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Bois-en mieux - Page 3

  • 3011

    Il se tourna vers son dernier compagnon d'armes encore en vie. A cause d'un boulet qui lui avait emporté une oreille et du crépitement du feu qui les cernait, il n'était pas sûr d'avoir bien entendu la remarque de son camarade, qu'un éclat d'obus avait d'ailleurs privé de sa mâchoire inférieure. « Qu'est-ce qui va s'arranger ? » demanda-t-il avec un brin d'agacement.

  • 3007

    Que fait cet orang-outang aux urgences ? Personne ne s’étonne (ou bien est-ce un enfant exceptionnellement velu, disproportionné à l’excès par une maladie génétique ?, mais non, non : c’est bien un orang-outang, je ne suis pas fou). Il est assis, saisit Paris-Match sur la table basse de la salle d’attente. Il soupire. Nous sommes quelques uns à tenter comme lui de prendre notre mal en patience. J’ai apporté un livre, je le lis, je le referme. « Mais enfin, m’insurgé-je brusquement, c’est bien un orang-outang, non ? » Tout le monde m’observe. Les autres patients dévisagent celui que j’ai désigné, réfléchissent. Un monsieur se frotte le menton. Une dame, à côté de lui murmure qu’elle n’est pas sûre. Je m’insurge derechef : « Pas sûre ? Le poil orange comme ça, des bras trop longs, une moue ennuyée… Ne me dites pas que c’est –je ne sais pas- un chimpanzé par exemple ? ». La dame s’agace : « Ce n’est pas poli de montrer du doigt et puis il fait ce qu’il veut, non ? ». Le monsieur pas loin sort de son mutisme : « Moi, je suis d’accord avec monsieur. C’est un orang-outang et il n’a rien à faire ici. » Ah, triomphé-je, tandis que l’homme ajoute : « Voilà à quoi sert notre argent. On s’occupe de tout le monde, et les Français passent en second » Je m'insurgé-je encore mais sur le côté : « Attendez : ce n'est pas ce que je voulais dire ! » la dame s’énerve carrément : « C’est honteux ce que vous dites, monsieur ! » J’abonde : « Absolument ! Les orangs-outangs sont des humains comme les autres ! ». Un vieux pas loin bougonne que dans le temps, des gens comme ça, ben, on les envoyait dans les tranchées picétou. L'orang-outang reste d'un calme olympien alors que la dame et moi, solidaires, essayons de dire la morale et l'humanisme. Sur mon rappel un peu aléatoire parce qu'énervé, des lois de la République et de l'histoire de l'esclavage, l'orang-outang enfin pose son magazine. Et s'adresse à nous « Je ne suis pas un voleur, je ne suis pas un criminel, je suis venu aux urgences sous un prétexte fallacieux pour passer une nuit au chaud. Je veux simplement quelques euros pour améliorer l'ordinaire. Je vais maintenant passer parmi vous, et je vous remercie par avance de ne pas jouer les rapiats, parce que j'ai une bonne droite. » Il passe, on paie, il part en nous faisant un bras d'honneur. La dame râle un peu, c'est elle qui a donné le plus: "Ces rouquins..."

    Je sais. Mais si vous avez une idée de chute pour une histoire pareille, je suis preneur.

  • 3006

    « Un pastiche de pastis », il n'était pas mécontent de la formule, mais impossible de l'énoncer clairement après la consommation d'une dizaine de ce, de ce… pachtis de pachtiche, pastis de p… rââhh...

  • 3004

    La mort d'une dizaine de touristes partis en croisière, dans le naufrage du « Titan of the sea », a frappé de stupeur le petit village de Mouillechou dont ils étaient tous originaires.

    ****


    Le car qui emmenait le conseil municipal de Mouillechou sur les lieux de la tragédie du « Titan of the sea » pour une cérémonie en hommage à leurs concitoyens, est tombé, la nuit dernière, dans un précipice. Il n'y a malheureusement aucun survivant. Mouillechou est à nouveau en deuil.

    ***


    L'Airbus affrété par le gouvernement pour transporter les familles endeuillées de Mouillechou sur le lieu de l'accident de car dans lequel a péri tout le conseil municipal de ce petit village, s'est crashé dans la nuit, sur les hauteurs de Vilstruva.

     

    ***


    Interrogé par notre correspondant, le dernier survivant de Mouillechou, Monsieur Michel Plutard, a déclaré vouloir rester chez lui pour observer une minute de silence à la mémoire du village.

  • 3003

    « on aurait pu dire, Ô Dieu, bien des choses en somme. Par exemple, en langue des signes... » Et Cyrano d'agiter ses mains en tous sens sous le nez du Vicomte. Le public, perplexe (il y en a même un qui rigole, au fond).

  • 3002

    Le chercheur d'or enrage. Pas une pépite. Mais des perles, des perles !

  • 2994

    Le mahjongg fait partie d'un complot des Chinois pour m'empêcher de travailler. Les raisons de ce complot sont obscures, mais le résultat est là !

  • 2993

    Hors de lui, il s'exclama : « Ma patience a des limites ». Et en effet, on voyait sur son visage écarlate que le condamné sur son bûcher en avait marre et qu'il allait bientôt exploser. Littéralement.

  • 2992

    Bien sûr, il ne niait pas les succès de son déodorant trimestriel et de son préservatif perpétuel, mais chaque démonstration des trouvailles de l'ingénieur causait à son patron des sortes de nausée. Particulièrement ce jour-là, car son employé devait lui présenter sa dernière invention : la serviette hygiénique annuelle.

  • 2988

    Abondance de nuits n’est pas bien

     

    Au royaume des cyclopes, les borgnes sont pas fiers

     

    Après la pluie, les escargots

     

    Chat brûlé vif ne craint plus rien

     

    Les bons comptes en banque font les bons amis

  • 2982

    La pluie avait cet effet inattendu de tacher la peau de façon indélébile. On s'arrachait l'épiderme à tenter d'effacer sa teinte grise. On chercha d'abord à s'abriter mais l'averse incessante épuisa les volontés les plus fermes. On s'abandonna au harcèlement des gouttes et ne se croisèrent plus bientôt que des faces ruisselantes, salies de coulures. Puis le gris pénétra les sols, les paysages, les arbres. Tout prit une teinte d'encre délavée. Étonnamment, le pelage des chats semblait résister au phénomène et, la nuit, ils étaient tous phosphorescents.

  • 2978

    La perspective de rencontrer des elfes et des lutins ne doit pas inquiéter le randonneur. Il faut d'abord rappeler qu'à l'origine, ce sont des bûcherons abrutis, dépourvus de tout sens de l'orientation et irrémédiablement perdus dans les bois. Des siècles d'évolution ont produit ces êtres petits, furtifs et au caractère revêche.

    De même, contrairement à ce qu'essayent de faire croire certains écologistes, la disparition de ces créatures n'est pas due à la réduction de leur habitat, mais bel et bien à l'irruption de chemins proprement tracés à travers la forêt, munis de panneaux indicatifs, grâce auxquels elles ont enfin pu trouver la sortie.

    Désormais, les lutins errent dans nos villes et tentent de s'y adapter. Ils n'ont cependant pas amélioré leur sens de l'orientation et errent pitoyablement dans les rues, cartes en main. On distingue le lutin du touriste allemand par une remarquable différence de taille.

  • 2973

    Un terroriste suisse agresse des passants à l'arme blanche. Bilan : un homme tenaillé, une vieille femme décapsulée, un enfant vissé et sa mère tire-bouchonnée.

  • 2960

    Imagine. Le petit Kal-El a atterri en Syrie. Il est élevé dans l'idéologie du califat. Pas de bol, hein ?

  • 2950

    Guiguisé, chetaillisé, je trouve heureusement le réconfort souverain de la doucisation.

  • 2945

    - Je ne veux plus que tu me serves de viandes grillées, c'est compris ?
    - Toi alors, ce que tu as changé depuis Hiroshima...

  • Les petites phrases de JMD

    " Il ne ferait pas de mal à une mouche si l'on considère la sodomie comme un bien"

    Ce n'est pas de moi, mais de l'ami JMD, qui se porta déjà au secours de Kronix. Pour connaître ses autres participations, tapez "JMD" dans la recherche (je veux dire : pas chez Proust, dans ce blog).

  • 2938

    Mal habillé et hypersensible, ses collègues cheminots l'avaient surnommé la loque émotive.

  • 2937

    Soit le texte sacré de Râlur, loi directement transcrite de la pensée du dieu et donc, littérature sacrée, intouchable pour ses fidèles. On ne saurait porter atteinte au livre sous peine de subir les foudres (non pas divines mais) bigotes : le texte est une entité intègre.
    Soit à présent, un hiver glaciaire, pénétrant jusque dans la maison d'un fidèle lambda. Le fidèle dispose du texte sacré de Râlur en deux volumes. Il ne lui reste plus que cela pour allumer un feu vital mais, on le comprend, il rechigne devant un tel sacrilège. Heureusement, il  découvre que son édition comporte un défaut de fabrication : une page du deuxième volume est mal imprimée et un mot est effacé ! Si le texte n'est pas intégral, se dit-il, je ne suis pas véritablement en possession du texte sacré, je peux donc sacrifier cette page, et sûrement, par la suite, ce volume défectueux. Une voix au fond de lui suggère que le volume subsistant ne pouvant être alors considéré comme le texte intégral, il pourra donc brûler celui-là également.
    Tout de même, inquiet d'un tel geste, il contacte le prêtre du culte de Râlur le plus proche pour lui demander conseil avant de commettre l'irréparable.
    Que lui dit le prêtre ?

  • 2932

    « Chérie ! »
    ...
    « Chérie ? »
    « Oui ? »
    « Tu n'aurais pas mon médicament pour le cœur ? »
    « Non, oui, je ne sais pas. Pourquoi ? »
    « C'est assez pressé. »
    « Quoi ? »
    « Je suis en train de prendre une attaque, là. »
    « Ah »
    « Chérie ? »
    « De faire une attaque. »
    « Hmm ? »
    « On dit de faire, pas de prendre une attaque. »
    « Je ne crois pas. Tu es sûre ? »
    « Tu veux que je vérifie dans le Grévisse ? »
    « Et bien, tout à l'heure, si ça ne t'ennuie pas. »
    « C'est marrant. Tu crois toujours tout savoir et là... »
    « Hmm ? »
    « Là, parce que je te cloue le bec, pour une fois... »
    « Je t'assure, ma chérie, ce n'est pas ça. Mais si tu pouvais activer... »

    (et puis je fais court : tout se termine bien).