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actu

  • 3741

    J'apprends dans l'excellent documentaire en deux parties « Musulmans de France » qu'un moment marquant dans l'histoire des musulmans vivant dans notre pays, est celui où, pour toute réponse à la Marche pour l'égalité et contre le racisme dans les années 80, s'est créé le mouvement « Touche pas à mon pote ». Un camouflet, selon les témoins du documentaire. Pourquoi ? Parce que les marcheurs voulaient une réponse d’État, pas un câlin de militants de gauche ou de sympathisants à leur cause, parce que les relais de « Touche pas à mon pote » étaient considérés par les jeunes musulmans comme un club de privilégiés, condescendant envers les petits beurs de banlieue et se voyant comme des protecteurs. De plus, le détournement (supposé) de la main de fatma en pin's « Touche pas à mon pote », a été très mal vécu. Je l'avoue : j'ai porté le pin's en question. J'avais 23 ans. L'arborer m'a d'ailleurs permis, par les réactions suscitées, de savoir à qui j'avais à faire dans mon entourage, notamment professionnel. Mais je n'aurais jamais imaginé que ceux que je voulais « défendre », voyaient mon engagement et celui de mes pairs, comme une insulte. Décidément, l'enfer est bel et bien pavé de bonnes intentions. Comment ne pas récidiver ?

  • 3740

    couvHB.pngEst-ce qu'une forme littéraire, longuement élaborée au fil des ans, très aboutie, ne fait pas prendre à son auteur le risque de se trouver démuni face à certains enjeux ? Je m'explique : j'ai souvent dit ici mon admiration pour le travail d'Hervé Bougel, en tant qu'éditeur bien sûr (les éditions Pré#Carré, c'est lui), mais aussi en tant que poète (« Travails » ; « Les pommarins ») et auteur de textes en prose (« Tombeau pour Luis Ocana », par exemple). L'obsession de l'auteur, si l'on veut, est l'économie, et cette économie de moyens et de mots (« quand on veut dire quelque chose d'essentiel dans la vie, ça tient en peu de mots : Ta gueule, Je t'aime, etc. » dit souvent Hervé Bougel) conduit à une sorte de netteté, presque de sécheresse (non pas de stérilité, entendons-nous bien). L'ambition de son dernier ouvrage « Une inquiétude », parue aux éditions Mazette, l'oblige à définir les contours de ce sentiment aussi incertain et diffus par les moyens d'une écriture qui a eu pour exigence principale de se débarrasser des scories et des séductions, de tout lyrisme, pour mieux dire les choses avec simplicité et... netteté. La lecture de « Une inquiétude » me fait me poser la question qui ouvre ce billet, aussi naïve soit-elle (car pourquoi une écriture serrée et aiguisée serait-elle contraire, a priori, à l'exploration de sentiments confus ?). C’est pourtant cet écart (ce hiatus ?) que j'ai ressenti. C'est un beau texte, mais dont la rigueur m'a tenu à distance de ses enjeux.
    Bougel place d'emblée dans la bouche de sa comédienne (car c’est un texte qui devra être porté sur scène, et c'est un élément important sur lequel je reviendrai), un constat : l'inquiétude est une angoisse commune, « simple, ordinaire, banale » ; « pas un drame, pas un malheur ». Comment la définir, « cette chose silencieuse et cachée » dont on ne connaît ni la force, ni la forme ? Comment « nommer cette chose par ce qu'elle n'est pas » ? Il ne s'agit donc pas de saisir « une » inquiétude particulière, mais son principe-même. Alors, on multiplie les synonymes, les équivalences : « malaise », « renoncement », « trouble », « mouvement », « angoisse », pour tenter de cerner le phénomène. On échoue. Le monologue explore dans une deuxième partie la solution provisoire qui s'impose : l'attente. Puisque définir est impossible, puisque saisir est difficile, reste à patienter « sans espoir, sans sommeil ». Une attente qui frôle l'apparence de la mort. « Je suis un caillou » dit-elle. Le troisième monologue approfondit cette idée d'une attente aux parages de la mort, où le corps accepte de devenir tertre et tombe « mains croisées sur mon ventre », livré à la dévoration des petits insectes. Elle s'interroge, avec l'auteur : « peut-être un mot m'a-t-il manqué ? » Question cruciale.
    Le dernier monologue fait surgir les sensations physiques, « j'entends tout battre en moi », le corps retrouve le froid, et la langue de Bougel, l'efficience de sa clarté. Ce quatrième monologue (le texte est sous-titré « Quatuor ») se clôt sur l'évidence de la présence, l'indiscutable existence physique qui permet ou impose de se penser « c'est moi, / c’est là que je suis / là que je vis (…) là où j'ai la patience d'être moi. » Ce n'est peut-être pas un mot qui lui manquait, mais la reconnaissance de sa simple présence au monde.
    Alors, ce qu'est l'inquiétude, selon Bougel ? Le laps compris entre l'angoisse de la perdition, et les retrouvailles avec sa densité de chair. C'est en tout cas ainsi que je l'ai compris(e).
    Une dimension essentielle doit être rappelée, et mérite un prolongement de cette brève évocation : le texte est écrit pour être porté par une comédienne, et accompagné au violoncelle. On peut donc estimer que l'expérience de la seule lecture papier ne lui rend pas justice. Car c'est ici que la « netteté », l'apparente froideur de certains passages, deviennent un atout : il y a dans ces lignes toute la place voulue pour qu'une comédienne les incarne. Ces mots, ces vers dépouillés, si sobres qu'ils semblent simplistes : « mon cœur serré / est en peine / en tristesse » prendront alors une puissance qu'une lecture silencieuse ne permet pas de percevoir. Je veux dire que Hervé Bougel a produit un véritable texte de théâtre et, qu'à ce titre, aborder « Une inquiétude » sous sa forme publiée, si c'est nécessaire, ne constitue qu'une approche de l’œuvre telle qu'elle devrait être vécue. C’est peut-être là que se situe, à la réflexion, l'écart que j'évoquais plus haut. Non pas un écartèlement entre forme littéraire et motif, mais une déperdition de sens et d'intention entre la dureté de vers égrenés sur papier, et leur profération sur scène.
    On a donc hâte d'en juger lors d'une mise en scène, soutenue par une bonne comédienne.

    « Une inquiétude (le quatuor) » Hervé Bougel. Editions Mazette. 50 pages. 10 euros.

     

  • 3739

    D'accord, je ferais mieux d'écrire, mais si je passe pas mal de temps sur Youtube, c'est au contact de chaînes que j'estime d'utilité publique, ou sinon, au moins, passionnantes. J'ai décidé de vous faire un petit florilège.

    D'abord, il y a les youtubeurs zététiciens qui s'évertuent à nous offrir les outils critiques pour trier le bon grain de l'ivraie au milieu du déferlement d'informations auquel nous sommes confrontés quotidiennement. Toutes ces chaînes sont soigneusement réalisées, elles suivent une déontologie claire (liens vers les articles et les sources en description, prises en compte des critiques...)

    Le premier de tous, reconnu par ses pairs : Hygiène mentale. Dissection des biais de confirmation, des mille-feuilles argumentatifs, explications sur la charge de la preuve, les graphes bayésiens, l'argument d'autorité, etc. Une véritable leçon d'éveil pour tout citoyen.

    Défékator (on défèque sur les fakes), n'est pas le plus élégant, il utilise parfois un humour pénible, mais son auteur s'empare de fakes, de vidéos, de rumeurs, de légendes urbaines, et surtout décrit les techniques qui lui permettent point par point, de remonter aux sources,  de situer, de dater, et démonte ainsi les mèmes les plus sophistiqués. Au passage, on apprend toutes les possibilités d'utilisation de la puissance de Google. Si ces techniques étaient apprises dès le collège, le complotisme n'aurait pas la même capacité de nuisance.

    La Tronche en biais. Vled Tapas et Acermandax coopèrent pour déconstruire les propos pseudo-scientifiques qui polluent la toile. Leurs émissions sont parfois très longues, densité et sérieux du travail obligent. On peut prolonger le plaisir de se sentir moins bêtes en lisant leurs ouvrages, nombreux.

    Il y a pas mal de Belges intéressants, sur Youtube comme ailleurs. A l'écouter, Mr Sam. est l'un d'eux. Ses "Points d'interrogation" sont toujours bien écrits, rigoureux, comme tous ceux que j'évoque ici.

    Max est là aborde des rivages de Youtube qui, sans lui, me seraient restés inconnus : des enfants jetés en pâture par leurs parents, des crétins incultes qui donnent des leçons de magouille, des arnaqueurs, des influenceurs inconséquents, vantant les vertus de contrefaçons, etc. Le travail de ce type-là devrait être suivi par les pouvoirs publics, je vous le dis.

    Toute cette communauté qui a pour but de ne pas s'en laisser compter et de décortiquer les méthodes des charlatans et profiteurs de la crédulité des autres, viennent parfois au secours d'un de ces vaillants combattants de la bêtise. En l'occurrence, récemment, Clément Freze, mentaliste de métier, avait piégé un médium célèbre : Bruno (qu'il ne se permet jamais de traiter de tricheur, mais la démonstration est éclatante). Le médium a fait "striker" sa vidéo, aussitôt reprise et relayée par les zététiciens du web, dans une magnifique illustration de l'effet Streisand.

    Les émissions scientifiques de qualité se font rare sur les chaînes de la TNT (il y en a encore, mais on peut s'estimer trop peu nourri). Je vous livre ici quelques unes de mes adresses favorites. Vous pouvez y aller, c'est vraiment du tout bon.

    Dirty Biology qui vous amène parfois à nous interroger sur les limites de notre identité (jusqu'à quel point, biologiquement, sommes-nous nous-mêmes ?), Le Vortex (plusieurs Youtubeurs, dont certains cités plus haut, cohabitent et combinent leur savoir pour compléter, enrichir, argumenter, préciser un sujet. C'est drôle, c'est vif, c'est passionnant), Micmaths (de Mickaël Launay, c'est assez pointu, pour de la vulgarsiation, mais ça reste accessible, même pour un incapable comme moi), e-penser, Science étonnante (bon, je ne suis pas souvent au niveau, mais pendant quelques minutes, j'ai l'impression de comprendre et je me dis qu'il en reste toujours quelque chose...) Nota Bene (célèbre chaîne d'histoire aujourd'hui, mais que je suis depuis ses débuts). Axolot explore l'étrange mais refuse le sensationnalisme, il voyage parfois et ses "escales" sont de véritables guides des chemins de traverse. Astronogeek est un dur à cuire et un fort en gueule, il peut facilement s'énerver contre les journalistes approximatifs aux articles putassiers, et il choisit souvent les titres de ses vidéos pour piéger les complotistes (la terre est plate, on n'est jamais allé sur la lune, etc.), pour démontrer exactement l'inverse de ce que les visiteurs ont cru trouver chez lui. Mais démonstrations rigoureuses, sourcées, réalisation sans effets. Comme tous les zététiciens évoqués ici : du beau travail.

    Il y en a beaucoup d'autres, tout aussi riches et passionnants, mais ils sont en général en lien avec ceux qui précèdent. Une véritable communauté de la pensée critique, vitale en ce moment.

    Je finis avec deux chaînes littéraires des plus pertinentes, l'une est orientée vers le public enseignant et les élèves : Mediaclasse. Les livres des différents programmes, leur résumé, des méthodes pour les analyser, même la voix de l'auteur et l'iconographie pour accompagner le propos...  la perfection est de ce monde. On pourra aussi se régaler avec L'alchimie d'un roman, chaîne d'un certain JP Depotte, qui décortique les œuvres, classiques surtout mais pas que, en s'appuyant sur une théorie des quatre éléments. Ça fonctionne, c'est vivant, pertinent, intelligent, une excellente initiation à l'analyse littéraire.

    Voilà, c'était un post un peu particulier aujourd'hui. Depuis le temps que je suis ces auteurs, je trouvais dommage de ne pas faire partager mon plaisir. Partout, décidément, il y a des gens qui œuvrent pour le bien commun.

  • 3736

    Préférer croire en un dieu improbable plutôt qu'en un changement climatique prouvé. J'en connais !

  • 3734

    « J'ai fait venir une clim' pour mon bureau, dit-elle en se forçant à rire. Sauf que j'ai passé toute ma journée en rendez-vous extérieurs et je me sens crade. Gluante. En plus, ça encombre. Maintenant, si je mets l'appareil en route, je vais prendre froid. — C'est absurde, dit Nicolas après un temps. Tout ce qu'on fait est absurde. — Je ne crois pas. — Non, bien sûr, parce que tu fais des choses importantes. » Elle émit un gloussement. « Ça va, me cherche pas. Fait trop chaud. — Un boulot qui mérite qu'on travaille au frais. — Si tu veux. — On a vraiment eu peur pour Pierre. Maman était... — Tu as assuré. Merci. » Elle avait perçu le reproche sous la phrase, il le savait. Il lui était reconnaissant de ne pas s'être offusquée, de ne pas avoir bondi sur cette pique. Il avait été injuste. « Une épreuve, souffla Nicolas. J'ai trouvé ce que c’est, cette canicule. Une ordalie. — Une ordalie ? — Une brûlure qu'on s'infligeait pour prouver sa bonne foi. Si la brûlure guérissait dans un court délai, c'est que Dieu attestait de ton innocence. — C'est débile. — C'était la vérité d'une époque. Elle était indiscutable. Nos morts sont indiscutables. La canicule est indiscutable. Le fait que nous y soyons tous pour quelque chose est indiscutable. — Tu plaisantes ? C'est discutable. Tu vas pas me ressortir tes histoires de réchauffement climatique ? — Non, rassure-toi. C'est ma vérité, ce n'est que ma vérité indiscutable. — Indiscutable. — Comme les appareils qui rafraîchissent et contribuent au réchauffement, comme tous ces objets… » Il se tut. Livia marmonnait un air à la mode. Elle lui laissait la parole ; cela lui arrivait parfois. Elle avait envie de quelqu'un en veine de bavardage, ce soir. Nicolas tombait pile. « Tu te rends compte qu'ils ont tous un nom ?, reprit-il vivement, comme inspiré. Tout porte un nom, c'est effrayant. Les objets que l'on nomme. Cette manie de définir la moindre chose. » La frappe sur le clavier avait repris, elle n'était déjà plus là. « Rien n'échappe à notre frénésie de taxonomie. On définit tout, jusqu'au cloaque du moindre insecte, la substance du moindre microbe, jusqu'au fragment le plus infime du temps. C'est une façon d'assécher le monde. Et on n'a qu'un nom pour la canicule. Alors que ceux qui ont succombé à l'ordalie... — Dis-donc, ça cognait à Roanne... — La confusion de cadavres comme disait Flaubert, tous ces anonymes. Et tous ceux des siècles à venir. La foule est innommable. — Dieu est innommable. » Il grogna. Elle aurait toujours le dernier mot.

     

    Noir canicule. Extrait. Sortie en mars, chez Phébus.

  • 3719

    Il y a comme ça, une dizaine de personnes qui s'escriment depuis plus d'un an sur un de mes textes. Un inédit, inspiré d'un crime sordide du XIXe, en Sologne. Le metteur en scène, François Frapier, me tient régulièrement au courant de l'avancée du travail, des lectures, reprises et choix. On s'achemine vers une création théâtrale complète, l'an prochain. Pour l'instant, je ne sais de l'interprétation de mon texte, que ce que François a bien voulu m'en dévoiler. L'autre soir, au téléphone, tandis qu'il préparait sa troupe à prononcer haut et fort la pièce sous la forme d'une lecture, j'ai entendu des voix d'hommes et de femmes, s'exclamer dans la bonne humeur, pour que j'écoute, au-delà de mon interlocuteur privilégié, leur appétit, leur énergie, leur entrain à s'approprier les mots que je leur ai confiés (leur reconnaissance ?). J'apprends maintenant que la première lecture s'est très bien passé. Ma reconnaissance éternelle aux amateurs qui veulent bien plonger sur une si longue période au cœur d'une seule œuvre ; ma reconnaissance aux professionnels qui endossent un tel chantier… Je pense ici aux metteurs en scène et, simultanément, aux éditeurs. Mon éditeur qui me dit, quand je le remercie, pour atténuer son mérite : « Tu sais, Christian, je suis grassement payé pour ça. » Je suis éperdu d'amitié pour les engagements des uns et des autres.

  • 3716

    Il est très rare (circonstances plutôt qu'indifférence) que j'anime un rencontre autour d'un livre. Celui-ci est très particulier. Il s'agit d'une anthologie. Une savoureuse et riche recension des écrivains (morts ou vivants), qui ont écrit sur ma bonne ville, Roanne. Des surprises : Laurence Sterne, David Ponsonby (compositeur élève de Nadia Boulanger), de grands noms (Tournier, Sabatier, Saint-Exupéry, Barbara, Arsand, Ponge...), des oubliés (Montforez, Mercier...) et d'actuels, dont l'excellent Christian Degoutte que j'ai évoqué sur ce blog nombre de fois.

    Pierre-Julien Brunet a accompli un travail assez incroyable. Je lui ferai dire l'origine, les recherches, la réalisation, la récompense enfin, la publication de "Regards d'écrivains". Son complice Dom Thoral, sera là pour parler de son regard de photographe sur la ville. On va se régaler, je vous le dis. C'est ce soir, à 18 heures, au Jardin de Papier, rue Maréchal Foch, à Roanne, justement.

    Affiche_RencontreDedicace_Brunet_22nov2019.jpg

  • 3715

    Quand tu écris, parfois, une certaine dynamique du récit contamine la syntaxe ou la ponctuation, et tu mets en place naturellement une forme singulière. Aucune volonté de révolutionner quoi que ce soit, simplement la ponctuation que tu as imaginée est enclose dans ton projet littéraire. Et puis, vient le temps fatidique où ton travail va passer sous les fourches caudines du correcteur ou de la correctrice. Là, c'est autre chose, il faut réguler, édicter tes propres lois, celles, inconscientes, intuitives, que tu as utilisées -et générées- dans le même temps. Et donc, ton éditeur te demande de poser noir sur blanc tes propres règles. Pourquoi, par exemple, n'utilises-tu pas toujours la forme [: "] ? Exercice salutaire. Ce qui donne, pour "Noir Canicule", le prochain :

    On mettra deux points ouvrez les guillemets [ : " " ] seulement quand la phrase qui précède la réplique contient une expression, un mot, un verbe, induisant l'idée de prise de parole directe ('une voix les stoppa' ; 'elle ajouta' ; 'la main ponctuait chaque mot' ; 'prendre à témoin')

    Attention à certains cas, comme p.5 du manuscrit. ' Il grogna pour faire comprendre sans le dire "Qu'est-ce que t'en sais" ' Je ne mets pas [ : ] avant les guillemets, malgré le verbe 'dire', parce que le personnage ne 'dit' pas ce qui suit. Il n'y a pas de prise de parole.

    La réplique s'achève par [."] quand la phrase qui la suit contient une expression, un mot, un verbe, induisant l'idée de prise de parole effectuée. ex. : [' "on va pouvoir y aller." Sa voix avait arpenté la gorge...' ]

    Enfin, il y a des cas où les paroles, les répliques, sont incluses dans le récit, sans s'en distinguer. Laisser ainsi, SVP. L'idée est celle d'une certaine distance de narration. Les phrases entre guillemets "sonnent", prennent un relief qui, dans les cas où je les ai retirés, nuiraient au rythme et à l'atmosphère que j'ai souhaité créer.

    Il reste la problématique des majuscules en début de phrase entre guillemets, que je laisse à l'appréciation du correcteur ou de la correctrice.

     

    Voilà, c'était un bref passage en coulisses. Merci de votre attention.

  • 3714

    Les livres commencés s'accumulent. Les notes sur les carnets sont poussives. L'écran ne s'allume plus que pour de vagues enquêtes… Des périodes qu'on aimerait ne pas traverser ou mieux : ne pas connaître. Dont l'expérience récurrente assure pourtant qu'elles sont, à terme, fécondes. Patienter, lové dans les sombres draps de la mélancolie. Patienter. Et, comme disait Paul (merci à Françoise pour ce rappel) :
    « Ces jours qui te semblent vides
    Et perdus pour l’univers
    Ont des racines avides
    Qui travaillent les déserts
    [...]
    Patient, patience,
    Patience dans l’azur!
    Chaque atome de silence
    Est la chance d’un fruit mûr!"

  • 3710

    Vous pouvez me retrouver aujourd'hui, au salon du livre de Chazelles sur Lyon, à partir de 10 heures. Je serai sur le stand de la librairie "Le sens des mots". Ce salon est le point d'orgue d'un événement plus long, une "Fête du livre" commencée le 7 novembre. Alors, festoyons et lisons !

    C'est à la "Chapellerie".

    A vous voir.

  • Nouvelle critique des Nefs de Pangée

    Jolie recension des Nefs de Pangée sur le site "Présences d'esprits" (qui est aussi une importante revue, dans le domaine). Justement, l'auteure (une certaine Marie Renée Lestoquoy) en a, de l'esprit. Je lie sa chronique bienveillante. C'est par .

    Un roman qui a plus de 4 ans, qui continue d'exister, d'être partagé et commenté... On va pas se plaindre, hein ?

  • 3707

    Je demande à la pharmacienne des suppositoires contre la chute des météorites. Elle s'étonne : « Des suppositoires ? La chute des météorites ?
    - Oui.
    - Qu'est-ce que vous me chantez ? » ricane-t-elle.
    Je lui désigne alors la publicité qui nous surplombe et vante l'efficacité d'un anneau qu'on enfile à je ne sais quel doigt et est censé anéantir les ronflements. Je lui retourne sa protestation : « Qu'est-ce que vous me chantez ? »

  • 3704

    Elle rentrait chez elle après le travail. Il y avait une manif de gilets jaunes. Elle est restée prudemment à distance mais c'était son chemin. Une balle de LBD dans les jambes l'a fait s'écrouler. Les policiers se sont précipités sur elle et lui ont fracassé le crâne à coups de matraque. Des séquelles à vie, maintenant. Elle n'a que 19 ans. On pourrait même se satisfaire d'une justice qui punirait les coupables. Sauf que, même ça, elle n'y aura pas droit.
    Ce matin, j'avais prévu d'écrire une chanson d'amour. Ça va être difficile.

  • 3696

    « Je crois en revanche que vous êtes, Christian, un conteur et que le genre qui vous va à la perfection n’est pas la science-fiction mais bien la fantasy. Je sais votre attachement à la SF, mais votre vision du monde, cette vision grand angle et ce goût de l’envol, la fantasy peut le porter. Et c’est le pari que vous aviez réussi avec les Nefs. (…) il vous reste un territoire à explorer, qui n’est ni de la SF ni du roman historique mais la rencontre d’une vision politique et d’un souffle historique. La fantasy. Soyez le conteur que vous pouvez être, revenez avec douceur et simplicité aux personnages en prise avec l’histoire, racontez-nous des contrées nouvelles que le temps n’a su dater mais qui sauront, par leur intemporalité, nous parler, aujourd’hui, dans cette ère troublée dans laquelle nous entrons. La fantasy française a besoin de souffle, soyez-en le vent. » Comment mon éditrice use de diplomatie pour me refuser avec élégance un manuscrit de SF… Nous avons toujours eu, elle et moi, des rapports d'honnêteté, des rapports parfois tendus, certes, mais francs (ceci expliquant cela).

  • 3691

    Le salon du livre de Saint-Etienne s'appelle "La Fête du livre". Réjouissons-nous donc, même si c'est dur à prononcer (joui-sson-nou-donc).

    J'y suis invité et, joie supplémentaire, sur le stand de la librairie "Le Quartier Latin", au côté de Jean-Noël Blanc. J'y défendrai les couleurs de mon petit dernier "Mines, rives et Minotaure", coédité par Le Réalgar et la Ville de Saint-Etienne. Un texte inspiré par mon séjour (une résidence d'auteur), de plusieurs mois dans ladite cité.

    Il sera justement question des relations entre Saint-Etienne et l'écriture lors d'une table ronde, en compagnie de l'excellent Lionel Bourg et d'autres auteurs (non moins excellents sans doute, mais dont je n'ai hélas rien lu) : Pierre Mazet, Grégory Mazenod et Jean-Louis Pichon. Nous tenterons de cerner les conditions par lesquelles Saint-Etienne est une ville romanesque. Pour cela, c'est la prestigieuse Ecole nationale Supérieure d'architecture de Saint-Etienne qui nous accueillera (et je m'aperçois qu'il vaudrait mieux que je commence à songer à y dire des choses intelligentes). Samedi 19, à 11h30.

    Et, en dehors des interviews sur RCF et France Bleue, on pourra me retrouver au Musée de la Mine pour une lecture-déambulation-rencontre, le samedi à 14 heures, et le dimanche à 10 heures.

    Le reste du temps, dès vendredi 15 heures, je serai, gentil et patient, sur le stand du Quartier Latin, pour signer des livres, comme il se doit, et ce, jusqu'au dimanche 18 heures (ou jusqu'à ce qu'on me dise "faut y aller maintenant, hein ?").

    Enfin, comme j'aurai un peu de temps vendredi, je compte bien rendre une petite visite au salon des éditeurs, une sorte de méga-off, à la bourse du travail.

  • 3682

    13.172j-n Blanc.006.jpgDans une semaine, précisément (vous pouvez faire le calcul), la bibliothèque de Fleury-la-Montagne, celle-même qui a déjà reçu Maryse Vuillermet, Christian Degoutte, Laurent Cachard, Louis Dubost et tant d'autres remarquables auteurs, ouvre ses portes à l'un des plus prolifiques et insaisissables d'entre eux : Jean-Noël Blanc.

    Personnellement, je n'ai lu qu'(un peu plus d') une demi-douzaine de ses livres, et c'est donc trop peu, compte-tenu de sa production, pour l'évoquer savamment. Je peux cependant affirmer avoir goûté dans ses textes le phrasé exquis et gourmand, avoir savouré dans ses récits l'invention généreuse, l'humour, la bienveillance. Avoir découvert une sorte de philanthropie lucide. Ce qui n'est pas le moindre exploit.

    Lors de ma résidence à Saint-Etienne, il fut l'un de mes guides, l'un de ceux, essentiels, qui m'accueillit, m'ouvrit réseau et contacts.

    Je suis sacrément fier de pouvoir lui serrer la paluche, je vous le dis !

    Ce sera donc samedi 12 octobre à 18 heures, à la bibliothèque de Fleury.

    Inutile que je beugle, en conclusion : "Venez nombreux !", je pense que vous avez saisi l'idée : ça va être bien.

     

     

  • 3680

    Au bout du discours de Zemmour, il y a les camps, comme il y eut les camps au bout des mots de Drumont, antisémite notoire. Anticipant sur cette perspective menaçante, j'avais écrit « Demain les Origines » dont un des axes narratifs est un génocide des musulmans sur plusieurs continents. Un roman assez monstrueux dont le seul premier volume est plus massif que « Les Nefs de Pangée ». La première lectrice de chez Mnémos, qui l'a eu en charge, n'est pas convaincue. Le verdict du directeur de publication suivra sans doute son avis. Ce long travail va donc rester s'empoussiérer dans les boîtes noires de mon bureau. Je ne proposerai pas ce texte à un autre éditeur, parce qu'il est spécialement dédié à Mnémos (« Demain... » faisant surtout le lien entre « Mausolées » et « Les Nefs », parus chez eux). D'une certaine façon, il y avait une urgence à publier ce livre, non que j'espère le moins du monde que ses imprécations changent quoi que ce soit, mais une petite vanité au fond de moi insistait : j'avais entrevu le futur et la publication du roman le certifierait.
    Dans le domaine de l'imaginaire, mon terrain serait celui de la Fantasy, paraît-il. On m'encourage à m'y consacrer. Pourquoi pas ? Tout genre est potentiellement politique, universel, porteur d'engagements et d'idées. Mais pour tout dire, en ce moment, pas le goût...

  • 3677

    Aurelia Kreit

    Couv-AK.pngNous n'allons pas nous y attarder, mais la genèse de ce roman fait partie intégrante de la légende qui le sous-tend. Il y est question d'un groupe musical formé à Lyon il y a trente ans, dont l'auteur fut un fan. Un groupe qui avait pour nom ce patronyme imaginaire, Aurelia Kreit, incarné par une photo d'inconnue (aujourd'hui en couverture du livre), image assez inspirante pour qu'une histoire y fût attachée. Une histoire d'exil, de fuite, de temps troublés et cruels… Parmi les auditeurs, le jeune Laurent Cachard se mit à rêver de ce qu'avait pu être la vie de cette petite fille. Une certaine reconnaissance, plusieurs publications primées plus loin, il considéra -la littérature lui étant devenue langage privilégié- qu'il était prêt à s'emparer de son histoire. Voici donc, édité par « Le Réalgar » (dont la ligne éditoriale est généralement attentive aux textes courts), le vaste roman historique qui nous était promis par l'auteur depuis si longtemps.
    Aurelia Kreit est née en 1900, en Urkaine. Elle est la fille d'un ingénieur juif. Dans Iekaterinoslav, village de la « Petite Russie », cela signifie qu'on est en terrain hostile et qu'on doit se préparer, d'un jour à l'autre, à changer de vie. Pour échapper aux sabotages, aux pogroms, aux meurtres impunis, aux haines épidermiques encouragées par le Tsar, deux familles juives amies décident de fuir. Hommes et compagnes séparés d'abord, par ruse, par souci de discrétion. Anton et Olga, Nikolaï et Varvara traversent avec leurs enfants les paysages de l'Ukraine, font escale dans les capitales mythiques de ces temps : Odessa, Vienne, Constantinople, Paris… pour finir par se forger une identité française (en germe dans leur intérêt pour Hugo, dès les premiers chapitres) à Lyon et, pour quelques survivants, à Saint-Etienne. On découvrira au passage qu'il exista une organisation de résistance juive à l'oppression, dès le début du XXe siècle et qu'il y eut, avant Freud, à Vienne, certain médecin impliqué dans la recherche de causes psychologiques dans l'incompréhensible mutisme d'enfants traumatisés. On pourra oublier les données techniques sur la sidérurgie ou l'armement de l'époque, sans dommage pour la compréhension de l'histoire.
    « Aurelia Kreit » a été pensé, selon l'antienne de son auteur, comme son « grand roman russe ». Au fil des plus de dix ans d'écriture, d'amendements, de repentirs, d'abandon, de sursaut, de volonté, d'acharnement, il est devenu autre chose : un objet littéraire singulier. Un roman historique, certes, et encore, mais surtout, une traversée dans le temps et par les pays, des consciences. Tout s'imbrique. Plus que les héros, se sont leurs âmes qui sont ballottées d'un point à l'autre, en quelque sorte écho de leur trajectoire physique. La petite qui incarne le livre, qui clôt le récit tout en l'ouvrant, a été, dans cette lente opération de maturité du texte, déplacée en marge du récit, et cela pourra surprendre le lecteur. Il faut comprendre que tous les personnages sont aimés de l'auteur. Même ceux qu'il sacrifie au fil de nombreuses et complexes péripéties, qui persisteront, spectres amicaux, à hanter le reste du roman. Aurelia Kreit ne force donc pas le destin à la manière d'un personnage commun de roman (ou de roman commun), elle est le témoin sans voix du destin des autres. Situation malaisée qui a cependant l'avantage de créer la distance d'observation dont le romancier est passé maître. Les remuements de pensée, les méditations et introspections sont donc les grands moments, les vrais gestes littéraires de « Aurelia ». En regard, l'Histoire devient prétexte, aussi documentée soit-elle. Les exilés de son grand roman russe ajoutent leurs voix aux nombreuses créatures du zoo humain cachardien. Autant de perceptions uniques de ce que c'est que vivre malgré tout, que d'exister et d'affronter les événements sans prétendre qu'on les contrôle.
    IMG_20190928_145033.jpgOn ne saura plus, un jour, de quels étonnants détours et amours est né « Aurelia Kreit. » Le roman ne sera témoin que de lui-même, y compris pour son auteur. Quelle postérité attend un texte aussi singulier, quels lecteurs voudront s'approprier ses questionnements ? Il faudra sans doute du temps pour que ce livre, son tempo, son sujet, la période qu'il explore, ses rebondissements, ses apparentes digressions, s'imposent dans un paysage littéraire qui ne l'attendait pas. On est reconnaissant aux éditions Le Réalgar d'avoir ainsi osé se distraire de leur ligne habituelle pour s'engager dans un tel ouvrage éditorial (430 pages plus les notes, fort bien mises en page, d'ailleurs). C'est un pari sur demain. Un pari nécessaire.

     

    Aurelia Kreit. Laurent Cachard. Editions Le Réalgar. 440 pages. 20 euros.

     

    Photo : Laurent Cachard, à la libraire Le Tramway, à Lyon, évoquant son roman, le samedi 28 septembre 2019, devant une nombreuse assemblée.

     

    On lira avec bénéfice la belle chronique d'Esther Rochant, mise en ligne sur le blog de Laurent, le Cheval de Troie.

  • 3635

    Allez, mon cher Pourbus, reviens, approche, viens me confier ta voix. Tu vas respirer, aimer et douter à nouveau, nous allons retrouver la scène. Nous allons dialoguer ensemble. Il y aura des âmes nouvelles penchées vers toi, tu diras plus nettement qui tu es, tu seras moins haut mais plus touchant. Tu seras plus près de ce que nous sommes, différents de qui nous étions il y a huit ans, quand l'écriture nous a mis au feu tous les deux, la première fois.
    « Peindre » sera une autre pièce, une autre expérience. Et elle sera meilleure, d'une certaine façon.
    La Compagnie NU se remet à l'ouvrage. Quelque chose en nous se ravive.

  • 3632

    Peindre. Pièce créée il y a quelques années, née de la rencontre avec plusieurs artistes, est remise sur le marbre aujourd'hui. L'écriture a connu une dizaine de versions et, bien que jouée sur scène, elle n'est pour nous qu'une ébauche, tant le contenu est riche, son potentiel prometteur. C'est la dimension nomade du texte de théâtre. Les mots ne seront fixés que par la grâce de l'interprétation. J'ai hâte d'écouter à nouveau François Podetti en Pourbus, s'adresser à une apparition ("E" dans le texte, mais jamais nommée), à la fois muse, fille, femme, menace, souvenir, destin et exigence intime.

    Extrait.

    Pourbus : Parfois, je laissais pinceaux et toiles et te regardais, te regardais, te regardais. Ton corps, tes mains croisées sous la joue, ton sourire aristocrate dans le sommeil. Les boucles de tes cheveux, leur ombre sur ton front. Toute ma peinture était là. Dans ce trouble que j'éprouvais à t'admirer dormir. Certains blancs sont nés dans ce creuset. Dans cette paix où perce l'inquiétude. Dans les blancs, il y a ta respiration calme, ton corps et ton sourire. Personne ne le sait, personne ne le voit, mais c'est là.

    E : Elle était là, elle dormait. Mais toi ? Ton silence ?

    P : Mon silence ? Quand je travaille ?

    E : Quand tu tiens le temps serré entre les mâchoires

    P : Oh, ce silence...

    E : Oui, parlons-en
    P : Cela s'appelle la concentration, figure-toi

    E : Allons...

    P : J'évalue le monde, je promène la pointe de l'absolu dans les ciselures du temps...

    E (l'interrompant) : Ce n'est pas ce que je te demande

    P : Ah bon

    E : Non. Raconte

    P : Je me plante devant ma toile, j'ai les jambes écartées, le buste droit. C'est ça ?

    E : Voilà. Continue

    P : Là, comme ça, sans y penser. Plus de pensée parce que. Absorbé, aspiré. Ça rigole pas. Ça rigole pas, je bosse, je bosse.

    P : J'arpente des géographies devant la toile, il y a des tropiques et des longitudes, des océans à chaque coudée...

    E (soupire) : Fatigue !

    P : Le grand espace, le vide, mon absence... de quoi parlerais-je ?

    E : Le temps, entre les dents serrées

    P : C'est ça, si tu veux. Dents serrées sur le silence. Tout entier dans la toile. Le temps, évanoui. La solitude de l'enfance qui se prolonge, les marmonnements incessants de mes rêveries qui respirent encore tandis que je travaille.

    E : Continue

    P : Pareil dans ma chambre d'enfant, pareil. Dans ma solitude de gamin avec cette sensation de vague, de mollesse. Cette espèce de vertige où je me vautrais. Le même matelas d'ennui généreux dans lequel on est si bien ; le même ici, dans l'atelier.

    E : Continue

    P : Me voici dans ma chambre, me voici avec moi enfant, me voici moi enfant, et je bosse, je joue, le monde est dans ma main, et je joue avec. Là, je suis entier, là je suis peintre, oui. Entièrement, complètement, je ne suis rien d'autre. Ou peut-être même pas : je suis ce que je suis en train de faire. Le pinceau c'est moi, la toile c'est moi. Et pas seulement : l'espace, la lumière...

    E : La musique, les voisins...

    P : Oui. Tout fusionne et se précipite par moi, sur la toile. Si je mets de côté le mystère initial, tout cela pourrait se résumer par la plongée dans le travail. Surtout ne pas être intelligent, lâcher prise, tout désapprendre. Un nouveau-né.
    Je travaille, je bosse. C'est comme ça. Je ne m'amuse pas. C'est sérieux. Je retrouve le sérieux de l'enfance.