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actu

  • 3258

    Noirmoutier ! L'île ! Le salon du livre de mer ! (et j'arrête de mettre des points d'exclamation). J'hésite entre l'enthousiasme et, c'est vrai, la surprise. Je suis invité au salon du livre de mer de Noirmoutier. Oui. Quelle œuvre a pu inspirer aux organisateurs cette invitation, moi qui suis tellement terrien ? Les Nefs de Pangée.

    Tout le week-end, j'essayerai donc de défendre mon roman entre spécialistes de la voile et aventuriers de haute-mer. Je vous raconterai. J'emporte mon calepin pour dessiner. Retour lundi soir (car, déjà, une journée de déplacement pour rejoindre ces beaux endroits, une autre pour revenir...). Cadeau improbable de l'écriture. beau cadeau. Je suis très heureux.

  • 3255

    Je suis très fier de vous annoncer que La vie volée de Martin Sourire est sélectionné pour le Prix du livre historique.

    Le jury est composé de Victor Battagion, Catherine Clément, Sophie Chauveau et Bruno Dumézil.

    Patience : le prix sera décerné en février 2018.

    Je n'oublierai pas de vous tenir informés, chers lecteurs (tu m'étonnes !)

  • Concert Portraits de Mémoire(s)

    Aujourd'hui, à 17 heures 30, salle du Carillon, à Saint-NIzier-sous-Charlieu (Loire), une démarche entreprise il y a un an connaîtra son achèvement. « Portraits de Mémoire(s) » a été l'occasion pour Jérôme Bodon-Clair, Marc Bonnetin et moi-même, de rencontrer une quarantaine de personnes sur une cinquantaine contactées (la maladie, l'âge, ont été la cause des divers désistements). Des personnes de tous les milieux, de tous les métiers, de toutes les générations (les âges vont de 25 à 90 ans). De ces témoins passés et présents de l'activité du tissage dans la région, j'ai d'abord fait le « portrait » littéraire, lisible sur notre site. Puis je me suis inspiré de ces témoignages pour écrire des chansons que Jérôme a mis en musique. J'étais parti du constat que la chanson est le média le plus simple, le plus économe, le mieux éprouvé pour transmettre la mémoire des hommes et des métiers. Nous avons créé des chansons à la fois populaires et contemporaines. Elles sont mélodiques, parlent des gens, de leur vie, de leur travail. Jérôme a produit des partitions raffinées et subtiles. Certains textes sont inspirés de l'expérience individuelle (le fils d'un navetier, un ingénieur globe-trotteur, une tisseuse à domicile) d'autres résument un phénomène social plus large, une expérience commune (Les Royautés, le travail dès 14 ans, le bruit des métiers…). Le concert est le point d'orgue de ce travail. Enfin, et grâce au concours de l'école de musique, nous allons pouvoir « rendre » à nos partenaires, aux personnes qui ont bien voulu nous offrir leurs souvenirs, les créations que nous leur devons, en quelque sorte. Avec la participation des  chorales, enfants et adultes, et des instrumentistes de l'école de musique. La formation au complet, c'est quelque 65 exécutants. Jérôme interprétera lui-même plusieurs titres. Les chansons sont  variées, ce sera un spectacle original. Il durera un peu plus d'une heure.
    Ensuite, le site continuera de faire vivre le matériau recueilli et les chansons en ligne. Les photos de Marc Bonnetin seront présentées aussi pendant les fêtes de la soierie, en septembre, à Charlieu, sur de très grands formats. J'en reparlerai. Il y aura une captation sonore du spectacle, qu'on pourra écouter sur le site. En toute confidence, je ne compte pas m'arrêter là...

    Entrée libre.
    « Portraits de Mémoire(s) » est soutenu par la communauté de communes Charlieu-Belmont et la DRAC Rhône-Alpes-Auvergne.

  • Nefs de Pangée - Nouvelle critique

    L'autre jour, à la libraire Les Lucioles, à Vienne, Laurent, le libraire qui m'avait honoré de son invitation, m'avoua que, s'il ne l'avait pas lu si tard, Les Nefs de Pangée auraient probablement emporté le prix Lucioles, l'année de sa publication. L'aveu vaut remise, à mon sens, et j'en suis très heureux. Je vois aussi que, sur la toile, les internautes ne désarment pas et sont toujours les meilleurs défenseurs de mon roman (ce pourquoi, un an et demi après sa sortie, il n'a pas quitté les rayons de nombreuses librairies). Merci à eux et, en l'espèce, à L'Encre et la Bannière, qui relate sa lecture des Nefs, avec les précautions d'usage. Une précision : l'auteure de la chronique évoque des coquilles gênantes. Je veux dire ici que ce problème est résolu dans les rééditions et éditions Poche.

  • 3242

    Julien Bétan, Melchior Ascaride, Mathieu Rivero (auteurs chez Les Moutons électriques) et votre serviteur, nous serons à la librairie Lucioles, à Vienne, dès 15h30, pour une rencontre suivie d'une séance de signatures.

    La librairie organise ainsi une sorte de festival autour des littératures de l'imaginaire, commencé jeudi avec Jean Hegland, continué vendredi avec Jérôme Vincent (éditeur ActuSF) et les incontournables Sylvie Laîné et Danielle Martinigol, pour se conclure, donc, par notre venue ce samedi.

    La librairie Lucioles a une excellente réputation, je me réjouis d'y être invité.

  • 3241

    Avec certaines bibliothèques, j'ai des relations particulières. C'est le cas de celle de Gilly-sur-Isère (comme vous savez si vous fréquentez souvent ce blog) ; c'est le cas de celle de Fleury-la-Montagne. Je suis ce soir, à 18 heures, invité par l'équipe de cette dernière, pour évoquer "La vie volée de Martin Sourire". Lecture, explications, contexte, histoire... je me livre. Nous vous espérons nombreux (et il y a toujours un pot extraordinaire en conclusion).

  • 3239

    Prochains rendez-vous, les amis : ce vendredi 9 juin à 18h, à l'excellente bibliothèque de Fleury-la-Montagne, pour La vie volée de Martin Sourire ; et samedi 10 juin, dans le cadre des Trois jours de l'Imaginaire organisés par la librairie Lucioles, à Vienne, avec une rencontre-conversation-lecture de 15h30 à 17h suivie d'une dédicace de 17h à 18h30 à propos des Nefs de Pangée (et accessoirement de mes autres romans). Je serai en compagnie des auteurs d'un ouvrage original, Tout au milieu du Monde : Julien Bétan, directeur littéraire chez les Moutons électriques,  ancien rédacteur en chef de la revue Fiction, traducteur, essayiste et co-auteur de Tout au milieu du monde ; Melchior Ascaride, graphiste, et illustrateur de Tout au milieu du monde ; Mathieu Rivero, auteur  également  de Or  et  nuit  et  de  la  série  pour  ados Les arpenteurs de rêve chez les Moutons électriques.

    Juin sera également le mois qui verra s'achever la démarche Portraits de Mémoire, entreprise il y a un an, et ma présence au Salon du livre de Mer ( !) à Noirmoutiers. Mais de cela, je vous reparlerai.

  • 3222

    Amis lecteurs, chères lectrices, Kronix suspend son activité (déjà erratique ces derniers temps) jusqu'à lundi. Je suis ce week-end au Salon du Livre de Villeneuve-sur-Lot, en très bonne compagnie.

    Ce jour, je vous suggère d'aller rencontrer Paola Pigani à la librairie Le Carnet à Spirales, à Charlieu. C'est à partir de 16h45, et je sais que ce sera bien (j'enrage de ne pas me trouver là, mais impossible de me diviser).

     

  • 3219

    LECTURA+ est un portail numérique qui permet d'accéder aux fonds patrimoniaux écrits et graphiques des médiathèques de la région Rhône-Alpes-Auvergne. Nous sommes quelques auteurs à avoir été invités à produire un texte inspiré d'un document conservé dans un de ces fonds. Chaque texte est lu par un comédien ou une comédienne, à écouter sur la page dédiée : "Les Flashbacks du patrimoine". Les lectures sont accompagnées d'une version numérisée du document et d'une interview de l'auteur. La première mise en ligne est la lecture d'un texte de Viviane Perret sur History of the indian tribes of North America de Thomas Mc Kenney. Trois superbes volumes illustrés présents à la bibliothèque municipale de Grenoble.

    Suivront Alexis Jenni, Lionel Bourg, Emmanuelle Pagano, Carine Fernandez et Jérôme Leroy. Quant à moi, je vous signalerai quand mon texte sera en ligne. J'ai travaillé sur un document de la Médiathèque de Roanne : "Le balet comique de la Royne" (oui, balet avec un seul "l", la graphie du XVIe siècle).

  • 3217

    Je suis à partir de ce soir et tout la journée de samedi, l'invité du festival de théâtre de Riorges, dit "les malyssiennes", du nom de la Malysscompagnie qui organise ces rencontres. Il s'agit de la quatrième édition et j'y serai membre du jury.

    Merci les amis. On commence ce soir avec Antigone (version Jean Anouilh). Autant dire que ça commence bien ! (et ambitieux)

    2017 FESTIVAL Les Rencontres Malyssiennes.jpg

  • 3213

    Kronix parle rarement de politique. C'est un domaine où je ne suis guère pertinent, il faut bien l'admettre. Souvent, mes convictions l'emportent sur les réflexions, ce qui ne donne pas de très bons résultats. Je me considère plutôt comme un idiot politique. Donc, je me tais. Cependant, impossible de ne pas se sentir bousculé par l'ambiance générale, les sales moments que nous vivons. Kronix se sent un peu nauséeux, impuissant, désespéré, il va donc se mettre en congé. Avant de suspendre la parution quotidienne des billets (qui ne reprendra que si, au lendemain du deuxième tour, nous sommes encore en démocratie), je veux -tout de même- glisser cela : je comprends la position des abstentionnistes. Je la comprends. L'abstention est, en ce moment, un bel objet intellectuel proprement pensé. Mais quand la réflexion la plus sophistiquée laisse le champ libre à l'extrême-droite et lui donne les clés du pays, il me semble que c'est pousser trop loin l'amour du paradoxe. « Elle » ne passera pas, de toute façon ? Je vous trouve bien sûrs de vous. Et puis, même si Le Pen n'était pas élue finalement, les abstentions vont lui permettre un score historique, et la hisseront au rang de seule force d'opposition. Les insoumis, par exemple, seront inaudibles. « Elle » passera, mais elle ne pourra rien faire ? Je crois, hélas, que le problème n'est pas là : il est dans le climat de haine qui monte. Des dégâts importants sont déjà opérés. Pensez à ce qui va se passer si « elle » ne se prend pas un bon 70 % dans les gencives ! Ou alors, c'est le chaos que vous voulez. Vous rêvez d'une Révolution. Vous pensez qu'elle est nécessaire. C’est possible. Mais elle risque de prendre un chemin que vous n'aimerez pas quand il faudra vraiment s'y confronter, quand ce ne sera plus une vague probabilité ou un fantasme vibrant de lendemains nouveaux, quand nous serons harcelés, insultés, tabassés. Ma douce et moi, nous avions cru jusque là qu'être de gauche avait au moins cette vertu : ne pas balancer quand il s'agissait de défendre la démocratie, et que les calculs et les réticences étaient remisés, dès lors que le fascisme menaçait. C'est un grand désarroi, une grande peine, de constater qu'il n'en est rien. Faire froidement le calcul que le FN pourrait l'emporter, nous semble une énorme trahison. Y compris et surtout pour nos amis ou les amours que nous avons connues ma douce et moi, qui n'ont pas la chance d'une peau rose et pâle, d'un patronyme enraciné et bon teint. Nous pensons à ceux-là, qui seront les premiers à ressentir le vrai poids d'un vote significatif de l'extrême-droite, nous pensons à ceux qui suivront, homos, cocos, intellos... Aussi légitimes soient-ils, les atermoiements face à cette perspective ressemblent aux hésitations du témoin d'une noyade qui se demande si porter secours ne va pas l'obliger à salir ses affaires.
    En tout cas, comme il faut bien quelques idiots pour tenter de limiter les dégâts, je ne réfléchis pas, je plonge et je vote Macron.

  • Conte horrifique

    Sous les murs de la prison où des Palestiniens font la grève de la faim, des familles israéliennes se sont réunies joyeusement pour faire des grillades. L'horreur est bel et bien de ce monde.

  • 3208

    Nous mourrons donc sans plus connaître la paix. Seuls les enfants de nos enfants auront peut-être la chance de savourer un moment où la fin du terrorisme sera avérée, dans 30 ans d'ici. Et encore, nulle capitulation, nulle grande ruée, dans les avenues et sur les places, assortie d'embrassades, nulle libération, juste la lente compréhension que le cauchemar est enfin fini.

  • 3204

    "La vie volée de Martin Sourire" sur RCF, en compagnie de Jacques Plaine et Jean-Claude Duverger

    L'émission "A plus d'un titre" est à écouter ICI.

     

     

  • 3202

    Il y a un moment, dans l'écriture d'un livre, où vous comprenez enfin ce que vous êtes en train de faire, révélation plus ou moins tardive selon l'entreprise. Pas : quel est le sujet de votre roman, cela vous êtes censé le savoir, tout de même. Plutôt : De quoi je parle, au fond, qu'est-ce qui, viscéralement, m'a imposé de rester autant de temps concentré et isolé, à la recherche d'un rythme et d'une justesse d'expression, qu'est-ce que je cherche à travers mon texte ? Et ce n'est pas forcément clair à l'amorce du travail. On peut même postuler que l'écriture d'un livre a pour but premier de révéler aux yeux de son auteur, les raisons qui ont poussé à l'entreprendre.
    Le moment que j'évoque se manifeste par une sensation particulière, une émotion assez indescriptible. Pour moi, elle est similaire à une autre sensation, guère plus commode à exprimer, qui naissait, à l'époque où je dessinais ou peignais des portraits d'après nature (jamais d'après photo, cet expédient vulgaire), quand, la personne en face de moi, je voyais, trait après trait ou coup de pinceau après coup de pinceau, s'affirmer une ressemblance. Le visage qui apparaissait sur la toile ou le papier, était bien celui de mon modèle. J'y étais. Je ne savais jamais par quel détour ce petit miracle se produisait mais c'était ainsi : j'avais saisi et traduit cet étrange motif qui crée l'illusion de la ressemblance. Cela venait brusquement, au hasard d'un trait anodin, par surprise. Soudain, quelque chose s'était éclairci. Je savais que, désormais, je passais d'un autre côté de la réalisation. C'est ainsi que, dans la pratique de l'écriture, à des moments variables dans la construction d'un récit, je perçois avec étonnement (et quelle satisfaction!) que « j'y suis ». Tout devient net, tout prend sens : les phrases qui m'ont amené à ce point, les prolongements que ce basculement implique, ce que sera le roman achevé.
    La difficulté réelle se situe par conséquent au début de l'écriture d'un roman. Quand rien n'est fixé, que tout menace de se dérober à tout moment, que le sens ne s'est pas encore affirmé, quand rien n'est évident. Il y a quelque chose d'absurde d'entreprendre l'écriture avec le secret espoir qu'un but s'annonce. Vous pouvez travailler des mois, peut-être des années, avant que se manifeste la sensation évoquée plus haut. Et il y a cette hantise : est-ce que vous y parviendrez ? Ainsi, il m'est arrivé d'aller jusqu'au bout d'un texte, de travailler plus d'un an sur un roman, de poser le point final, sans avoir connu cette grâce (et dans l'état d'incertitude que vous pouvez deviner). Assez logiquement, il se trouve que ces romans-là ne provoquent qu'une réaction embarrassée de ma première lectrice, augure du refus de mes éditeurs. J'espère sincèrement que les autres écrivains ne connaissent pas ces affres et entrevoient clairement dès l'origine, l'ensemble de ce qu'ils ont entrepris de créer. Je crois avoir une bonne notion des sentiments de Sisyphe, quand il appuie ses mains contre la pierre, s'arc-boute et  pousse son rocher, au pied de la pente incessante.

     

    Peut-être parlerons-nous de cela, à partir de 16h30, avec Jacques Plaine, à la Librairie de Paris, à Saint-Etienne...

  • 3200

    Grand rendez-vous pour moi, vendredi 14 avril, à la libraire de Paris, à Saint-Etienne, (6, rue Michel Rondet).

    D'abord, avec une rencontre autour de mes livres, animée par Jacques Plaine, à 16h30 (une des rares fois où j'aurai l'occasion de m'exprimer sur mon travail d'écriture, de mettre en perspective les thèmes, expliquer les passerelles entre les textes, etc. Je vois ça comme un beau cadeau, cette chance d'évoquer assez longuement parcours et choix) puis, à 18h30, l'enregistrement public de l'émission « A plus d'un titre » (RCF), en compagnie de Jacques Plaine, toujours, et de Jean-Claude Duverger, cette fois autour de mon dernier roman « La Vie volée de Martin Sourire », paru chez Phébus cette année.

    N'hésitez pas à venir goûter au lieu, à la parole bienveillante de ce grand amoureux de la littérature qu'est Jacques Plaine.

  • 3193

    J'espère que cette annonce (sur Kronix, où je fais quand même un peu ce que je veux), ne passera pas pour un effet de mon narcissisme (ce dont m'accuse une "amie qui me veut du bien"), mais sachez, lecteurs de ce blog (dont je n'ai pas la moindre idée du nombre vu que je n'ai pas d'outils pour mesurer votre affluence - autre reproche de cette "amie", qui me décrit à l'affût des statistiques et des prix (?) littéraires -allons bon !), que je serai (oui, moi, tout enflé d'orgueil et de prétention nombriliste), au Centre social de Riorges demain, jeudi 6 avril à 18h30, pour évoquer mon dernier roman "La vie volée de Martin Sourire". Ne venez pas trop nombreux, parce que mon "amie" pourrait y voir la preuve de la réussite de mon plan de carrière et de mon empressement à être un écrivain populaire.

    Ses reproches n'ont pas été sans effet, je le reconnais. Je me suis interrogé sur la façon dont je "vends" mon travail sur le Net. Pour commencer, j'ai supprimé les photos de ma pomme, en bannière, là-haut, qui étaient, c'est vrai, la marque la plus manifeste de mon narcissisme. Au grand dam de ma douce qui se les passait en boucle en mon absence, ai-je su depuis. Mais je ne doute pas que ce gage de ma bonne foi (que, crétin influençable, je me suis cru obligé de donner), ne lui suffira pas.

    Ses remarques hors de contexte (on échangeait simplement sur la façon dont j'avais traité la Révolution dans le roman), m'ont considérablement blessé et attristé.

    Et puis, à la réflexion, je l'emmerde.

  • 3185

    Étrange sensation au retour de cette session 2017 à Livre Paris. Tout s'est bien passé, j'ai retrouvé amis et professionnels avec grand plaisir, mais en deux jours, une observation déjà faite les années précédentes s'est confirmée et m'interroge. J'ai le privilège de signer successivement dans deux espaces littéraires très différents. Parmi les éditions de SF, de Fantasy, tout près de la BD et de l'illustration jeunesse d'une part, et au milieu des éditeurs de littérature « blanche » ou générale, d'autre part. Je fais un constat qui ne me réjouit ni m'attriste : l'impression d'empressement, de jubilation, de vie, de curiosité et d'enthousiasme autour des stands de littératures de l'imaginaire, et le défilé de lecteurs déjà convaincus, peu diserts, souriants mais distants, précis dans leurs choix, surtout visiblement plus fortunés, sur les stands des littératures plus « conventionnelles » ou plus « sérieuses » (Bon sang, tous ces mots pour cerner des phénomènes trop complexes pour être ainsi résumés ! mais vous voyez ce que je veux dire). Je ne parle pas des queues empressées qui patientent pour quêter un échange de cinq secondes avec une célébrité. Cela vaut partout et ne renseigne pas sur la distance dont je parle.
    Classer l'une du coté « populaire » et l'autre du côté « élitiste » ou « bourgeois » me paraît tout aussi injuste et réducteur. C’est pourtant l'impression que j'en retire. J'ai été heureux les deux jours, à mes deux tables de signatures. J'ai côtoyé dans les deux cas des auteurs talentueux et charmants, j'ai discuté avec mes deux éditeurs et m'en trouve comme à chaque fois, rasséréné et motivé, j'ai retrouvé avec plaisir leur équipe, tous gens souriants, optimistes, amoureux de leur travail, aimant sincèrement le livre et se faisant une haute idée de ce que doit être la littérature. Mais il est impossible de ne pas s'interroger sur ce qui distingue ces deux mondes, séparés là de quelques mètres. Un univers élégant, au mobilier raffiné dans des espaces ouverts, personnel en tenue soignée, lecteurs silencieux, méthodiques, sérieux, des échanges où l'on fait assaut d'esprit et de bons mots (là, je laisse faire, je n'ai pas les moyens intellectuels pour m'adonner à cette pratique, mais j'écoute). Et l'autre monde : stands confinés par manque de moyens, nombreux auteurs au coude à coude, personnel habillé comme au quotidien, foule de passage rieuse, bruyante, costumée parfois, lecteurs volubiles, passionnés, excités de rencontrer un auteur (on peut donc être excité à l'idée de me rencontrer, moi ?), jeunes ou moins jeunes qui sacrifient leurs économies et empilent les livres sur les bras. Je repensais dans le train du retour, à cette réflexion de Tarentino sur les vrais cinéphiles. Il les voyait dans les cinémas de quartier aujourd'hui disparus, chez les consommateurs de films, cinq ou six séances bon marché par semaine, qui ne théorisaient pas mais savaient exactement quand on se fichait d'eux ou quand un réalisateur généreux tentait de leur apporter du plaisir. Je me demande si les vrais amateurs de littérature ne sont pas ces gens enthousiastes qui réclament des récits, des histoires, des mythes, et veulent d'abord qu'un auteur soit généreux avec eux, ne triche pas, se donne de la peine pour leur bonheur. Bien sûr, les choses ne sont pas si simples, et j'adore toutes les littératures exigeantes, mais j'ai été amené ce week-end, à distinguer un monde vivant, gourmand et curieux, avec un monde plus figé, un peu morne, riche de ses hauts-faits, légitimement fier de son apport, mais tourné vers lui-même et préoccupé du maintien de son image. Mon étonnement est dans le constat qu'ils sont rarement conciliables. J'aime pourtant ces deux aspects, ils me nourrissent pareillement et je refuse d'avoir à choisir. Je me sens comme un immigré qui ne sait plus à quelle culture il appartient, ne se sent légitime ni dans l'une ni dans l'autre et ne sait quel gage donner et à qui, quelles passerelles créer, pour s'affranchir de ses frontières intimes.

  • 3182

    Livre Paris ! Laissons cette expression communicante de côté. Le salon du livre de Paris est, à mon petit niveau, l'occasion de retrouver des amis auteurs et éditeurs, de parler un peu boutique, projets, etc. C'est aussi l'occasion de découvrir des lecteurs. L'an dernier, l'affluence sur le stand des Indés de l'Imaginaire (Mnémos, Les Moutons électriques, ActuSF), m'avait permis de vérifier l'étonnante assertion de mon éditeur : « Tu as un lectorat qui te suit, qui débat sur toi. » (et de ne pas m'ennuyer une seconde. Le stand des Indés est un des rares qui ne désemplit pas) Cette année, j'ai le bonheur de partager mon temps entre mes deux « maisons » : le samedi 25 mars de 14h à 15h30, sur le stand de Phébus, (J46), pour La vie volée de Martin Sourire ; le dimanche 26 mars, sur le stand de Mnémos (1 S36) entre 11 h et 15h30, à l'occasion de la sortie en poche des Nefs de Pangée. Et puis, je devrais pouvoir récupérer mon trophée pour le prix « Planète SF 2016 ». Ah mais !
    Amis parisiens ou citoyens du monde de passage, n'hésitez pas à venir me faire un petit coucou.