jeudi, 03 janvier 2013
Le Radical Hennelier 16
Ce matin, mon frère est allé tout de suite après le petit déjeuner aux jeux aquatiques. Je me retrouve avec maman dans un bureau avec un monsieur agréable, au visage bronzé, ridé et amical, qui nous met immédiatement en confiance. Il est entièrement tourné vers moi. Ses premiers mots sont pour me demander si j'ai une question. Je veux d'abord savoir ce qu'est le radical Hennelier. Son sourire multiplie ses rides : « Je suis le docteur Hennelier. Je suis le découvreur de cette pathologie. Ça ne suffit pas à faire de moi celui qui te donnera toutes les réponses, car il me reste beaucoup de mystères à résoudre, mais enfin je ne suis pas mal placé non plus. Le radical est une sorte de préfixe génétique, en sommeil dans ce qu'on appelle l'ADN poubelle, et activé pour des raisons que j'essaie de comprendre. Je te propose de m'aider. Oui : je ne te considère pas comme un patient, mais comme un collaborateur. Ensemble, avec les autres enfants, jour après jour, nous améliorons notre connaissance du mal qui te frappe, et tôt ou tard, grâce à toi, grâce à tous, nous trouverons un remède. »
« Il y a beaucoup d'enfants comme moi, ou comme Tsilla ? » Le docteur n'hésite pas : « Tsilla était un cas particulier. J'ai établi des degrés de dangerosité pour les porteurs, Tsilla était de niveau 7, c'est presque unique. » « Et moi ? Je risque d'exploser aussi ? » Non, dit Hennelier en riant, non : nous n'avons pas encore mesuré ton « spin », mais d'après ton dossier, tu es de niveau 1 ou 2, tout en bas de l'échelle. Les niveaux élevés comme Tsilla savent très tôt qu'ils sont dangereux. Toi, je peux parier qu'il ne t'est rien arrivé d'exceptionnel jusque là. « Pourquoi mon père a-t-il essayer de nous retenir ? » J'ai enchaîné avec ma question et Hennelier est interloqué. Il se tourne vers ma mère, aussi gênée que lui. Maman soupire et assène, avec un regard dur planté dans le mien : « Ton père a reçu la proposition d'un autre laboratoire. Il voulait... » Il y a un silence, ma mère déglutit avant de finir sa phrase. « Il voulait te vendre. »
05:00 Publié dans Ecrire, Nouvelles/textes courts | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



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Commentaires
Entre "les revenants" et "le Prisonnier", tu es dans le mood! J'ai compris les techniques, pas forcément palpables dans les premiers épisodes, qui donnaient presque l'impression d'une installation naturaliste. C'était avant l'action. Bon, je ne te cache pas que moi, ça me gonfle d'être saisi d'entrée par l'effet d'une phrase brève et laissé en plan vingt lignes après, mais enfin, tu aurais du succès de masse avec une telle histoire :) Et ce n'est pas moi qui participe à la chute du taux d'audience de Kronix: je suis venu tous les jours vérifier que tu continuais, et viens de lire cinq épisodes d'un coup, c'est mieux. Ne me remercie pas, je fais pareil avec Derrick.
Écrit par : cachard.l | jeudi, 03 janvier 2013
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