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mardi, 26 juillet 2016

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Tu fus mon modèle. Sur beaucoup de points. Et pour le nu, le modèle indépassable de tous les modèles. L'étalon de tous les corps. Après toi, pas besoin. Je connaissais si bien ton corps, je l'avais peint et croqué de tant de manières.     Dressée face à moi, insolente ou lovée dans un fauteuil, ramassée comme te protégeant du déluge, arquée, pliée, étendue. Étendue souvent : j'aimais cette pose, j'aimais cet abandon. Tes yeux divaguant, tes mains dénervées lourdes au sol au bout des bras, ton corps s'arrêtait de vivre. Inerte, irriguée de bleu sous la fenêtre voilée. Je peignais un présage. Je le vois maintenant. Il n'y avait pas plus impudique que cette défaite des membres, ces lèvres que je te demandais de laisser ainsi, entrouvertes avec si possible la sidération du dernier souffle. Et je me délectais de ce symbole. Et tu te prêtais à cette farce.

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