lundi, 28 décembre 2009
BW en 60 secondes
Portrait d'un homme, oui, mais aussi riche exploration des principes qui fondent une littérature exigeante.
BW, Lydie Salvayre.Seuil. Collection Fiction & Cie. 206 pages. 17 euros.
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dimanche, 27 décembre 2009
Le recours aux forêts et plus en 60 secondes
Je me suis lancé le défi de ce petit marabout'd'ficelle livresque. On trouve parfois des connections étonnantes, assez iconoclastes. Il faudrait développer ce qui est à peine esquissé ici. Mais c'est la limite et la fantaisie de ce petit exercice, de rester ainsi sur sa faim.
Le recours aux forêts, Michel Onfray. Galilée. 77 pages, 14 euros.
La Bible (L'Ecclésiaste). Vous avez vraiment besoin de référence ? (Bon, celle que je brandis est la Bible de Jérusalem, par exemple. Je vous parlerai un jour d'une tentative de Bible "littéraire")
Dire presque la même chose, Umberto Eco. Grasset. 433 pages. 22,50 euros. Remarquable !
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samedi, 26 décembre 2009
Préhistoire en 60 secondes
Je n'ai pas cessé de lire ces derniers temps, mais j'aime autant conserver cet espace pour les livres que j'aime, si vous voyez ce que je veux dire.
Préhistoire, Eric Chevillard. Les éditions de mInuit. 172 pages.
Vous pouvez (vous DEVEZ) retrouver Chevillard sur son blog : http://l-autofictif.over-blog.com/
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dimanche, 20 décembre 2009
Le mur invisible en 60 secondes
Un livre qui s'enrichit après la lecture (parfois un peu ennuyeuse), parce qu'il vous hante. La marque des bons livres.
Le mur invisible. Marlen Haushofer. Actes Sud. 254 pages. 21 euros.
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jeudi, 26 novembre 2009
Ce ne sera pas pour Noël
Rien de très grave, mais pour des raisons techniques liées à l'édition d'un autre livre dans la même collection, la sortie du "psychopompe" est retardée. Ce sera pour février. D'une certaine manière, j'aime autant, cela me permettra de l'annoncer plus en amont, de faire un travail de fond sur la couverture (je n'étais pas très satisfait des projets actuels), et puis la vie du "Baiser de la Nourrice" se poursuit. Restons-en là pour l'instant.
Pour "le psychopompe", j'envisage une lecture publique d'extraits. Je cherche un lieu intéressant, pas trop grand, convivial. A Roanne ou Lyon. Si vous avez des idées...
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mercredi, 25 novembre 2009
Les arpenteurs du monde en 60 secondes
Bref retour de votre rubrique préférée. Guère eu le temps de lire, ces jours-ci. Oui : je lis dans le bus. Or, les matins, le chauffeur met une radio débile à fond ; le soir, il fait très sombre, et il ne met pas la lumière. Un de ces jours...
Les arpenteurs du monde. Daniel Kehlmann. Traduit de l'allemand par Juliette Aubert. Bable, Actes Sud. 299 pages. 8,50 euros.
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mardi, 24 novembre 2009
Suisse et fin
On a fait le débat, c'était très bien. Sita, un peu nerveuse, nous présente. Dominique de Rivaz est une drôle de bonne femme, elle digresse un peu sur son histoire, sur l'impact de l'émission « La course autour du monde » à laquelle elle avait participé, il y a... un certain nombre d'années, et qui l'avait rendue brusquement célèbre. Elle parle enfin de son livre, dénonciation de ces expositions morbides où des cadavres plastinés sont offerts à la vue du public. Quand à moi, il a fallu que je raconte à nouveau l'événement qui m'a inspiré l'écriture dans l'urgence du « Baiser de la Nourrice ». Des questions, l'animatrice parfaite, le public est attentif et, parfois, s'amuse. Et que dire ? C'était formidable, quoi.
Bon, j'en ai ma claque. Je pourrais continuer le compte-rendu, vous raconter l'excellent spectacle du soir, mis en scène dans la somptueuse Bibliothèque (surchauffée) de la cité, Il s'agissait, pour un groupe de jeunes élèves, de faire vivre chaque roman sélectionné par la lecture d'extraits, à chaque étape d'un parcours dans l'architecture de ce lieu superbe (j'ai été alors particulièrement gâté, parce que la lecture du « Baiser » s'est faite dans une salle de lecture, élèves distribués à des tables, sous les lampes de lectures vertes. C'était superbe). Voilà, buffet, adieu à tous, merci vraiment, génial, touchant, surchauffé, on s'en va, on traverse le Rhône en compagnie de Laurent, crevé, et on dort sans couple anglais qui s'engueulent, le bonheur. Le lendemain, nous sommes partis, passage par la bibliothèque de la Part-dieu, à Lyon, pour consulter des documents d'époque, dont j'ai besoin pour mon roman en cours. Ma douce, aux anges, m'aide dans ce travail. Et nous voici cheuNou.
« Alors, c'était comment ? »
« Très chaleureux »
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dimanche, 22 novembre 2009
Lettres-frontière suite
Après un buffet où la lutte pour la survie trouve une nouvelle illustration, il est l'heure de la remise des « coups de cœur ». Je suis tellement détaché de l'enjeu que je reste en retrait dans la foule, comme spectateur. Les discours commencent et puis quelqu'un rappelle aux auteurs qu'il faut s'approcher. Ah oui : j'en suis. Je m'immisce dans un bloc compact de lecteurs, ce qui cause une sensation surhumaine, jusqu'au petit groupe qui se rencogne derrière orateurs et micros. Je découvre Yasmine Char et Julie Delaloye, mais l'heure n'est pas aux présentations, je leur dirai plus tard combien j'ai aimé leur livre. En fait, l'occasion ne me sera plus donnée, et je repartirai sans avoir pu même leur dire bonjour.
Un auteur de l'édition précédente a l'honneur de décacheter les enveloppes ; il s'en acquitte avec beaucoup d'humour. Le palmarès tombe, sans surprise : « Twist » de Delphine Bertholon pour Rhône-Alpes, « La main de Dieu » de Yasmine Char, pour la Suisse romande. On se presse pour congratuler les lauréates, après qu'elles ont, elles aussi, sacrifié au rituel du discours.
Tout cela donne faim, car ma douce et moi ne sommes pas les plus compétents en matière d'approche stratégique de buffet. Et puis, il fait toujours terriblement chaud. Nous sortons, accompagnés par Durif, qui n'en peut plus. Grâce à d'autres affamés partis en éclaireurs, nous trouvons une sorte de boulangerie-café surchauffée, où nous pouvons nous restaurer. Durif est décidément un être étonnant. Nous pouvons enfin discuter un peu. J'évoque timidement le beau moment de lecture que son livre m'a offert, et ma surprise de voir un livre des éditions « la rumeur libre » (« l'homme imprononçable », de Patrick Laupin) dans ses livres favoris. L'étonnement vient du fait que cet éditeur est quasiment invisible, Laupin presque inconnu ; mais Eugène Durif connait tout le monde, vraiment, sa culture, une fois de plus, me cloue d'admiration. Sa voix douce, son regard paumé continuellement. J'aime bien ce personnage. Retour au palais Eynard. Dans la journée, je parviendrai à écouter le débat sur le thème de l'adolescence où Delphine Bertholon et Yasmine Char sont présentes, avec Thomas Sandoz, auteur de « la Fanée » (que je n'ai pas encore lu). Le niveau des interventions est impressionnant, l'animateur (un pro de la radio Suisse romande, je crois) excelle dans les passages de relais, les liaisons intelligentes. Delphine parle de l'enfermement, physique et subi autant que psychologique et volontaire ; Yasmine évoque la construction d'un personnage, et son enfance. C'est un beau moment. Dans la même salle, j'étais, quelques minutes auparavant, en compagnie de Dominique de Rivaz (excellent « Douchinka »), interrogé de la même manière, par une jeune femme ravissante : Sita Potacheruva.
A suivre
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vendredi, 20 novembre 2009
Lecture au salon
J’assiste à la lecture de Claudie Gallay dans le très joli salon bleu surchauffé. Une nombreuse assistance entoure l’auteure. Elle lit un court passage, le public questionne, elle répond avec douceur à propos des lieux qui l’ont inspirée, des personnages qui sont nés sous sa plume. Elle est applaudie. L’organisation de la manifestation sur une seule journée nous oblige, ma douce et moi, à nous partager les débats et les lectures, qui se chevauchent en partie. Je manque ainsi la plupart des débats, et je me prépare pour ma lecture, dans le même salon bleu. Quelques minutes auparavant, je m’angoisse comme toujours, et tente de me convaincre que, s’il n’y a que dix personnes pour m’écouter, ma foi, c’est déjà pas si mal. Quand je m’avance pour rejoindre le responsable de la médiathèque de Saint-Etienne qui doit me présenter (tâche ingrate, comment parler d’un auteur qui n’a concrètement rien publié jusque là ?), stupéfaction : tous les sièges sont occupés, et on se rencogne contre les murs pour m’écouter. Le présentateur rame comme prévu, me lance tout de même, et je commence ma lecture asphyxiante (si vous avez lu mon bouquin vous aurez compris). Je dois dire que ça fonctionne pas mal, on applaudit la performance (oui, oui, car performance il y a !). J’ai réduit la lecture de moitié, de façon à garder du temps pour le dialogue. Je m’assois, les questions s’enchaînent, ma douce me mitraille, trop trop contente de me voir dans le rôle de l’auteur qu’on honore. Et je dois dire que ce n’est pas désagréable du tout. Un monsieur explique que la lecture à haute voix a éclairé le sens du texte, et qu’il va y revenir maintenant.
A suivre.
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jeudi, 19 novembre 2009
Nous y sommes
Nous prenons le bus surchauffé pour nous rendre au Palais Eynard, dans le mauvais sens évidemment, ce qui me laisse assez de temps pour dire à Claudie Gallay mon admiration pour « L’Office des vivants » et pour « Dans l’or du temps », et avouer aussi ma perplexité à la lecture des « Déferlantes », son dernier roman, grand succès, également sélectionné. Claudie comprend mes réticences, elle sait que ce livre n’a pas l’ambition littéraire de ceux que j’admire et qui ont eu peut-être moins de succès.
Le Palais Eynard est une belle bâtisse XIXème dans le style néo-classique-à-glands-et-dorures-pousse-toi-de-là, où l’on repère vite les portraits de la famille peints par Horace Vernet, rien que ça. Le grand salon surchauffé est comble. Après les discours, des centaines de personnes sont là pour communier dans l’amour de la littérature. Nous mourrons étouffés mais le sourire aux lèvres. Déjà, des bibliothécaires, des lectrices m’approchent, on parle de mon livre, on s’étonne de découvrir un type normal, pas plus poilu que soi, sans cornes au front, habillé comme un plouc de sa région. Une telle forme d’intérêt enthousiaste se reproduit pour chaque auteur, il faut le souligner. Cette curiosité pour l’acte d’écrire fait beaucoup pour créer une ambiance exaltante de bonheur.
A suivre.
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