samedi, 31 mai 2008
Réponse d'un éditeur
Je vous l'avais promis.
Ce même jour que l'on me rend mon ordinateur, blessé mais guéri, je reprends le clavier pour vous annoncer la grande nouvelle :
C'est fait.
Je serai édité à la fin de l'année ou début de l'an prochain. Plus d'infos quand les faits auront évolué vers une réalisation imminente.
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jeudi, 21 février 2008
Livre électronique. Cette fois, c'est parti.
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mercredi, 30 janvier 2008
Réponse d'un éditeur
Coucou. Je passe par là deux minutes, histoire de vous tenir au courant, comme promis, de mes pérégrinations littéraires.
Toujours un refus, mais un refus qui fait très plaisir. Vous allez comprendre. Les éditions de l'Olivier me répondent (en me renvoyant le manuscrit, ce qui est rare), mais surtout, il y a LA lettre d'accompagnement. Je cite, in extenso :
"Cher (...)
Nous avons bien reçu votre roman et, si nous avons tant tardé à vous répondre c'est que nous avons été plusieurs à le lire et que Le baiser de la nourrice a fait débat au sein du comité. Finalement, il nous est malheureusement apparu que votre roman aurait du mal à trouver sa place dans notre ligne éditoriale. En effet, il est incontestablement ancré dans un genre littéraire très peu représenté aux éditions de l'Olivier.
Néanmoins, nous avons tous trouvé que vous aviez du talent, que votre écriture était d'une grande maîtrise et que vous saviez parfaitement conduire votre récit. Certaines scènes sont saisissantes, certaines images et métaphores inoubliables... Néanmoins, votre écriture talentueuse reste, pour nous, au service d'une esthétique et le récit, lui, au service d'une action, d'une histoire qui évoque plus un univers codé, proche du roman d'anticipation, qu'une imagination proprement littéraire. c'est donc bien une question de genre, de ligne éditoriale qui nous a en fin de compte arrêtés.
Nous vous remercions de votre confiance et vous souhaitons de rencontrer un éditeur plus à même de soutenir votre projet."
Voilà. des réponses négatives comme ça, je veux bien enr ecevoir d'autres (même si ce doit être aussi usant, à force...). De toutes manières, tant qu'ils sont chauds et qu'ils ont repéré mon nom, je vais vite leur envoyer (en remerciant l'auteur de la lettre), deux autres romans qui pourraient convenir. J'ai le sentiment qu'un pas est franchi.
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samedi, 22 décembre 2007
L'Enfer
Dante. Traduction (scrupuleuse - magnifique) de Jacqueline Risset.
C'était vendredi dernier, le 14, dans une superbe bibliothèque, conservée presque dans l'état où l'avait laissé son propriétaire, en 1914, j'étais Virgile.
Grâce à François Podetti, acteur et metteur en scène, j'ai pu approcher cette oeuvre, et la lire. Travailler ainsi sur un texte est passionnant parce que, surtout, comme me le confiait François, on peut vraiment dire qu'on l'a lu. C'est-à-dire qu'aucune nuance n'échappe, on relit, on analyse, on devine, on comprend, le sens s'éclaire, les périphrases se révèlent, les images apparaissent. Ensuite, il est facile d'aimer.
Inferno, le premier livre de la Divine Comédie, est d'une richesse dont les siècles n'ont pas eu raison. D'abord, il ne s'agit pas d'un monument de marbre dont les français font vite la réputation pour toute oeuvre littéraire essentielle; Non, Inferno mérite mieux que ça : invention, délire, drôlerie, grotesque, fantaisie, tendresse et compassion.
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Réponse d'un éditeur
Les Presses de la Cité.
Surprise : le manuscrit m'est renvoyé (exceptionnel ; d'habitude, les éditeurs vous invitent à envoyer la somme correspondante au retour par la poste - rien de scandaleux d'ailleurs, vu le nombre qu'ils reçoivent).
Autre surprise : le refus est argumenté ; quelque chose de plus complet pour expliquer pourquoi mon livre n'entre pas dans leur ligne éditoriale. C'est rien, mais ça console.
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lundi, 10 décembre 2007
Réponse d'un éditeur
NRF. Gallimard. Fallait oser. Seul, je n'aurais pas pu, mais selon ma compagne, "le baiser de la nourrice" valait la peine d'essayer. Nouvel échec.
Au suivaaant !
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vendredi, 07 décembre 2007
Réponse d'un éditeur
"Le manuscrit N° 24243 reçu le 14/11/2007
est non retenu."
C'est ainsi que, en cette minute, j'apprends via le site des manuscrits d'Albin Michel que je peux aller me brosser. Un de plus. Un de moins.
14:40 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 04 décembre 2007
La dimension des miracles
De Robert Sheckley (avec une vilaine couverture de Siudmak).
Ce livre a une histoire. Il y a fort longtemps, un jeune étudiant travaillait pendant l'été dans un Office HLM, balayait les cages d'escalier, chassait les rats de derrière les poubelles, dans le local ultime des vide-ordures à 6 heures du mat' (ça vous apprend la vie).
Bon, c'était moi, d'accord, on ne va pas poursuivre vainement sur le ton indirect. Dans une des poubelles pleines, je découvre, avec un ou deux San-Antonio, ce livre. A l'époque, gros lecteur de SF, je lisais beaucoup d'anglo-américains : Huxley, Wells, Asimov, Clarke, Herbert, Van Vogt, Bradbury, De Camp, Spinrad, Brunner, Bloch et King (plutôt fantastiques d'ailleurs), K. Jetter, K. Dick... mais je ne connaissais pas Sheckley.
Je découvre un ton neuf, drôle, un conte philosophique à la manière de Voltaire, mais avec l'invention délirante et non-sensique de l'école anglaise. L'histoire est celle du médiocre Carmody, bureaucrate fallot, seulement doué dans le pérorage philosophico-dérisoire, capable d'ergoter sur tout et n'importe quoi, de discourir à perte de vue sur n'importe quel sujet qu'il ne connaît pas. Bref, Carmody est diablement humain et fichtrement proche du gamin que j'étais, raisonneur et bavard (comment, toujours ?). Rentré chez lui, prêt à s'offrir un petit whisky dans son fauteuil, il assiste à la matérialisation d'un extra-terrestre venu lui annoncer qu'il vient de gagner au grand Sweepstake intergalactique, et qu'il doit venir avec lui au Centre y retirer son Prix. Carmody accepte. A l'autre bout de la galaxie, Carmody reçoit donc son Prix (et quel prix !), mais ensuite... personne n'a envisagé son retour à la maison. Comment ce petit factotum insignifiant va-t-il rentrer sur la Terre ? D'autant plus qu'il ne suffit pas de remettre les pieds sur la Terre "Où", c'est-à-dire la terre à l'endroit où elle se trouve, mais aussi la terre "Quand", c'est-à-dire au bon moment, et enfin la Terre "Quelle", la bonne terre, celle de Carmody. Et le temps presse : perdu dans l'espace, Carmody est poursuivi par un prédateur généré spontanément, selon la loi de l'Univers qui veut que toute créature possède son prédateur, dans le but exclusif de manger du Carmody. Une course contre la montre s'engage.
Ce livre, je l'ai lu à l'époque une bonne dizaine de fois. Ce qu'il disait du monde, ce qu'il disait de l'humanité, ce qu'il disait du destin, sous ses dehors d'aimable aventure, me touchait profondément. Surtout la fin. Et puis, un jour, je l'ai prêté, je ne sais même plus à qui. Le je-ne-sais-plus-qui ne me l'a jamais rendu. J'étais bien triste.
Il y a quelques mois, lors d'un festival de la SF, bien connu par chez nous, je retrouve "la dimension des miracles" sur l'étal d'un bouquiniste. Je soupçonne même, compte-tenu de certain pli, certaines usures singulières, qu'il pourrait s'agir du mien, revenu sous mes yeux au terme d'un périple indicible. Je l'ai donc acheté et relu, à haute-voix, pour la délectation de ma douce. J'ai retrouvé Carmody, l'ai découvert plus bavard que je ne pensais, mais l'émotion était toujours là.
je n'ai jamais rien lu d'autre de cet auteur, redoutant qu'il ne se répète dans ses autres livres.
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samedi, 01 décembre 2007
L'avenir du livre
Changement de cap : j'ai décidé de poster cet article plus tôt que prévu. Restons dans l'actualité.
Le mercredi 28 novembre, à la médiathèque de Roanne, devant une petite assemblée qui ne comptait ni libraire (sauf ma copine), ni imprimeur, ni éditeur, ni directeur de journal, ni graphiste, ni aucun professionnel des métiers du livre, le prospectiviste Lorenzo Soccavo a donné les clés de la révolution qui nous attend : celle du livre électronique.
Lorenzo Soccavo ne l'a pas dit l'autre soir, en conclusion de sa conférence, mais on l'a tous pensé très fort : « ne nous racontons pas d'histoire, le livre-papier, c'est fini ». Retardé d'année en année pour cause de coût et des multiples résistances des industries traditionnelles en place, le livre électronique arrivera tôt ou tard, et remplacera, à quelques exceptions près, le livre-papier. Que cette révolution prenne trois ou dix ans, autant dire que nous y sommes. Il existera toujours de beaux livres imprimés, comme il y a toujours des disques produits en vinyle, mais l'ère de la chaîne graphique est bel et bien en passe de s'achever. On peut crier, se lamenter, renâcler, trouver toutes les bonnes et belles raisons qui font qu'un livre est un objet sans équivalent, n'empêche, la prochaine génération n'en verra probablement plus que dans les réserves protégées de musées et de médiathèques, et chez quelques particuliers amateurs. Le ton que j'emploie pourrait vous laisser croire que je me réjouis, mais tel n'est pas le cas : j'ai été graphiste, illustrateur, j'écris, je lis, j'ai travaillé dans le milieu de l'imprimerie, j'achète quand je peux des éditions anciennes. J'aime le livre, je suis sensible à sa beauté, à son toucher, à tout ce qui en fait un objet de culture différent et unique. Mais je refuse de me voiler la face. Le livre-papier, à 95 %, est condamné. Il en fut ainsi quand le papyrus remplaça la tablette d'argile, quand l'écrit passa de la forme rouleau à la forme codex, quand l'imprimé chassa le manuscrit, il en a toujours été ainsi. La seule inconnue, c'est la vitesse de la révolution. Mieux on y sera préparé, mieux cela vaudra.
D'abord, quelle est cette révolution ? Pas seulement la transmission de l'écrit via l'ordinateur, mais un support nouveau : le papier électronique, sur quoi le texte n'est pas un scintillement de pixels, mais bel et bien une encre, l'encre électronique. C'est le premier point. La page que vous lirez s'affiche sans rétro-éclairage, elle est blanche, le texte est d'un beau noir stable. S'il n'y avait pas la vitre de protection, on pourrait croire à un papier glacé, d'épaisseur normale (le premier artiste sur papier électronique a exposé il y a peu à Paris : sans vitre de protection, les dessins ressemblent à des lavis d'encre de chine sur papier). La feuille de papier électronique est d'ailleurs, dans l'appareil, ce qui coûte le plus cher, le reste est d'une technologie équivalente à une bonne calculatrice. Le coût d'un reader oscille de 300 à 600 euros. On peut charger, par un port USB ou grâce à une connexion wifi, l'équivalent de plusieurs centaines de livres (du format d'un livre de poche, un reader pèse 150 grammes environ). Encore en noir et blanc, l'encre électronique en couleurs existe à l'état de prototype, mais c'est évidemment une question de mois avant sa mise sur le marché.
Les premiers média en lice sont les journaux, qui ont déjà entrepris le virage informatique. Avec un abonnement, vous aurez la dernière édition sur l'appareil, enrichie de toutes les possibilités de liens, hypertextes, vidéo, sons, qu'offre l'hybridation technologique papier électronique/web. Les guides touristiques suivront logiquement (Le GPS reconnaît votre position, vous signale immédiatement, à la page que vous ouvrez, le restaurant du coin, l'expo à voir, vous enseigne sur l'historique du monument devant lequel vous vous trouvez, etc.), ainsi que tous les dictionnaires, pavés genre « code civil », plus pratiques sous cette forme évidemment, etc. Idem pour toute la littérature "documentaire" : thèses, mémoires, synthèses de colloques, essais, etc. quel est l'intérêt de les imprimer sur papier ?
Les publicitaires avertis, je suppose, de la révolution en cours, doivent se frotter les mains : les affiches dans les sucettes D... pourront se mettre à jour toutes seules, changer en cours de journée. Les affichages de prix dans les magasins se modifieront automatiquement.
Le cartable électronique va enfin trouver son véritable médium. Les éditeurs scolaires sont, j'espère, au fait des dernières technologies. Ils seront parmi les premiers touchés.
La littérature. Ah. La littérature. Que va-t-elle devenir ? Que vont faire les éditeurs ? Comment livrer au téléchargement sans se faire pirater, les ouvrages sortis ? La question se pose déjà via le net, et concerne surtout les best-sellers, comme pour la musique. Mais le e-book va accélérer le phénomène. Dans un premier temps, les libraires vendront des livres électroniques avec -pourquoi pas ?- un catalogue de classiques déjà disponibles. Mais ensuite, comment éviter que la spécificité de ce matériel, mi-informatique, mi-culturel, échappe aux rayons informatiques des grandes surfaces ? Quid du prix unique pratiqué en France, quid des taxes différentes, relativement au support et au contenu ? Quelle protection est-elle envisageable pour les métiers du livre, dans un contexte européen ? Mondial ? (en Chine, les librairies électroniques sont déjà nombreuses).
Le livre électronique conforte la distinction entre le médium et le discours. Pour moi, un livre est autant un objet qu'un texte. Un texte passionnant sur le net, n'a pas le poids du même sur papier, sans jouer sur les mots. Oui, il y a des cas où le contenant donne une force au contenu. Le journal de Renaud Camus, pavé annuel très attendu, aurait-il la même aura en édition électronique ?
En tant qu'écrivain inéditable (je pouffe), je sais que je peux vendre en ligne une version pdf de mon travail. En vendre peut-être davantage qu'en version papier, mais je sais que mes romans ne se liront pas de la même façon, imprimés sur un beau papier ou sortis d'une imprimante laser. J'ai longtemps considéré que l'essentiel était de dire, peu importe le moyen. Mais l'expression gagne une force par la technique la plus propre à la magnifier.
Mais mes réticences sont celles d'une génération qui a grandi avec le livre, avec le romantisme du livre, et même, osons le dire, sous l'ombre tutélaire du Livre. La génération suivante s'accomodera sans sourciller d'une manipulation légère, pratique, et de l'absence de rayons de bibliothèque à la maison.
Tout de même, un angle sous lequel on peut se réjouir : l'éco-bilan du papier électronique, tout plastique qu'il soit, est nettement en sa faveur. L'industrie du papier, la chimie des encres, sans parler de l'abattage des arbres (aspect ressassé mais pourtant négligeable : 4% du papier utilisé l'est pour imprimer des livres. Le reste, c'est de l'emballage), sont un désastre pour l'environnement.
Quant au coût humain, social et industriel, certains secteurs vont souffrir dans la décennie qui vient. Un cataclysme ? C'est possible. En tout cas, une industrie sinistrée comme le fut celle des mines ou la sidérurgie. Que faire, à part se préparer ? Ce qui est inquiétant, c'est qu'on a entendu aucun politique se formuler à ce sujet. La politique de l'autruche ?
A voir, cette étonnante vidéo. Imaginer les 50 années à venir. Curieusement, je trouve les perspectives évoquées assez timides : elles ne tiennent pas compte des deux prochaines révolutions : l'ordinateur quantique et les nanotechnologies.
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vendredi, 30 novembre 2007
Réponse d'un éditeur
Albin Michel a une démarche intéressante, pour les auteurs qui leur envoient un manuscrit. Le courrier me donne rendez-vous sur un site dédié à la lecture des manuscrits, avec un numéro de code. J'entre mon numéro, j'apprends que mon manuscrit est en lecture. Curieux de nature, j'entre le numéro de code qui précède le mien et qui, comme je le supposais, concerne un autre manuscrit, reçu le même jour et qui est également en lecture. Poussant plus loin mes investigations, je finis par apprendre que 16 manuscrits (le mien compris) sont arrivés le 14 novembre chez Albin Michel. Ils sont tous "en lecture".
Le courrier me promet une réponse dans un délai de trois semaines à un mois.
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