vendredi, 20 novembre 2009

Lecture au salon

J’assiste à la lecture de Claudie Gallay dans le très joli salon bleu surchauffé. Une nombreuse assistance entoure l’auteure. Elle lit un court passage, le public questionne, elle répond avec douceur à propos des lieux qui l’ont inspirée, des personnages qui sont nés sous sa plume. Elle est applaudie. L’organisation de la manifestation sur une seule journée nous oblige, ma douce et moi, à nous partager les débats et les lectures, qui se chevauchent en partie. Je manque ainsi la plupart des débats, et je me prépare pour ma lecture, dans le même salon bleu. Quelques minutes auparavant, je m’angoisse comme toujours, et tente de me convaincre que, s’il n’y a que dix personnes pour m’écouter, ma foi, c’est déjà pas si mal. Quand je m’avance pour rejoindre le responsable de la médiathèque de Saint-Etienne qui doit me présenter (tâche ingrate, comment parler d’un auteur qui n’a concrètement rien publié jusque là ?), stupéfaction : tous les sièges sont occupés, et on se rencogne contre les murs pour m’écouter. Le présentateur rame comme prévu, me lance tout de même, et je commence ma lecture asphyxiante (si vous avez lu mon bouquin vous aurez compris). Je dois dire que ça fonctionne pas mal, on applaudit la performance (oui, oui, car performance il y a !). J’ai réduit la lecture de moitié, de façon à garder du temps pour le dialogue. Je m’assois, les questions s’enchaînent, ma douce me mitraille, trop trop contente de me voir dans le rôle de l’auteur qu’on honore. Et je dois dire que ce n’est pas désagréable du tout. Un monsieur explique que la lecture à haute voix a éclairé le sens du texte, et qu’il va y revenir maintenant.

 

A suivre.

jeudi, 19 novembre 2009

Nous y sommes

Nous prenons le bus surchauffé pour nous rendre au Palais Eynard, dans le mauvais sens évidemment, ce qui me laisse assez de temps pour dire à Claudie Gallay mon admiration pour « L’Office des vivants » et pour « Dans l’or du temps », et avouer aussi ma perplexité à la lecture des « Déferlantes », son dernier roman, grand succès, également sélectionné. Claudie comprend mes réticences, elle sait que ce livre n’a pas l’ambition littéraire de ceux que j’admire et qui ont eu peut-être moins de succès.

Le Palais Eynard est une belle bâtisse XIXème dans le style néo-classique-à-glands-et-dorures-pousse-toi-de-là, où l’on repère vite les portraits de la famille peints par Horace Vernet, rien que ça. Le grand salon surchauffé est comble. Après les discours, des centaines de personnes sont là pour communier dans l’amour de la littérature. Nous mourrons étouffés mais le sourire aux lèvres. Déjà, des bibliothécaires, des lectrices m’approchent, on parle de mon livre, on s’étonne de découvrir un type normal, pas plus poilu que soi, sans cornes au front, habillé comme un plouc de sa région. Une telle forme d’intérêt enthousiaste se reproduit pour chaque auteur, il faut le souligner. Cette curiosité pour l’acte d’écrire fait beaucoup pour créer une ambiance exaltante de bonheur.

 

A suivre.

mercredi, 18 novembre 2009

Lettres-frontière, suite

La soirée au restaurant surchauffé est très agréable, j’ai même l’impression fugace d’être un écrivain. Eugène remplit sa barbe de paëlla et Delphine son verre de rouge, l’éditeur bougonne contre Facebook, personne ne parle des scores du MCG, négligence ou politesse, les échanges sont intéressants. Au cours de la conversation, je comprends que je suis le seul à avoir lu tous les livres des autres. Par politesse d’abord, et puis (parce que la qualité est là), par grand plaisir. Laurent est peut-être le seul du groupe à avoir lu le mien. Agréable dialogue avec l’intimidante Delphine et écoute émerveillée des anecdotes d’Eugène, de son érudition phénoménale, de sa connaissance du milieu littéraire et de sa vie, qui en fournirait mille autres de ses expériences. Nous rentrons. Sur le chemin, Laurent Cachard me parle de sa comédie musicale, de son Dom Juan en alexandrins, de son amour pour le flamenco et la littérature espagnole, je renonce à lui réciter le poème de Machado que je connais par cœur (enfin, pas complètement). Genève est mouillée, dehors, genève est grande et froide, dehors. Et calme et droite dans sa vêture de verre et d'acier.
La nuit est affreuse, un couple d’anglais règle ses comptes jusqu’à une heure du matin derrière la porte qui sépare nos chambres surchauffées. J’ai beau cogner, gueuler fort « shut up ! » ou « silence ! » (prononciations française et anglaise), rien n’y fait, le couple est dans une phase critique que les appels internationaux échouent à apaiser. Au matin, nous apprenons que Durif et Cachard ont très mal dormi eux aussi, Durif crevait de chaud et Cachard a eu lui aussi à faire avec un voisin indélicat. Pour Claudie Gallay, tout baigne, quant à Delphine Bertholon, elle n’apparaîtra qu’en fin de matinée, fraîche et comme sortie du berceau. On voit par là que les fées se penchent toujours sur les mêmes berceaux, et bon c’est comme ça, on va pas refaire le monde.

 

A suivre.

lundi, 16 novembre 2009

En Suisse on sue

La journée Lettres-frontière à Genève. Première partie.

D’abord, Genève est surchauffée. Les hôtels, les commerces, les bâtiments officiels, tout baigne dans une température de 22 à 25 degrés celsius. Quand plus de cent personnes s’agglutinent dans une même pièce, c’est carrément insupportable. Les économies d’énergie ne sont pas le problème des Suisses, apparemment. Rien de grave, il suffit de sortir prendre une goulée d’air frais, ou d’ouvrir les fenêtres tandis que les centrales nucléaires françaises s’activent pour le confort des genevois.
Ma douce et moi sommes arrivés en voiture jeudi dans l’après-midi. Le temps de poser les bagages à l’hôtel surchauffé, de saluer Pascale Debruères, présente incidemment au même instant pour déposer des documents dans les chambres, et nous prenons le bus surchauffé, direction le musée d’art et d’histoire surchauffé de Genève. Remarquables collections préhistoriques, remarquable collection de peintres flamands, remarquable collection d’estampes, des Rembrandt comme s’il en pleuvait, en plus c’est gratuit, youpie, fait trop chaud, on sort, tiens la pluie. Au loin, entre deux tranches de bâtiment gris, l’église russe et ses bulbes d’or, on verra ça samedi. Nous avons rendez-vous à 19 h 30 à l’hôtel avec d’autres auteurs et les organisatrices.
Je découvre Laurent Cachard que ma douce a reconnu, et nous saluons la coordonnatrice, installée dans un petit salon au rez-de-chaussée. Quand ai-je su que je ne serai pas le « coup de cœur » 2009 ? m’a demandé ma douce, plus tard. Là, ma douce, là j’ai su, quand la coordonnatrice a essayé de me présenter aux autres auteurs et éditeurs en oubliant à chaque fois mon nom, que je lui répétai pourtant patiemment. Je n’avais pas beaucoup d’espoir à l’origine, mais là, ça devint lourdement évident.
Ensuite, Eugène Durif, Laurent Cachard, Delphine Bertholon, Claudie Gallay, l’éditeur de « Voix d’encre » (que la coordinatrice présente d’abord comme l’éditeur de « encre fraîche »), un journaliste, Pascale Debruères, ma douce et moi, toute la troupe part au restaurant. Sur le trajet, j’ai une heureuse conversation avec Catherine, la coordinatrice gaffeuse dont la mémoire est revenue, et je me sens moins nul. Ma douce réalise qu’elle est la seule compagne à avoir suivi son auteur favori, s’en trouve un peu embarrassée, mais je la rassure : j’ai bien besoin d’elle en de tels moments.

A suivre.

jeudi, 12 novembre 2009

Un jour à Genève

Chers amis, nous partons ma douce et moi pour Genève, où nous assisterons demain à la journée « l'usage des mots », organisée par le jury « Lettres-frontière ».

Rencontres, débats, lectures, spectacle autour des dix livres de la sélection, une journée entière de plaisir rare. Et puis, la révélation des « coups de cœur», un pour Rhône-Alpes, un pour la Suisse. Les coups de cœur ont été décidés lors d'une journée, le 3 novembre je crois, qui devait être passionnante. Chaque libraire, bibliothécaire, lecteur avisé, a défendu son vote, son choix. Il a été, quelque part dans ce monde, question de littérature toute une journée. J'aurais aimé être là, comme une mouche, pour écouter les arguments des uns et des autres.

Je vous en dirai plus à notre retour, samedi ou dimanche (on va prendre le temps de rentrer). Je vous laisse avec un petit billet pour demain.

dimanche, 08 novembre 2009

Les sentinelles en 60 secondes

Ce n'est pas une littérature exceptionnelle, mais on apprend des choses. A partir d'un personnage central, fictif (Patrice Orvieto, un diplomate français), témoignages, lieux et dates, égrennent le déroulement terrible des faits jusqu'à la fin de la guerre, et ces conséquences intimes chez ceux qui ont croisé la route de l'impensable, de nos jours. La sensation de l'inéluctable, de l'irréparable, et au final, une meilleure compréhension des décisions prises par "ceux qui savaient" pour, surtout, ne rien faire. Aucune condamnation, le triste constat que chacun avait ses raisons, y compris, à l'époque, les juifs américains ou la SDN pour ne pas croire "les sentinelles". Dans la vidéo, j'évoque une digression : le récit des expériences de Von Braun. Ce qui n'apporte rien au propos, et Tessarech imagine aussi un personnage fictif mal exploité : Sergio, le frère de Patrice, censé figuré la part d'ombre, celui qui adhère aux thèses du nazisme. L'auteur aurait mieux fait de s'épargner cette digression et ce personnage, qui éparpillent un récit, autrement, d'une indéniable qualité documentaire. A la toute fin, il est question d'une oeuvre musicale que je vous conseille, si vous ne la connaissez pas : La symphonie des chants plaintifs, de Gorecki.


Les sentinelles, Bruno Tessarech. Grasset. 378 pages, 19 euros.

Jan Karski, Yannick Haenel. Gallimard. 187 pages. 16,50 euros. (si quelqu'un l'a lu et veut en dire deux mots, ces pages lui sont ouvertes)

vendredi, 30 octobre 2009

Haine d'écrivains en 3 fois 60 secondes

Bien. Le livre est d'un intérêt moyen, alors, parfois...






Une histoire des haines d'écrivains, Anne Boquel et Etienne Kern. Flammarion. 315 pages. 19 euros.

jeudi, 29 octobre 2009

Combat pour une presse libre


Combat pour une presse libre, Edwy Plenel. Galaade - hauteur de vue. Le manifeste de Mediapart. 54pages. 9 euros.

mercredi, 28 octobre 2009

Exit le fantôme en 60 secondes

Grand livre, comme souvent, de Philip Roth. Le mélange subtil fiction/réalité, et la description du coup de massue de la réélection de George W Bush, pour les new yorkais, effondrés.

 

Exit le fantôme, Philip Roth. Gallimard. 327 pages. 21 euros.

 

et sinon, derrière moi, vous reconnaitrez peut-être le célèbre François Podetti, metteur en scène et comédien. Non ? Regardez bien : Capitaine Shampoing, Hero Corp ? ça vous revient ?

Et puis, dans le fauteuil, persuadée qu'elle n'est pas dans le champ, pour la première fois au monde sur le web : ma douce.

jeudi, 22 octobre 2009

Combats de femmes en quelques secondes

Deux livres, très différents, mais qui se rejoignent sur le fond. Alors, j'ai souhaité les présenter ensemble. Mais je reviendrai sur celui de Pierre-Yves Ginet, pour vous en donner une idée plus précise, tout de même.


Ne négociez pas avec le régime iranien, Chahdortt Djavann. Flammarion, 2008. 60 pages. 8 euros.

Femmes en résistance, Pierre-Yves Ginet. Préface de Tsalima Nasreen. Verlhac éditions, 2009. 278 pages, photos couleurs. 37 euros.

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