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samedi, 30 juillet 2016

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Toute la vie qu'on engouffre sur la toile, malheureux, si j'arrête de peindre ? Mais vous allez disparaître, bande d'ingrats ! Toute l'humanité disparue d'un coup, absorbée dans un trou noir ! Moi, je vous raconte et vous fais vivre grâce à mes surfaces blanches. Voilà pourquoi tout est là, sur la toile, accompagné par ma pensée dans le vaste projet du blanc. Tout y est concentré. L'inverse du trou noir ou son origine : le big bang du blanc. Le big blanc !
Bon, allez. Reprenons. Ça vient bien. Je le sens. Vous m'écoutez dire que ça avance, que ça progresse, hein ? mais il n'y a que les battements de mon cœur ou le souffle de mes narines. Des mots sont formulés pour raconter ce rien, et vous faire participer à mon aventure intime. Une sonde plantée dans mon cortex, avec des câbles et des neurones qui se baladeraient d'un univers mental à l'autre. On m'ausculte, on me sonde, on m'observe, ça alors ! Pas grave, c'est dans ma tête aussi. La lunette astronomique fixée sur le petit dieu assis, les fesses au froid sur son astéroïde, l'auréole réchauffée par une étoile rouge.
On guette la naissance de mes pensées, l'apparition de la vie. Il faudra déduire la composition chimique par réfraction de ma lumière dans le spectre des ondes radio que mon aura propage et découvrir... de la source au tarissement de toutes les intelligences. Le parcours de la lumière à travers le vide. Les ondes dispersées, évanouies dans l'immensité. L'appel froid des astres, perdu, accueilli par personne.

Qu'est-ce que je raconte ?

Je pense, pendant que je crois ne penser à rien. Mes hasards de nacre produisent sur la toile ce... frémissement sous le jour qui me procure une sensation de bonheur, de plénitude, je sais que j'y suis.

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