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lundi, 20 février 2017

3154

La patience a des limites. Je parle de la fleur.

 

(c'était un billet du lundi soir)

dimanche, 19 février 2017

3152

Prendre des messies pour du long terme.

jeudi, 16 février 2017

3148

Assis au bord du fleuve, il feuilletait un chêne.

mercredi, 15 février 2017

3147

Ce sable qui est comme rien, et qui durera plus que nous.

mardi, 14 février 2017

3146

Elle s'est préparée, ouvre un tiroir, retire deux, trois paquets de mouchoirs qu'elle enfourne dans son sac. C'est vrai que c'est jeudi. Elle a psy.

lundi, 13 février 2017

3145

"Etiez-vous préparé à cette incroyable épreuve qu'est la vie ? Non. Vous avez surgi l'un après l'autre du néant, et puis, confrontés à cette lumière, à ce tout –à l'humanité même pour qui, quelques minutes auparavant, vous n'étiez rien encore– il vous a fallu vivre. Et finalement, voyez-vous, considérant l'énormité du défi, vous vous en êtes plutôt bien sortis, non ? "

(La dompteuse, dans "Le rire du Limule, 2009. Création NU compagnie)

dimanche, 12 février 2017

Contes horrifiques

Il reposa la demande de rançon et commença à se taillader les bras avec un cutter. Qu'est-ce qu'ils vont pas chercher, se dit-il, et il comptait scrupuleusement le nombre voulu de petites coupures.

samedi, 11 février 2017

3143

Aujourd'hui à 16h30, à la bibliothèque de Saint-Denis-de-Cabanne, il sera question de la Révolution française, de la fabrication d'un roman, de la pertinence du roman historique, il sera question de « La vie volée de Martin Sourire ». J'ai demandé à Carine Seillé, une amie (guide, mais aussi employée en librairie) rencontrée dans le cadre de mes activités professionnelles de ma vie d'avant, d'animer la rencontre. Il est très possible que ce soit un chouette moment. En tout cas, tous les deux, et avec les bénévoles de la bibliothèque, allons faire au mieux. Le fait de venir nombreux ne nuira pas à la qualité du moment évoqué plus haut.

vendredi, 10 février 2017

3141

Chers amis, électeurs de droite,

j'ai de la peine pour vous, je vous assure, sans la moindre ironie. Je me mets à votre place. Votre candidat relégué au troisième rang, conspué et déjà promis à la défaite, ou à une victoire guère reluisante. Vous enragez, ça se comprend. Surtout j'imagine le désarroi de ceux parmi vous qui sont obligés, depuis qu'il a gagné les primaires, de le supporter alors qu'ils savent bien que leur champion est un menteur.
Vous supportez très mal qu'on puisse acculer 2F à répondre aux interrogations légitimes que le public se pose. Au passage, il n'y a qu'en France qu'on s'en offusque. Il n'y a qu'en France que des journalistes applaudissent à la fin d'une conférence de presse où ils se sont fait copieusement insulter (alors qu'ils ont été plus que sympas, ont posé des questions insipides, sauf Mediapart, et n'ont pas osé évoquer l'affaire de la Revue des deux mondes, ou réagi quand 2F a dit avoir fait des conférences bénévoles en Russie -hein, quoi ? Bénévoles ? 2F fait du bénévolat ? Sans contrepartie ? Oho...).
Ne confondez pas la demande d'explications avec un harcèlement, un complot médiatico-politique. Quand 2F affirme, des sanglots dans la voix, pour expliquer ses erreurs et ses omissions, que tout ça lui est tombé dessus comme la foudre, sachez que c'est un mensonge. Le Canard rappelle dans ses colonnes, cette semaine, qu'il a interrogé 2 F dès le 27 novembre 2016, pour lui demander de réagir sur les éléments que ses enquêteurs avaient découverts. Découverts en travaillant sur les documents disponibles auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Nul besoin de complot, d'infos descendues de Bercy ou d'ailleurs. Tout était disponible aux esprits curieux. Je le rappelle ici parce que vous n'êtes pas forcément abonnés au Canard, et les autres journalistes en parlent peu. Vous devriez d'ailleurs lire ce journal plus souvent. Je vous assure que ça cogne tous azimuts et que Hollande en prend régulièrement pour son grade. Vous vous régaleriez. Le procès "uniquement à charge" dénoncé par 2F est une plaisanterie : il a refusé de répondre jusqu'à y être contraint.
Ne tapez pas sur la presse, ne hurlez pas au complot. Ce qui se passe est le signe d'une démocratie qui fonctionne. La semaine dernière, Eva Joly expliquait comment, quand elle s'est présentée pour les Présidentielles, elle a appris que des journalistes étaient allés enquêter sur elle dans son pays d'origine, en Norvège, pour voir si par hasard, elle avait bien payé ses impôts. Elle ne s'en offusque pas. Elle a estimé normal d'être ainsi mise à l'épreuve des faits, parce que la fonction qu'elle visait réclame d'être irréprochable, comme le disait justement 2F. Considérez honnêtement la défense de votre champion et concluez vous-mêmes. Pourquoi entamer cette démarche de procès en incompétence pour le Parquet national financier, si ce n'est pour gagner du temps, parce que 2F sait que de ce côté-là, la partie est perdue ? Son attitude et cette manœuvre panique effacent les derniers doutes sur sa culpabilité.
C'est malheureux. J'en suis triste pour vous et, croyez-moi, j'en suis triste pour nous, électeurs de gauche. Parce que nous détestons (là, je suis certain de parler au nom de tous), ne pas pouvoir débattre des idées et des choix de société à l'occasion d'un tel rendez-vous. Nous n'avons aucun intérêt à nous trouver en face de celui qui risque de ne s'avérer que comme une minable crapule. C'est indigne. Parce que la focalisation sur cette affaire n'empêche pas seulement d'exposer son programme, mais par effet-miroir, étouffe le(s) nôtre(s). Et nous savons bien qui en profite vraiment, n'est-ce pas ? Et ce n'est pas la gauche.

jeudi, 09 février 2017

3140

Ce que le livre numérique change, c'est que le texte, désormais infiniment sollicité, lu, relu, exploité, fouillé, s'épuise. Le numérique va fatiguer le livre et, sans le tuer tout à fait, le laisser exsangue et sec. Et toutes les farandoles éphémères qui en seront l'ersatz, ne suffiront pas à le ranimer.

Mais après tout, ce n'est pas sûr.

lundi, 06 février 2017

3137

Et bien, c'était prévisible, hélas. L'extrême-droite (non, je ne vous mettrai pas le lien), réquisitionne La vie volée de Martin Sourire pour faire de mon roman un porte-voix de la reconnaissance du génocide vendéen. Je me vois donc obligé de réagir et de dénoncer une manipulation de mon propos (ou une lecture orientée et fautive). « Il (l'auteur), dit ce site, nous livre le monologue de Martin, revenu de Vendée, racontant sans ambages ce que fut vraiment cette expédition punitive, que certains esprits chagrins refusent de reconnaître comme un génocide pur et simple." Sachez, chroniqueur partial, que je fais justement partie des "esprits chagrins" qui refusent qu'on colle aux Guerres de Vendée le terme de génocide.
Je craignais que des lecteurs partisans s'emparent de cette partie du récit pour y puiser cette morale. C'est fait. Mon ambition a été, en écrivant ces lignes, de rappeler sans fard que nous (les républicains, les révolutionnaires dont je partage les idées), avions fauté, et qu'il était nécessaire de le reconnaître. Mais le monologue de Martin dit aussi les conditions et les ambiguïtés de ces événements. Il renvoie dos à dos les belligérants, fanatisme contre fanatisme.

J'emmerde les tenants du génocide vendéen, je n'ai rien à voir avec De Villiers et ses tourbeuses épiphanies catholiques où chaque paysan est vu comme un saint martyr.
Que ce soit clair : je conchie la malhonnêteté révisionniste autant que l'impudeur de taire ce qui nous dérange !

Il ne s'agit pas de minimiser l'ampleur et l'ignominie des massacres, mais l'idéologie génocidaire est très spécifique et ne correspond pas, selon moi, aux principes qui ont prévalu à l'époque. Je n'ai rien contre l'emploi anachronique d'un terme imaginé pour évoquer ce qui paraissait inédit aux juges de la solution finale nazie, en l'appliquant à des phénomènes qui l'ont précédée, mais il me semble que l'idée de génocide est liée par essence à la notion de race. Il faut que l'un ou l'autre protagoniste, ou les deux, soient convaincus de l'existence d'une race distincte d'une autre. C'est cette race qui est l'enjeu du génocide. La République n'a jamais considéré que les Vendéens constituaient une race, ou même un type physique remarquable (on objectera que Barère a parlé de « race rebelle » dans une de ses carmagnoles, mais le mot race ne recouvre pas ici le sens que nous en avons, on parlait aussi bien de race française). Il y avait probablement des Vendéens travaillant à Paris (c'était le creuset où se précipitait tout le pays). Je ne sache pas qu'on a pratiqué des rafles dans la capitale pour en finir avec tous les représentants d'une hypothétique race vendéenne. Il s'est bien agi d'éliminer localement une population réfractaire, et seulement elle, au début. Rappelons que le 20 février 1794, les représentants Hentz, Garrau et Francastel donnent l'ordre aux habitants de la Vendée et aux réfugiés de quitter le territoire insurgé et s'en éloigner de plus de vingt lieues sous peine d'être considérés comme rebelles et traités comme tels. Difficile de concilier ces précautions avec une démarche génocidaire méthodique. Il s'est agi d'éliminer les rebelles pour les remplacer par une population patriote. Un rêve de pureté, bien dans l'esprit d'un Robespierre, dystopie suffisamment grave et terrible pour ne pas faire appel à un concept allogène. Crimes de guerre, massacres de masse, crimes contre l'humanité, bien sûr, et le procès doit être fait. Il fut fait par ses artisans, d'ailleurs, en son temps. Pour moi, les massacres de Vendée connaissent au moins un précédent dans l'Histoire qui permet de mieux les situer : ils sont à rapprocher de la façon dont les Romains ont décidé, au terme des guerres puniques, de se débarrasser définitivement de Carthage. Population éradiquée, bâtiments détruits, jusqu'aux champs couverts de sel pour prévenir toute renaissance. Peut-être que Robespierre et ses affidés avaient cela en tête. Au delà des monstruosités d'un Carrier, ou des ateliers de tannerie de peau humaine, la cruauté délirante des colonnes infernales, leur goût pour le pillage, ont inhibé voire disqualifié pour longtemps toute tentative de prise de recul dans la compréhension des crimes perpétrés. Et l'impact du mot génocide n'aide pas à débattre rationnellement du phénomène.
Et qu'on s'en tienne, s'il vous plaît, à tout ce que raconte le livre et qui le met en perspective, le monologue vendéen est inscrit dans un récit plus large, et on serait bien inspiré de le rappeler. J'ai espéré, mais je me suis peut-être planté, par la description des agissements des Colonnes, élever le récit à l'échelle de l'exemplarité humaine, dépasser les impératifs historiques pour dire ma peur de toutes les solutions finales.

3136

Gustave Flaubert, à un éditeur qui voulait absolument illustrer Salammbô : "Vous voulez que le premier imbécile venu dessine ce que je me suis tué à ne pas montrer ?"

vendredi, 03 février 2017

3135

Comme chaque année, la médiathèque de Gilly-sur-Isère m'offre une carte blanche. Pour 2017, j'ai invité Jérôme Bodon-Clair, le musicien complice de la compagnie NU et des projets « Voir Grandir » et « Portraits de Mémoire » (entre autres). Jérôme (alias Godot) nous a concocté un aperçu de la variété de sa production, entre musiques de films, musiques pour la scène, compositions de chansons, et même commande publicitaire. De quoi savourer, apprendre, s'émerveiller. Ce sera une belle rencontre, je n'en doute pas. Surtout que, entre la présentation que Marielle fera de « La Vie volée de Martin Sourire » et la deuxième partie de soirée consacrée aux créations de Jérôme, l'équipe de la Médiathèque a préparé un petit buffet, inspiré en partie des recettes du Beauvilliers, le restaurant où Martin Sourire travaille, dans mon roman.
Nous espérons vous voir nombreux goûter les saveurs de ces nourritures terrestres et spirituelles.

Tous les détails, ICI.

jeudi, 02 février 2017

3134

Lors d'une de nos premières longues discussions hors de nos rapports éditeur/auteur, Frédéric Weil (béni soit son nom) et moi étions tombés d'accord sur le fait que le premier roman de Fantasy au monde est français. Oui, parfaitement : c'est le Salammbô de Flaubert (1862). A l'époque, j'avais le projet d'un roman placé sous l'héritage assumé de ce grand ancêtre. C'était lors de la sortie de Mausolées, en 2013. Frédéric m'écoutait évoquer les grandes batailles, la sauvagerie, le baroque, le luxe barbare, je lui racontais les paysages, les senteurs, les couleurs… je lui vendais un péplum sur les eaux et sur la terre. Les Nefs de Pangée commençaient à appareiller dans nos esprits. Frédéric me dit alors son intention de publier Salammbô sous cet angle : rappeler ce que le genre lui doit, et donc le proposer aux lecteurs de Fantasy. C'est chose faite aujourd'hui. Le livre va exister, grâce à un financement participatif. (Vous pouvez vous aussi rejoindre les contributeurs) Il ne sera pas publié seul. Les Moutons électriques et Mnémos ont ajouté au roman Le voyage en Orient, célèbre récit qui inspira à Flaubert les premières pages de Salammbô (avant qu'il se décide à retourner en Afrique, plus précisément en Tunisie, dans les paysages qui virent se dérouler la Révolte des Mercenaires). De plus, sera édité un opuscule où plusieurs auteurs doivent évoquer leur rapport au roman épique de Flaubert. Et vous savez quoi ? On m'a demandé d'en être. Bon. Mon roman en cours va donc prendre un peu de retard. Pas grave, c'est pour Mnémos, il me pardonnera.

samedi, 28 janvier 2017

3130

Il affirma qu'on pouvait vivre sans manger, sans boire, et même sans respirer. Quelques minutes plus tard, il mourait en soufflant : « J'ai jamais dit que ce serait long. »

jeudi, 26 janvier 2017

3128

On peut se dire aussi que la guerre nucléaire est un moyen d'abréger nos souffrances.

mercredi, 25 janvier 2017

3127

Que tu sois ressuscité n'est pas le problème, dit Marie pour conclure cette trop longue scène, mais tu aurais pu me prévenir. Nous avons acheté un tombeau que tu n'as utilisé que trois jours, tu réalises ? On fait quoi maintenant ? A moins que.. euh… Tu ne comptes par re-mourir prochainement ?

mardi, 24 janvier 2017

3126

Dans le cadre du projet "Portraits de Mémoire", s'essayer à la chanson "engagée" (référence aux grèves de 1927 dans la région de Charlieu) :

L'enragé

T'as retroussé les manches
T'as pas boudé l'ouvrage
Mais t'allais pas dimanche
Remercier les nuages.

Tu voulais seulement
Tu espérais en grand
L'avenir des enfants

Que tu sois à l'usine
Ou que ton atelier
Soit près de ta cuisine
Courbé sur le métier.

Tu voulais seulement
Tu espérais en grand
L'avenir des enfants

Jaurès aux ouvriers,
Le prêtr' aux paysans
L'écrivain Louis Mercier
Écartelait vos rangs

Tu voulais seulement
Tu espérais en grand
L'avenir des enfants

On baissait ton salaire
Et le barèm' au mètre.
Conserver ta misère
Était bon pour tes maîtres.

Tu voulais seulement
Tu espérais en grand
L'avenir des enfants

T'as posé les outils
Arrêté les métiers
De Roanne ou de Thizy
De Charlieu tu clamais

Tu voulais seulement
Tu espérais en grand
L'avenir des enfants

On a vu dans l'Huma
Ton combat partagé.
Des curés ou de toi
Qui était enragé ?

Tu voulais seulement
Tu espérais en grand
L'avenir des enfants

T'as retroussé les manches
T'as pas boudé l'ouvrage
Mais t'allais pas dimanche
Remercier les nuages.

Tu voulais seulement
Tu espérais en grand
L'avenir des enfants
(bis)

dimanche, 22 janvier 2017

3123

Voir mes enfants heureux est la plus belle récompense du peu de cas que j'ai fait de leur éducation.

vendredi, 20 janvier 2017

3121

Il était pur, mais loin d'être irréprochable.