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Je retrouve un beau stylo-plume, cadeau qu'on me fit à l'époque où je couvrais des pages d'annotations quotidiennes. Je le nettoie longuement, il est grippé, encroûté de vieille encre noire. J'insère une cartouche neuve. Une cartouche d'encre bleue. Coups de griffes, traits pointillés, sinuosités hésitantes, marques vides… Enfin, le stylo veut bien rendre avec régularité ce que j'ai à exprimer. C'est de l'inquiétude, d'abord, pour mes enfants, pour ma douce, pour les miens. Les mots s'alignent, noircis par la cartouche précédente, enténébrés par les souvenirs du temps du journal manuscrit. Le bleu n'ose pas, ne se manifeste pas tout de suite car le noir est fort, il l'emporte sur des pages et des pages. Et puis, tandis que progresse l'effet apaisant de l'écriture sur les tourments de la vie, l'encre s'éclaircit, le noir s'adoucit, s'atténue, laisse la place. L'opération clarifie, et l'humeur, et les signes. Voici à présent l'encre bleue sans scorie, débarrassée de ses noirceurs. Et moi, de même, gagné par la souplesse de l'azur révélé.

Commentaires

  • Quand je fais le plein de ma mobylette (une 103 Peugeot), il m'arrive aussi de penser qu'après elle va plus vite.

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