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  • 2761

    " Nos amis brouille, brouille, nos parents brouille, brouille brouille, nos bienfaicteurs brouille brouille, nos pères brouille brouille, nos conducteurs brouille brouille, nos maîtres brouille brouille, nos pontifes brouille brouille, nos juges brouille brouille"

    Mme de Laveine. Convulsionnaire. 1736. (Martin fréquente de drôles de gens...)

  • 2760

    « Il arrive qu'un bouleversement est si profond que ses témoins ne peuvent imaginer un avenir ; surtout un avenir où ce qu'ils ont aimé, ce qui les a construits, n'aurait pas disparu. Ce qui paraît perdu à jamais, et qui leur était si précieux, résiste pourtant mieux qu'ils le croient aux changements les plus radicaux. Tout demeure. Secret, tenace comme un parfum, rien n'est absolument détruit. Mais ils ne vivent pas assez vieux pour en faire le constat et en être rassurés. C'est cela, le drame de notre condition. »

    Les Nefs de Pangée. Extrait. où l'on devine qu'il s'agit de parler d'autre chose que de la transformation de la civilisation Ghiom...

     

  • 2759

    Quand le médecin fut parti, l'Architecte les accueillit près de son lit avec soulagement. « Mes amis, j'ai bien cru qu'il me tuerait. Quelle purge ! » Inquiets, ils furent avec lui, Marianne essayant de comprendre ce qui se passait : « Vous avez besoin de quelque chose, monsieur ? » Le bon sourire de l'Architecte était lézardé par la fatigue, mais son caractère demeurait constant : « Ma bonne Marianne, il est plus intéressé par les effets de la dissolution des Facultés, que par mon modeste cas. Laissons les prescriptions de mon fameux médecin et prépare-moi du vin chaud. » Comme Marianne sortait, l'Architecte expliqua à Martin, qu'il jugeait péremptoirement apte à comprendre : « Il paraît qu'à cause de certains décrets votés l'an dernier, toutes les Facultés de Médecine, les Collèges de Chirurgie et de Pharmacie disparaissent, ainsi que l'Académie de Chirurgie et la société Royale de Médecine, et avec elles toutes les sociétés scientifiques. Un drame, je veux bien l'admettre, je tentais de le lui dire, de l'assurer de ma sympathie, mais pas aujourd'hui, demain, une autre fois, pour l'heure je suis malade. Il ne m'a épargné aucun détail, m'a tenu ferme tandis que je sentais faiblir mon pouls, en m'assénant que désormais le public est victime d’individus érigés en maîtres par leur seule opinion, qui distribuent des remèdes au hasard, et compromettent l’existence des citoyens. Et moi, lui ai-je dit enfin, mon existence ? Vous en occuperez-vous ? Je crois que je l'ai offusqué. Il a consenti à me visiter. Il a déduit de son examen plus court que son discours, qu'il s'agissait soit d'un refroidissement, auquel cas il suffit que je me tienne au chaud et alité, ou d'une hydropisie ascite, auquel cas je ne devais m'inquiéter de rien et mourir dans deux jours. Je crois qu'il plaisantait. »

     

    La Grande Sauvage. Extrait. En cours d'écriture.

  • 2758

    La dernière ligne droite sur l'écriture de La Grande Sauvage. Par dernière ligne droite, entendez encore un mois d'écriture, avant de retravailler l'ensemble du manuscrit pour veiller aux équilibres, à la dynamique de l'ensemble, au traitement de chaque aspect, le relief des personnages, etc. Enfin, je discerne la lumière, là-bas. J'approche. Je ne sais trop dans quel état d'esprit j'étais quand j'ai entrepris ce roman. Le projet s'est modifié, entre le moment où j'étais tenté de me gausser de la superficialité de l'ancien régime en racontant la vie de fermiers qui faisaient de la figuration dans le hameau de la Reine, à Versailles, et celui où se sont imposées les notions de fanatisme et de reconstruction, parce qu'une certaine actualité est venue s'immiscer dans le processus.
    Avant d'en avoir fini, j'ai supprimé déjà plusieurs passages, sacrifié quelques personnages qui n'étaient là que pour ma satisfaction personnelle. L'idée est de réduire le volume final. Je voulais écrire un roman court. Ce ne sera pas le cas, hélas. Il dépasse dores et déjà L'Affaire des Vivants, et menaçait de se hisser au niveau du volume des Nefs de Pangée avant que je me décide à cette opération de chirurgie salutaire. Faisant cela, je rêvais d'une version avec bonus, comme les DVD de films en offrent la possibilité. Il y aurait, en appendice, les scènes coupées du roman. Ce n’est guère envisageable. Je me dis que Kronix pourrait avoir cette fonction.
    En tout cas, en mars, quand j'en aurais fini, y compris avec un glossaire que je crois devoir écrire à la suite du roman, comme pour L'Affaire..., je profiterai de mon passage au Salon du Livre de Paris (c’est confirmé), pour livrer mon manuscrit à mon éditeur, avec deux mois d'avance sur mon propre planning et quatre d'avance sur le sien. Ne voyez pas cette annonce auto-satisfaite comme une anecdote : une telle avance signifie que je peux, avec mon éditeur, travailler le texte pour l'améliorer encore, et préparer très en amont sa sortie. L'enjeu est le suivant : ce livre doit me permettre de maintenir mon statut d'écrivain en 2018. Vous imaginez que ce projet m'importe assez pour me sentir tout le courage nécessaire.

  • 2757

    Son premier rendez-vous sera la visite d’un orphelinat volontaire. « Qu’est-ce que c’est que ce truc : un orphelinat volontaire ? » interroge la first lady. Son assistante lui répond que c’est un établissement qui recueille les parricides.

  • 2756

    Des balles, des peurs, de la mort et de la cruauté. Et en regard, n'empêche, ni pogroms, ni foules haineuses, mais un peuple qui dit : on va continuer d'aimer la vie et de l'aimer ensemble. C'est très très rare, mais il m'arrive d'être fier d'être Français.

  • Les Nefs de Pangée - Nouvelle critique

    Cette fois, par un écrivain ! Laurent Cachard embrasse tout le récit, s'interroge et, autant vous prévenir, spoile un peu. Les lecteurs prudents attendront donc d'avoir fini (ou d'avoir au moins avancé des deux-tiers), les Nefs, pour prendre connaissance de cette superbe et riche chronique.

    Je lui suis d'autant plus reconnaissant que cette forme ne lui est pas habituelle et que je l'avais mis à l'aise : dis-moi juste ce que tu en penses, tu n'es pas obligé de chroniquer (oui, parce qu'on se connaît, et ça, ce n'est pas trahir un grand secret).

  • 2754

    On allait comme ça, entre deux nuits, décalotter les calotins, faire mordre la poussière aux coquins, les phrases que trouvait Huché quand il était inspiré, à marcher dans cet hiver qui nous enfonçait le chapeau dans les épaules, éparpillait nos balles dans le pays à cause de nos mains tremblantes, à reprendre les cris des loups et les cris des corbeaux, nos compagnons de mort et de froid. Je sais bien ce qu'on était, charognards semblables, animaux guère plus, enfin je crois que c'était nous, ce qui restait de nous. Il y avait bien une noble mission, à l'origine, là-bas, au premier de nos pas, il y avait une idée de grandeur et d'élévation quelque part à la source, mais les loups et les corbeaux sont de piètres ouvriers pour accomplir si noble tâche, ils font tout salement, dévorent les proies sans les occire tout à fait, se foutent des plaintes des corps qu'ils déchirent, on se voyait à distance, hardes et hardes, on se reconnaissait, les loups nous auraient jamais attaqués par exemple, je crois qu'ils avaient appris nos uniformes, notre odeur, on devait leur paraître comme des pourvoyeurs, des alliés surgis de l'enfer pour leur faire le cadeau de l'abondance, bien leur tour, après tant d'années de fuite, on leur livrait les entrailles fumantes de leurs chasseurs, on punissait ceux qui les massacraient.

     

    La Grande Sauvage. Extrait. En cours d'écriture. A paraître chez Phébus en 2017.

  • 2753

    « Vous n'allez pas faire ça ? » dit-il, horrifié, mais le scénariste ne se donna pas la peine de répondre, il frappa sur son clavier et écrivit une histoire de jumelles amnésiques tenancières de bordel nazi, car il n'avait aucun scrupule. « Et peut-être même qu'il y aura des ninjas » fit-il, impitoyable, avant d'être secoué d'un énorme rire démoniaque.

  • 2752

    Donc, pas de publication majeure cette année. La Grande Sauvage sortira en 2017, Minotaure sera créé au Théâtre de Roanne dans un premier temps, en 2017 également, et Voir Grandir, ce récital de textes mis en chansons par Jérôme Bodon-Clair, ne sera produit qu'en 2017, lui aussi. Du coup, ce sera exagérément chargé. C'est dommage, j'aurais aimé qu'au moins un de ces axes de création trouve un aboutissement cette année, puisque de mon côté, tout est écrit. C'est ainsi ; on ne décide pas tout.
    En attendant, côté publication, ce sera très calme disais-je ; il y aura tout de même un joli recueil sur l'utopie, édité par les excellents Moutons électriques. J'en reparlerai avant sa sortie.
    C'est surtout grâce aux rencontres consécutives au coup de cœur Lettres-frontière pour l'Affaire des Vivants, que mon emploi du temps va se remplir. Je serai :
    le 26 janvier à la Médiathèque de Genève-Minoteries,
    le 4 février à la Médiathèque d'Annemasse,
    le 3 mars à la Médiathèque de Saint-Cergues,
    Les 12 et 13 mars pour un salon du livre à Villefranche-sur-Saône,
    le 18 mars à la Médiathèque d'Allonzier-la-Caille,
    (et/ou normalement : au Salon du Livre de Paris sur le stand des Indés de l'imaginaire)
    le 24 mars, à la Médiathèque de La Part-Dieu (Lyon), pour évoquer avec Aurélien Delsaux notre travail sur les romans en cours. Nous sommes tous deux bénéficiaires de bourses d'écriture de la DRAC et c’est à ce titre que nous nous exprimerons. Débat organisé par l'ARALD et animé par Danielle Maurel (qu'on aime),
    le 1er avril (oui) à la Médiathèque d'Arenthon,
    les 7/8 et 14/15 avril, je serai à Paris par procuration, sur la scène du Théâtre du Point-du-Jour, pour une série de représentations de Pasiphaé,
    le 9 avril, à la Médiathèque de Mégevette,
    le 30 avril, à la Médiathèque de Thonon,
    le 19 mai, à la Médiathèque de Saint-Etienne (je ne sais plus laquelle, je préciserai en temps utile),
    le 27 mai, à la Médiathèque des Houches,
    les 3 et 4 juin, pour la traditionnelle carte blanche organisée par la Médiathèque de Gilly-sur-Isère. J'aurai le plaisir et l'honneur de recevoir et de présenter Christian Degoutte et Emmanuel Merle, des auteurs qui, des auteurs que... pour qui il faudra que je trouve les mots, voilà,
    le 11 juin, à la Médiathèque de Saint-Haon-le-Châtel, pour une petite « causerie » autour de 10 œuvres choisies dans le domaine des arts plastiques.
    C'est tout pour l'instant.

  • 2751

    M. Loiseau honorait sa femme quotidiennement, mais ses transports étaient excessivement brefs. Quand Mme Loiseau s'en plaignit, son mari lui expliqua que c'était une méthode sûre pour obtenir un fils. Il prévoyait d'ailleurs de l'appeler Sonny. Car c'est petit à petit, que Loiseau fait Sonny.

  • 2750

    Le sinistre 7 janvier, on répétait Pasiphaé. La pièce serait sur scène pour la première fois deux jours après.
    Le terrible 13 novembre, j'étais à Genève où j'avais le bonheur de recevoir le coup de cœur Lettres-Frontière pour « L'Affaire des Vivants ».
    Fin août, sortait « Les Nefs de Pangée » et il ne s'est rien passé de fâcheux, à ma connaissance.
    Voyez : rien de systématique.

     

    (Note N°2750, un joli chiffre rond pour nous souhaiter un bel anniversaire, hein, ma douce ?)

  • 2749

    Il se réveilla et décréta que ce jour naissant serait le premier de l'an 1 de quelque chose. Satisfait de ce formidable apport à l'humanité, il se rendormit.