableaux qui constituerait l’œuvre de sa vie. Des centaines de détails s'étaient succédé depuis. Il n'avait jamais dérogé. Jour après jour, il avait poursuivi la plongée monacale et joyeuse dans cette énumération infatigable. Ainsi, il avait dépassé largement le nombre de cinq millions. Où en était-il ? Il recula, rembobina la bande magnétique pour écouter le dernier enregistrement. Année après année, depuis qu'il avait résolu d'ajouter 1 % de blanc dans sa peinture noire, la trace de ses chiffres s'était insensiblement rapprochée du blanc de la toile. Il peignait maintenant des chiffres blancs sur un fond blanc et l'enregistrement de sa voix qui prononçait chaque nombre tandis qu'il le dessinait, lui était un secours précieux quand, comme en cet instant, il doutait de lui. Sa voix déformée par la restitution électrique, prononça dans sa langue natale : « cinq millions six-cent sept mille deux-cent quarante ». Il revint à la toile, trempa le pinceau dans la mixture, le fit tourner d'un geste automatique et planta son vieux corps à la lisière, là où les derniers traits se distinguaient encore par un reste de brillance. Il écrasa la pointe sur la toile, éprouvant cette sensation – venue plus de cinq millions de fois – de la synchronisation du temps de sa vie avec le temps de son œuvre, et traça un nouveau « 5 » suivi d'un nouveau « 6 » suivi d'un nouveau « 0 », etc. puis il énonça le nouveau nombre peint. Il travailla ainsi quelques heures. Il pâlissait. Sa main tremblait décidément beaucoup trop. Il s'autorisa une pause.

    Le 6 août 2011, Roman Opalka expirait à l'âge de 79 ans et son œuvre s'achevait.
    Il avait peint le nombre 5607249 sur son dernier détail.

     

    (Prologue de "Demain les Origines, vol.1" En cours de lecture chez Mnémos)

  • 3593

    Nous sommes en avril 2019. Je réalise ce fait anodin, en me levant. Et s'impose soudain un constat : il y a maintenant plus de cinq ans que, soutenu par ma douce, j'ai pu quitter mon travail pour me consacrer à l'écriture, exclusivement. Ai-je été à la hauteur du pari, ce que j'ai produit depuis valait-il tous ces sacrifices ? Voyons, faisons un point.

    Les romans, d'abord, publiés ou refusés, je les ai tout de même écrits :
    Les Nefs de Pangée (sortie septembre 2015, Éditions Mnémos). Prix des blogueurs SF 2016.
    La Vie volée de Martin Sourire (sortie janvier 2017 chez Phébus) Bourse d'écriture DRAC 2015. Coup de cœur Prix Claude Fauriel, finaliste prix du roman historique magazine Historia.
    Les Provinciales
    Cryptes
    Le Radical Hennelier (reprise et réécriture puis prolongement d'un court roman d'abord publié sur Kronix, cette version n'a plus aucun rapport, hors les premières pages)

    Pieds nus sur les ronces
    Mado
    Les Inconsolables
    Noire Canicule (titre provisoire. A paraître premier semestre 2020 chez Phébus)
    Demain, les origines. Vol.1. (en cours de lecture chez Mnémos)


    Théâtre :
    Pasiphaé, création premier trimestre 2015. Deuxième version en 2016.
    Minotaure. Création 2017
    Le sort dans la bouteille. (la pièce sera créée par François Frapier en 2019).
    Courage. Pièce écrite pour une classe de 2de au lycée Jean-Puy, à Roanne.

    Nouvelles :
    La Joyeuse. Editions Le Réalgar (2014)
    Ma life
    Nulle part, tout le temps (2016, in Un Tremplin pour l'Utopie. Sélection Prix Rosny-Aîné 2017)
    Etrangères (éditions Les Petits Moulins, 2018)

    Poésie :
    Nos Futurs et Lucifer Elégie. Ed. Sang d'encre, 2014.

    L'Exacte Joie. Livre pauvre, 2019. Illustré par Jean-Marc Dublé.

    Textes divers :
    Voir Grandir (mise en chanson par Jérôme Bodon-Clair. Sur scène en 2015)
    Paloma Courbeau pour revue Brasika Folio (2015)
    Où Roanne, Quand Roanne, Quelle Roanne ? (Colloque, avril 2015)
    A l'aplomb de la chair - texte pour Winfried Veit (avril-mai 2015)
    Portraits de Mémoire(s). Création 2016-2017. Articles pour le site et textes des chansons.
    Lettres-frontière 2016. Eté 2016.
    Winfried Veit, éclaireur infatigable (juillet 2016)
    La Messe d'or (pour le site patrimonial Lectura + Juillet 2016)
    20 ans Médiathèque Mably. Septembre 2016.
    Lettre Ouverte à l'autre que j'étais. Editions Le Réalgar, mars 2017.
    Salammbô, raté, comme un chef-d'oeuvre. Préface pour la co-édition « Merveilleux Flaubert » Mnémos- Les Moutons électriques. Juin 2017.
    Conférence : Art abstrait, retour aux signes. 2017.
    Conférence : Scènes de batailles ; Master Class 2017.
    L'avis de l'auteur (article pour le magazine Pages, avril 2018)
    Rives, Mines et Minotaure (texte écrit pendant la résidence Saint-Etienne. Publication prochaine par Le Réalgar)

    Contes :
    Le crocodile rouge. Pour l'illustratrice Maud Liénard. Inédit.
    Le vilain petit ballon ovale et La lubie de Monsieur Balèze. Pour le dessinateur Sarujin. Publication en juin 2019.

    Scénario de film :
    Joseph Déchelette précurseur de l'archéologie, 2017. Projet de réalisation pour 2019-2020.

    Scenarii de Bandes-dessinées :
    - Pour le dessinateur Cédric Fernandez :
    Cortés : trois albums.
    Les Mange-Failles : deux albums
    Complaintes des Terres du Nord : trois albums.
    Et des synopsis sur 14-18, Alexis de Toqueville, Che Guevarra, les Nefs de Basal. Le début d'un roman graphique pour le dessinateur Philippe Pellet, etc.
    - Pour le dessinateur Thibaut Mazoyer :
    A la droite du diable.

    Et un peu plus de mille notes de blog, je dirais. Voilà. Je crois que c'est tout. Bon...

  • 3591

    Coup de fil de mon éditeur Phébus. C'est confirmé : mon prochain roman paraîtra chez eux entre janvier et avril 2020.

    Le titre est en cours de (re)réflexion. Il s'agit d'un roman "choral" se déroulant en une journée, au plus fort de la canicule, en août 2003. Je voulais absolument rompre la série des romans historiques. C'est donc chose faite. Dès que j'en sais plus...

  • 3580

    Henri Maussan avait affreusement mal. C’était le café sans doute, bu trop chaud, trop vite, tandis qu’il n’avait pas assez mangé. Sans doute… Ou bien ses tripes ne toléraient-elles plus rien. Il imagina le café, jeté dans la cavité de son ventre comme on balance le contenu d’un vase de nuit, répandu sur des viscères ramassés dans les ténèbres de l'abdomen. Son corps était devenu un fauve dont il fallait désormais se méfier, qui mordait son propriétaire à la moindre faute d’attention. Au début, quand le médecin avait diagnostiqué la maladie « trop tardivement pour assurer le succès d’un traitement, même lourd », Henri s’était senti trahi. Bien sûr, la mort entrait dans le contrat signé à la naissance, mais pas l'agonie douloureuse, indélicate, impolie, juchée sur les genoux, qui caresse et poignarde. Pas cette lente, patiente rébellion du corps qui se sabote sans rien dire et vous met par terre d’un coup, en plein milieu de journée et vous ricane à l'oreille : « Je t’ai eu » ! On apprend soudain que votre vieux véhicule de chair, celui qui a besoin de vous Bon Dieu, vous a concocté pendant des années une méchante façon d’en finir avec la lumière des champs et l'hymne des rivières.

     

    Roman. Écriture en cours.

  • 3577

    « Vous êtes venu pour quoi, déjà ?
    « Je sais plus. »
    « Je reprends mes notes, attendez… Où ai-je mis ces foutues notes ? »
    « Mais c’est pas vous qui êtes venu me voir, plutôt ? »
    « Vous croyez ? »
    « Je me demande. Je vais vérifier. Où ai-je noté ça ? »
    « Bonjour messieurs. »
    « Bonjour. »
    « Bonjour. Que puis-je pour vous ? »
    « Pour moi ? Je vous signale que vous êtes dans mon bureau, messieurs. »
    « Ah bon ? »
    « Ah bon ? »
    « Oui. »
    « Ce n'est pas mon bureau ? »
    « Ce n'est pas le mien, plutôt ? »
    « Non. Vous êtes tous les deux dans mon bureau. Vous à ma place et vous… vous, vous, là, avec votre costume d'Aztèque, vous êtes sur la chaise dévolue aux personnes que je reçois. »
    « Ah bon ? »
    « Ah bon ? »
    « Oui. Et je vais vous demander de sortir. Sans faire d'histoire. »
    « Bon. »
    « Bon. Sauf qu'on vient d'en faire une, justement, d'histoire. »
    « Et bien, allez donc raconter ça dans le bureau d'à côté. C'est celui d'un auteur de blog en mal d'inspiration, ce matin. »
    « Oh ? Ça tombe sacrément bien alors ? »
    « Oui. Je pense qu'il sera ravi. Ses lecteurs, je ne sais pas, mais lui... trouver un sujet (même pas terrible), un jour comme aujourd'hui, je suis certain qu'il va vous accueillir avec enthousiasme. »
    « Bon, on y va. Merci. Je peux vous demander ce que vous faites, vous ? »
    « Vous voulez dire : dans la vie, ici ? »
    « Dans ce bureau. Votre métier, c'est … ? »
    « Oh, moi… je n'ai pas de mission précise. Lui m'appelle l'inspiration, le hasard ou la discipline, selon ses interlocuteurs et selon les circonstances. Je redirige, j'oriente, j'expose… J'angoisse. Souvent. Je revisite les drames et les joies. Je me prends pour un dieu ou pour une merde. Je me mets face à lui et je l'insulte, je le cajole, je l'encourage. Ou, comme en ce moment, je lui envoie des visiteurs. Il fera ce qu'il en voudra. Allez-y. C’est juste là. »
    « D'accord. »
    « Bon, merci. Un message à lui transmettre ? »
    « Dites-lui de tenir bon. On croit que tout est foutu, que plus rien ne peut advenir, que vous n'intéressez plus personne et puis, un jour, un metteur en scène vous annonce que sa troupe a bien travaillé sur une pièce écrite trois ans auparavant, un ami dessinateur vous relance sur une foule de projets, un éditeur vous contacte pour une opération qui va durer plusieurs années… Il y a de l'espoir. Dites-lui qu'il n'est pas si nul et pas si vieux que ça. »
    « On lui dira. »
    «  Parfait. Ne vous offusquez pas s'il vous ricane au nez. C’est juste qu'il ne veut pas qu'on le soupçonne d'être satisfait. »
    « Votre boulot, ça doit pas être facile tous les jours. »
    « C'est vrai. Mais je ne vois pas ce que je pourrais faire d'autre. »

  • 3575

    Voilà, c'est quand j'écris des scènes comme ça qu'on comprend mieux pourquoi j'ai un jour préféré le travail de scénariste à celui de dessinateur :


    Planche VI

    1- Plan général. Extérieur, orage, foudre et pluie. Les grandes plaines chaotiques du nord. Arbres déracinés ou calcinés, larges fossés, failles dans la terre, geysers. Dumor, jeune, armé et casqué, ses soldats en ligne derrière lui, sur une hauteur. Texte : Il faudrait d’abord parler d’une dette première : celle du dieu Balder envers son plus précieux soldat, le roi Dumor.

    2- Plan large. Zoom arrière. La colline où sont amassés les soldats paraît au fond. Au premier plan, le sol de la plaine craque, se soulève et se fend, sous la pression d’une force formidable. Texte : Il faudrait revenir au temps de jeunesse du seigneur, quand les forces de l'Autre Monde tentèrent la Grande Invasion.

    3- Plan d’ensemble. Dans un jaillissement tellurique accompagné de jets de vapeur, une forme surgit, encore indistincte.

    4- Plan moyen. Sur la colline, Caroc, jeune druide alors, mais également armé, montre une direction au roi. Les hommes dégainent leur épée, assurent les lances dans les mains, serrent les mâchoires.

    5- Gros plan. D’une faille nouvelle, surgit un énorme sanglier, illuminé par le flamboiement infernal du magma, sous lui.

    6- Vue générale de la plaine. Des centaines de sangliers noirs identiques sortent du sol.

  • 3565

    Les prochaines rencontres
    Samedi 27 avril, je serai aux Intergalactiques de Lyon, où je participerai à une table ronde sur l'effondrement.
    Dimanche 28 avril, je serai au Salon du livre de La Clayette, près de Charlieu.
    Vendredi 3 mai, est la date retenue pour ma traditionnelle Carte Blanche, à la médiathèque de Gilly-sur-Isère. Cette année, mon invité est le dessinateur Thibaut Mazoyer, avec qui j'ai commis la BD « A la droite du Diable ».
    Samedi 4 mai, nous serons tous les deux pour une séance de dédicaces, à la libraire Accrolivre, à Albertville.
    Samedi 15 juin, j'aurais l'honneur d'ajouter ma causerie à celles de nombreux intervenants, invités chaque mois à évoquer « mes livres préférés » à la bibliothèque de Saint-Haon-le-Châtel.
    Lundi 9 septembre, l'association « Lire pour en sortir » m'invite à intervenir au centre de détention de Roanne, pour évoquer devant un public (captif…), « L'Affaire des vivants ». Très honoré de cette marque de confiance. J'espère être à la hauteur. Dans cette prison d'hommes et de femmes, ces rencontres sont une des rares occasions pour les deux sexes de partager un temps en commun. Il paraît que c'est, pour cette raison notamment, très attendu.
    En octobre, je serai (sous réserve) à la Fête du livre de Saint-Etienne pour présenter « Rives, mines et minotaure » texte sur Saint-Etienne écrit pendant ma résidence en 2018, publié par les éditions Le Réalgar.

    A partir de la rentrée, il est possible que je participe à un projet assez enthousiasmant, à l'appel d'une belle maison d'édition. Rien n'est encore réglé, je vous tiendrai au courant.

     

    Quant aux sorties de romans... Ma récente production est en lecture et j'attends, que voulez-vous...

  • 3560

    Tenez, une difficulté de la fiction : quelle transcendance est-elle possible chez un personnage dépourvu de la culture classique qui permet d'exprimer la mienne - de transcendance, (quoique discutable, déjà) ? Créer un personnage inculte (en tout cas, sans culture livresque, sans cinéphilie même peu élaborée, ayant arrêté ses études de bonne heure), une quadragénaire assez artificielle, toute préoccupée de son apparence, n'est pas très compliqué. Décrire ses impressions ou ses émotions, guère plus : nous en avons tous, et elles sont universelles. Mais une spiritualité, une philosophie, une transcendance ? Sans l'appui d'un langage qu'elle n'a pas appris et que, par cohérence, je ne peux lui prêter, je constate que l'expérience tourne court. Je tente alors de m'appuyer sur ses actes, sur ses sentiments, pour laisser transparaître quelle réflexion inexprimable l'y a amené. En espérant que le lecteur (auquel je fais le crédit de la spiritualité qui manquerait à mon personnage), fera le chemin par lui-même.

  • 3552

    Fête du livre ou salon des éditeurs stéphanois ? J'irai de ci de là, signer sur le stand G15 l'anthologie "Regards sur Roanne" de l'ami Pierre-Julien Brunet entre 1à et 12 heures, rencontrer mes nombreux ami(e)s dessinateur(trice)s et soutenir Laurent Cachard, rue de la République.

    Et puis, retour à la maison pour me remettre à l'ouvrage. "Demain, les origines" progresse, mais je suis encore loin, bien loin, de l'arrivée.