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vendredi, 10 février 2017

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Chers amis, électeurs de droite,

j'ai de la peine pour vous, je vous assure, sans la moindre ironie. Je me mets à votre place. Votre candidat relégué au troisième rang, conspué et déjà promis à la défaite, ou à une victoire guère reluisante. Vous enragez, ça se comprend. Surtout j'imagine le désarroi de ceux parmi vous qui sont obligés, depuis qu'il a gagné les primaires, de le supporter alors qu'ils savent bien que leur champion est un menteur.
Vous supportez très mal qu'on puisse acculer 2F à répondre aux interrogations légitimes que le public se pose. Au passage, il n'y a qu'en France qu'on s'en offusque. Il n'y a qu'en France que des journalistes applaudissent à la fin d'une conférence de presse où ils se sont fait copieusement insulter (alors qu'ils ont été plus que sympas, ont posé des questions insipides, sauf Mediapart, et n'ont pas osé évoquer l'affaire de la Revue des deux mondes, ou réagi quand 2F a dit avoir fait des conférences bénévoles en Russie -hein, quoi ? Bénévoles ? 2F fait du bénévolat ? Sans contrepartie ? Oho...).
Ne confondez pas la demande d'explications avec un harcèlement, un complot médiatico-politique. Quand 2F affirme, des sanglots dans la voix, pour expliquer ses erreurs et ses omissions, que tout ça lui est tombé dessus comme la foudre, sachez que c'est un mensonge. Le Canard rappelle dans ses colonnes, cette semaine, qu'il a interrogé 2 F dès le 27 novembre 2016, pour lui demander de réagir sur les éléments que ses enquêteurs avaient découverts. Découverts en travaillant sur les documents disponibles auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Nul besoin de complot, d'infos descendues de Bercy ou d'ailleurs. Tout était disponible aux esprits curieux. Je le rappelle ici parce que vous n'êtes pas forcément abonnés au Canard, et les autres journalistes en parlent peu. Vous devriez d'ailleurs lire ce journal plus souvent. Je vous assure que ça cogne tous azimuts et que Hollande en prend régulièrement pour son grade. Vous vous régaleriez. Le procès "uniquement à charge" dénoncé par 2F est une plaisanterie : il a refusé de répondre jusqu'à y être contraint.
Ne tapez pas sur la presse, ne hurlez pas au complot. Ce qui se passe est le signe d'une démocratie qui fonctionne. La semaine dernière, Eva Joly expliquait comment, quand elle s'est présentée pour les Présidentielles, elle a appris que des journalistes étaient allés enquêter sur elle dans son pays d'origine, en Norvège, pour voir si par hasard, elle avait bien payé ses impôts. Elle ne s'en offusque pas. Elle a estimé normal d'être ainsi mise à l'épreuve des faits, parce que la fonction qu'elle visait réclame d'être irréprochable, comme le disait justement 2F. Considérez honnêtement la défense de votre champion et concluez vous-mêmes. Pourquoi entamer cette démarche de procès en incompétence pour le Parquet national financier, si ce n'est pour gagner du temps, parce que 2F sait que de ce côté-là, la partie est perdue ? Son attitude et cette manœuvre panique effacent les derniers doutes sur sa culpabilité.
C'est malheureux. J'en suis triste pour vous et, croyez-moi, j'en suis triste pour nous, électeurs de gauche. Parce que nous détestons (là, je suis certain de parler au nom de tous), ne pas pouvoir débattre des idées et des choix de société à l'occasion d'un tel rendez-vous. Nous n'avons aucun intérêt à nous trouver en face de celui qui risque de ne s'avérer que comme une minable crapule. C'est indigne. Parce que la focalisation sur cette affaire n'empêche pas seulement d'exposer son programme, mais par effet-miroir, étouffe le(s) nôtre(s). Et nous savons bien qui en profite vraiment, n'est-ce pas ? Et ce n'est pas la gauche.

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