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mardi, 29 mai 2007

Le distrait

Je la croise. C'est une ancienne journaliste qui a changé de métier, elle travaille dans l'enseignement aujourd'hui. Elle vient dans ma direction, les bras chargés de sacs lourds. Elle s'arrête à ma hauteur, s'approche de moi très près en disant "bonjour". Un peu surpris, parce que nous ne sommes pas à ce point intimes, je m'arrête également, lui fais la bise (cela nous était arrivé, si si, il y a longtemps...) et j'entame la conversation "alooors, qu'est-ce que tu deviens ?" "ben, toujours au lycée machin, j'essaie de passer des concours... Et toi ? " "Ohbenmoi... "

Dix bonnes minutes de discussion médiocre sur le temps qu'il fait et le travail qui blabla. Bientôt, on ne sait plus trop quoi se dire et je mets fin à notre conversation. On se salue (pas de bises encore), et... elle peut enfin entrer chez elle !

Je m'étais arrêté sur le pas de sa porte. Son approche, que j'avais analysée comme un désir de lier conversation, était juste le dernier mètre qui la séparait de son appartement. Son appartement que mon insistance à bavarder de tout et de rien lui interdisait de pénétrer.

 

lundi, 28 mai 2007

Dernière lecture. Premières impressions

Un point sur la dernière séance de lecture du Baiser de la Nourrice, samedi 26.

Le public était plus que restreint, mais ceux qui étaient venus, qui étaient là depuis le début, ont écouté avec attention (malgré mes craintes : j'étais persuadé d'avoir perçu de l'ennui à certains moments, on m'a assuré que non) la lecture effectuée par Jean Mathieu, Dominique Furnon, Jean-Luc Lavrille et moi-même.

La lecture en public d'un de mes romans est une première pour moi, et elle fut suivie d'une autre nouveauté : un débat. La première fois qu'un public réagit, questionne, échange, propose, analyse, projette... un moment bouleversant pour moi. L'occasion d'expliquer ma démarche, de décrire le processus, la maturation d'un projet littéraire, tenter de formuler ce qui fut longuement élaboré dans le silence et la solitude... ce que je n'aurais jamais cru devoir délivrer, soudain libéré par l'attention intelligente des autres. C'est un grand bonheur et un grand honneur d'avoir vécu cela.

Il est possible que de cette première découle d'autres événements, mais restons prudents, nombre de projets ainsi lancés n'aboutissent à rien.

Retour à présent au silence économe de mon travail, devant l'écran. l'écriture est avant tout une méditation.

Voyage au bout de la nuit

Céline - folio Gallimard, 1952 (édition de 2007, avec le dessin de Tardi).

 

 

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Ca a débuté comme ça.

(...)

De loin, le remorqueur a sifflé ; son appel a passé le pont, encore une arche, une autre, l'écluse, un autre pont, loin, plus loin... Il appelait vers lui toutes les péniches du fleuve toutes, et la ville entière, et le ciel et la campagne, et nous, tout qu'il emmenait, la Seine aussi, tout, qu'on n'en parle plus.

samedi, 26 mai 2007

Le baiser de la nourrice

La troisième et dernière partie du baiser de la nourrice, sera lue ce soir, samedi 26 mai, à partir de 19h30, à Saint-Haon le Châtel, au Castel des Arts, par Jean Mathieu, Dominique Furnon et Jean-Luc Lavrille.

La lecture (d'une durée d'une heure trente environ) sera suivie d'un débat.

Entrée libre, évidemment.

vendredi, 25 mai 2007

L'iliade

Homère.

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Chante, déesse, la colère du Péléide Achille, pernicieuse colère qui valut aux Achéens d'innombrables malheurs, précipita chez Hadès les âmes généreuses d'une foule de héros, et fit de leur corps la proie des chiens et de tous les oiseaux -ainsi s'accomplissait la volonté de Zeus- depuis le moment où, sitôt après leur querelle, se séparèrent l'Artide roi des guerriers, et le divin Achille.

(...)

 Et c'est ainsi qu'ils eurent soin de célébrer les funérailles d'Hector dompteur de chevaux.

 

Nota bene : ce qui nous rappelle que, dans l'Iliade, il n'est question que de la colère d'Achille, point de l'enlèvement d'Hélène, ni du cheval de Troie. Autant d'événements, certes donnés en référence dans plusieurs dialogues de l'Iliade et de l'Odyssée, mais jamais décrits ici, faisant partie de la tradition orale, "rédigée" par les boins soins de Virgile et de (à vérifier) Hérodote.

 

jeudi, 24 mai 2007

Les versets sataniques

Salman Rushdie - Pocket Plon, édition 1999.

 

 

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Pour renaître, chantait Gibrel Farishta en tombant des cieux, il faut d'abord mourir.

(...)

J'arrive, répondit-il, et il se détourna du paysage.

 

Anecdote au passage : le jour que j'allais acheter ce livre, dans une de ces grandes surfaces qui les vendent comme ils vendraient des brosses et des slips, le jeune vendeur qui me renseignait s'est précipité vers le rayon "ésotérisme". Je l'ai remercié, l'assurant que je me débrouillerais, le suppliant de ne pas perdre de temps avec moi.

mercredi, 23 mai 2007

Middlesex

Jeffrey Eugenides -éditions de l'olivier, 2003;

 

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J'ai eu deux naissances.

(...)

J'avais perdu le sens du temps, heureux d'être rentré chez moi, pleurant mon père, et songeant à ce qui m'attendait.

 

 

(Jeffreyx eugenides est l'auteur de Virgin suicides. Middlesex a reçu le prix Pullitzer en 2003.)

mardi, 22 mai 2007

Salammbô

Gustave Flaubert - Classiques français, édition de 1993.

 

 

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C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar.

(...)

Ainsi mourut la fille d'Hamilcar pour avoir touché au manteau de Tanit.

 

 

lundi, 21 mai 2007

Des femmes qui tombent

Pierre Desproges - Point virgule, 1985.

 

 

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Adeline Serpillon appartenait à cette écrasante majorité des mortels qu'on n'assassine pratiquement pas.

(...)

Catherine Rouchon ferme la malle à double tour, dans un geste un peu rageur, possessif et jaloux, pour tous ces souvenirs de lui qui pourraient s'envoler.

vendredi, 18 mai 2007

Le baiser de la nourrice

Samedi 19 mai, de 17h30 à 19 h, puis dimanche 20 mai, de 14h30 à 16 h, à Saint-Haon le Châtel (42), les excellents Jean Mathieu et Dominique Furnon entreprendront la lecture d'un de mes textes : le baiser de la nourrice.

Le sujet du baiser de la nourrice est l’adaptation des bandits aux systèmes tyranniques. Les individus, parmi les plus cyniques et les plus amoraux, se débrouillent mieux dans cette atmosphère, parce que les dictatures voient le triomphe des crapules.

Le baiser de la nourrice est conçu comme  un livre-avalanche, un texte-éboulement, qui glisse du premier au dernier mot, une idée succédant à une vision, une pensée imbriquée dans une sensation, le tout amalgamé de telle sorte au sein d’une syntaxe complexe, que le lecteur doit se retrouver au milieu d’une page en se demandant à quel instant, à quel instant précis, il a pu passer d’une nappe de brume décrite comme une bouche fascinante, à la peur du regard de collègues de bureau représentés en animaux de zoo (oui m’sieur !).

Le baiser de la nourrice vise l’asphyxie, le récit comble les pages à de rares exceptions près, les phrases s’éternisent, meurent d’elles-mêmes, s’épuisent et épuisent la lecture. Pour les mêmes raisons, pas de renvois, pas de chapitres, pas de saut à la ligne.

A mon sens, jusqu'à la démonstration que m'en fit un soir Jean Mathieu, je croyais ce texte impossible à lire à haute voix. Jean m'a donc prouvé le contraire, il m'a même révélé des nuances que j'ignorais avoir placées !

Qu'il soit ici remercié. A l'heure qu'il est, je suis fébrile et inquiet. Surtout, y aura-t-il suffisamment d'auditeurs, pour ne pas transformer cette lecture en un long cri âpre dans le désert ?

Nous en reparlerons ici, quoi qu'il advienne. Et si vous saviez comme je suis fier... au moins autant que je suis angoissé.

 

Donc : Première partie, samedi 17 h 30, cour de l'Hôtel Pelletier - Deuxième partie, dimanche 14 h 30, castel des Arts. Saint-Haon-le-Châtel.

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