Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Le distrait

    Je la croise. C'est une ancienne journaliste qui a changé de métier, elle travaille dans l'enseignement aujourd'hui. Elle vient dans ma direction, les bras chargés de sacs lourds. Elle s'arrête à ma hauteur, s'approche de moi très près en disant "bonjour". Un peu surpris, parce que nous ne sommes pas à ce point intimes, je m'arrête également, lui fais la bise (cela nous était arrivé, si si, il y a longtemps...) et j'entame la conversation "alooors, qu'est-ce que tu deviens ?" "ben, toujours au lycée machin, j'essaie de passer des concours... Et toi ? " "Ohbenmoi... "

    Dix bonnes minutes de discussion médiocre sur le temps qu'il fait et le travail qui blabla. Bientôt, on ne sait plus trop quoi se dire et je mets fin à notre conversation. On se salue (pas de bises encore), et... elle peut enfin entrer chez elle !

    Je m'étais arrêté sur le pas de sa porte. Son approche, que j'avais analysée comme un désir de lier conversation, était juste le dernier mètre qui la séparait de son appartement. Son appartement que mon insistance à bavarder de tout et de rien lui interdisait de pénétrer.

     

  • Dernière lecture. Premières impressions

    Un point sur la dernière séance de lecture du Baiser de la Nourrice, samedi 26.

    Le public était plus que restreint, mais ceux qui étaient venus, qui étaient là depuis le début, ont écouté avec attention (malgré mes craintes : j'étais persuadé d'avoir perçu de l'ennui à certains moments, on m'a assuré que non) la lecture effectuée par Jean Mathieu, Dominique Furnon, Jean-Luc Lavrille et moi-même.

    La lecture en public d'un de mes romans est une première pour moi, et elle fut suivie d'une autre nouveauté : un débat. La première fois qu'un public réagit, questionne, échange, propose, analyse, projette... un moment bouleversant pour moi. L'occasion d'expliquer ma démarche, de décrire le processus, la maturation d'un projet littéraire, tenter de formuler ce qui fut longuement élaboré dans le silence et la solitude... ce que je n'aurais jamais cru devoir délivrer, soudain libéré par l'attention intelligente des autres. C'est un grand bonheur et un grand honneur d'avoir vécu cela.

    Il est possible que de cette première découle d'autres événements, mais restons prudents, nombre de projets ainsi lancés n'aboutissent à rien.

    Retour à présent au silence économe de mon travail, devant l'écran. l'écriture est avant tout une méditation.

  • Voyage au bout de la nuit

    Céline - folio Gallimard, 1952 (édition de 2007, avec le dessin de Tardi).

     

     

    medium_couv_voyajboutdlanuit.jpg

     

    Ca a débuté comme ça.

    (...)

    De loin, le remorqueur a sifflé ; son appel a passé le pont, encore une arche, une autre, l'écluse, un autre pont, loin, plus loin... Il appelait vers lui toutes les péniches du fleuve toutes, et la ville entière, et le ciel et la campagne, et nous, tout qu'il emmenait, la Seine aussi, tout, qu'on n'en parle plus.

  • Le baiser de la nourrice

    La troisième et dernière partie du baiser de la nourrice, sera lue ce soir, samedi 26 mai, à partir de 19h30, à Saint-Haon le Châtel, au Castel des Arts, par Jean Mathieu, Dominique Furnon et Jean-Luc Lavrille.

    La lecture (d'une durée d'une heure trente environ) sera suivie d'un débat.

    Entrée libre, évidemment.

  • L'iliade

    Homère.

    c00417dbe19fc0dffe9b2c8ce890aec2.jpg

    Chante, déesse, la colère du Péléide Achille, pernicieuse colère qui valut aux Achéens d'innombrables malheurs, précipita chez Hadès les âmes généreuses d'une foule de héros, et fit de leur corps la proie des chiens et de tous les oiseaux -ainsi s'accomplissait la volonté de Zeus- depuis le moment où, sitôt après leur querelle, se séparèrent l'Artide roi des guerriers, et le divin Achille.

    (...)

     Et c'est ainsi qu'ils eurent soin de célébrer les funérailles d'Hector dompteur de chevaux.

     

    Nota bene : ce qui nous rappelle que, dans l'Iliade, il n'est question que de la colère d'Achille, point de l'enlèvement d'Hélène, ni du cheval de Troie. Autant d'événements, certes donnés en référence dans plusieurs dialogues de l'Iliade et de l'Odyssée, mais jamais décrits ici, faisant partie de la tradition orale, "rédigée" par les boins soins de Virgile et de (à vérifier) Hérodote.

     

  • Les versets sataniques

    Salman Rushdie - Pocket Plon, édition 1999.

     

     

    medium_couv_versets_sataniques.jpg

    Pour renaître, chantait Gibrel Farishta en tombant des cieux, il faut d'abord mourir.

    (...)

    J'arrive, répondit-il, et il se détourna du paysage.

     

    Anecdote au passage : le jour que j'allais acheter ce livre, dans une de ces grandes surfaces qui les vendent comme ils vendraient des brosses et des slips, le jeune vendeur qui me renseignait s'est précipité vers le rayon "ésotérisme". Je l'ai remercié, l'assurant que je me débrouillerais, le suppliant de ne pas perdre de temps avec moi.

  • Middlesex

    Jeffrey Eugenides -éditions de l'olivier, 2003;

     

    medium_couv_middlesex.jpg

    J'ai eu deux naissances.

    (...)

    J'avais perdu le sens du temps, heureux d'être rentré chez moi, pleurant mon père, et songeant à ce qui m'attendait.

     

     

    (Jeffreyx eugenides est l'auteur de Virgin suicides. Middlesex a reçu le prix Pullitzer en 2003.)

  • Salammbô

    Gustave Flaubert - Classiques français, édition de 1993.

     

     

    medium_couv_salambo.jpg

     

    C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar.

    (...)

    Ainsi mourut la fille d'Hamilcar pour avoir touché au manteau de Tanit.

     

     

  • Des femmes qui tombent

    Pierre Desproges - Point virgule, 1985.

     

     

    medium_cou_desfemmestombent.jpg

     

    Adeline Serpillon appartenait à cette écrasante majorité des mortels qu'on n'assassine pratiquement pas.

    (...)

    Catherine Rouchon ferme la malle à double tour, dans un geste un peu rageur, possessif et jaloux, pour tous ces souvenirs de lui qui pourraient s'envoler.

  • Le baiser de la nourrice

    Samedi 19 mai, de 17h30 à 19 h, puis dimanche 20 mai, de 14h30 à 16 h, à Saint-Haon le Châtel (42), les excellents Jean Mathieu et Dominique Furnon entreprendront la lecture d'un de mes textes : le baiser de la nourrice.

    Le sujet du baiser de la nourrice est l’adaptation des bandits aux systèmes tyranniques. Les individus, parmi les plus cyniques et les plus amoraux, se débrouillent mieux dans cette atmosphère, parce que les dictatures voient le triomphe des crapules.

    Le baiser de la nourrice est conçu comme  un livre-avalanche, un texte-éboulement, qui glisse du premier au dernier mot, une idée succédant à une vision, une pensée imbriquée dans une sensation, le tout amalgamé de telle sorte au sein d’une syntaxe complexe, que le lecteur doit se retrouver au milieu d’une page en se demandant à quel instant, à quel instant précis, il a pu passer d’une nappe de brume décrite comme une bouche fascinante, à la peur du regard de collègues de bureau représentés en animaux de zoo (oui m’sieur !).

    Le baiser de la nourrice vise l’asphyxie, le récit comble les pages à de rares exceptions près, les phrases s’éternisent, meurent d’elles-mêmes, s’épuisent et épuisent la lecture. Pour les mêmes raisons, pas de renvois, pas de chapitres, pas de saut à la ligne.

    A mon sens, jusqu'à la démonstration que m'en fit un soir Jean Mathieu, je croyais ce texte impossible à lire à haute voix. Jean m'a donc prouvé le contraire, il m'a même révélé des nuances que j'ignorais avoir placées !

    Qu'il soit ici remercié. A l'heure qu'il est, je suis fébrile et inquiet. Surtout, y aura-t-il suffisamment d'auditeurs, pour ne pas transformer cette lecture en un long cri âpre dans le désert ?

    Nous en reparlerons ici, quoi qu'il advienne. Et si vous saviez comme je suis fier... au moins autant que je suis angoissé.

     

    Donc : Première partie, samedi 17 h 30, cour de l'Hôtel Pelletier - Deuxième partie, dimanche 14 h 30, castel des Arts. Saint-Haon-le-Châtel.

  • Mrs Dalloway

    Virginia Woolf - Folio classique Gallimard, 1994.

     

    medium_couv_miss_Daloway.jpg

     

    Mrs Dalloway dit qu'elle se chargerait d'acheter les fleurs.

    (...)

    Et justement, elle était là.

  • Je m'en veux (vraiment), mais je n'y crois pas.

    (d'après une réponse adressée à un ami, ce matin-même)
    "J'ai lu le discours de Boulogne. J'ai lu aussi le discours d'investiture. Réaction.
    Il faut d'abord que je sois convaincu de la sincérité de notre président. Je doute, mais je comprends l'option politique : il mise beaucoup sur une réaction de son électorat par rapport à ce qu'il pense être l'esprit soixante-huitard : un mépris des notions d'autorité et de patriotisme. Je dois dire que je suis très mal à l'aise avec l'autorité et avec le patriotisme, mais pas de la façon dont le conçoit sans doute Sarkozy, c'est à dire pas sans raison. Je ne suis mal à l'aise avec l'autorité que quand elle ne me semble pas légitime, je ne me méfie du patriotisme que quand il est sublimé dans un but douteux : partir en guerre, distinguer les héros des lâches...
    Pour moi, ce doit être ça l'esprit de mai 68 : ne pas acquiescer aveuglément à une décision verticale. Douter. Ce qui est le fondement de l'humain à mon sens. Le discours d'investiture est traversé de clins d'oeil en direction de ceux qui ont besoin de certitudes. A l'entendre, la France est la terre des héros, elle a toujours résisté, elle a toujours combattu du bon côté, elle a toujours défendu les valeurs des droits de l'homme. C'est le type qui a fermé Sangatte, fait condamner les gens qui portaient secours aux immigrés démunis (de vrais résistants donc), qui s'est employé à diviser la nation, à dresser les intellectuels contre les manuels, à stigmatiser les banlieues en leur réservant un traitement "ethnique", qui fiche génériquement les gamins en révolte (les mêmes dont il s'applique à souligner le sacrifice à Boulogne); c'est ce type qui magnifie le rôle lumineux de mon pays ? Je ne lui reconnais pas ce droit. Sa vision volontairement aveugle et enamourée de la France séduit un peuple qui souhaite s'appuyer enfin sur des certitudes. Peut-être que les gens ont besoin de ça pour avancer aujourd'hui. Sarkozy les a compris.
    Quant à moi, je n'ai pas besoin qu'on magnifie mon patriotisme pour être fier de mon pays quand, manifestement, il est digne de son passé ; je n'ai pas besoin qu'on m'assène la nécessité d'une autorité quand je constate que la justice est humaine, mesurée, bienveillante et égalitaire, quand la police protège les plus faibles et n'agit pas impunément. Je sais être fier de la France, de son histoire, là où elle s'est montrée noble et généreuse. Le problème est que cette noblesse et cette générosité n'ont été que rarement incarnées par les tenants des valeurs morales, du travail de la famille et de la patrie. L'histoire, lue objectivement, nous apprend plutôt l'inverse. Les forces du conservatisme font peu de cas du malheur des plus pauvres. Quand NS dit solidarité, j'entends charité, quand il dit respect, j'entends préservation de la propriété, sens de la hiérarchie, quand il chante la Marseillaise, j'entends maréchal nous voilà. Quand on chante la Marseillaise, avec les copains (celle de la commune par exemple, la marseillaise comme chant de révolte, interdite par les Thiers, Napoléon, etc.), j'entends le chant des partisans, les vrais, ceux qui ont été obligés de prendre les armes, parce que les mêmes conservateurs avaient un besoin désespéré de retour à l'autorité, de retour au sens de la famille (les femmes à la maison), de salut à un drapeau qu'ils ne voyaient qu'en bleu et blanc.
    Voilà, cher ***, à gros traits, ce que je pense des récentes interventions de notre président. Je m'en veux, je t'assure, d'être aussi peu enthousiaste à l'écoute d'un discours qui, dit par un autre, me comblerait d'aise. Mais dans la bouche de certains, les mots prennent une saveur amère."

  • La tache

    Philip Roth - Folio, 2000.

     medium_couv_latache.jpg

     

     

     

     

     

    A l'été 1998, mon voisin, Coleman Silk, retraité depuis deux ans, après une carrière à l'université d'Athena où il avait enseigné les lettres classiques pendant une vingtaine d'années puis occupé le poste de doyen les seize années suivantes, m'a confié qu'à l'âge de soixante et onze ans il vivait une liaison avec une femme de ménage de l'université qui n'en avait que trente-quatre.

    (...)

    Il est rare qu'en cette fin de siècle la vie offre une vision aussi pure et paisible que celle d'un homme solitaire, assis sur un seau, pêchant à travers quarante-cinq centimètres de glace, sur un lac qui roule indéfiniment ses eaux, au sommet d'une montagne arcadienne, en Amérique.

     

    Ce livre a été adapté (et ma foi, pas mal) dans un film intitulé "la couleur du mensonge" avec Hopkins et Kidman.

  • Madame Bovary

    Gustave Flaubert - Press Pocket, 1990.

      

    medium_couv_bovary.jpg

    Nous étions à l'étude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre.

    (...)

    Il vient de recevoir la légion d'honneur.

     

    Lire aussi l'excellent article de Dantzig sur "qui est l'auteur de madame Bovary" ? Dans son "dictionnaire égoïste de la langue française".

  • Incentive. Traduction.

    Lu dans une plaquette de promotion d'un festival de la région, axé sur la gastronomie. Le festival propose des "incentives" aux entreprises. Mon esprit provincial s'interroge. Incentive... Qu'est-ce? Découverte d'un mot, plongée dans les dictionnaires qui font mon quotidien : rien. Je soupçonne l'emploi abusif d'un anglicisme, dans le but de donner une image moderne à la démarche. Notons au passage qu'utiliser l'anglais est moderne depuis 1945, ça commence à bien faire, non ?

    J'ouvre donc mon "Robert & Collins", qui traduit incentive par motivation. Les incentives de la plaquette sont, deviné-je, des sortes de séminaires de motivation pour le personnel cravatté et malléable des grandes entreprises qui veulent performer, manager, et foutredelargentparlafenêtreter.

    Je propose donc l'expression suivante, pour éviter l'usage d'un terme anglais qui a déjà sa correspondance en français.

    Incentive : enculage de mouches.

  • Les voleurs de beauté

     Pascal Bruckner

    medium_couv_bruckner.jpg

    Bruckner n’est pas un romancier. Il est peut-être essayiste, si l’on en croit la critique littéraire la plus répandue, mais la lecture des voleurs de beauté, m’a convaincu qu’on édite vraiment des merdes sous prétexte que l’auteur est connu. D’où un certain agacement au fil des pages ! Récit invraisemblable, aux développements mal raccordés, imaginés parfois in extremis pour rallonger la sauce, thème plat. Même pas malsain : ah, ce qu’aurait pu faire le méprisé Brussolo à partir du même argument ! Ici, aucune ambiance, personnages improbables, clichés, phrases toutes faites (genre : les chiens qui copulent au grand jour contrairement aux humains qui se cachent, mais eux ils ont le droit ; ce sont des bêtes– je vous jure !), références d’une profondeur bistrotière : « Les fous sont ceux qui ont tout perdu sauf la raison », assénées avec un sérieux de lycéen découvrant la philo, enfoncement de portes ouvertes, descriptions bien moyennes. C’est un écrivain, ce type ? Merde, merde, merde… Et ma compagne libraire me confesse que peu d’auteurs français publiés depuis dix ans tiennent vraiment la route au niveau littéraire. Affligeant.

  • A la recherche du temps perdu

    Marcel Proust -Editions Quarto Gallimard en 1999-

     

    medium_couv_recherche_du_temps_perdu.jpg

    Longtemps, je me suis couché de bonne heure.

    (...)

    Aussi, si elle m'était laissée assez longtemps pour accomplir mon oeuvre, ne manquerais-je pas d'abord d'y décrire les hommes, cela dût-il les faire ressembler à des êtres monstrueux, comme occupant une place considérable, à côté de celle si restreinte qui leur est réservée dans l'espace, une place au contraire prolongée sans mesure puisqu'ils touchent simultanément, comme des géants plongés dans les années à des époques, vécues par eux si distantes, entre lesquelles tant de jours sont venus se placer -dans le Temps.

  • Un communiqué de la famille de Léon Blum

    Nous  avons entendu avec stupéfaction, en boucle ce matin sur LCI, la déclaration de monsieur Vincent Bolloré selon laquelle sa famille aurait « reçu Léon Blum  à son retour de captivité  en 1945 ».

    Nous, proches parents de Léon Blum,  opposons un démenti formel à cette
    allégation.

    Léon Blum n’a jamais eu aucun lien avec la famille Bolloré, ni avec la
    moindre famille du milieu des affaires.

    A son retour de déportation, en mai 1945, Léon Blum ne dispose d’aucun
    logement habitable, son appartement ayant été pillé et dévasté, la maison de
    son épouse Jeannot à Jouy en Josas ayant été détruit .

    Léon Blum trouve refuge auprès de Felix Gouin, président de l’Assemblée
    Consultative, qui siège au Palais du Luxembourg, en attendant de pouvoir
    habiter la maison de son épouse à Jouy en Josas où il finira ses jours, et
    qui est aujourd’hui le musée Léon Blum.

    Dans un état de santé très délabré, il ira, rarement, se reposer dans la
    maison, peu luxueuse, d’amis proches en région parisienne.
    Est-il utile de rappeler que Léon Blum, en dehors d’une magnifique
    bibliothèque aujourd’hui à la Fondation des Sciences Politiques, ne
    possédait aucun bien, qu’il n’a vécu que de ses traitements d’homme d’état,
    et que ses frères et lui, ont donné, au long de leur vie, une bonne part de
    leurs  revenus au parti socialiste ...

    Est-il utile de rappeler (voir les biographies dont celle de Lacouture) que
    Léon Blum, qui n’avait aucun goût pour l’argent et le luxe, est mort dans un
    relatif dénuement, ses traitements ayant beaucoup de retard après la guerre

  • La rage de l'expression

    Francis Ponge - 1976- Editions Gallimard. nrf.

     

    medium_couv_rage_de_lexpression.jpg

    Que rien désormais ne me fasse revenir de ma détermination : ne sacrifier jamais l'objet de mon étude à la mise en valeur de quelque trouvaille verbale que j'aurai faite à son propos, ni à l'arrangement en poème de plusieurs de ces trouvailles.

    (...)

    Un jour, dans quelques mois ou quelques années, cette vérité aux profondeurs de notre esprit étant devenue habituelle, évidente -peut-être, à l'occasion de la relecture des pages malhabiles et efforcées qui précèdent ou bien à l'occasion d'une nouvelle contemplation d'un ciel de Provence- écrirai-je d'un trait simple et aisé ce Poème après coup sur un ciel de Provence que promettait le titre de ce cahier, mais que -passion trop vive, infirmité, scrupules- nous n'avons pu encore nous offrir.

     

  • Demain la nuit sera parfaite

    Alain Borne -1954- Editions Rougerie. (N°18 sur 25 du tirage numéroté. Ce livre a été tiré en 225 exemplaires.)

     

    medium_couv_nuit_parfaite.jpg

     

    Par un jour de grand vent les hommes s'assemblèrent pour tuer, tuèrent, mangèrent, jetèrent de légères orties dans l'eau, blanches de fleurs, moururent, et tout le ciel s'engouffra dans leur tombe, et la terre fut comme une médaille au cou de Dieu.

    (...)

    On eût dit qu'il saluait. Le plus gr

     

    (N.B. : pas de faute de frappe. C'est bien ainsi que s'achève ce recueil de poésie.)