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Ces jours-ci, ma douce classe et répertorie de vieilles publications trouvées dans la maison. Un régal car l'opération met au jour des raretés, comme un exemplaire des fables de Fong Siue-Fong illustrées de superbes gravures sur bois, des livres pour enfants d'après guerre et des revues pour la jeunesse du même tonneau. En 1954, l'hebdomadaire Mireille aidait les parents de jeunes filles à les préparer à la vie future. C'était chaque semaine des patrons de couture ou de tricots, des conseils culinaires, des jeux, des concours de photos de bébés, des petites chroniques historiques, des récits édifiants, comme Mademoiselle ci-devant, qui racontait en bandes-dessinées (de bonne qualité) les mésaventures de la fille du vendéen Henri de La Rochejaquelein, aux prises avec les barbares révolutionnaires. Chaque semaine, Les conseils de Tante Chiffon, toujours en bandes-dessinées, apportaient leurs bienfaits à leurs jeunes lectrices : se tenir bien, être ponctuelles, propres, etc. Je note, dans le numéro 41 du 11 novembre 1954, un épisode donnant l'attitude à avoir avec son institutrice « tout à fait digne d'intérêt ». On y trouve ce conseil savoureux : « Vous devez veiller à ce que les domestiques considèrent votre institutrice comme une amie, voire un membre de votre famille. » Ce qui donne une idée du public concerné par la publication (sauf qu'en l'occurrence, la revue était reçue dans une maison d'ouvriers, même pas chrétiens, donc assez laxistes sur les lectures de leur fille unique – la maman de ma douce – ou bien s'agissait-il seulement d'acheter un joli patron de robe). Dans ce même numéro, une rubrique « cinéma », fait connaître l'avis d'un(e) certain(e) Marijac sur le film Les Temps modernes de Chaplin. Je ne résiste pas à l'envie de la reproduire in extenso :
« Charlot nous revient, mais je crois que ses films sont maintenant un peu dépassés. Tant que le mime reste l'amuseur bon enfant, le film est drôle ; lorsqu'il veut être philosophe, le film devient puéril. Le fait de représenter le directeur de l'usine sous les traits d'un monsieur qui ne sait dire que « plus vite » en se contentant de lire les dernières aventures de Tarzan, est d'une vérité et d'un goût un peu simplistes. Le mystère du génie de Charlot est un peu comme celui de Picasso. Il faut d'abord y croire. »

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