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  • 3726

    Je retrouve un beau stylo-plume, cadeau qu'on me fit à l'époque où je couvrais des pages d'annotations quotidiennes. Je le nettoie longuement, il est grippé, encroûté de vieille encre noire. J'insère une cartouche neuve. Une cartouche d'encre bleue. Coups de griffes, traits pointillés, sinuosités hésitantes, marques vides… Enfin, le stylo veut bien rendre avec régularité ce que j'ai à exprimer. C'est de l'inquiétude, d'abord, pour mes enfants, pour ma douce, pour les miens. Les mots s'alignent, noircis par la cartouche précédente, enténébrés par les souvenirs du temps du journal manuscrit. Le bleu n'ose pas, ne se manifeste pas tout de suite car le noir est fort, il l'emporte sur des pages et des pages. Et puis, tandis que progresse l'effet apaisant de l'écriture sur les tourments de la vie, l'encre s'éclaircit, le noir s'adoucit, s'atténue, laisse la place. L'opération clarifie, et l'humeur, et les signes. Voici à présent l'encre bleue sans scorie, débarrassée de ses noirceurs. Et moi, de même, gagné par la souplesse de l'azur révélé.

  • 3715

    Quand tu écris, parfois, une certaine dynamique du récit contamine la syntaxe ou la ponctuation, et tu mets en place naturellement une forme singulière. Aucune volonté de révolutionner quoi que ce soit, simplement la ponctuation que tu as imaginée est enclose dans ton projet littéraire. Et puis, vient le temps fatidique où ton travail va passer sous les fourches caudines du correcteur ou de la correctrice. Là, c'est autre chose, il faut réguler, édicter tes propres lois, celles, inconscientes, intuitives, que tu as utilisées -et générées- dans le même temps. Et donc, ton éditeur te demande de poser noir sur blanc tes propres règles. Pourquoi, par exemple, n'utilises-tu pas toujours la forme [: "] ? Exercice salutaire. Ce qui donne, pour "Noir Canicule", le prochain :

    On mettra deux points ouvrez les guillemets [ : " " ] seulement quand la phrase qui précède la réplique contient une expression, un mot, un verbe, induisant l'idée de prise de parole directe ('une voix les stoppa' ; 'elle ajouta' ; 'la main ponctuait chaque mot' ; 'prendre à témoin')

    Attention à certains cas, comme p.5 du manuscrit. ' Il grogna pour faire comprendre sans le dire "Qu'est-ce que t'en sais" ' Je ne mets pas [ : ] avant les guillemets, malgré le verbe 'dire', parce que le personnage ne 'dit' pas ce qui suit. Il n'y a pas de prise de parole.

    La réplique s'achève par [."] quand la phrase qui la suit contient une expression, un mot, un verbe, induisant l'idée de prise de parole effectuée. ex. : [' "on va pouvoir y aller." Sa voix avait arpenté la gorge...' ]

    Enfin, il y a des cas où les paroles, les répliques, sont incluses dans le récit, sans s'en distinguer. Laisser ainsi, SVP. L'idée est celle d'une certaine distance de narration. Les phrases entre guillemets "sonnent", prennent un relief qui, dans les cas où je les ai retirés, nuiraient au rythme et à l'atmosphère que j'ai souhaité créer.

    Il reste la problématique des majuscules en début de phrase entre guillemets, que je laisse à l'appréciation du correcteur ou de la correctrice.

     

    Voilà, c'était un bref passage en coulisses. Merci de votre attention.

  • 3697

    Je sais de quoi serait composé mon enfer. On me repasserait pour l'éternité l'interminable cortège de mes heures improductives, de mes paresses stériles, et je devrais méditer sur tout ce que j'aurais pu faire plutôt que de glander ainsi. Et ma honte ne s'émousserait que très loin, au bout du spectacle. Trouverais-je une consolation dans la nombreuse compagnie de mes contemporains ?

  • 3696

    « Je crois en revanche que vous êtes, Christian, un conteur et que le genre qui vous va à la perfection n’est pas la science-fiction mais bien la fantasy. Je sais votre attachement à la SF, mais votre vision du monde, cette vision grand angle et ce goût de l’envol, la fantasy peut le porter. Et c’est le pari que vous aviez réussi avec les Nefs. (…) il vous reste un territoire à explorer, qui n’est ni de la SF ni du roman historique mais la rencontre d’une vision politique et d’un souffle historique. La fantasy. Soyez le conteur que vous pouvez être, revenez avec douceur et simplicité aux personnages en prise avec l’histoire, racontez-nous des contrées nouvelles que le temps n’a su dater mais qui sauront, par leur intemporalité, nous parler, aujourd’hui, dans cette ère troublée dans laquelle nous entrons. La fantasy française a besoin de souffle, soyez-en le vent. » Comment mon éditrice use de diplomatie pour me refuser avec élégance un manuscrit de SF… Nous avons toujours eu, elle et moi, des rapports d'honnêteté, des rapports parfois tendus, certes, mais francs (ceci expliquant cela).

  • 3691

    Le salon du livre de Saint-Etienne s'appelle "La Fête du livre". Réjouissons-nous donc, même si c'est dur à prononcer (joui-sson-nou-donc).

    J'y suis invité et, joie supplémentaire, sur le stand de la librairie "Le Quartier Latin", au côté de Jean-Noël Blanc. J'y défendrai les couleurs de mon petit dernier "Mines, rives et Minotaure", coédité par Le Réalgar et la Ville de Saint-Etienne. Un texte inspiré par mon séjour (une résidence d'auteur), de plusieurs mois dans ladite cité.

    Il sera justement question des relations entre Saint-Etienne et l'écriture lors d'une table ronde, en compagnie de l'excellent Lionel Bourg et d'autres auteurs (non moins excellents sans doute, mais dont je n'ai hélas rien lu) : Pierre Mazet, Grégory Mazenod et Jean-Louis Pichon. Nous tenterons de cerner les conditions par lesquelles Saint-Etienne est une ville romanesque. Pour cela, c'est la prestigieuse Ecole nationale Supérieure d'architecture de Saint-Etienne qui nous accueillera (et je m'aperçois qu'il vaudrait mieux que je commence à songer à y dire des choses intelligentes). Samedi 19, à 11h30.

    Et, en dehors des interviews sur RCF et France Bleue, on pourra me retrouver au Musée de la Mine pour une lecture-déambulation-rencontre, le samedi à 14 heures, et le dimanche à 10 heures.

    Le reste du temps, dès vendredi 15 heures, je serai, gentil et patient, sur le stand du Quartier Latin, pour signer des livres, comme il se doit, et ce, jusqu'au dimanche 18 heures (ou jusqu'à ce qu'on me dise "faut y aller maintenant, hein ?").

    Enfin, comme j'aurai un peu de temps vendredi, je compte bien rendre une petite visite au salon des éditeurs, une sorte de méga-off, à la bourse du travail.

  • 3686

    J'ai fait l'expérience de me lire. On se relit beaucoup, on ne se lit pas vraiment. Il faut pour cet exercice une distance que le travail empêche. Il faut une attitude détachée de certains enjeux, une posture de quidam qui ouvre un bouquin et espère passer un bon moment, tout simplement. J'ai donc lu « Les Nefs » et « Martin Sourire ». J'en conclus, chers lecteurs, que vous avez bien du mérite.

  • 3667

    Prenez deux personnages historiques (Cortés et Moctezuma, par exemple). Appuyez-vous sur les éléments disparates ou contradictoires que l'Histoire vous apporte, mettez-les en situation et assistez à ce petit miracle : les mystères de leurs actes, la folie de leurs gestes, les énigmes qu'ils laissent, sont soudain résolus par les acteurs de papier que votre imagination a fait vivre.

  • 3647

    Le mal qu'il a fait l'accompagne depuis l'origine et personne n'a le pouvoir de lui ôter ses propres chaînes. Il soulève la visière de sa casquette et que voit-il ? rien à l'horizon que la disgrâce des jours à venir. Qu'y faire ? Il a tué. On ne lui a reconnu aucune circonstance atténuante et les habitants d'ici, tout ignorants qu'ils sont des faits et des causes, ne lui en concèdent pas davantage que le tribunal qui le condamna il y a près d'un quart de siècle. Antoine ne demande pas qu'on l'absolve ; il aimerait seulement qu'on ne le résume pas à ce moment de jadis, de poudre et de stupeur. S'il revient éternellement à l'ébranlement de cette seconde vertigineuse, s'il s'y voit, retrouve le moindre détail, une énigme demeure. Qui était celui qui appuya sur la gâchette, qu'il n'avait jamais été jusque là ; qu'il ne serait jamais plus ? Or, c'est à cet homme-là que le jugement avait été rendu. C'est cet homme-là qui était la cause de la perpétuité des regards. Tout le monde semblait mieux savoir qu'Antoine la nature de celui qui avait commis le crime.

     

    Les inconsolables. Extrait.

  • 3635

    Allez, mon cher Pourbus, reviens, approche, viens me confier ta voix. Tu vas respirer, aimer et douter à nouveau, nous allons retrouver la scène. Nous allons dialoguer ensemble. Il y aura des âmes nouvelles penchées vers toi, tu diras plus nettement qui tu es, tu seras moins haut mais plus touchant. Tu seras plus près de ce que nous sommes, différents de qui nous étions il y a huit ans, quand l'écriture nous a mis au feu tous les deux, la première fois.
    « Peindre » sera une autre pièce, une autre expérience. Et elle sera meilleure, d'une certaine façon.
    La Compagnie NU se remet à l'ouvrage. Quelque chose en nous se ravive.

  • 3632

    Peindre. Pièce créée il y a quelques années, née de la rencontre avec plusieurs artistes, est remise sur le marbre aujourd'hui. L'écriture a connu une dizaine de versions et, bien que jouée sur scène, elle n'est pour nous qu'une ébauche, tant le contenu est riche, son potentiel prometteur. C'est la dimension nomade du texte de théâtre. Les mots ne seront fixés que par la grâce de l'interprétation. J'ai hâte d'écouter à nouveau François Podetti en Pourbus, s'adresser à une apparition ("E" dans le texte, mais jamais nommée), à la fois muse, fille, femme, menace, souvenir, destin et exigence intime.

    Extrait.

    Pourbus : Parfois, je laissais pinceaux et toiles et te regardais, te regardais, te regardais. Ton corps, tes mains croisées sous la joue, ton sourire aristocrate dans le sommeil. Les boucles de tes cheveux, leur ombre sur ton front. Toute ma peinture était là. Dans ce trouble que j'éprouvais à t'admirer dormir. Certains blancs sont nés dans ce creuset. Dans cette paix où perce l'inquiétude. Dans les blancs, il y a ta respiration calme, ton corps et ton sourire. Personne ne le sait, personne ne le voit, mais c'est là.

    E : Elle était là, elle dormait. Mais toi ? Ton silence ?

    P : Mon silence ? Quand je travaille ?

    E : Quand tu tiens le temps serré entre les mâchoires

    P : Oh, ce silence...

    E : Oui, parlons-en
    P : Cela s'appelle la concentration, figure-toi

    E : Allons...

    P : J'évalue le monde, je promène la pointe de l'absolu dans les ciselures du temps...

    E (l'interrompant) : Ce n'est pas ce que je te demande

    P : Ah bon

    E : Non. Raconte

    P : Je me plante devant ma toile, j'ai les jambes écartées, le buste droit. C'est ça ?

    E : Voilà. Continue

    P : Là, comme ça, sans y penser. Plus de pensée parce que. Absorbé, aspiré. Ça rigole pas. Ça rigole pas, je bosse, je bosse.

    P : J'arpente des géographies devant la toile, il y a des tropiques et des longitudes, des océans à chaque coudée...

    E (soupire) : Fatigue !

    P : Le grand espace, le vide, mon absence... de quoi parlerais-je ?

    E : Le temps, entre les dents serrées

    P : C'est ça, si tu veux. Dents serrées sur le silence. Tout entier dans la toile. Le temps, évanoui. La solitude de l'enfance qui se prolonge, les marmonnements incessants de mes rêveries qui respirent encore tandis que je travaille.

    E : Continue

    P : Pareil dans ma chambre d'enfant, pareil. Dans ma solitude de gamin avec cette sensation de vague, de mollesse. Cette espèce de vertige où je me vautrais. Le même matelas d'ennui généreux dans lequel on est si bien ; le même ici, dans l'atelier.

    E : Continue

    P : Me voici dans ma chambre, me voici avec moi enfant, me voici moi enfant, et je bosse, je joue, le monde est dans ma main, et je joue avec. Là, je suis entier, là je suis peintre, oui. Entièrement, complètement, je ne suis rien d'autre. Ou peut-être même pas : je suis ce que je suis en train de faire. Le pinceau c'est moi, la toile c'est moi. Et pas seulement : l'espace, la lumière...

    E : La musique, les voisins...

    P : Oui. Tout fusionne et se précipite par moi, sur la toile. Si je mets de côté le mystère initial, tout cela pourrait se résumer par la plongée dans le travail. Surtout ne pas être intelligent, lâcher prise, tout désapprendre. Un nouveau-né.
    Je travaille, je bosse. C'est comme ça. Je ne m'amuse pas. C'est sérieux. Je retrouve le sérieux de l'enfance.

     

  • 3626

    Harasser, arpenter, vitalité, incandescence, verve, rancune, lapidaire, détresse, blafarde, dépecé, sépales, rêche, safrané, limoneux, alluvions, plantureux, tarissement, corrosif, étayer, empâté, fervent, décanter, galvanisé, poreux, s'égosiller, cantilène, railler… tous ces mots que je n'ai pas utilisés dans mon dernier roman. Quel gâchis !

  • 3604

    « Tout déraciner des légendes qui nous obsèdent, des défiances et des colères, tout oublier, sauf notre travail d'homme, qui est de se présenter face à la mort, meilleurs que nous n'avons jamais été. »
    Demain les Origines. Vol. 1.

  • 3598

    Le peintre reposa son pinceau. Il pensait s'être trompé. Cela lui arrivait parfois. Il traçait, sur une énième toile faite à sa mesure, une suite de nombres qui avait commencé avec le chiffre « 1 », quarante-six ans plus tôt, sur une première toile qu'il avait choisi de nommer détail, parce que chaque tableau n'était qu'un élément de l'ensemble, et c'est la somme des tableaux qui constituerait l’œuvre de sa vie. Des centaines de détails s'étaient succédé depuis. Il n'avait jamais dérogé. Jour après jour, il avait poursuivi la plongée monacale et joyeuse dans cette énumération infatigable. Ainsi, il avait dépassé largement le nombre de cinq millions. Où en était-il ? Il recula, rembobina la bande magnétique pour écouter le dernier enregistrement. Année après année, depuis qu'il avait résolu d'ajouter 1 % de blanc dans sa peinture noire, la trace de ses chiffres s'était insensiblement rapprochée du blanc de la toile. Il peignait maintenant des chiffres blancs sur un fond blanc et l'enregistrement de sa voix qui prononçait chaque nombre tandis qu'il le dessinait, lui était un secours précieux quand, comme en cet instant, il doutait de lui. Sa voix déformée par la restitution électrique, prononça dans sa langue natale : « cinq millions six-cent sept mille deux-cent quarante ». Il revint à la toile, trempa le pinceau dans la mixture, le fit tourner d'un geste automatique et planta son vieux corps à la lisière, là où les derniers traits se distinguaient encore par un reste de brillance. Il écrasa la pointe sur la toile, éprouvant cette sensation – venue plus de cinq millions de fois – de la synchronisation du temps de sa vie avec le temps de son œuvre, et traça un nouveau « 5 » suivi d'un nouveau « 6 » suivi d'un nouveau « 0 », etc. puis il énonça le nouveau nombre peint. Il travailla ainsi quelques heures. Il pâlissait. Sa main tremblait décidément beaucoup trop. Il s'autorisa une pause.

    Le 6 août 2011, Roman Opalka expirait à l'âge de 79 ans et son œuvre s'achevait.
    Il avait peint le nombre 5607249 sur son dernier détail.

     

    (Prologue de "Demain les Origines, vol.1" En cours de lecture chez Mnémos)

  • 3593

    Nous sommes en avril 2019. Je réalise ce fait anodin, en me levant. Et s'impose soudain un constat : il y a maintenant plus de cinq ans que, soutenu par ma douce, j'ai pu quitter mon travail pour me consacrer à l'écriture, exclusivement. Ai-je été à la hauteur du pari, ce que j'ai produit depuis valait-il tous ces sacrifices ? Voyons, faisons un point.

    Les romans, d'abord, publiés ou refusés, je les ai tout de même écrits :
    Les Nefs de Pangée (sortie septembre 2015, Éditions Mnémos). Prix des blogueurs SF 2016.
    La Vie volée de Martin Sourire (sortie janvier 2017 chez Phébus) Bourse d'écriture DRAC 2015. Coup de cœur Prix Claude Fauriel, finaliste prix du roman historique magazine Historia.
    Les Provinciales
    Cryptes
    Le Radical Hennelier (reprise et réécriture puis prolongement d'un court roman d'abord publié sur Kronix, cette version n'a plus aucun rapport, hors les premières pages)

    Pieds nus sur les ronces
    Mado
    Les Inconsolables
    Noire Canicule (titre provisoire. A paraître premier semestre 2020 chez Phébus)
    Demain, les origines. Vol.1. (en cours de lecture chez Mnémos)


    Théâtre :
    Pasiphaé, création premier trimestre 2015. Deuxième version en 2016.
    Minotaure. Création 2017
    Le sort dans la bouteille. (la pièce sera créée par François Frapier en 2019).
    Courage. Pièce écrite pour une classe de 2de au lycée Jean-Puy, à Roanne.

    Nouvelles :
    La Joyeuse. Editions Le Réalgar (2014)
    Ma life
    Nulle part, tout le temps (2016, in Un Tremplin pour l'Utopie. Sélection Prix Rosny-Aîné 2017)
    Etrangères (éditions Les Petits Moulins, 2018)

    Poésie :
    Nos Futurs et Lucifer Elégie. Ed. Sang d'encre, 2014.

    L'Exacte Joie. Livre pauvre, 2019. Illustré par Jean-Marc Dublé.

    Textes divers :
    Voir Grandir (mise en chanson par Jérôme Bodon-Clair. Sur scène en 2015)
    Paloma Courbeau pour revue Brasika Folio (2015)
    Où Roanne, Quand Roanne, Quelle Roanne ? (Colloque, avril 2015)
    A l'aplomb de la chair - texte pour Winfried Veit (avril-mai 2015)
    Portraits de Mémoire(s). Création 2016-2017. Articles pour le site et textes des chansons.
    Lettres-frontière 2016. Eté 2016.
    Winfried Veit, éclaireur infatigable (juillet 2016)
    La Messe d'or (pour le site patrimonial Lectura + Juillet 2016)
    20 ans Médiathèque Mably. Septembre 2016.
    Lettre Ouverte à l'autre que j'étais. Editions Le Réalgar, mars 2017.
    Salammbô, raté, comme un chef-d'oeuvre. Préface pour la co-édition « Merveilleux Flaubert » Mnémos- Les Moutons électriques. Juin 2017.
    Conférence : Art abstrait, retour aux signes. 2017.
    Conférence : Scènes de batailles ; Master Class 2017.
    L'avis de l'auteur (article pour le magazine Pages, avril 2018)
    Rives, Mines et Minotaure (texte écrit pendant la résidence Saint-Etienne. Publication prochaine par Le Réalgar)

    Contes :
    Le crocodile rouge. Pour l'illustratrice Maud Liénard. Inédit.
    Le vilain petit ballon ovale et La lubie de Monsieur Balèze. Pour le dessinateur Sarujin. Publication en juin 2019.

    Scénario de film :
    Joseph Déchelette précurseur de l'archéologie, 2017. Projet de réalisation pour 2019-2020.

    Scenarii de Bandes-dessinées :
    - Pour le dessinateur Cédric Fernandez :
    Cortés : trois albums.
    Les Mange-Failles : deux albums
    Complaintes des Terres du Nord : trois albums.
    Et des synopsis sur 14-18, Alexis de Toqueville, Che Guevarra, les Nefs de Basal. Le début d'un roman graphique pour le dessinateur Philippe Pellet, etc.
    - Pour le dessinateur Thibaut Mazoyer :
    A la droite du diable.

    Et un peu plus de mille notes de blog, je dirais. Voilà. Je crois que c'est tout. Bon...

  • 3592

    Je suis demain aux Intergalactiques de Lyon, avec une actualité particulière. J'ai le redoutable honneur d'être invité à participer à une table ronde dont le médiateur n'est autre que l'auteur de la fameuse chaîne Youtube Axolot (que je vous conseille, je suis fan depuis longtemps), en compagnie de luvan (on écrit comme ça, sans majuscule, j'aurai donc le plaisir de découvrir cette autrice et traductrice que, j'avoue, je n'ai pas encore lue car, découvrant son nom il y a deux jours, je n'en ai pas eu le temps), des youtubeurs de AlterHis et Confessions d'histoire (chaînes passionnantes également). Nous évoquerons les fins du monde dans l’Histoire : extinction des espèces, chutes des civilisations, et nous interrogerons sur ce que nous apprennent les épisodes historiques d’effondrement, de cataclysmes, et leur éventuelle influence sur la science-fiction. Pour ma part, n'étant pas un spécialiste, peut-être aurais-je l'opportunité de proposer une réflexion sur la singularité judeo-christiano-islamique, autour des notions de fins, de télos, de résolution. Notre préoccupation quasi originelle de l'idée de Jour dernier et de son influence sur notre foi absolue en une chute finale.

    Ce sera à 18h30, salle 2 de la MJC Monplaisir, 25 avenue des frères Lumière, Lyon 8è.


    Sinon, je suis en dédicace tout l'après-midi sur le stand des Indés.

     

    A vous voir.

     

     

  • 3591

    Coup de fil de mon éditeur Phébus. C'est confirmé : mon prochain roman paraîtra chez eux entre janvier et avril 2020.

    Le titre est en cours de (re)réflexion. Il s'agit d'un roman "choral" se déroulant en une journée, au plus fort de la canicule, en août 2003. Je voulais absolument rompre la série des romans historiques. C'est donc chose faite. Dès que j'en sais plus...

  • 3589

    Antoine Cervin a plus de soixante-dix ans, sa puissance de travail légendaire s'émousse depuis peu, il est cependant fort encore, capable d'en remontrer à de bien plus jeunes. La terre, aimée, connue, est son alliée et sa vieille adversaire. Comme tout terrien qui l'a travaillée depuis l'enfance, il évite les heures brûlantes de l'été et les frimas excessifs, il se ménage, il est plus indulgent pour ce corps qui a déjà tant fait. Antoine habite chez une amie, Marcelle Treille, dans le village de Saint-Elme. Elle l'a recueilli quand il est arrivé dans la région, désargenté et solitaire, il y a longtemps. Son accent trahit le sud de la France, et sa science des plantes et des bêtes, un passé paysan.
    Tout le village sait qu'Antoine a fait de la prison. Bien qu'achevée, à l'air libre sa condamnation se prolonge, quinze ans n'ont pas suffit, la damnation persiste dans les regards et les ragots, la mauvaise réputation qu'il traîne et doit bien supporter. Quand, à l'occasion d'un de ces lotos où convergent les retraités de la région, Antoine s'installe à une table et que la joueuse d'à côté lui pose des questions anodines pour faire connaissance, Vous êtes d'où, Vous habitez où, etc., qu'il se résigne à répondre J'habite chez Marcelle Treille, le visage de la petite dame se glace. Elle n'échangera plus un mot. Si elle osait, elle se signerait. Antoine ravale son humiliation. Sa voisine de jeu a appris, chacun a entendu parler de l'homme qui habite chez la Marcelle de Saint-Elme, elle regarde avec un frisson les mains d'Antoine pousser les jetons sur la grille. Elle y voit, comme si du sang brillait encore, les traces du crime sous la peau. Tout le monde sait ici que les mains d'Antoine sont des mains d'assassin. Il a tué sa femme.

    Le mal qu'il a fait l'accompagne depuis l'origine et personne n'a le pouvoir de lui ôter ses propres chaînes. Il soulève la visière de sa casquette et que voit-il ? rien à l'horizon que la disgrâce des jours à venir. Qu'y faire ? Il a tué. On ne lui a reconnu aucune circonstance atténuante et les habitants d'ici, tout ignorants qu'ils sont des faits et des causes, ne lui en concèdent pas davantage que le tribunal qui le condamna il y a près d'un quart de siècle. Antoine ne demande pas qu'on l'absolve ; il aimerait seulement qu'on ne le résume pas à ce moment de jadis, ce moment de poudre et de stupeur. S'il revient éternellement à l'ébranlement de cette seconde vertigineuse, s'il s'y voit, retrouve le moindre détail, une énigme demeure. Qui était celui qui appuya sur la gâchette, qu'il n'avait jamais été jusque là ; qu'il ne serait jamais plus ? Or, c'est à cet homme-là que le jugement avait été rendu. C'est cet homme-là qui était la cause de la perpétuité des regards. Tout le monde semblait mieux savoir qu'Antoine la nature de celui qui avait commis le crime.

     

    Extrait de "Les Inconsolables". Roman inédit (et apparemment in-éditable).

  • 3580

    Henri Maussan avait affreusement mal. C’était le café sans doute, bu trop chaud, trop vite, tandis qu’il n’avait pas assez mangé. Sans doute… Ou bien ses tripes ne toléraient-elles plus rien. Il imagina le café, jeté dans la cavité de son ventre comme on balance le contenu d’un vase de nuit, répandu sur des viscères ramassés dans les ténèbres de l'abdomen. Son corps était devenu un fauve dont il fallait désormais se méfier, qui mordait son propriétaire à la moindre faute d’attention. Au début, quand le médecin avait diagnostiqué la maladie « trop tardivement pour assurer le succès d’un traitement, même lourd », Henri s’était senti trahi. Bien sûr, la mort entrait dans le contrat signé à la naissance, mais pas l'agonie douloureuse, indélicate, impolie, juchée sur les genoux, qui caresse et poignarde. Pas cette lente, patiente rébellion du corps qui se sabote sans rien dire et vous met par terre d’un coup, en plein milieu de journée et vous ricane à l'oreille : « Je t’ai eu » ! On apprend soudain que votre vieux véhicule de chair, celui qui a besoin de vous Bon Dieu, vous a concocté pendant des années une méchante façon d’en finir avec la lumière des champs et l'hymne des rivières.

     

    Roman. Écriture en cours.

  • 3577

    « Vous êtes venu pour quoi, déjà ?
    « Je sais plus. »
    « Je reprends mes notes, attendez… Où ai-je mis ces foutues notes ? »
    « Mais c’est pas vous qui êtes venu me voir, plutôt ? »
    « Vous croyez ? »
    « Je me demande. Je vais vérifier. Où ai-je noté ça ? »
    « Bonjour messieurs. »
    « Bonjour. »
    « Bonjour. Que puis-je pour vous ? »
    « Pour moi ? Je vous signale que vous êtes dans mon bureau, messieurs. »
    « Ah bon ? »
    « Ah bon ? »
    « Oui. »
    « Ce n'est pas mon bureau ? »
    « Ce n'est pas le mien, plutôt ? »
    « Non. Vous êtes tous les deux dans mon bureau. Vous à ma place et vous… vous, vous, là, avec votre costume d'Aztèque, vous êtes sur la chaise dévolue aux personnes que je reçois. »
    « Ah bon ? »
    « Ah bon ? »
    « Oui. Et je vais vous demander de sortir. Sans faire d'histoire. »
    « Bon. »
    « Bon. Sauf qu'on vient d'en faire une, justement, d'histoire. »
    « Et bien, allez donc raconter ça dans le bureau d'à côté. C'est celui d'un auteur de blog en mal d'inspiration, ce matin. »
    « Oh ? Ça tombe sacrément bien alors ? »
    « Oui. Je pense qu'il sera ravi. Ses lecteurs, je ne sais pas, mais lui... trouver un sujet (même pas terrible), un jour comme aujourd'hui, je suis certain qu'il va vous accueillir avec enthousiasme. »
    « Bon, on y va. Merci. Je peux vous demander ce que vous faites, vous ? »
    « Vous voulez dire : dans la vie, ici ? »
    « Dans ce bureau. Votre métier, c'est … ? »
    « Oh, moi… je n'ai pas de mission précise. Lui m'appelle l'inspiration, le hasard ou la discipline, selon ses interlocuteurs et selon les circonstances. Je redirige, j'oriente, j'expose… J'angoisse. Souvent. Je revisite les drames et les joies. Je me prends pour un dieu ou pour une merde. Je me mets face à lui et je l'insulte, je le cajole, je l'encourage. Ou, comme en ce moment, je lui envoie des visiteurs. Il fera ce qu'il en voudra. Allez-y. C’est juste là. »
    « D'accord. »
    « Bon, merci. Un message à lui transmettre ? »
    « Dites-lui de tenir bon. On croit que tout est foutu, que plus rien ne peut advenir, que vous n'intéressez plus personne et puis, un jour, un metteur en scène vous annonce que sa troupe a bien travaillé sur une pièce écrite trois ans auparavant, un ami dessinateur vous relance sur une foule de projets, un éditeur vous contacte pour une opération qui va durer plusieurs années… Il y a de l'espoir. Dites-lui qu'il n'est pas si nul et pas si vieux que ça. »
    « On lui dira. »
    «  Parfait. Ne vous offusquez pas s'il vous ricane au nez. C’est juste qu'il ne veut pas qu'on le soupçonne d'être satisfait. »
    « Votre boulot, ça doit pas être facile tous les jours. »
    « C'est vrai. Mais je ne vois pas ce que je pourrais faire d'autre. »

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    Les prochaines rencontres
    Samedi 27 avril, je serai aux Intergalactiques de Lyon, où je participerai à une table ronde sur l'effondrement.
    Dimanche 28 avril, je serai au Salon du livre de La Clayette, près de Charlieu.
    Vendredi 3 mai, est la date retenue pour ma traditionnelle Carte Blanche, à la médiathèque de Gilly-sur-Isère. Cette année, mon invité est le dessinateur Thibaut Mazoyer, avec qui j'ai commis la BD « A la droite du Diable ».
    Samedi 4 mai, nous serons tous les deux pour une séance de dédicaces, à la libraire Accrolivre, à Albertville.
    Samedi 15 juin, j'aurais l'honneur d'ajouter ma causerie à celles de nombreux intervenants, invités chaque mois à évoquer « mes livres préférés » à la bibliothèque de Saint-Haon-le-Châtel.
    Lundi 9 septembre, l'association « Lire pour en sortir » m'invite à intervenir au centre de détention de Roanne, pour évoquer devant un public (captif…), « L'Affaire des vivants ». Très honoré de cette marque de confiance. J'espère être à la hauteur. Dans cette prison d'hommes et de femmes, ces rencontres sont une des rares occasions pour les deux sexes de partager un temps en commun. Il paraît que c'est, pour cette raison notamment, très attendu.
    En octobre, je serai (sous réserve) à la Fête du livre de Saint-Etienne pour présenter « Rives, mines et minotaure » texte sur Saint-Etienne écrit pendant ma résidence en 2018, publié par les éditions Le Réalgar.

    A partir de la rentrée, il est possible que je participe à un projet assez enthousiasmant, à l'appel d'une belle maison d'édition. Rien n'est encore réglé, je vous tiendrai au courant.

     

    Quant aux sorties de romans... Ma récente production est en lecture et j'attends, que voulez-vous...