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Henri Maussan avait affreusement mal. C’était le café sans doute, bu trop chaud, trop vite, tandis qu’il n’avait pas assez mangé. Sans doute… Ou bien ses tripes ne toléraient-elles plus rien. Il imagina le café, jeté dans la cavité de son ventre comme on balance le contenu d’un vase de nuit, répandu sur des viscères ramassés dans les ténèbres de l'abdomen. Son corps était devenu un fauve dont il fallait désormais se méfier, qui mordait son propriétaire à la moindre faute d’attention. Au début, quand le médecin avait diagnostiqué la maladie « trop tardivement pour assurer le succès d’un traitement, même lourd », Henri s’était senti trahi. Bien sûr, la mort entrait dans le contrat signé à la naissance, mais pas l'agonie douloureuse, indélicate, impolie, juchée sur les genoux, qui caresse et poignarde. Pas cette lente, patiente rébellion du corps qui se sabote sans rien dire et vous met par terre d’un coup, en plein milieu de journée et vous ricane à l'oreille : « Je t’ai eu » ! On apprend soudain que votre vieux véhicule de chair, celui qui a besoin de vous Bon Dieu, vous a concocté pendant des années une méchante façon d’en finir avec la lumière des champs et l'hymne des rivières.

 

Roman. Écriture en cours.

Commentaires

  • sait bien, continué !
    pas d'raison con rigole !

    ce soir, je fila au remue-méninge à Sainté, "lectures de nouvelles" par le cercle des lettres et des arts.
    Des êtres et des lards ? Des lattres et des airs ? Non, Lattre, c'est...
    et ceci bientôt, en s'ras-tu ? à tantôt

    pr

    Au menu au Remue ce 16 Avril à 19h30 : l'association Rendez vous contes en roannais vient nous rendre visite ; il y aura aussi de la musique (qui ? ahah, secret), de la poésie (qui ? ahah...) et bien sûr des contes, peut être dis par vous car c'est une scène ouverte. Certains viennent aussi s'installer confortablement dans un fauteuil, tranquilles, ils profitent et ils ont raison.

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