Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Nouvelles/textes courts - Page 3

  • 3127

    Que tu sois ressuscité n'est pas le problème, dit Marie pour conclure cette trop longue scène, mais tu aurais pu me prévenir. Nous avons acheté un tombeau que tu n'as utilisé que trois jours, tu réalises ? On fait quoi maintenant ? A moins que.. euh… Tu ne comptes par re-mourir prochainement ?

  • 3126

    Dans le cadre du projet "Portraits de Mémoire", s'essayer à la chanson "engagée" (référence aux grèves de 1927 dans la région de Charlieu) :

    L'enragé

    T'as retroussé les manches
    T'as pas boudé l'ouvrage
    Mais t'allais pas dimanche
    Remercier les nuages.

    Tu voulais seulement
    Tu espérais en grand
    L'avenir des enfants

    Que tu sois à l'usine
    Ou que ton atelier
    Soit près de ta cuisine
    Courbé sur le métier.

    Tu voulais seulement
    Tu espérais en grand
    L'avenir des enfants

    Jaurès aux ouvriers,
    Le prêtr' aux paysans
    L'écrivain Louis Mercier
    Écartelait vos rangs

    Tu voulais seulement
    Tu espérais en grand
    L'avenir des enfants

    On baissait ton salaire
    Et le barèm' au mètre.
    Conserver ta misère
    Était bon pour tes maîtres.

    Tu voulais seulement
    Tu espérais en grand
    L'avenir des enfants

    T'as posé les outils
    Arrêté les métiers
    De Roanne ou de Thizy
    De Charlieu tu clamais

    Tu voulais seulement
    Tu espérais en grand
    L'avenir des enfants

    On a vu dans l'Huma
    Ton combat partagé.
    Des curés ou de toi
    Qui était enragé ?

    Tu voulais seulement
    Tu espérais en grand
    L'avenir des enfants

    T'as retroussé les manches
    T'as pas boudé l'ouvrage
    Mais t'allais pas dimanche
    Remercier les nuages.

    Tu voulais seulement
    Tu espérais en grand
    L'avenir des enfants
    (bis)

  • 3123

    Voir mes enfants heureux est la plus belle récompense du peu de cas que j'ai fait de leur éducation.

  • 3120

    Heureusement, il avait un alibi. Au moment du meurtre il était à cent kilomètres de là, en train d'assassiner quelqu'un d'autre.

  • 3118

    Maintenant que les eaux s'étaient retirées, Noé enrageait de voir qu'il fallait aller puiser l'eau à 5 bornes de la maison. Rage atténuée par le fait que c'était à sa femme d'y aller.

  • Contes horrifiques

    Le gouvernement ordonna d'aménager dans tous les appartements, même les plus exigus, un placard suffisant pour qu'un homme puisse y tenir debout. Des schémas normés avaient été transmis aux propriétaires. Des inspecteurs vinrent vérifier la bonne exécution de la loi. Ils venaient, mesuraient, validaient, puis posaient une serrure sur la porte, qu'ils refermaient avant de repartir sans un mot. Depuis, chacun devait supporter la présence du placard. Probablement vide, oui, mais comment savoir ? Mieux valait faire attention à ce qu'on disait.

  • Contes horrifiques

    Des satellites ont percuté la terre, l'un après l'autre. Puis les avions sont tombés d'un seul coup, disent les infos. Nous  apprenons alors que les nuages sont comme écrasés, ramenés vers le sol. Nous sortons pour assister au phénomène. Un crépitement submerge le pays. Un bruit de grêle causé par la chute de tous les oiseaux du ciel au même instant, et leur dégringolade parmi les branches, pour ceux qui étaient à la cime des arbres. D'ailleurs, la crête des peupliers fléchit, les pylônes électriques craquent depuis leur sommet, le toit des maisons explose.
    Nous courons nous mettre à l'abri dans la cave.
    Là, nous sentons sous les pieds une poussée, une remontée de terre irrépressible.

  • 3115

    Dans son journal, un ami écrit qu'il aimerait que, le jour venu, ce soit un homme qui lui ferme les yeux. Il en cite quelques uns, et mon nom apparaît alors. Je me découvre perplexe avant d'être honoré puis tout à fait ému. C'est ainsi qu'un autre ami m'a demandé que je lise un poème de Lamartine au dessus de sa tombe, le jour de son inhumation. Je ne sais si je mérite une telle confiance, mais elle atteste d'une amitié qui est née et se prolonge -voilà ce qui est doux- dans le partage du meilleur de la vie.

  • 3114

    Je devais être en troisième. Notre gentille prof de Français nous annonça que nous allions étudier Le Père Goriot et demanda si un élève connaissait ce roman et pouvait en faire un rapide résumé, ou en introduire la lecture pour ses camarades. Je voulus bien et entrepris de raconter l'histoire. Pendant mon discours, je surprenais l'expression peinée de ma professeure, peinée mais encourageante, disant « oui, oui » à chaque phrase. Quand j'eus fini, elle prit la parole pour corriger mes éventuelles erreurs et amener le résumé vers un point de concordance ente nos deux visions. Effort remarquable, car elle n'avait pas osé m'interrompre tandis que j'exposais avec assurance l'argument et les moments clés de Raboliot.

  • 3110

    Il est publié et maintenant, il va falloir commencer à parler de ce roman. C'est-à-dire, enfin, tenter d'en avoir une idée claire. Qu'est-ce que j'ai bien voulu faire en écrivant cette histoire ?

  • 3109

    Tu te souviens, quand nous avions foi en la magie du monde ? Et puis nous n'avons plus voulu de ces leurres. Et la grande surprise, c'est que le monde est devenu alors plus riche de merveilles.

  • 3108

    Sortir des sables mouvants d'accord. Mais tous ces efforts pour retrouver sur la berge le lion qui patiente ?

  • 3107

    Dormir, à poings fermés, prêts à frapper.

  • 3105

    2017. Ouais. Déjà, si on arrive au bout de l'année...

  • 3103

    Les deux mots sont toujours là. Fidèlement, depuis dix ans. « Doux baisers » me déclare ma douce chaque matin, chaque soir, chaque fois que je me plante devant la glace, de mon côté de la salle de bains. Les lettres sont tracées au rouge à lèvres, renouvelées à chaque ménage, écrites et reprises sur le palimpseste de verre (c'est à peu près la seule utilisation que ma douce a du bâton de rouge, elle qui n'a pas besoin de paraître puisqu'elle se voit telle qu'en mon regard, et que ce reflet lui convient). « Doux baisers » dit naïvement et sans détour le miroir depuis dix années, dix années de déclaration permanente, de tendresse sans partage. Dix années passées comme un songe. J'ai pu croire un temps que j'aimais ma douce égoïstement, car on peut aimer dans l'autre le fait d'être aimé (surtout à ce point, qu'on peut comparer à de l'adulation). Mais un jour, d'inquiétantes nouvelles me firent entrevoir la possibilité que je finisse la route seul. Ce jour-là, un gouffre s'est ouvert. Heureusement, d'autres examens nous remirent sur les rails du bonheur sans défaut. Ma douce, merci pour ces dix années, merci d'avoir soutenu le projet fou de la vie que nous menons aujourd'hui. Doux baisers à toi. Bon anniversaire à nous.

  • 3102

    Je souhaite que Daenerys vienne avec ses dragons pour rétablir la justice et la paix. Voilà. Et ne me dites pas que c'est plus déraisonnable que de seulement espérer une merveilleuse année 2017.

  • 3101

    Je prédis, pour janvier 2017, une avalanche de bonnes intentions, de vœux et de souhaits béats.

  • 3100

    "D'autres blindés approchent en grondant. Bimech sursaute et frémit. Ils sont nombreux, redoutables. Ce n'est pas rien, la réplique peut nous atteindre mortellement, nous le savons tous, nous partageons cette crainte. Bimech improvise et nous suivons ces gestes. Il fracture l'angle d'un bâtiment qui jouxte le plan incliné où s'avancent les véhicules. Il a raison. Nous l'aidons. Par nous, Bimech apprend instantanément à plonger ses membres au défaut de la structure, ainsi les racines des arbres s'immiscent dans la fêlure et l'élargissent, ainsi le lierre mène à la ruine les palais immortels, par Bimech, la sape du végétal est imitée et multipliée. Le béton craque, les fissures jettent des foudres noires le long de la façade. Les verticales vacillent. Sur un dernier effort, un pan du bâtiment bascule et s'effondre sur la route, pulvérisant les manèges pimpants et les parades dérisoires, écrasant le premier blindé dont la carcasse condamne l'accès à la colonne qu'il précédait. Au milieu du chaos et des geysers de poussière, les canons des suivants se redressent, des mitrailleuses crépitent aussitôt, si nombreuses qu'il est impossible de les éviter. Les balles entament profondément la masse élastique et dense qui nous soutient, le gel absorbe le choc de la pénétration mais l'acier s'enfonce loin, menace, vient affleurer nos corps embarqués. Bimech esquive, saisit des plaques de blindés démembrés qui étoilent le champ de bataille, des dizaines de pseudopodes les rapprochent comme des boucliers autour du ventre où nous sommes confinés, pour nous protéger du harcèlement des balles. Bâtiments, éboulis, obstacles de hasard, tout s'interpose, le haut de Bimech adroitement se déforme et s'étire, devient goutte, devient fil, s'insinue et contourne, serpente, est insaisissable, les obus se perdent, les impacts font exploser les immeubles ou s'abîment très loin, Bimech surgit alors, se cristallise, s'épaissit, s'arrondit et fonce, renverse un char, une auto mitrailleuse, déchire un soldat, en écrase un autre, s'amincit de nouveau pour égarer un tir, puis s'épaissit, se renforce et, puissant, soulève une machine, l'envoie percuter un groupe qui s'enfuit. Bimech se propage, abonde, devient mille, ses bras aux chairs de nacre sont partout dans la ville, l'ennemi effrayé disparaît dans les ruines, et le sang des soldats retombe au sol, en bruine. Le massacre achevé, le dernier homme succombe, un silence étonnant sur la ville retombe. Tout se fige et attend, la mort plane dans l'air. Qui croyait vaincre l'ogre au jour de sa colère ?"

     

    Le Radical Hennelier - Reboot. Écriture en cours (ça va bien, psychologiquement, je me soigne)

  • 3098

    Saviez-vous que le tréma sur le « e » de Noël, date du début du XVIIIe siècle ? Et, tant qu'on y est, pour mémoire : Noël vient du latin ecclésiastique natalis, la naissance (ce qui n'est guère surprenant). Aux XIVe et XVe, le bon peuple criait « Noël ! » par les rues et les champs pour exprimer sa joie à l'annonce de la naissance d'un héritier du trône. Et encore, c'est chez George Sand qu'on trouve la première occurrence du « Père Noël », en 1848 (et non pas dans George Sand, bande de malpolis !). Et aussi, l'expression « croire au père Noël » n'est attestée qu'en 1949 (l'année de la signature des accords de Genève, mais ça n'a rien à voir). De plus, l'emploi de l'expression « à la Noël » est noté comme fautif en 1813, dans le Dictionnaire du mauvais langage.
    Bon, je vous laisse picoler maintenant.
    Et un grand merci au Robert - Dictionnaire historique de la langue française, que j'ai scrupuleusement pillé pour écrire ce billet.