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Il existe une fascination pour ces métiers du fond, des fantasmes liés aux mythes d'avant l'histoire, c'est humble et obscur, l'écho d'une parole runique qui demeure, s'accroche aux cauchemars, aux peurs des lunes et des nuits, des tréfonds, des abysses, des gouffres, des temps où, le verbe faisant défaut, les effrois s'incarnaient sans la bénédiction des contes et prenaient la forme tangible des esprits. Elle prolonge ses effets en moi également, cette fascination, et si j'ai choisi d'aborder le questionnement de la ville par le filtre de ce qui gît sous elle, c'est en partie à cause de cette vieille hantise des profondeurs, inextricablement liée dans mon esprit aux mystères du labyrinthe. Minotaure, abîmes, galeries enténébrées, mugissements des origines, cavernes, préhistoire et matrice, perditions... Tout cela me parle de l'humanité, sans cesse. La mine me parle des humains, du destin et de la fatalité, le labyrinthe me parle de l'humanité irréductible du minotaure, cet hybride dont la part animale est aussi inaliénable que sa part d'homme. Les souterrains me parlent de la condition humaine. Et je ne discerne aucun jour au terme de la marche, c'est mon époque qui veut cela. Nous sommes au XXIe siècle et il semble bien que nous connaissons enfin le terme du labyrinthe. Un mur définitif.

 

Extrait de "à propos de Saint-Etienne", écriture en cours.

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