lundi, 12 novembre 2007
Une autre BD
Extrait d'un album de BD, écrit pour Body (Thibaut Mazoyer). Il effectue en ce moment le lourd travail préparatoire (persos, décors, costumes, ton...) tandis qu'il affine son style sur d'autres projets. Body m'a demandé de mettre en BD certains thèmes qu'il avait aimé dans un vieux roman que j'avais écrit : "A la droite du Diable". Nous avons retenu les thèmes de la dictature et de la fascination qu'exerce un tyran sur son entourage. Le mode de récit est celui de la comédie à l'italienne : le grotesque côtoie le sordide et le tragique. Dans cet extrait, Lamorphe est un laquais, venu apporter son thé à Spathûl, le tyran. Spathûl est en train de converser tout en se promenant dans les jardins du palais avec son ministre Hoquet. Il fait très froid, le fidèle et vieux laquais n'a sur lui que la livrée officielle, trop légère. Son corps tremble et fait tinter le service qu'il tient sur un plateau, attendant patiemment que son maître veuille bien se servir.
Planche 4
1- Spathul, souriant, tourné vers Hoquet, oubliant sciemment son laquais et son geste suspendu. Spathul : « Oui ? » Hoquet : « Voilà. Ma femme est enceinte, comme vous ne l’ignorez pas… » Spathul (autre bulle) : « Ah ? euh… Certes, certes… » (tintement du service)
2- Plan poitrine. Hoquet : « Oui. Elle accouchera à la fin du mois… Grâce à votre remarquable programme de soutien à la natalité dans le pays, nous savons pouvoir bénéficier d’une allocation de 15000 zoltecs par mois dès la naissance… » Spathul, regardant ailleurs, un peu agacé : « Oui, oui. Certes, certes… » (tintement du service)
3- Plan d’ensemble, avec Lamorphe qui grelotte. Hoquet : « Vous vous souvenez sans doute que madame Hoquet a eu de grandes attentions –justifiées- pour vous, par le passé… Euh… » Spathul : « Mmoui… Certes… Oui, en effet, de grandes attentions… Et donc ? » (tintement du service)
4- Gros plan de Spathul. Voix off de Hoquet : « L’enfant qui va naître n’est sans doute pas sans rapport avec les bontés que vous avez eues pour ma femme, euh… » (tintement du service)
5- Plan poitrine sur Lamorphe, yeux mi-clos, blanc, figé (on n’entend plus le tintement du service). Voix off de Hoquet : « Nous nous demandions elle et moi, si un effet de votre bonté ne serait pas d'augmenter significativement l’allocation de maternité, considérant le caractère exceptionnel de ce futur enfant. »
6- Plan d’ensemble. Spathul reste fixé sur Lamorphe, comme fasciné par sa soudaine immobilité. Spathul : « Certes, certes… »
7- Plan en pied. Spathul pousse d’un doigt le laquais qui s’effondre.
8- Plan général. Spathul s’éloigne, mains dans le dos. Spathul : « Accordé, bien sûr. Avant de partir, passez par l’intendance, dites au majordome d’embaucher un autre laquais. Je retourne dans ma chambre, il fait froid, ici. »
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dimanche, 11 novembre 2007
Pièce de théâtre
Pourquoi ne pas le dévoiler, le titre de la pièce (mais un titre-bidon, provisoire, une sorte de nom de code), est : le rire du limule. Me demandez pas pourquoi, j'aime bien l'idée...
Le travail de fabrication de cette pièce est intéressant, elle est née de l'esprit d'un ami acteur, qui donne des cours de théâtre. Il s'agit de saisir, pendant des improvisations faites en atelier, la matière d'une pièce que je dois écrire pour la fin de l'année. Chaque séance fournit le matériau de la séance suivante. La scène, ici, se déroule dans un hôpital psychiatrique... le dialogue que je vous présente se situe à la fin de la scène. Il y a un homme (Lui) et deux femmes (Elle 1 et Elle 2).
Lui (chuchotant) : J’ai donné le feu.
Elles : Hein ? (l’une d’elles le secoue) : Quoi ?
Lui (plus clairement, mais plaintif) : j’ai donné le feu.
Elle 2 : T’as mis le feu ? C’est un salaud de pyromane !
Lui (doux) : Non, non. J’ai donné le feu aux hommes. (Les femmes interloquées le laissent se lever, marcher à l’avant-scène). J’étais vagissant, inculte, sous un suaire de ténèbres. Parfois, un glas résonnait entre les membres de la pierre. Ma muraille était percée de cris. La soif des humbles, leurs prières à la vie indifféraient des nuées sans conscience. Retombées de ces cimes, la peur et la colère ne m'approchaient pas. Les apocalypses étaient arrêtées dehors, sous le ciel volatil. La voûte minérale qui fermait mon refuge jetait une arche de silence entre elles et moi. J'étais vagissant, lourd d'une paix tellurique. Depuis l'abîme, je respirais et méditais. Mes nuits étaient sans étoiles. Un matin, le Maître a délivré mes membres fossiles, m’a hissé droit la tête au dessus des arbres. J’ai contemplé la terre nouvelle et j’ai vu les hommes. Ils étaient nus et le Maître riait. Il promenait ses orages et ses hivers sur la peau des hommes grelottant. Le Maître attisait contre eux la colère des fauves et le venin des épines. Les hommes étaient sans griffes et sans lumière. On ne m’a pas enseigné l’amour, je n’ai rien appris –jamais- de la morale ou de la bienveillance. Avant de voir le premier homme, je n’étais que vagissant sous une arche de pierre. Mais le rire du Maître me blessait et la peur des hommes m’accablait. Alors, je me suis découvert miséricordieux. Tandis que le Maître continuait à rire des souffrances de ses créatures, je cherchais le moyen de les aider. Oui, j’étais décidé à trahir le Maître. Je l’ai fait. Ce jour-là, ce jour prodigieux. Dans la fournaise du soleil, j’ai plongé les deux bras en hurlant. Dans l’étincelante brûlure de l’hydrogène en réaction j’ai puisé des ruisseaux de lumière. (il hurle de douleur) Sous la contrainte insupportable de cette fusion, le cal de mes mains s’est noirci, ma peau s’est couverte d’écailles, mes yeux ont pris cet éclat de rubis et mon torse enflammé a roussi, mon front illuminé s’est cuirassé d’un toron de corne. Charriant un essaim de braises, j’ai traversé l’immense courbe des zodiaques comme un météore, mon fardeau serré sur la poitrine. J’ai livré le feu aux hommes démunis. J’ai trahi le Maître. Je suis le révolté, le miséricordieux, le sacrifié, je suis le porteur de lumière, Lux fero, Lucifer. Je suis le Diable !
Elle 2 : Et moi qui me croyais folle.
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samedi, 10 novembre 2007
Péplum
Aujourd'hui, une planche extraite du deuxième album d'une série de cinq, sur un thème mêlant contexte historique et mythologique avec des préoccupations théologiques et philosophiques, rien que ça. Les dessins sont de Shingo, la mise en couleur de Franck Perrot. Les essais sur les premières planches sont impressionnants. Problème : les maisons d'édition sont submergées de projets "à l'antique". Pourtant, notre saga ne ressemble à rien de ce qui se produit en ce moment, et nous refusons l'amalgame. Mais saura-t-on les convaincre ?
L'extrait qui suit ne dévoile rien de l'intrigue (très originale, je vous assure), il met en scène deux personnages proto-historiques de l'histoire de la Grèce, très connus : Atrée et Aéropé, les parents du futur Agamemnon qui a neuf ans ici. Un des défis de cette histoire est visuel : reconstituer au plus juste la période mycénienne (exactement 40 ans avant la guerre de Troie), dont il reste très peu de choses, et qui est très éloignée des conventions habituelles de représentations de la Grèce mythologique, inspirées sans souci de réalisme, de l'époque classique.
Planche 26
Intérieur jour. Salle de vie domestique du palais de Mycènes, donnant sur la terrasse qui surplombe le paysage.
1- Plan d'ensemble. Atrée, debout sur la terrasse ensoleillée, vu de dos. Au premier plan, une silhouette féminine, dans la pénombre de la partie couverte : « Tu ne pars pas chasser aujourd'hui ? Agamemnon ne tient plus en place. ». Atrée : « J'attends quelqu'un... »
2- Plan taille. Atrée au premier plan, toujours regardant la cité, Aéropé, sa femme -enceinte- qui approche, pénétrant ainsi dans la zone de lumière de la terrasse. Atrée : « Sais-tu que j'ai du mal à soutenir son regard ? »
3- Plan en pied d'Atrée et de sa femme qui est venue près de lui (Champ vu côté maison). Atrée : « Agamemnon me dépassera, son nom jettera le mien et celui de mon frère dans l'oubli. » Aéropé : « Il t'en veut d'avoir sacrifié un esclave à sa place. Il trouve cela déshonorant. »
4- Contre-champ. Plan serré sur les deux visages. Aéropé : « Hier, il a dit à Cythara : Je vis contre la volonté des dieux. Tu te rends compte ? »
5- Contre-champ. Plan américain. Atrée : « Il jettera nos noms dans l'oubli... » Entre Atrée et Aéropé, dans l'ombre à l'arrière de la terrasse, Cythara : « Seigneur, un messager de Thèbes. »
6- Atrée, à sa femme, tout en s'éloignant : « Que mon fils vive, même pour m'accabler de reproches jusqu'à son dernier souffle. »
7- Plan américain. Aéropé, visage étrangement froid, une main sur son ventre rond : « Oui, qu'il vive. Et que vivent les Atrides. »
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vendredi, 09 novembre 2007
"L'arbre" et "La statue"
Très courts extraits (parce que Shingo et FP, le super-coloriste, commencent à se pencher dessus, et je pense qu'ils n'apprécieraient pas que je dévoile trop de nos batteries), de deux contes.
Dans l'arbre, un bûcheron s'apprête à abattre un arbre immense, parce que c'est son métier, et que le village attend de lui ce sacrifice. Le bûcheron aime cet arbre, d'un véritable amour. Un arbre qui semble immortel, sacré, qui a subi plusieurs fois la foudre sans ciller (si l'on peut dire) mais dont il conserve les stigmates. Le vocabulaire est volontairement restreint.
"La cicatrice était là, chevauchant sans doute les blessures plus anciennes. Le bûcheron considéra sa bête tronçonneuse, lourde et abîmée comme une ancienne épée. C’était donc plus fort que la foudre, ça ! ç’aurait le pouvoir d’abattre ce que le feu du ciel, par trois fois, n’avait pu détruire ? La bise miaula le long des fûts, ébouriffant la bruyère rase, puis s’éloigna. Autour de Kraentz, autour de l’arbre, le silence se fit. Le bûcheron tourna sur lui-même, s’assurant que personne ne regardait puis il baissa les yeux pour s’activer sur sa machine. Le moteur de la tronçonneuse aboya, hoqueta, puis rugit enfin de son rire féroce."
Dans "la statue"... Râah, je peux pas tellement raconter l'argument, c'est trop risqué. Bon, allez, juste le début, qui ne dévoile rien :
"Tu vois ce village ? Il s’est passé là des événements si extraordinaires que… Ah, comment dire ? Tu vas me prendre pour un fou. Enfin, c’est une belle histoire, et peut-être, peut-être, si tu veux bien accepter de me croire, alors, alors... Je vais te la raconter.
Ce village, accroché à la montagne, abritait une petite centaine d’habitants et une statue. Une seule, mais énorme ! La statue était la fierté du village, et son seul attrait touristique.
Elle représentait un immense chevalier en armure, juché sur un destrier à sa mesure. C’était une statue à la fois effrayante et amusante pour les enfants. Les jours d’été, ils grimpaient dessus ; en hiver, il lui balançaient des boules de neige, mais la plupart du temps, ils passaient devant sans la regarder pour aller à l’école."
Mes amis ont également entrepris de travailler sur deux ou trois autres contes dont ils m'ont passé commande. Je n'en parlerais que si les choses ont avancé et avec leur permission.
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jeudi, 08 novembre 2007
Magma
Autre extrait. Il s'agit d'un roman en cours d'élaboration. Cela s'intitule (pour l'heure) Magma. Je ne veux encore rien dire sur le sujet, sinon qu'il confrontera une série de personnages vivant dans une petite ville, à son passé. J'ai eu beaucoup de problème à ajuster le ton, à trouver le bon "interprète" de l'histoire. J'ai bien avancé, mais je ne suis pas certain d'avoir résolu mon dilemme. Il y a même un chapitre entier dans le roman, où j'expose diverses contraintes de création, soulevées par ce récit particulier. Ici, j'ai choisi un petit bout de texte où le personnage principal décrit sa ville : Croizan-sur-Loire, qui "n’offre que des hochements de tête et des souvenirs", mais c’est "(sa) ville triste et vieille (qu'il) ne quittera pas." Croizan est conçu comme un personnage à part entière.
"Au fond, Croizan n'est pas tellement éloigné des tourments qui affligent le reste du monde. Croizan connaît le meurtre et la bêtise, le viol, la gabegie, la honte et le remords. Mais les catastrophes et les élans y parviennent fanés. Les maisons sont petites, les trajets sont courts, les quartiers sont des bourgs repliés ; les coeurs dans cet espace, sont chétifs. On se hait sans colère. Il faut de l'enthousiasme, pour nourrir la colère ; Croizan est une ville sans enthousiasme. Son sentiment le plus exacerbé, c'est la rancoeur.
Si j'aime cette ville où je suis né ? Même pas. J'ai sur ses rues et ses places le même regard clinique que sur mon pauvre corps. Je vis dedans, il m'est familier, sa santé débile ne m'irrite pas. Ma ville et moi sommes confondus depuis l'origine, et je considère aujourd'hui mes anciennes velléités de départ comme on sourit à telle saillie de notre enfance, quand on se voyait pilote d'essai ou viking. Il y a des costumes trop grands pour les êtres trop sages.
Du temps des origines, je conservais sans savoir des images qui ne sont reparues qu'à l'occasion de discussions familiales ou, comme ici, dans l'effort qu'engendre l'écriture des souvenirs. J'ai connu ma ville, forte de plus de 50 000 habitants ; j'ai parcouru ses rues en partant pour l'école primaire, de l'autre côté de la rue Maussant, la marche rythmée par les saccades régulières des métiers à tricoter, derrière chaque porte où vivotait une bonneterie familiale ; j'ai parcouru ses rues en bicyclette pour rejoindre le lycée, négligeable unité parmi les milliers de vélos ouvriers qui peuplaient les matins de toutes les saisons. Un troupeau, une vague noire de cuir et d'huile de chaîne, bleuie sur la crête par l'usage universel de la casquette, chez les hommes de l'Arsenal ou des Ateliers de Construction Textile. Je m'arrêtais comme eux devant la barrière branlante, baissée sur le passage-à-niveau (...) le temps d'un passage de train. Mon tempérament contemplatif s'accommodait de cette triste procession, grâce au panneau qui prévenait « un train peut en cacher un autre », avertissement qu'illustrait la silhouette noire de deux locomotives à vapeur qui se croisaient. Le même graphisme était sans doute utilisé sur toutes les routes de France, mais à Croizan, la présence anachronique de ces machines disparues depuis longtemps, panachées d'un lourd nuage de fumée noire sortie des cheminées, faisait accord à la foule taiseuse et primitive qui m'entourait. Je vivais une préhistoire et j'en étais conscient."
Extrait de Magma.
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mercredi, 07 novembre 2007
De l'ermite
Pendant quelques jours, je vais coller ici les extraits de mes travaux en cours : romans, théâtre, poésie, scénarii de BD (pas de projets de films en ce moment). Aujourd'hui, un extrait de "Antre dans mon chaos", suite de textes plus ou moins longs, censés restituer l'enchevêtrement des méditations d'un ermite, reclus au fond d'une grotte. Ici, l'ermite a encore une notion relativement juste du monde extérieur. En tout cas, il a conscience du déroulement du temps, et de la réalité de son corps. Ses pensées sont donc encore ordonnées et "normatives". Petit à petit, ses facultés de contact avec le réel vont s'estomper, les jours se défont au-dessus de la voûte de pierre qui ferme sa thébaïde, le monde extérieur se dissout, son corps se dessèche. Ses pensées glissent de plus en plus vers un extrême "assèchement" de la formulation. Jusqu'au néant.
"Deuxième jour.Le glas résonne entre les membres de la pierre. Ma muraille de granit est percée de cris. La soif des humbles, leurs prières à la vie désespèrent les nuées sans conscience. Retombées de ces cimes, la peur et la colère ne m'approchent pas. Les apocalypses sont arrêtées dehors, sous le ciel volatil. La voûte minérale qui clôt mon refuge jette une arche de silence entre elles et moi. Je suis enchaîné, lourd d'une paix tellurique.
Depuis l'abîme, je respire et médite. Les beautés sont tragiques, les peuples sont orduriers, les femmes chevauchent des soleils, tous s'époumonent en proférations insanes. L'obscurité est grouillante de temps, l'ombre est crevée d'images impatientes.
Je revois ces belles aux joues brunes, les jeux brûlés de rires, les musiques dorées et rondes. Il vibre sous mes doigts sans pulpe des souvenirs de peau soyeuse et la nacre des dents. Il me revient des épaisseurs de seins, des veloutés de ventres bombés, des souffles et des charges du coeur. La terre de mon visage invisible se crispe sous la contrainte du rêve. Peut-être.
Mon corps sec obéit à son démembrement. Je lui ai imposé de se délester des joies frêles. Immobile aux vertèbres soudées, je reviens à l'essence du signe que je me veux être. Indifférent et comblé.
Troisième jour
Les météores fusionnent dans un lointain que je dédaigne sans mépris. Toute la vie des astres est à l'intérieur de moi. Je ne cherche pas une vérité qui me tromperait. Je suis sans projet, qu'un bloc de glaise que le temps vêt de poussière.
La faim et la soif, la mécanique des excrétions et des mictions, le sel versé des pleurs, celui qui perle de la peau, tout cela, mon corps en est délivré. Je suis animé de la vie des rochers. La science, la sagesse, les connaissances, le savoir, tout cela, perdu ou remisé dans le passé dont je suis détaché. Je m'éclaire à la pensée des pierres. "
Extrait de "Antre dans mon Chaos".
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