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Je viens d'achever Les Inconsolables, mon dernier roman. Sa première mouture, en tout cas. Il manque deux pages au manuscrit que je vais bientôt confier, malgré ce manque, à mon éditeur, après les habituelles relectures des volontaires. Ces deux pages concernent un voyage qui n'est pas encore entrepris. Tout le reste est écrit et le défaut du passage en question n'empêchera pas mon éditeur de prendre sa décision. Il aura largement de quoi juger du projet. Un très court roman, ce qui me laisse dans un état assez étrange. Pas frustré, puisque j'ai vite compris que je ne pourrais pas étendre le texte au-delà de cet étiage, et c'est très bien ainsi. Pas totalement satisfait, cependant. Comme s'il me fallait être rassasié, plein, étanché, pour estimer qu'un roman a trouvé son accomplissement. Dans sa forme imprimée, il ne dépassera probablement pas les 100 pages. Une nouvelle, alors ? Pas vraiment, trop long pour le définir ainsi. C'est bien un roman. Tiens, d'ailleurs, sur la notion même de roman, la nature de ce texte se discute. Pourrait se discuter, puisqu'il est inspiré de confidences qu'on m'a faites. Qu'on m'a faites avec le projet clair d'être traité par l'écriture. Ce pourquoi, à l'origine, j'avais imaginé un récit sec, à l'os, m'interdisant de m'immiscer par des réflexions inspirées par le sujet, m'interdisant de digresser, de combler les vides. Et puis, une question nouvelle s'est posée : où étais-je alors, moi, écrivain, dans ce projet ? S'il s'agissait seulement de porter la voix d'un homme, un journaliste aurait fait l'affaire. Mon apport serait donc littéraire. Et, s'il était littéraire, j'entrais dans un projet de roman, pas un récit, pas un témoignage, un roman. Les Inconsolables est donc un texte incarné, refouillé, nourri. Dans moins d'un mois, je le proposerai à mon éditeur. Qu'il en veuille ou non, je suis fier de l'avoir écrit. Je devais l'écrire.

Commentaires

  • N'hésite pas si besoin à faire passer le manuscrit. C'est toujours un plaisir (quelques fois, ce fut un plaisir un peu sadomaso, oui, bon...).

  • C'est gentil, mais tu as déjà pas mal de lecture, je crois. Finis donc ton Lobo Antunes et puis on verra...

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