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Livres

  • 3740

    couvHB.pngEst-ce qu'une forme littéraire, longuement élaborée au fil des ans, très aboutie, ne fait pas prendre à son auteur le risque de se trouver démuni face à certains enjeux ? Je m'explique : j'ai souvent dit ici mon admiration pour le travail d'Hervé Bougel, en tant qu'éditeur bien sûr (les éditions Pré#Carré, c'est lui), mais aussi en tant que poète (« Travails » ; « Les pommarins ») et auteur de textes en prose (« Tombeau pour Luis Ocana », par exemple). L'obsession de l'auteur, si l'on veut, est l'économie, et cette économie de moyens et de mots (« quand on veut dire quelque chose d'essentiel dans la vie, ça tient en peu de mots : Ta gueule, Je t'aime, etc. » dit souvent Hervé Bougel) conduit à une sorte de netteté, presque de sécheresse (non pas de stérilité, entendons-nous bien). L'ambition de son dernier ouvrage « Une inquiétude », parue aux éditions Mazette, l'oblige à définir les contours de ce sentiment aussi incertain et diffus par les moyens d'une écriture qui a eu pour exigence principale de se débarrasser des scories et des séductions, de tout lyrisme, pour mieux dire les choses avec simplicité et... netteté. La lecture de « Une inquiétude » me fait me poser la question qui ouvre ce billet, aussi naïve soit-elle (car pourquoi une écriture serrée et aiguisée serait-elle contraire, a priori, à l'exploration de sentiments confus ?). C’est pourtant cet écart (ce hiatus ?) que j'ai ressenti. C'est un beau texte, mais dont la rigueur m'a tenu à distance de ses enjeux.
    Bougel place d'emblée dans la bouche de sa comédienne (car c’est un texte qui devra être porté sur scène, et c'est un élément important sur lequel je reviendrai), un constat : l'inquiétude est une angoisse commune, « simple, ordinaire, banale » ; « pas un drame, pas un malheur ». Comment la définir, « cette chose silencieuse et cachée » dont on ne connaît ni la force, ni la forme ? Comment « nommer cette chose par ce qu'elle n'est pas » ? Il ne s'agit donc pas de saisir « une » inquiétude particulière, mais son principe-même. Alors, on multiplie les synonymes, les équivalences : « malaise », « renoncement », « trouble », « mouvement », « angoisse », pour tenter de cerner le phénomène. On échoue. Le monologue explore dans une deuxième partie la solution provisoire qui s'impose : l'attente. Puisque définir est impossible, puisque saisir est difficile, reste à patienter « sans espoir, sans sommeil ». Une attente qui frôle l'apparence de la mort. « Je suis un caillou » dit-elle. Le troisième monologue approfondit cette idée d'une attente aux parages de la mort, où le corps accepte de devenir tertre et tombe « mains croisées sur mon ventre », livré à la dévoration des petits insectes. Elle s'interroge, avec l'auteur : « peut-être un mot m'a-t-il manqué ? » Question cruciale.
    Le dernier monologue fait surgir les sensations physiques, « j'entends tout battre en moi », le corps retrouve le froid, et la langue de Bougel, l'efficience de sa clarté. Ce quatrième monologue (le texte est sous-titré « Quatuor ») se clôt sur l'évidence de la présence, l'indiscutable existence physique qui permet ou impose de se penser « c'est moi, / c’est là que je suis / là que je vis (…) là où j'ai la patience d'être moi. » Ce n'est peut-être pas un mot qui lui manquait, mais la reconnaissance de sa simple présence au monde.
    Alors, ce qu'est l'inquiétude, selon Bougel ? Le laps compris entre l'angoisse de la perdition, et les retrouvailles avec sa densité de chair. C'est en tout cas ainsi que je l'ai compris(e).
    Une dimension essentielle doit être rappelée, et mérite un prolongement de cette brève évocation : le texte est écrit pour être porté par une comédienne, et accompagné au violoncelle. On peut donc estimer que l'expérience de la seule lecture papier ne lui rend pas justice. Car c'est ici que la « netteté », l'apparente froideur de certains passages, deviennent un atout : il y a dans ces lignes toute la place voulue pour qu'une comédienne les incarne. Ces mots, ces vers dépouillés, si sobres qu'ils semblent simplistes : « mon cœur serré / est en peine / en tristesse » prendront alors une puissance qu'une lecture silencieuse ne permet pas de percevoir. Je veux dire que Hervé Bougel a produit un véritable texte de théâtre et, qu'à ce titre, aborder « Une inquiétude » sous sa forme publiée, si c'est nécessaire, ne constitue qu'une approche de l’œuvre telle qu'elle devrait être vécue. C’est peut-être là que se situe, à la réflexion, l'écart que j'évoquais plus haut. Non pas un écartèlement entre forme littéraire et motif, mais une déperdition de sens et d'intention entre la dureté de vers égrenés sur papier, et leur profération sur scène.
    On a donc hâte d'en juger lors d'une mise en scène, soutenue par une bonne comédienne.

    « Une inquiétude (le quatuor) » Hervé Bougel. Editions Mazette. 50 pages. 10 euros.

     

  • 3734

    « J'ai fait venir une clim' pour mon bureau, dit-elle en se forçant à rire. Sauf que j'ai passé toute ma journée en rendez-vous extérieurs et je me sens crade. Gluante. En plus, ça encombre. Maintenant, si je mets l'appareil en route, je vais prendre froid. — C'est absurde, dit Nicolas après un temps. Tout ce qu'on fait est absurde. — Je ne crois pas. — Non, bien sûr, parce que tu fais des choses importantes. » Elle émit un gloussement. « Ça va, me cherche pas. Fait trop chaud. — Un boulot qui mérite qu'on travaille au frais. — Si tu veux. — On a vraiment eu peur pour Pierre. Maman était... — Tu as assuré. Merci. » Elle avait perçu le reproche sous la phrase, il le savait. Il lui était reconnaissant de ne pas s'être offusquée, de ne pas avoir bondi sur cette pique. Il avait été injuste. « Une épreuve, souffla Nicolas. J'ai trouvé ce que c’est, cette canicule. Une ordalie. — Une ordalie ? — Une brûlure qu'on s'infligeait pour prouver sa bonne foi. Si la brûlure guérissait dans un court délai, c'est que Dieu attestait de ton innocence. — C'est débile. — C'était la vérité d'une époque. Elle était indiscutable. Nos morts sont indiscutables. La canicule est indiscutable. Le fait que nous y soyons tous pour quelque chose est indiscutable. — Tu plaisantes ? C'est discutable. Tu vas pas me ressortir tes histoires de réchauffement climatique ? — Non, rassure-toi. C'est ma vérité, ce n'est que ma vérité indiscutable. — Indiscutable. — Comme les appareils qui rafraîchissent et contribuent au réchauffement, comme tous ces objets… » Il se tut. Livia marmonnait un air à la mode. Elle lui laissait la parole ; cela lui arrivait parfois. Elle avait envie de quelqu'un en veine de bavardage, ce soir. Nicolas tombait pile. « Tu te rends compte qu'ils ont tous un nom ?, reprit-il vivement, comme inspiré. Tout porte un nom, c'est effrayant. Les objets que l'on nomme. Cette manie de définir la moindre chose. » La frappe sur le clavier avait repris, elle n'était déjà plus là. « Rien n'échappe à notre frénésie de taxonomie. On définit tout, jusqu'au cloaque du moindre insecte, la substance du moindre microbe, jusqu'au fragment le plus infime du temps. C'est une façon d'assécher le monde. Et on n'a qu'un nom pour la canicule. Alors que ceux qui ont succombé à l'ordalie... — Dis-donc, ça cognait à Roanne... — La confusion de cadavres comme disait Flaubert, tous ces anonymes. Et tous ceux des siècles à venir. La foule est innommable. — Dieu est innommable. » Il grogna. Elle aurait toujours le dernier mot.

     

    Noir canicule. Extrait. Sortie en mars, chez Phébus.

  • 3716

    Il est très rare (circonstances plutôt qu'indifférence) que j'anime un rencontre autour d'un livre. Celui-ci est très particulier. Il s'agit d'une anthologie. Une savoureuse et riche recension des écrivains (morts ou vivants), qui ont écrit sur ma bonne ville, Roanne. Des surprises : Laurence Sterne, David Ponsonby (compositeur élève de Nadia Boulanger), de grands noms (Tournier, Sabatier, Saint-Exupéry, Barbara, Arsand, Ponge...), des oubliés (Montforez, Mercier...) et d'actuels, dont l'excellent Christian Degoutte que j'ai évoqué sur ce blog nombre de fois.

    Pierre-Julien Brunet a accompli un travail assez incroyable. Je lui ferai dire l'origine, les recherches, la réalisation, la récompense enfin, la publication de "Regards d'écrivains". Son complice Dom Thoral, sera là pour parler de son regard de photographe sur la ville. On va se régaler, je vous le dis. C'est ce soir, à 18 heures, au Jardin de Papier, rue Maréchal Foch, à Roanne, justement.

    Affiche_RencontreDedicace_Brunet_22nov2019.jpg

  • 3714

    Les livres commencés s'accumulent. Les notes sur les carnets sont poussives. L'écran ne s'allume plus que pour de vagues enquêtes… Des périodes qu'on aimerait ne pas traverser ou mieux : ne pas connaître. Dont l'expérience récurrente assure pourtant qu'elles sont, à terme, fécondes. Patienter, lové dans les sombres draps de la mélancolie. Patienter. Et, comme disait Paul (merci à Françoise pour ce rappel) :
    « Ces jours qui te semblent vides
    Et perdus pour l’univers
    Ont des racines avides
    Qui travaillent les déserts
    [...]
    Patient, patience,
    Patience dans l’azur!
    Chaque atome de silence
    Est la chance d’un fruit mûr!"

  • 3692

    La dame passe devant moi. S'arrête. Elle regarde mes livres, jette un œil sur le panneau qui dit mon nom, me dévisage, non, décidément, elle ne voit pas quel écrivain je peux bien être. Elle ne m'a jamais vu à la télé. Je la sens inquiète, alors je tente : « Je ne suis pas très connu, rassurez-vous. » Soulagée, elle me demande gentiment : « Et ça va, vous vendez un peu de livres ? » Je lui réponds qu'on fait ce qu'on peut, que voulez-vous. Alors, avec la plus grande compassion, beaucoup de gentillesse, elle veut me consoler et lâche dans un soupir : « Et oui ; c'est que vous êtes pas connu. » On n'en sort pas.

  • 3691

    Le salon du livre de Saint-Etienne s'appelle "La Fête du livre". Réjouissons-nous donc, même si c'est dur à prononcer (joui-sson-nou-donc).

    J'y suis invité et, joie supplémentaire, sur le stand de la librairie "Le Quartier Latin", au côté de Jean-Noël Blanc. J'y défendrai les couleurs de mon petit dernier "Mines, rives et Minotaure", coédité par Le Réalgar et la Ville de Saint-Etienne. Un texte inspiré par mon séjour (une résidence d'auteur), de plusieurs mois dans ladite cité.

    Il sera justement question des relations entre Saint-Etienne et l'écriture lors d'une table ronde, en compagnie de l'excellent Lionel Bourg et d'autres auteurs (non moins excellents sans doute, mais dont je n'ai hélas rien lu) : Pierre Mazet, Grégory Mazenod et Jean-Louis Pichon. Nous tenterons de cerner les conditions par lesquelles Saint-Etienne est une ville romanesque. Pour cela, c'est la prestigieuse Ecole nationale Supérieure d'architecture de Saint-Etienne qui nous accueillera (et je m'aperçois qu'il vaudrait mieux que je commence à songer à y dire des choses intelligentes). Samedi 19, à 11h30.

    Et, en dehors des interviews sur RCF et France Bleue, on pourra me retrouver au Musée de la Mine pour une lecture-déambulation-rencontre, le samedi à 14 heures, et le dimanche à 10 heures.

    Le reste du temps, dès vendredi 15 heures, je serai, gentil et patient, sur le stand du Quartier Latin, pour signer des livres, comme il se doit, et ce, jusqu'au dimanche 18 heures (ou jusqu'à ce qu'on me dise "faut y aller maintenant, hein ?").

    Enfin, comme j'aurai un peu de temps vendredi, je compte bien rendre une petite visite au salon des éditeurs, une sorte de méga-off, à la bourse du travail.

  • 3686

    J'ai fait l'expérience de me lire. On se relit beaucoup, on ne se lit pas vraiment. Il faut pour cet exercice une distance que le travail empêche. Il faut une attitude détachée de certains enjeux, une posture de quidam qui ouvre un bouquin et espère passer un bon moment, tout simplement. J'ai donc lu « Les Nefs » et « Martin Sourire ». J'en conclus, chers lecteurs, que vous avez bien du mérite.

  • 3682

    13.172j-n Blanc.006.jpgDans une semaine, précisément (vous pouvez faire le calcul), la bibliothèque de Fleury-la-Montagne, celle-même qui a déjà reçu Maryse Vuillermet, Christian Degoutte, Laurent Cachard, Louis Dubost et tant d'autres remarquables auteurs, ouvre ses portes à l'un des plus prolifiques et insaisissables d'entre eux : Jean-Noël Blanc.

    Personnellement, je n'ai lu qu'(un peu plus d') une demi-douzaine de ses livres, et c'est donc trop peu, compte-tenu de sa production, pour l'évoquer savamment. Je peux cependant affirmer avoir goûté dans ses textes le phrasé exquis et gourmand, avoir savouré dans ses récits l'invention généreuse, l'humour, la bienveillance. Avoir découvert une sorte de philanthropie lucide. Ce qui n'est pas le moindre exploit.

    Lors de ma résidence à Saint-Etienne, il fut l'un de mes guides, l'un de ceux, essentiels, qui m'accueillit, m'ouvrit réseau et contacts.

    Je suis sacrément fier de pouvoir lui serrer la paluche, je vous le dis !

    Ce sera donc samedi 12 octobre à 18 heures, à la bibliothèque de Fleury.

    Inutile que je beugle, en conclusion : "Venez nombreux !", je pense que vous avez saisi l'idée : ça va être bien.

     

     

  • 3677

    Aurelia Kreit

    Couv-AK.pngNous n'allons pas nous y attarder, mais la genèse de ce roman fait partie intégrante de la légende qui le sous-tend. Il y est question d'un groupe musical formé à Lyon il y a trente ans, dont l'auteur fut un fan. Un groupe qui avait pour nom ce patronyme imaginaire, Aurelia Kreit, incarné par une photo d'inconnue (aujourd'hui en couverture du livre), image assez inspirante pour qu'une histoire y fût attachée. Une histoire d'exil, de fuite, de temps troublés et cruels… Parmi les auditeurs, le jeune Laurent Cachard se mit à rêver de ce qu'avait pu être la vie de cette petite fille. Une certaine reconnaissance, plusieurs publications primées plus loin, il considéra -la littérature lui étant devenue langage privilégié- qu'il était prêt à s'emparer de son histoire. Voici donc, édité par « Le Réalgar » (dont la ligne éditoriale est généralement attentive aux textes courts), le vaste roman historique qui nous était promis par l'auteur depuis si longtemps.
    Aurelia Kreit est née en 1900, en Urkaine. Elle est la fille d'un ingénieur juif. Dans Iekaterinoslav, village de la « Petite Russie », cela signifie qu'on est en terrain hostile et qu'on doit se préparer, d'un jour à l'autre, à changer de vie. Pour échapper aux sabotages, aux pogroms, aux meurtres impunis, aux haines épidermiques encouragées par le Tsar, deux familles juives amies décident de fuir. Hommes et compagnes séparés d'abord, par ruse, par souci de discrétion. Anton et Olga, Nikolaï et Varvara traversent avec leurs enfants les paysages de l'Ukraine, font escale dans les capitales mythiques de ces temps : Odessa, Vienne, Constantinople, Paris… pour finir par se forger une identité française (en germe dans leur intérêt pour Hugo, dès les premiers chapitres) à Lyon et, pour quelques survivants, à Saint-Etienne. On découvrira au passage qu'il exista une organisation de résistance juive à l'oppression, dès le début du XXe siècle et qu'il y eut, avant Freud, à Vienne, certain médecin impliqué dans la recherche de causes psychologiques dans l'incompréhensible mutisme d'enfants traumatisés. On pourra oublier les données techniques sur la sidérurgie ou l'armement de l'époque, sans dommage pour la compréhension de l'histoire.
    « Aurelia Kreit » a été pensé, selon l'antienne de son auteur, comme son « grand roman russe ». Au fil des plus de dix ans d'écriture, d'amendements, de repentirs, d'abandon, de sursaut, de volonté, d'acharnement, il est devenu autre chose : un objet littéraire singulier. Un roman historique, certes, et encore, mais surtout, une traversée dans le temps et par les pays, des consciences. Tout s'imbrique. Plus que les héros, se sont leurs âmes qui sont ballottées d'un point à l'autre, en quelque sorte écho de leur trajectoire physique. La petite qui incarne le livre, qui clôt le récit tout en l'ouvrant, a été, dans cette lente opération de maturité du texte, déplacée en marge du récit, et cela pourra surprendre le lecteur. Il faut comprendre que tous les personnages sont aimés de l'auteur. Même ceux qu'il sacrifie au fil de nombreuses et complexes péripéties, qui persisteront, spectres amicaux, à hanter le reste du roman. Aurelia Kreit ne force donc pas le destin à la manière d'un personnage commun de roman (ou de roman commun), elle est le témoin sans voix du destin des autres. Situation malaisée qui a cependant l'avantage de créer la distance d'observation dont le romancier est passé maître. Les remuements de pensée, les méditations et introspections sont donc les grands moments, les vrais gestes littéraires de « Aurelia ». En regard, l'Histoire devient prétexte, aussi documentée soit-elle. Les exilés de son grand roman russe ajoutent leurs voix aux nombreuses créatures du zoo humain cachardien. Autant de perceptions uniques de ce que c'est que vivre malgré tout, que d'exister et d'affronter les événements sans prétendre qu'on les contrôle.
    IMG_20190928_145033.jpgOn ne saura plus, un jour, de quels étonnants détours et amours est né « Aurelia Kreit. » Le roman ne sera témoin que de lui-même, y compris pour son auteur. Quelle postérité attend un texte aussi singulier, quels lecteurs voudront s'approprier ses questionnements ? Il faudra sans doute du temps pour que ce livre, son tempo, son sujet, la période qu'il explore, ses rebondissements, ses apparentes digressions, s'imposent dans un paysage littéraire qui ne l'attendait pas. On est reconnaissant aux éditions Le Réalgar d'avoir ainsi osé se distraire de leur ligne habituelle pour s'engager dans un tel ouvrage éditorial (430 pages plus les notes, fort bien mises en page, d'ailleurs). C'est un pari sur demain. Un pari nécessaire.

     

    Aurelia Kreit. Laurent Cachard. Editions Le Réalgar. 440 pages. 20 euros.

     

    Photo : Laurent Cachard, à la libraire Le Tramway, à Lyon, évoquant son roman, le samedi 28 septembre 2019, devant une nombreuse assemblée.

     

    On lira avec bénéfice la belle chronique d'Esther Rochant, mise en ligne sur le blog de Laurent, le Cheval de Troie.

  • Nouvelle critique des Nefs de Pangée

    Postée sur Canal Hurlant, "un site qui dit du mal, mais le fait bien", une marrante recension des Nefs, menée avec verve. La fin de l'article est mitigée, mais il me semble (je crois, on dirait bien, au fond, tout de même, un peu) que c'est quand même globalement positif, comme dirait un ancêtre.

  • 3630

    Causerie sur le thème « mes œuvres favorites »
    Saint-Haon-le Châtel, le samedi 15 juin.

    Il s'agissait de limiter son choix à dix. Je n'y suis pas parvenu. Alors, je me suis dit : « faisons-nous plaisir… » Après un rapide aperçu de l'histoire du livre (car de quoi parle-ton quand on parle de livre ?), je vais proposer un parcours de hasard parmi mes livres aimés.

    Comme on va le voir, un certain goût pour le monumental, en tout cas, en début de "carrière de lecteur" (la faute à Hugo, ça !), et puis, une certaine maturité, une curiosité, des envies d'infimes et d'intime, donnent ce mélange. Mais nous sommes tous lecteurs de cette eau, plus ou moins, n'est-ce pas ? (je veux dire, curieux, infidèles, passants).

    Les livres dont je vais essayer de parler (listés ici sans ordre, qu'importe) :
    Franck Herbert, Dune ; Homère, L'Iliade ; Dante, La divine comédie ; Gilgamesh ; K. Dick, Le maître du Haut-château ; Hugo, La Légende des Siècles ; Flaubert, Salammbô ; Steve Tesich, Karoo ; Laclos, Les liaisons dangereuses ; Auclair et Deschamps, Bran Ruz ; Emmanuel Merle, Dernières paroles de Perceval ; Christian Degoutte, Il y a des abeilles ; Cavanna, Les Russkofs ; Virginia Woolf, Mrs Daloway ; Pierre Michon, Corps du Roi ; Violette Leduc, La main dans le sac ; Julien Gracq, Le Rivage des Syrtes ; Marguerite Yourcenar, Les Mémoires d'Hadrien ; Eric Chevillard, La Nébuleuse du crabe ; Easton Ellis, Moins que zéro...

    Les livres dont j'aurais aimé parler :
    La femme de sable, Chloé Delaume ; Lydie Salvaire, BW ; Millet, La vie sexuelle de Catherine M ; Pauline Réage, Histoire d'Ô ; Melville, Moby Dock ; Simenon, Des inconnus dans la maison ; Peyo, Le schtroumfissime ; Annie Ernaux, La place ; Antonio Lobo Antunes, Splendeur du Portugal ; Colette, La Maison de Claudine ; Rimbaud, Une saison en Enfer ; Otomo, Akira ; Marcel Marïen, Figure de poupe ; Daniil Harms, Un tigre dans la rue ; Buzatti, le K ; Serge Brussolo, Enfer vertical en approche rapide ; Volodine, Biographie comparée de Jorian Murgrave ; André Breton, Nadja ; Howard, Conan ; Burroughs, Tarzan ; La Bible (L'Ecclesiaste) ; tout Rabelais, tout La Fontaine ; Umberto Eco, Le Pendule de Foucault ; Philip Roth, La tache ; Elfried Jelinek, La Pianiste ; Salinger, L'attrape-coeurs ; Henri Alleg, la Question ; Truman Capote, De sang froid ; Céline, Voyage au bout de la nuit ; Leo Perutz, Une nuit sous le pont de pierre ; Eco, Le Pendule de Foucault ; Pirandello, Henri IV ; Ionesco, Le Roi se meurt ; Conrad, au cœur des Ténèbres ; Mc Carthy, L'obscurité du dehors ; Chessex, L'Ogre ; Elfried Jelinek, La Pianiste ; et La Recherche, du petit Marcel, bien sûr…

    Dès que je la reprends, cette liste, je la trouve contestable. Elle change sans arrêt depuis deux semaines (la peur d'oublier un choc esthétique majeur et de devoir embrasser l'ouvrage injustement écarté en lui disant "Je te demande pardon"). J'aimerais vous y voir, tiens.

  • 3628

    En préparant une causerie sur "mes livres préférés", j'ai imaginé présenter les ouvrages au hasard, par « passerelles », car m'est venue, dans l'exercice, l'idée que nous recherchons, dans nos lectures, à perpétuer l'éblouissement perdu de la première vraiment importante pour nous, le choc esthétique initial, et que nous prolongeons, au travers des découvertes les plus variées, la lecture d'un immense ouvrage qui serait celui de notre vie. D'où le fait que nous rejetons ou adoptons tel ou tel texte, quelle qu'en soit la nature, parce qu'il est plus ou moins éloigné de ce récit séminal, abordé dans notre préhistoire.

  • 3627

    Sous la houlette du précieux Jean Mathieu, la bibliothèque de Saint-Haon-le-Châtel a imaginé un cycle de causeries intitulé « Mes dix œuvres favorites ». Cette semaine, je serai l'un des orateurs qui se sont succédé, mois après mois depuis janvier, pour exposer et expliciter leur choix. L'an dernier, les « causeurs » présentaient leur musée personnel d’œuvres artistiques (peintures surtout, sculptures et/ou installations parfois). Cette année, il s'agit d'évoquer des livres. La question se pose d'abord de savoir ce qu'est un livre et, si le terme d’œuvres, conservé pour intituler cette nouvelle série, permet d'élargir les choix (par exemple, je vais présenter le cycle de Dune comme un seul ouvrage, bien qu'il soit composé d'une dizaine de « livres »), l'exercice consiste bien sûr à plonger dans la masse des lectures d'une vie pour en extraire les ouvrages marquants. Il faudrait qu'il n'y en ait eu que dix ! C'est infernal, impossible, bouleversant, sans exagérer. Ma liste a changé constamment ; elle risque de se modifier jusqu'à la dernière minute. Dans ceux qui résistent à tous les atermoiements et repentirs, je m'aperçois qu'il y a peu de livres actuels, disons des dix dernières années, comme si les livres qui comptent vraiment pour moi se situaient surtout dans une zone du temps où mon cerveau adolescent recevait mieux leur puissance. Impossible de m'en tenir à dix, disais-je. C'est le paradoxe : si on me demande de choisir un seul livre (la question éternelle de l'île déserte), je crois que je peux le désigner (ne me le demandez pas là, tout de suite), mais dix ? J'admets que je m'en suis trouvé incapable. Il y en aura plus du double, hélas, dont des textes « fondateurs » (textes assez influents pour fonder des civilisations ou témoigner éternellement de leur caractère, comme l'Iliade ou l’Épopée de Gilgamesh). Face à ces monuments, quelle littérature mettre en lumière ? La plus intime, la plus infime, celle des ralliements minuscules, des remuements presque indicibles, la littérature qui, ai-je pu croire en la découvrant, ne parlait qu'à moi seul. Vanité du lecteur. Pour en savoir plus, venez partager ce gentil moment samedi 15 juin, à partir de 17h13 (pourquoi 13 ? : parce qu'un précieux ami m'a dit de l'attendre, il ne peut être au rendez-vous à 17 heures pile, l'heure promue initialement, alors… 17h13).

    Sinon, venez aux rencontres suivantes, basées sur le même exercice :

    6 juillet Bruno DUSSUD, Isabelle et Philippe PRAS
    14 septembre Jeanne PATFOORT et Gisèle LOIRE
    12 octobre Catherine PERARD
    9 novembre Dominique FURNON.

  • 3593

    Nous sommes en avril 2019. Je réalise ce fait anodin, en me levant. Et s'impose soudain un constat : il y a maintenant plus de cinq ans que, soutenu par ma douce, j'ai pu quitter mon travail pour me consacrer à l'écriture, exclusivement. Ai-je été à la hauteur du pari, ce que j'ai produit depuis valait-il tous ces sacrifices ? Voyons, faisons un point.

    Les romans, d'abord, publiés ou refusés, je les ai tout de même écrits :
    Les Nefs de Pangée (sortie septembre 2015, Éditions Mnémos). Prix des blogueurs SF 2016.
    La Vie volée de Martin Sourire (sortie janvier 2017 chez Phébus) Bourse d'écriture DRAC 2015. Coup de cœur Prix Claude Fauriel, finaliste prix du roman historique magazine Historia.
    Les Provinciales
    Cryptes
    Le Radical Hennelier (reprise et réécriture puis prolongement d'un court roman d'abord publié sur Kronix, cette version n'a plus aucun rapport, hors les premières pages)

    Pieds nus sur les ronces
    Mado
    Les Inconsolables
    Noire Canicule (titre provisoire. A paraître premier semestre 2020 chez Phébus)
    Demain, les origines. Vol.1. (en cours de lecture chez Mnémos)


    Théâtre :
    Pasiphaé, création premier trimestre 2015. Deuxième version en 2016.
    Minotaure. Création 2017
    Le sort dans la bouteille. (la pièce sera créée par François Frapier en 2019).
    Courage. Pièce écrite pour une classe de 2de au lycée Jean-Puy, à Roanne.

    Nouvelles :
    La Joyeuse. Editions Le Réalgar (2014)
    Ma life
    Nulle part, tout le temps (2016, in Un Tremplin pour l'Utopie. Sélection Prix Rosny-Aîné 2017)
    Etrangères (éditions Les Petits Moulins, 2018)

    Poésie :
    Nos Futurs et Lucifer Elégie. Ed. Sang d'encre, 2014.

    L'Exacte Joie. Livre pauvre, 2019. Illustré par Jean-Marc Dublé.

    Textes divers :
    Voir Grandir (mise en chanson par Jérôme Bodon-Clair. Sur scène en 2015)
    Paloma Courbeau pour revue Brasika Folio (2015)
    Où Roanne, Quand Roanne, Quelle Roanne ? (Colloque, avril 2015)
    A l'aplomb de la chair - texte pour Winfried Veit (avril-mai 2015)
    Portraits de Mémoire(s). Création 2016-2017. Articles pour le site et textes des chansons.
    Lettres-frontière 2016. Eté 2016.
    Winfried Veit, éclaireur infatigable (juillet 2016)
    La Messe d'or (pour le site patrimonial Lectura + Juillet 2016)
    20 ans Médiathèque Mably. Septembre 2016.
    Lettre Ouverte à l'autre que j'étais. Editions Le Réalgar, mars 2017.
    Salammbô, raté, comme un chef-d'oeuvre. Préface pour la co-édition « Merveilleux Flaubert » Mnémos- Les Moutons électriques. Juin 2017.
    Conférence : Art abstrait, retour aux signes. 2017.
    Conférence : Scènes de batailles ; Master Class 2017.
    L'avis de l'auteur (article pour le magazine Pages, avril 2018)
    Rives, Mines et Minotaure (texte écrit pendant la résidence Saint-Etienne. Publication prochaine par Le Réalgar)

    Contes :
    Le crocodile rouge. Pour l'illustratrice Maud Liénard. Inédit.
    Le vilain petit ballon ovale et La lubie de Monsieur Balèze. Pour le dessinateur Sarujin. Publication en juin 2019.

    Scénario de film :
    Joseph Déchelette précurseur de l'archéologie, 2017. Projet de réalisation pour 2019-2020.

    Scenarii de Bandes-dessinées :
    - Pour le dessinateur Cédric Fernandez :
    Cortés : trois albums.
    Les Mange-Failles : deux albums
    Complaintes des Terres du Nord : trois albums.
    Et des synopsis sur 14-18, Alexis de Toqueville, Che Guevarra, les Nefs de Basal. Le début d'un roman graphique pour le dessinateur Philippe Pellet, etc.
    - Pour le dessinateur Thibaut Mazoyer :
    A la droite du diable.

    Et un peu plus de mille notes de blog, je dirais. Voilà. Je crois que c'est tout. Bon...

  • 3592

    Je suis demain aux Intergalactiques de Lyon, avec une actualité particulière. J'ai le redoutable honneur d'être invité à participer à une table ronde dont le médiateur n'est autre que l'auteur de la fameuse chaîne Youtube Axolot (que je vous conseille, je suis fan depuis longtemps), en compagnie de luvan (on écrit comme ça, sans majuscule, j'aurai donc le plaisir de découvrir cette autrice et traductrice que, j'avoue, je n'ai pas encore lue car, découvrant son nom il y a deux jours, je n'en ai pas eu le temps), des youtubeurs de AlterHis et Confessions d'histoire (chaînes passionnantes également). Nous évoquerons les fins du monde dans l’Histoire : extinction des espèces, chutes des civilisations, et nous interrogerons sur ce que nous apprennent les épisodes historiques d’effondrement, de cataclysmes, et leur éventuelle influence sur la science-fiction. Pour ma part, n'étant pas un spécialiste, peut-être aurais-je l'opportunité de proposer une réflexion sur la singularité judeo-christiano-islamique, autour des notions de fins, de télos, de résolution. Notre préoccupation quasi originelle de l'idée de Jour dernier et de son influence sur notre foi absolue en une chute finale.

    Ce sera à 18h30, salle 2 de la MJC Monplaisir, 25 avenue des frères Lumière, Lyon 8è.


    Sinon, je suis en dédicace tout l'après-midi sur le stand des Indés.

     

    A vous voir.

     

     

  • 3556

    Ce samedi prochain 17 novembre à 18 h, la bibliothèque de Fleury accueillera Maryse Vuillermet.
    Il sera question de son récit sur les frontaliers qui partent chaque matin travailler en Suisse et chaque soir reviennent :"Frontaliers pendulaires, les ouvriers du temps", publié à la rumeur libre.

    L'an dernier, lors de a sortie de ce livre, je m'étais enthousiasmé :

    "L'auteure nous décrit, avec une précision de monteur de haute horlogerie, les attentes, les aspirations, les angoisses, liées à la condition des travailleurs « pendulaires ». On apprend des milliers de choses, c’est passionnant. Les descriptions du travail vertigineux des horlogers de luxe, la façon dont l'auteur détaille leur  recherche inconcevable de la perfection,  parviennent à nous faire toucher du doigt l'amour fétichiste que de tels objets peuvent inspirer. Je dois avouer que je comprends à présent qu'on puisse mettre 300 000 euros dans une montre. C'est un des effets imprévus de la lecture du livre de Maryse Vuillermet. Chaque métier est traité avec la même attention scientifique, combinée à une égale affection humaine pour les êtres. Cet équilibre maîtrisé fait de ce texte un récit passionnant, humain et pédagogique à la fois. Bouleversant et riche d'enseignements. Dans les derniers chapitres, le rêve éveillé d'un des protagonistes donne à voir la fin apocalyptique du système. Un avertissement car, nous dit Maryse Vuillermet en épilogue, « l'histoire ne s'arrête jamais »."

    Et apparemment, les responsables de la médiathèque ont apprécié également ce livre exceptionnel.

     

  • 3555

    Ce soir, 19 heures, à la Médiathèque de Mably, le groupe de lecteurs "Demain dès l'aube" dont j'ai le plaisir de faire partie, rendra son hommage à la littérature qui s'est emparée de la Grande guerre. Extraits d’œuvres de Barbusse, Céline, Rolland, Jaurès, Ball... et, en invité, un auteur bien vivant : Christian Degoutte, qui a récemment produit une série de textes autour d'une petite Vierge à l'enfant, venue de Verdun, passées entre de nombreuses mains (c'est en tout cas son hypothèse) pour être accueillie dans une chapelle de notre région. Ça s'intitule "Petite Mère", et cette prose superbe viendra donner le point de vue d'un auteur actuel sur ce drame de jadis, encore tellement présent dans la mémoire collective.

     

  • 3552

    Fête du livre ou salon des éditeurs stéphanois ? J'irai de ci de là, signer sur le stand G15 l'anthologie "Regards sur Roanne" de l'ami Pierre-Julien Brunet entre 1à et 12 heures, rencontrer mes nombreux ami(e)s dessinateur(trice)s et soutenir Laurent Cachard, rue de la République.

    Et puis, retour à la maison pour me remettre à l'ouvrage. "Demain, les origines" progresse, mais je suis encore loin, bien loin, de l'arrivée.

     

  • 3551

    Pierre-Julien Brunet évoque son anthologie littéraire de Roanne, travail remarquable dont il parle très bien au micro de Radio Val-de-Reins.

    cover.jpg"Roanne, regards d'écrivains" est une anthologie parue aux Presses universitaires de Saint-Etienne. Pierre-Julien et moi serons d'ailleurs dans cette bonne ville, samedi, à l'occasion de la Fête du livre, pour dédicacer l'ouvrage de 10 h à 13 heures, stand G15.

     

     

  • 3548

    Banniere-Spathul4.jpgA la Droite du Diable est un projet tenu depuis longtemps, souvent remis, repris, toujours conservé par Thibaut et moi comme un rendez-vous important qu'il ne faudrait pas manquer. Les choses auraient pu ainsi traîner et, peut-être, s'éteindre. Mais, bon sang, c'est que j'y tiens, à cette histoire !  2016-2017 ont été des années décisives, avec notre décision commune, le dessinateur et moi, d'en venir à bout, une fois pour toutes. Il faut ajouter l'apport essentiel, au niveau du story-board, d'Olivier Paire, alias Petelus, dessinateur original, ayant créé sa propre maison d'édition pour publier ses récits singuliers. La contribution d'Olivier a été déterminante, elle a donné l'élan nécessaire qui nous permet, aujourd'hui, de proposer notre album à la contribution de souscripteurs, via la plate-forme de financement participatif ULULE.

    L'histoire de A la Droite du Diable est située dans un pays imaginaire d'Europe. Le vieux tyran Spathül vit à l'écart de son propre pays, dans son immense palais construit tout à sa gloire. En apparence, tout semble se dérouler, autour de lui, comme depuis son accession au pouvoir, il y a des années. Spathül mène domestiques et ministres avec dureté. Capricieux, colérique, dépressif, il peut basculer soudainement d'un état euphorique à la fureur meurtrière, et connaît des accès de mélancolie et de désarroi. Le jeune Renzo - protégé par une femme de pouvoir trouble et ambiguë, amie de Spathül : Eva Krant- entre au service du tyran. Elle exige de lui qu'il trahisse son nouveau maître, alors que le garçon a des sentiments partagés sur Spathül. Sentant la fin proche, le tyran lui dicte ses mémoires tandis que chacun s'active pour opérer un basculement politique déjà amorcé en secret.
    On commence le récit avec des anecdotes plutôt grotesques, présentant le régime de Spathül sous un jour particulièrement ubuesque. Petit à petit, comprenant la comédie qui se joue autour de lui, et comme les sentiments de Renzo évoluent, le lecteur pourra ressentir lui aussi, toute l'ambiguïté des relations entre un valet, élevé au rang de confident, et son maître. On dit qu'il n'y a pas de grands hommes pour son majordome ; probable qu'il n'y a pas non plus de monstre pour ceux qui les côtoient. A qui doit-on fidélité ?

    Je vous reparlerai évidemment de ce projet pour en évoquer la genèse et quelques références dont le récit s'est nourri.