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rencontres avec des gens biens

  • 3552

    Fête du livre ou salon des éditeurs stéphanois ? J'irai de ci de là, signer sur le stand G15 l'anthologie "Regards sur Roanne" de l'ami Pierre-Julien Brunet entre 1à et 12 heures, rencontrer mes nombreux ami(e)s dessinateur(trice)s et soutenir Laurent Cachard, rue de la République.

    Et puis, retour à la maison pour me remettre à l'ouvrage. "Demain, les origines" progresse, mais je suis encore loin, bien loin, de l'arrivée.

     

  • 3551

    Pierre-Julien Brunet évoque son anthologie littéraire de Roanne, travail remarquable dont il parle très bien au micro de Radio Val-de-Reins.

    cover.jpg"Roanne, regards d'écrivains" est une anthologie parue aux Presses universitaires de Saint-Etienne. Pierre-Julien et moi serons d'ailleurs dans cette bonne ville, samedi, à l'occasion de la Fête du livre, pour dédicacer l'ouvrage de 10 h à 13 heures, stand G15.

     

     

  • 3549

    Avec des amis, tout récemment, nous évoquions les particularités des langues vernaculaires, patois et régionalismes. Les formules amusantes, étranges, attachées à une terre, à de gens du cru, parfois incompréhensibles pour qui habite vingt kilomètres plus loin. Une richesse, évidemment. Sur une inspiration, je soumets, pour la première fois, des mots qu'emploie ma mère et qui ont bercé mon enfance. Ce que je soupçonnais se confirme : personne, même de mon pays, ne connaît. Ce sont probablement des néologismes maternels. Si toutefois une origine apparaissait au détour du Net, je cite ceux qui me viennent :

    Zizornifles (souvent utilisé au pluriel) : détours, complications. Exemple : "Ton père avait l'habitude de prendre tout un tas de zizornifles pour éviter un feu rouge."

    Equichées (féminin, je pense) : Cris très aigus, notamment de jeunes filles ou jeunes femmes, pénibles à l'oreille. "Holàlà, elles lancent de ces équichées, au moindre sursaut, ça m'agace."

    Encrenillé : emmêlé, enchevêtré. Exemple : "C'est tout encrenillé, ce machin."

    J'ajoute que je n'ai jamais pensé à demander à l'intéressée d'où venaient ces termes. Les a-t-elle appris de ses propres parents ?

    Penser à lui en parler...

     

  • 3548

    Banniere-Spathul4.jpgA la Droite du Diable est un projet tenu depuis longtemps, souvent remis, repris, toujours conservé par Thibaut et moi comme un rendez-vous important qu'il ne faudrait pas manquer. Les choses auraient pu ainsi traîner et, peut-être, s'éteindre. Mais, bon sang, c'est que j'y tiens, à cette histoire !  2016-2017 ont été des années décisives, avec notre décision commune, le dessinateur et moi, d'en venir à bout, une fois pour toutes. Il faut ajouter l'apport essentiel, au niveau du story-board, d'Olivier Paire, alias Petelus, dessinateur original, ayant créé sa propre maison d'édition pour publier ses récits singuliers. La contribution d'Olivier a été déterminante, elle a donné l'élan nécessaire qui nous permet, aujourd'hui, de proposer notre album à la contribution de souscripteurs, via la plate-forme de financement participatif ULULE.

    L'histoire de A la Droite du Diable est située dans un pays imaginaire d'Europe. Le vieux tyran Spathül vit à l'écart de son propre pays, dans son immense palais construit tout à sa gloire. En apparence, tout semble se dérouler, autour de lui, comme depuis son accession au pouvoir, il y a des années. Spathül mène domestiques et ministres avec dureté. Capricieux, colérique, dépressif, il peut basculer soudainement d'un état euphorique à la fureur meurtrière, et connaît des accès de mélancolie et de désarroi. Le jeune Renzo - protégé par une femme de pouvoir trouble et ambiguë, amie de Spathül : Eva Krant- entre au service du tyran. Elle exige de lui qu'il trahisse son nouveau maître, alors que le garçon a des sentiments partagés sur Spathül. Sentant la fin proche, le tyran lui dicte ses mémoires tandis que chacun s'active pour opérer un basculement politique déjà amorcé en secret.
    On commence le récit avec des anecdotes plutôt grotesques, présentant le régime de Spathül sous un jour particulièrement ubuesque. Petit à petit, comprenant la comédie qui se joue autour de lui, et comme les sentiments de Renzo évoluent, le lecteur pourra ressentir lui aussi, toute l'ambiguïté des relations entre un valet, élevé au rang de confident, et son maître. On dit qu'il n'y a pas de grands hommes pour son majordome ; probable qu'il n'y a pas non plus de monstre pour ceux qui les côtoient. A qui doit-on fidélité ?

    Je vous reparlerai évidemment de ce projet pour en évoquer la genèse et quelques références dont le récit s'est nourri.

  • 3536

    Ce billet est publié avec l'accord de Laurent Cachard, auteur que j'aime et admire, frère d'armes au pays de la littérature. Il a eu l'élégance d'approuver la mise en ligne de ce ressenti (je préfère "ressenti" à « critique » car je ne suis pas critique littéraire), qu'il faut prendre avec toutes les précautions d'usage. Ressenti, car il s'agit d'une réaction personnelle, subjective (voire épidermique, comme on pourra le voir) : nombre de lecteurs de Girafe Lymphatique ont fait un retour exactement inverse. Beaucoup ont été émus, bouleversés, travaillés profondément et durablement par le texte de Laurent.
    Ce billet sera l'occasion d'un échange. Sur son blog ou ici-même, Laurent aura toute latitude pour s'exprimer, contrer mes arguments ou les réduire à un contre-sens éventuel*. Et, quoi que j'en dise, je vous engage à vous faire votre propre opinion sur le dernier livre de Laurent.


    Couv-Girafe.JPGPour être lymphatique, elle l'est, Clara Ville ! On a de ses envies de la secouer ! de la sortir de ses brumes océanes, où son père l'a laissée pendant trente ans… Et comme on a envie de prendre son père par le col à la fin, pour lui régler son compte ! Bon. Qu'est-ce que le dernier texte de Laurent Cachard, paru au Réalgar : une longue nouvelle, un court roman ? Allons-y pour roman, puisque le terme est revendiqué par l'auteur et son éditeur, en quatrième de couverture. L'histoire d'une femme dont le père a disparu pendant trente ans, la laissant avec sa mère dès l'âge de six ans, pour la retrouver (sans beaucoup d'efforts et pour des raisons obscures, une vague envie, peut-être, comme celle qui le décida à s'en aller) à celui de trente-six.
        Les nombreux personnages créés par Laurent Cachard, au fil de ses récits, sont parfois incarnés et aimables (je pense au Robert de La jouissance..., aux enfants de La partie de cache-cache, à l'homme qui patiente de Valse, Claudel ou au Gérard de Tébessa), parfois tellement hors sol et désincarnés que leur psychologie frise, à mes yeux de lourd terrien en tout cas, l'extraterrestorialité (et voici que se profile l'agaçant Paul Herfray de Le poignet d'Alain Larrouquis). Mon admiration fidèle pour le travail de Laurent Cachard a produit assez de preuves lisibles sur ce blog, pour que, exceptionnellement, je me permette de dire, très subjectivement, que je suis passé à côté de ce roman. Cette modeste recension est donc inspirée par un questionnement : qu'est-ce qui m'a échappé, que d'autres ont aimé, manifestement, si j'en crois les nombreuses réactions enthousiastes des premiers lecteurs ? Qu'est-ce qui m'a arrêté ?
    D'abord, un paradoxe. Clara ville, l'héroïne, nous est donnée, dès le portrait-préambule, comme « consciente de ses choix. » Or, attente, amours, désir d'enfant, départs, retours, ses choix m'ont semblé davantage dus au hasard ou à la volonté de l'auteur, qu'à celle de l'héroïne. Généralement, ils me sont restés absolument incompréhensibles, je dois l'avouer, l'absence du père n'étant le déclencheur spécifique d'aucun (un même profil, dans d'autres circonstances, aurait tout aussi bien pu traverser les mêmes épreuves, emporter les mêmes succès, prendre les mêmes décisions). Attention, qu'on me lise bien : cela ne m'est apparu qu'après réflexion, au terme de plusieurs jours passés à échanger avec ma douce sur nos lectures respectives, à laisser précipiter les effets du texte en moi. Je veux dire que cela ne nuit pas au plaisir de la lecture, car c’est un beau texte, soutenu par une tension permanente, traversé de nombreux moments de grâce, de vrais passages littéraires comme j'aime en trouver chez cet auteur. Simplement, je dois avouer mon incrédulité devant l'exposition de deux psychologies : celles du père et celle de sa fille, Clara. Leurs motivations, surtout. Un homme quitte île et foyer. Île (les îles sont les points d'ancrage dans l'errance des personnages, mais elles ne sont pas ou peu définies, on suppose Ouessant, on suppose un ou des Territoires d'Outre-mer...) et foyer (femme et fille qu'il semble aimer, en tout cas, rien de désastreux dans leurs relations), pour — si j'ai bien compris — travailler le Clair de Lune de Debussy. C'est limite suspect, mais pourquoi pas, l'auteur y croit, alors on le suit. On se figure alors un pianiste passionné à la Glenn Gould, abandonnant tout, concerts, famille et amis, pour s'exiler, et tenter d'atteindre, dans une ascèse absolue, la perfection de ses Variations Goldberg à lui : le joli poème musical de Claude Debussy (devenu, hélas, si mainstream, qu'il est aujourd'hui resservi avec chorale pour la bande-annonce du prochain Godzilla). L'art serait une cause d'abandon assez classe. Contestable mais supportable. Sauf que. Au lieu de cela, cet enfoiré fonde une nouvelle famille, pas plus brillante que celle qu'il a quittée sans explications, ne recontacte jamais sa fille, ne sait d'elle que les photos et informations transmises par son frère jumeau, pendant trente ans ! (Putain, mais : 30 ans ! trois fois dix ans, trois-cent soixante mois !) Et tout ça pour, enfin, quand père et fille se retrouvent, interpréter à son intention le fameux Clair de lune… en n'y mettant « aucune impression personnelle » en laissant « les thèmes s'imposer d'eux mêmes ». Trente ans à répéter ce machin, trente ans d'absence, un abandon familial caractérisé, sans pension alimentaire ni quoi, sans nouvelles, tranquille, tout ça pour ne même pas apporter le moindre remuement intime dans ce foutu morceau, pour le jouer exactement comme on l'écoute dans les ascenseurs et dans les magasins ? Hein ? Ah, pour être lymphatique, elle est lymphatique, la Clara ! « C'est pour ça que tu es parti, alors, brûle-t-elle de lui demander », mais je t'en foutrais, moi, de 'brûler de demander' ! Clara, qualifiée d'orgueilleuse, va s'installer et écouter bravement une interprétation terne, sans âme, et tout va bien, « comme si près de trente années passées n'avaient eu aucune incidence ». Ah ben merde ! Putain, mais Clara, va t'acheter un merlin, une tronçonneuse, une cognée ou une masse au Bricorama du coin et pulvérise-moi ce putain de piano, à défaut de défoncer le crâne de ce paternel de mes deux, d'écrabouiller à la pince rougie au feu ses petits doigts de virtuose de supermarché ! Je vois que ça, moi. Mais je suis un sanguin. Sûrement. Oui, je suis. En tout cas, je me suis coltiné physiquement à des types qui en avait fait beaucoup moins.
        Laurent Cachard avoue depuis longtemps son amour pour le cinéma de Rohmer et, pour un lecteur comme votre serviteur, sa Clara a des airs de Marie Rivière espérant l'apparition du Rayon Vert, évanescente si on veut être gentil ; charisme aussi épais que ses lèvres, si on l'est moins (j'avais écrit : « si on veut être juste », mais ce serait injuste). Il faut donc s'arrimer coûte que coûte au qualificatif qui l'accompagne, dès le titre : lymphatique. L'orgueilleuse que l'on nous a présentée explique peut-être qu'elle n'a pas cherché à retrouver son père (activement, je veux dire, et à cet égard, sa mère accepte son sort de femme reniée, sans regimber davantage, mais quel est ce monde de spectres ?). Lymphatique, donc. Soit, nous précise par exemple l'ami Robert : « apathique, lent, indolent, mou » de quoi, déjà, exciter l'agacement, par réaction. La Girafe présente des personnages, père, femme, fille, oncle, etc. en délicatesse avec la réalité des autres. D'île en île, ils sont eux-mêmes des îles, complexes à aborder, récifs décourageants, terres stériles auxquelles on pourrait facilement renoncer. Une panoplie d'êtres qui se satisfont du désamour - et de l'absence, y compris à eux-mêmes. Malgré ses actes, et l'acte fondateur de son départ, il n'est pas évident que le père soit un monstre égotique ; il est plutôt apprécié de son entourage et il est probable qu'il ne se déteste pas. Quel regard ont les personnages sur leur propre identité ? On ne le saura pas. Seul le regard des autres pèse et influe. C'est étrange. Les seuls à s'aventurer hors des rives de leur île, hors d'une zone repérée (personnages secondaires, ils ne sont pas exploités), sont les fils surfeurs du père (d'un second lit, comme on dit si mal), capables, eux, de prendre la mer et de se confronter aux éléments et donc, à la vie vraie. Ou encore le second compagnon de Clara, colérique et alcoolique, un mauvais, dont la fonction sera de féconder notre héroïne. Lui, par ses failles, sa cruauté, ses limites, fait relief. Les autres personnages sont confinés dans leurs atermoiements insolubles, négligeables, cérébraux... rohmériens, quoi. On a le sentiment de rencontrer, l'un après l'autre, des condamnés que leur peine ne révolte pas.
        Rappelons que, lymphatique ou pas, la girafe (l'animal) a deux cœurs. Notre Clara bénéficie peut-être, allégoriquement, de ce petit prodige de la nature. Un cœur pour elle, mystérieux, inaccessible, et un cœur pour les autres, qui battrait sans affolement. Un cœur en hiver, pour se référer à un autre cinéaste. Ou bien, l'entreprise est-elle de s'interroger sur la difficulté d'un romancier à cerner son héroïne, et les interventions d'un peintre (personnage fictif où l'on est tenté de deviner la présence bien réelle de Franck Gervaise, somptueux interprète des paysages de Ouessant, qui illustre au trait ce récit), sont là pour rappeler cette difficulté, voire cette impossibilité. Et c'est peut-être cela, la clé : une vie, même observée à la loupe, même créée de toute pièce, est une affaire trop vaste pour être pensée, y compris par le pouvoir de la littérature. J'y vois un constat, infligé par l'auteur à lui-même comme un défi personnel. Celui qu'il s'évertue à relever dans son prochain opus, son roman russe monumental dans lequel une certaine Aurelia a longtemps résisté à son auteur, défi dont nous savons bien qu'il triomphera.

    Girafe lymphatique, Laurent Cachard, accompagné de dessins de Frank Gervaise. Editions Le Réalgar. 82 pages. 11 euros.

     

    * La réponse de Laurent Cachard est à lire sur son blog. Le lien ICI :

    http://laurentcachard.hautetfort.com/archive/2018/09/14/reponse-a-un-forcene-6084622.html

  • 3534

    extraitp2.jpgDans quelques jours, je me permettrai de promouvoir un album de BD, financé par une campagne de crow-funding. Dessiné et colorisé par Thibaut Mazoyer, story-boardé par Olivier Paire, c'est un projet assez ancien, basé sur un de mes scénarios. L'album s'intitulera A la Droite du Diable, titre qui fut celui de Mausolées avant que diverses considérations ne me fassent changer d'avis. A la droite du Diable est la chronique, en un album de 52 pages, des derniers jours d'un dictateur, auxquels assiste un candide : Renzo, embauché pour diverses tâches, dont celle d'écrire les authentiques mémoires de Florimont Spathül (le dictateur), sous sa dictée. Une relation étrange se crée entre ces deux hommes, faite de confiance fragile, de trahison assumée, du sentiment partagé de la dérision de la vie. C'est une histoire sombre, grotesque, terrible, drôle, avec complots et intrigues de palais. Je suis très heureux que ce scénario, auquel je tiens particulièrement, trouve enfin sa forme définitive. Les années écoulées avant que le chantier soit enfin pris à bras-le-corps l'ont été pour le bien du projet : entre temps, le trait de Thibaut s'est affirmé, ainsi que la sensibilité de ses couleurs (que nous verrons dans un autre extrait). Son style singulier souligne l'étrangeté de cette histoire. Selon moi, il convient parfaitement. Nous en reparlerons donc.

  • 3524

    Le Furan emmuré, plus ou moins souillé, que faire de ce fantôme en voie de résurrection  ? Tandis que les galeries de mines s'enfoncent inéluctablement dans l'oubli, engorgées d'eau sale, qu'elles seront de plus en plus des traces indifférentes et muettes, s'élèvent dans les pensées et se manifestent aux citoyens les moins inconséquents, l'urgence et la présence de la vie de la mère rivière. L'idée n'est pas neuve. Il y a plus de trente ans, Yves Perret avait entraîné ses élèves de l'Ecole d'architecture de Saint-Etienne, dans le projet fou d'une réconciliation de la Mère rivière avec son rejeton urbain. L'étude s'évertuait à prendre les choses dans l'ordre. Il s'agissait d'abord de s'interroger sur ce qui est le socle de la ville, sur ce qui se passe dessous. Préoccupation incongrue, déplacée, quasi délirante, lui fit-on savoir. L'époque voulait ce mépris goguenard pour ceux qui suggèrent tout simplement de cesser de croupir dans ses propres déjections. D'abord assainir, donc. Avant de bâtir, de projeter, de rêver  : s'inquiéter de la terre, de l'eau, de l'air. Pourquoi cette évidence n'était-elle partagée que par une poignée  ? Surtout, comment se fait-il que l'urgence n'apparaisse toujours pas, aujourd'hui, à son vrai degré d'exigence, ne soit pas à l'origine et au cœur de toute réflexion  ? S'il y a des générations futures, elles seront abasourdies au constat de notre inertie. Cependant, une prise de conscience, venue à la présentation de preuves incontestables un peu partout dans le monde, a lentement imprégné les esprits, au plus haut niveau. Grâce à de nouvelles réglementations, trente ans après l'initiative de l'école d'architecture, l'état du Furan s'est amélioré. Nous sommes loin du compte, comme on l'a vu (et senti), mais au moins, un espoir est permis. Maintenant, suivons la logique de notre architecte et rêvons avec ses étudiants d'une rivière rendue au jour, sur l'essentiel de sa traversée. «  Oui, l'eau coule gaillarde et irisée en plein centre ville. Depuis les ponts, certains jours, les Stéphanois viennent voir moucher les truites. Les enfants jouent partout. Des prises d'eau alimentent les biefs qui courent dans les rues et arrosent jardins publics et jardins ouvriers.  » Je cite ici un extrait d'un texte d'Yves Perret intitulé «  Rêve  » Et pourquoi pas  ? Ce sera long, coûteux  ? «  Il a fallu cent ans pour recouvrir le Furan, ça a bien été fait, rappelle-t-il, on pourrait mettre cent ans pour le découvrir.  » Les efforts techniques et économiques à consentir ne sont pas plus extravagants que ceux qui, il y a un siècle, ont conduit à l'enfouissement du cours d'eau (au passage, ça coûte combien, un stade, un centre commercial  ?) Est-on obligés de s'interdire d'y réfléchir  ? Tant d'exemples, dans l'histoire des entreprises humaines, nous rappellent qu'un projet insensé ne paraît tel qu'à cause d'une sorte de paresse. Une tour de fer de trois-cent mètres  ? Mais pour faire quoi, grands dieux  !

     

    extrait de "à propos de Saint-Etienne", écriture en cours.

  • 3522

    Sangliers.jpgC'est ce soir, à 19 heures, à la librairie Lune et l'autre de Saint-Etienne, 19 rue Bérard, que j'aurai le plaisir de vous faire partager mon enthousiasme pour le formidable roman d'Aurélien Delsaux, "Sangliers", en présence de l'auteur.

    Enfin, un roman ample, ambitieux, riche tant du point de vue de la forme, du style, que du contenu. Enfin, enfin, un monument dans ce paysage littéraire de nains, une épopée nécessaire au milieu de cette théorie de récits timides, prudents, égotiques, souvent cyniques parce qu'incapables de grandeur.

    Enfin, enfin, de la littérature, bordel ! (je m'excuse).

  • 3516

    En quelques mois, j'ai prétendu saisir quelque chose de la ville, et dessiné les contours de ses enjeux pour le passé et le présent (et l'avenir, pour faire bonne mesure, n'ayons peur de rien). «  A propos de Saint-Etienne  » entre dans sa phase la plus angoissante, le moment où je vérifie quelques données, j'affine des constats, je rencontre les ultimes référents qu'on m'a conseillés, sur tel ou tel sujet que j'ai abordé. Et le problème est là  : j'ai déjà écrit, produit des hypothèses, traduit mes impressions et mes constats, dans l'élan donné par l'écriture, l'observation, les échanges et les lectures. Et soudain, à dix jours de rendre ma copie, un scientifique adorable et serviable répond à mes questions et démolit une à une mes petites inventions avec tranquillité, méthode, me renvoyant sans méchanceté à ma prétention d'auteur qui a cru pouvoir comprendre certains phénomènes en si peu de temps et avec si peu de culture. Je vous laisse, j'ai du boulot.

  • 3513

    Cafe-Touba.jpgBeaucoup la découvriront avec cet album, mais Léah Touitou ne débarque pas de nulle part. A 30 ans juste passés, elle a suivi un parcours personnel, exigeant, exemplaire, une traversée en solitaire avec pour seules armes son talent et son infatigable attention aux autres. Entrée dans le milieu professionnel avec des illustrations, des albums pour enfants, des films d'animation, le mode d'expression qui lui permet le mieux de faire connaître son univers, reste la BD qui lui avait valu d'être publiée dès l'âge de 16 ans. Aujourd'hui la « petite pousse » des éditions Ikon & Imago est devenue une auteure reconnue, éditée par Jarjille, excellente maison aux racines stéphanoises, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Le premier album de ce qui pourrait être un diptyque, voire un triptyque, s'intitule Café Touba. En 2011, Léah imagine et conçoit un parcours artistique en Afrique, dont elle connaît déjà le Cameroun. Cette fois, de nombreux pays de l'ouest du continent seront traversés, chaque escale donnant lieu à des ateliers de dessin, de BD, de fresques, de films d'animation, etc. Pour Léah, tout d'abord, l'odyssée est affaire collective, impensable en solo. Elle se démène, contacte associations, institutions, particuliers et professionnels... Un vif enthousiasme accompagne d'abord « Caravane d'images », le nom de son projet. Beaucoup d'encouragements, de soutiens inconditionnels, d'accolades à la vie à la mort (enfin, j'imagine ce genre de chaleur très superficielle) sauf que, de dizaines d'aventuriers prêts à s'envoler pour l'Afrique, la veille du départ, Léah se retrouve bel et bien seule. Elle ne renonce pas (ce serait mal la connaître) et, la peur au ventre de se lancer dans une telle 'performance', elle atterrit à Dakar, au Sénégal, sa première étape. Son travail sur place, les trajets, les rencontres dans les villages, les écoles, chez l'habitant, loin du Sénégal touristique (et des « mamans cadeaux » européennes qui viennent chercher sur ses plages la chair athlétique des garçons pauvres du pays), est le sujet de ces 110 planches en noir et niveaux de gris. Et c'est un régal, une jubilation, une déambulation étonnée, drôle et tendre, au contact d'inconnus dont on se ferait facilement de grands amis. Léah Touitou restitue la langue, les attitudes, les expressions au plus juste. Elle n'est pas la « toubab », la blanche qui observe et juge, elle est de son temps, notre toubab, elle ne croit pas détenir la vérité occidentale. Pétrie d'auto-dérision, toujours en retrait, simple invitée au service d'un projet, (collectif cette fois : tout le monde, y compris une vieille femme du village, participe à la réalisation d'une fresque élaborée avec les enfants d'une école), elle ne sort de sa réserve que si on la pousse à participer à un jeu ou à une fête. Femme accueillie dans un monde différent, ses hôtes la guident et lui expliquent l'histoire ignorée des Européens, la grande histoire africaine, les puissants et vastes empires d'antan, « Est-ce que, parce que ce n'est pas écrit dans vos livres de blancs, c'est faux ? » Le lecteur partagera quelques leçons de vie aussi, dont chaque vrai voyage intime est prodigue, quand un homme dit, parce que notre voyageuse s'impatiente d'attendre une voiture : « Hé, en Europe vous avez la montre, nous on a le temps » ou quand elle remarque une élève métisse et que le professeur de l'école prononce : « Les enfants métis sont toujours beaux. La preuve que Dieu aime les mélanges ». Les carnets de l'auteure, croquis pris sur le vif, détails annotés à la façon des cahiers d'explorateurs, ponctuent et enrichissent la narration, ne sont jamais gratuits. Vous saisit aussi, au détour d'une anecdote qui trouve sa conclusion à la toute fin de l'album, l'émotion, celle qui étreint, vous noue la gorge soudain, et vous réconcilie avec l'humanité. La BD de Léah Touitou, comme le café Touba du titre, aux grains de café grillés, c'est fort et ça donne de l'énergie pour la journée (au moins).

     

    N.B. : Léah Touitou sera à la médiathèque Tarentaize de Saint-Etienne le 2 juin pour un atelier autour de la BD.

  • 3512

    Une présentation de rentrée littéraire, à Lyon. Avec un autre écrivain (du genre excellent et qui ne la ramène pas) et l'organisateur de la journée, nous nous retrouvons à la gare et attendons une jeune auteure d'origine locale mais venant de Paris où la promotion de son premier livre a commencé. Notre ami organisateur tremble : c'est que la primo-romancière est précédée (déjà) d'une bonne réputation de caprice et d'autorité. Le Figaro l'a surnommée « la Houellebecquienne », ce qui en impose. L'auteur du genre excellent et qui ne la ramène pas et moi, nous amusons de l'angoisse de notre guide et tentons de le calmer avec force plaisanteries. Ah, la voilà. Bon, petit bout de femme énergique, comme on le supposait, elle sourit suffisamment pour que notre ami organisateur se détende. Dans la voiture, elle commente sa rencontre de la veille, dans une librairie où la responsable du rayon littérature lui a avoué d'emblée qu'elle n'avait pas aimé son livre. L'auteure grince et vitupère. Je fais alors le portrait possible d'une libraire qui, bien qu'elle n'ait pas aimé, a compris l'intérêt d'un texte et décidé de le proposer à ses lecteurs, ce qui me semble noble et professionnel. La jeune auteure veut bien croire à cette hypothèse, et se tourne vers sa vitre pour ne pas m'imposer sa moue dubitative. Cent mètres plus loin, elle émet des nuances sur la façon dont elle est traitée, chez son éditeur, Gallimard. L'auteur excellent et modeste soupire que, souvent, on est mieux traité chez des éditeurs moindres. Elle réfute l'argument : attendez, dès son premier roman, publiée dans la collection Blanche (autrement dit : d'où tu me parles, toi ?), « c'est quand même le Graal des écrivains ». L'excellent auteur et moi ne pouvons échanger un regard (je suis à l'arrière, à côté de la jeune houellebecquienne, lui est devant, côté passager, tandis que notre organisateur, revenu à son stress, tremble au volant). Tiens, dis-je, c'est vrai, le côté Graal m'avait échappé. L'auteur excellent, et d'expérience, avec une vingtaine de romans derrière lui, échappe : On s'en fout un peu, non ? La jeune auteure géniale serre les lèvres. Son éditeur ne lui aura rien épargné. S'abaisser à fréquenter des écrivains qui se fichent du Graal, ben merde...

  • à propos de Saint-Etienne...

    A propos.... Je retrouve la résidence qui m'a accueilli en janvier et février, pour une ultime session sur le mois de mai. Je réserve l'exclusivité de la fin du texte, pré-publié sur Kronix ces derniers temps, pour mes commanditaires. Merci à tous ceux qui ont eu de la curiosité pour cet exercice et l'ont suivi. Je ne sais pas si, par qui et quand mon petit exercice littéraire sera publié (même s'il y a des pistes). Je l'espère évidemment de tout cœur.

    Mai sera donc l'occasion pour moi de compléter, affiner, corriger et clore "à propos de Saint-Etienne" ; l'occasion de rencontrer encore quelques personnes qui nourriront cette promenade 'infra et super urbaine', de travailler avec des lycéens sur des balades littéraires en leur cité, d'inviter, dans le cadre d'une carte blanche, Aurélien Delsaux pour évoquer ensemble son superbe roman : "Sangliers", paru chez Albin Michel. Je vous en dirai plus en temps et heure, bien entendu.

    Kronix devrait conserver son rythme quotidien, si la connexion internet a été conservée sur place (ce qui n'est pas absolument certain).

    Dans ce cas, bonne journée et à demain.

     

  • 3505

    Chers amis, je suis toute la journée au salon du livre d'Yzeure, à côté de Moulins (Allier). Signatures en présence de Mireille Lesage, Jeanne Cressanges, Geneviève Chauvel, grandes auteures de romans historiques avec lesquelles j'aurais l'honneur de partager quelques propos autour du roman, justement, historique.

    Caravane du livre.jpg

  • 3493

    "D'abord, les librairies n'ont pas été mon lieu de naissance culturelle. La littérature est entrée dans mon monde — que l'imagination rendait hermétique — par les romans d'occasion chinés sur le marché. Vecteurs de récits et de microbes, les livres y étaient confinés dans des caisses comme des légumes, en beaucoup moins frais. La petite bibliothèque de mes parents puis la bibliothèque municipale, complétaient. Avec l'âge, les librairies devinrent un point de repère aussi essentiel que les cinémas et les cimetières où que j'aille, mais ma véritable histoire avec les librairies commence avec ma libraire préférée, qui a cessé aujourd'hui cette activité pour s'occuper exclusivement de moi (chance imméritée et démesurée)." ...

     

    La suite est à lire dans le numéro d'avril du magazine "PAGE (des librairies)", pages 95-96. J'y évoque ma relation aux librairies et notamment au Carnet à Spirales, la librairie de Charlieu que je fréquente, tandis que, de son côté, Jean-Baptiste Hamelin, qui a créé ce superbe espace, décrit son rapport au métier, et me portraiture. La rubrique double s'intitule : "La vie du libraire" / "L'avis de l'auteur".

  • 3490

    [Toujours les crassiers de Couriot...]

    J'ai vu un grand-père, désignant à sa petite-fille, équipée d'un appareil photo, le triangle gris dans le lointain : « tu vois, c'est la mine » lui dit-il, avec une sorte de fierté. Le déchet résumait ou substituait à ses yeux la production envolée en fumée. Je suis frappé, devant une photo non-créditée, des années 50, qui montre les crassiers et la procession des wagonnets, des dimensions du site. C'est à l'échelle des pyramides, des mausolées cyclopéens, que s'inscrivent ces paysages industriels dans l'inconscient collectif. Leur bon poids de monument assoupi qui déforme les bâtiments autour, avec désinvolture mais sûrement. Voyez le carrelage des douches à Couriot, qui se soulève comme une échine monstrueuse. 3,5 millions de tonnes, peut-être immobiles ne cessent pourtant de déranger l'assise de ce qui les encercle. Des géants. Pas étonnant que des mythes en proviennent. « C'est la mine » disait le vieux. Et c'est le négatif de la mine pourtant, c'est un indice en creux si l'on ose, ou en relief une écharde, un scrupule qui impose de méditer sur lui comme sur un écho de la vérité. Car c'est de dessous, toute cette tripaille, ces bedaines renflées grasses de gaz, ça vient d'en bas. Et quand on considère que c'est la portion congrue de ce qui fut arraché... Sur 100 kilos de matière enlevée au front de taille par le mineur, il y en a 20 qui termine sur le crassier. Je les ai bien observés, chaque jour ou presque, par toutes les météos, sous beaucoup d'angles, depuis la ville ou la campagne, et à presque toutes les heures diurnes, de peur de louper le phénomène qui, dit-on, se fait plus rare, les décennies passant. Et un matin, j'y étais ! Du passage de la rue Henri Gonard pour me rendre à la médiathèque de Tarentaize, j'ai vu le grand crassier, un matin de février, se prétendre volcan. Des flancs et du sommet chauve, un pastel gris, distinct des remuements de ciel, fondait en s'élevant dans la brume montée de la ville. Le signe de la composition intime des collines de Michon, qui trahit le tri manuel grossier, assez pour négliger une proportion suffisante de charbon résiduel et amorcer le phénomène de l'auto-combustion : 8 % de la masse en combustible est le minimum requis. Est-ce qu'elles pensaient aux miséreux, les femmes au tri, est-ce qu'elles laissaient ce tribut aux glaneuses venues contre les pentes à la recherche d'un peu de méchante houille à mettre dans le poêle ? Sans doute pas, elles ne seraient pas restées longtemps à la tâche si on les avait soupçonnées de pareille gabegie.

     

    Extrait de "à propos de Saint-Etienne", écriture en cours.

  • Nouvelle critique des Nefs de Pangée

    Marc Séfaris, blogueur et écrivain, qui me laisse de temps à autre un message en passant sur Kronix, est l'auteur d'un billet riche et clair sur "Les Nefs de Pangée". Je ne résiste pas au plaisir de relayer son article, paru dans Babelio. J'en profite pour (et c'est une manière de) le remercier de s'être fendu d'un si beau texte.

    C'est ICI.

    Presque deux ans que ce roman est sorti ; le voir continuer de vivre par la découverte des lecteurs est une belle récompense. Récemment, une amie qui a échoué à dépasser la page 50 des Nefs (alors qu'elle a sincèrement aimé et chroniqué tous mes autres romans, depuis le Baiser de la Nourrice), me promettait de s'y remettre et de le finir. Comme je lui disais que ce n'était pas grave, de laisser tomber, qu'importait, elle me répondit qu'elle voulait me "faire ce cadeau". Et c'est en effet un cadeau. Oui, j'ai de véritables ami(e)s.

  • 3478

    Affiche Rencontre Chr. Degoutte1.jpgC'est ce soir !

    Je me permets de vous conseiller de venir, parce que je sais que, sans le moindre doute, ce sera un moment qui comptera.

    Pour en savoir plus, si vous ne connaissez pas cet auteur passionnant, vous pouvez lire une interview récente, donnée par Christian à Kronix, ICI.

  • 3477

    Réseau de galeries ou réseau hydrographique, les deux sont inaccessibles. On m'a présenté un simulacre de mine ; on m'a montré l'entrée du Furan dans Saint-Etienne, sa petite joie immédiatement avalée par la ville. J'ai dû faire avec ce peu. Il a fallu que j'apprenne indirectement, ce qui agonisait ou palpitait sous nos pas. Il a fallu que je connaisse sans contact. J'ai cru d'abord devoir me borner à rêver la ville souterraine. Et puis, pas à pas, ce qui réside là dessous a montré ses saillies à la surface. Il n'y a aucun secret ; les cicatrices subsistent et montrent. Par les caprices du labyrinthe monstrueux au dessus duquel elle s'est étendue généreusement, Saint-Etienne vibre et danse, c'est une ville qui questionne le regard du minotaure égaré entre ses parois, contraint le promeneur à s'assurer de sa perception de l'équilibre. C'est une ville où, dans bien des cas, la verticale des immeubles contrarie celle du piéton et ne la laisse pas au repos. C'est une ville dont le dessin des rues reprend parfois le méandre des eaux, dont les voies de circulation, là où le tramway est établi, sont calquées sur le cours du Furan ou les biefs qui en ont distribué la force. Jusqu'à ce qu'un énorme centre commercial prouve le contraire, on ne savait élever de bâtiments trop lourds sur les arches qui couvrent la rivière. Des kilomètres de rivière et des kilomètres de galeries. C'est vivant et c'est mort, c'est demain et c'est ancien, c'est là et ce n'est pas là, c'est là.

     

    Extrait de "à propos de Saint-Etienne". Écriture en cours.

  • Oh my GASH !

    61f3a16875a6f8c0709431c061f81595_original.tif.jpegGash est un projet de série d'animation, inspiré d'une BD du grand Petelus, que j'avais chroniquée ici. Nul doute que le propos minimaliste d'origine s'est quelque peu étoffé et le nombre de protagonistes multiplié pour accoucher d'un argument assez ample pour motiver toute une série.

    Les deux créateurs du projet, Lionel Quéroub et Olivier Paire (alias Petelus), ont bossé comme des dingues pour mener à bien la première phase de réalisation : un appel à financement via la plate-forme Kikstarter. Le lien ICI. Ils ont réussi, pour convaincre leurs futurs fans, à mettre en scène l'univers de la série dans un teaser superbe et alléchant. Cette première étape consiste à financer une véritable bande-annonce, plus riche et longue que ce bref aperçu, un "trailer" nécessaire pour intéresser des producteurs et chaînes de télé, et qui devra déboucher sur le financement (encore une étape de ce long processus), sur le pilote de la série. Nous sommes nombreux à y croire, mais le temps est compté : le financement participatif sera clos le 20 avril. Il est vital pour un tel projet, que le financement débute vite et fort. Bon, si vous ne me trouvez pas, là, dans les tout premiers contributeurs de ce projet magnifique, c'est simplement parce que ma douce est partie ce matin avec ma carte bancaire. Passé ce détail, dès ce ce soir, je participe. Vous me connaissez, n'est-ce pas ? Je ne vous solliciterais pas sur Kronix pour une œuvre dérisoire ou passable. Gash sera un événement dans l'histoire de l'animation hexagonale. Voici l'occasion de participer à l'histoire artistique de notre pays. Rien de moins.

  • Nouvelle chronique des Nefs de Pangée

    ... Et celle-ci est une des plus riches qui aient été écrites sur ce roman, publié il y a presque deux ans (ce qui commence à faire une petite longévité dans le milieu des littératures de l'imaginaire). Un article riche et sans complaisance, car l'auteur relève les défauts qu'il a perçus. Sur le blog de Tom Vipraine, Monde imaginaire, j'ai eu le plaisir de voir explorés et approfondis des aspects jamais abordés. Il y a notamment cette notion de la continuité et de la discontinuité des deux univers qui s'affrontent : le continent unique et l'océan unique, et les figures mythiques du Léviathan et du Béhémoth. Presque toutes les références y sont, dans un louable effort d'analyse littéraire du texte. Quelle jubilation pour un auteur d'être ainsi "travaillé". Je vous laisse en compagnie de cette longue et passionnante chronique.