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choses vues - Page 4

  • 2840

    Ce n'est pas qu'on ne croit plus à l'amour, mais c’est qu'on y a collé tellement de choses et surtout tellement n'importe quoi, qu'on finit par ne plus savoir de quoi l'on parle. C'est comme une bibliothèque monstrueuse où se côtoient le pire et le meilleur sous prétexte qu'il s'agit de livres. Va trouver de la littérature dans  ce fatras, toi.

  • 2829

    Les vaches inlassablement tirent sur l'herbe, pour que la terre, comme l'élève rétif à qui l'on tire les cheveux, sorte de sa léthargie. Et voilà le printemps.

  • 2820

    Je croise depuis des années cet homme dans la rue. Son statut de simple d'esprit avait quelque chose d'attendrissant et de poétique du temps de sa jeunesse. Aujourd'hui c'est un vieillard qui souille parfois son pantalon en marchant, sans conscience de ce qui l'entoure. Il ne porte plus sa petite radio contre l'oreille en permanence ; l'âge a anobli sa moue de débile léger. Il semble moins sidéré, presque commun. Il ne se distingue plus des autres passants. Ou bien nous sommes-nous tous amoindris jusqu'à lui ressembler ?

  • 2793

    A la radio, une femme médecin explique le phénomène de l'érection matinale. Savamment, certes, mais avec aussi une certaine sensibilité. Abîme de réflexions.

  • 2750

    Le sinistre 7 janvier, on répétait Pasiphaé. La pièce serait sur scène pour la première fois deux jours après.
    Le terrible 13 novembre, j'étais à Genève où j'avais le bonheur de recevoir le coup de cœur Lettres-Frontière pour « L'Affaire des Vivants ».
    Fin août, sortait « Les Nefs de Pangée » et il ne s'est rien passé de fâcheux, à ma connaissance.
    Voyez : rien de systématique.

     

    (Note N°2750, un joli chiffre rond pour nous souhaiter un bel anniversaire, hein, ma douce ?)

  • 2720

    Sa main touchait l'arbre qui allait le sauver, quand il comprit que 40 % de son poids l'entraînait vers l'abîme. Impossible de se défaire de cette mauvaise graisse, elle fait partie de lui. Ah, s'il en avait fait du muscle !

  • 2719

    Attend tranquillement l'annonce d'un nouveau massacre. Dans les urnes, cette fois. A voté, histoire de faire un pied-de-nez à tous ceux qui trouvent ça inutile tout en découvrant qu'on a mis en place pour eux des systèmes qui ne leur conviennent pas.

    Chacun a ses raisons, après tout, je m'en fiche. Je crois faire ce qui doit être fait.


    En tout cas, hier, à la Médiathèque de Fleury, c'était très agréable. Il y avait du monde. Des têtes nouvelles, des amis. Je crois que j'ai été un peu soporifique. J'ai lu des passages de La Grande Sauvage, qui ont suscité quelque gourmandise. Parfait. Des livres, des rencontres, un public venu remplir la salle, des discussions autour d'un pot, ensuite.

    En fait, je sais pourquoi je vote.

  • 2716

    Bon, envoi d'un dossier de subvention à la Région aujourd'hui. Il ne se passe pas deux mois sans que nous soyons  (« nous » : la compagnie NU), remis au rang des quémandeurs qui doivent solliciter leur prince. C'est un choix, assumons. Je rêve d'un moment de bascule où nous serions détachés des mannes publiques, car nous n'aimons pas dépendre des contribuables, n'allez pas croire. L'ennui est que nous ne pourrions créer sans cela. Faire travailler des professionnels coûte (très) cher, et nous avons renoncé à faire des spectacles de patins à glace avec paillettes ou des reprises de classiques ou de comédies célèbres. Pas que ce soit mal en soi, mais nous cherchons autre chose.
    Pourquoi, et depuis tout temps, existe-t-il cette défiance du public pour des spectacles qui, éventuellement, lui ferait passer un bon moment et, accessoirement encore, lui laisserait des souvenirs ? Contrairement à ce que pensait le plumitif de l'hebdo local, nous ne cherchons pas à être élitistes, nous aimons que nos créations soient partagées par le plus grand nombre. D'ailleurs, nos pièces ne sont pas ce qu'on peut appeler confidentielles, les salles sont pratiquement pleines à chaque représentation, alors que nous ne bénéficions d'aucune autre communication que celle des programmes des structures qui nous accueillent et un travail de réseau, mais le  rapport coût/recettes est tel que nous ne pouvons rien faire sans les subsides publiques. Subsides publiques qui, nous a-t-on fait comprendre hier, fondent drastiquement. Il faut donc que je précise que, si nous ne pourrions pas créer sans elles, nous faisons à l'économie malgré elles. A l'économie, c'est-à-dire que la faiblesse des budgets contraint les comédiens et les auteurs à travailler de façon militante, bien en deçà des véritables émoluments auxquels ils pourraient prétendre. Les seuls à être payés correctement étant les techniciens. Voilà, c'était pour ceux qui considèrent que le théâtre contemporain nage sur un océan d'argent facile et que les « intellos » sont privilégiés.

  • 2715

    Etat d'urgence. Deux mots pour lâcher les chiens, enfoncer les portes entrouvertes. Et les cons en redemandent, vont voter FN parce que l'urgence ne suffit plus, veulent qu'on les bâillonne, les assomme, les encage. Pas eux, non, les autres, tous les autres. Comprennent pas qu'ils seront chacun, tôt ou tard, l'autre de quelqu'un.

  • 2702

    A propos des insectes, toujours : un précieux ami relevait l'autre jour qu'il fut un temps où, après quelques kilomètres, il fallait nettoyer le pare-brise de la voiture, devenu opaque à cause du nombre d'insectes venus s'y écraser. Force est de constater que ce n'est plus le cas. A coups de pesticides et autres pollutions, nous avons pratiquement éradiqué le peuple insecte. Qu'avons-nous fait, misère, qu'avons-nous fait ?

    Ou bien avons-nous provoqué une mutation qui a rendu les insectes assez intelligents pour s'écarter de nos phares ? Qu'avons-nous fait, misère, qu'avons-nous fait ?

  • 2682

    Un ami homo me confie son journal inédit. Grand honneur. L'une des années se conclut avec une scène affreuse où une voisine lui défend de seulement regarder ses enfants, en le traitant avec rage de pédé, faisant la confusion que les imbéciles font classiquement entre cette orientation sexuelle et une perversion, la pédophilie. Mon ami, bouleversé, met des mois à s'en remettre (la lente réparation de cette blessure se lit au fil de son journal). Lisant cela, je réalise que c'est une expérience pratiquement intransmissible, je n'ai pas d'équivalent pour juger de son traumatisme. On n'a jamais cherché à me faire du mal de cette façon. La pire insulte que je crois avoir reçue a été « philosophe », par le plumitif de l'hebdo local, qui voyait dans ce qualificatif le sommet de la veulerie bien-pensante. Ça m'a surpris, ça m'a fait rire, mais je dois avouer que ça ne m'a pas blessé. Ou alors, si légèrement...

  • 2678

    Elle nous parlait, nous souriait. N'était plus exactement de notre monde, approchait l'autre. Et le savait. Elle l'a rejoint et nous devons mesurer la distance qui nous séparait d'elle, tandis que nous étions en sa présence.  

  • 2677

    Le grillon commence modestement. La taupe prolonge. Le blaireau profite de l'aubaine. L'ours élargit. La pelleteuse amplifie. Le tunnelier s'engouffre. Les portes se referment. Le migrant cherche un autre grillon.

  • 2676

    Il fulmine, les mots lui viennent aisément, sa parole est fluide et le propos logique, il lui semble de plus en plus évident qu'il a raison. Mais en réalité, il confond sa colère avec de la lucidité.

  • 2675

    Le conférencier inculte vient à bout de son exposé. La salle murmure ; ce brouhaha qui signifie « y'a quoi dans le frigo, en rentrant ? » Un journaliste incompétent pose une question affligeante. Le conférencier répond en souriant tandis que l'assemblée écoute. Tout va bien. Personne ne s'étonne de rien. 

  • 2665

    L'humanité, habillée, parfumée, maquillée. Qu'a-t-elle à cacher ?

  • 2660

    Blanche, torsadée comme un artifice de pâtisserie ; noire épaisse, minerve de fortune ; une écharpe indispensable m’enveloppe le cou. Chaque matin, j’enroule jusqu’aux lèvres cette longue soie ou ce grand tricot, d’un geste de magicien manipulant d’invisibles volutes.
    Plus qu’un usage, une image de marque, tant l’accessoire est solidaire de ma silhouette, et depuis si longtemps. Ce fut d’abord une réponse d’urgence à la fragilité de mes cervicales, qui craquent et se tétanisent au moindre vent coulis, puis la prévention de ces désagréments, en toute saison. Car les courants d’air glissent de l’hiver à l’été sans états d’âme. L’écharpe est donc toujours là, plus ou moins chaude cependant. Des années de pratique en ont fait une habitude difficile à abandonner. Je dors nu avec une écharpe autour du cou. Et si je déambule, à l’intérieur ou dehors, deux ou trois pas sans elle m’alertent sur ma distraction, et je saisis la première écharpe disponible, pour vite rassurer mon cou frissonnant.
    Je ne noue pas mon écharpe ; elle doit être assez longue pour que ses tours en solidarisent la forme. Balancée finalement sur l’omoplate, l’autre extrémité descendue sur la poitrine, elle reste libre de se dévider comme une bobine de fil. Je la rattrape alors, reproduis le geste de magicien, termine par un déjeté sur l’épaule, censé équilibrer l’ensemble.
    Parfois seulement, quand l’air est franc, quand le soleil charrie ses ondes puissantes, je consens à délivrer mon cou de son éternelle protection. Et je marche, je respire, je soulève la poitrine, je savoure un oxygène allégé inexplicablement, je réalise combien on s’impose par précaution, de petites chaînes quotidiennes dont on peut bien se passer, et combien les défaire est jouissif.

  • 2642

    Les plantes communiquent par les parfums, leurs appels sont des fragrances. On réalise alors que la bonne odeur de l'herbe coupée est une vaste clameur épouvantée.

  • 2582

    L'orage cette nuit-là, un vaste marteau qui assomme la terre. La maison dans mon demi-sommeil, un cube compact, résistant sous la force de cette averse de plomb. L'idée vague d'un ensevelissement sous la poitrine noire d'un colosse absurde.

     

    Sinon, il a plu, et c'était bien pour les salades.

  • 2575

    Je voulais dire au pauvre gars qui s'obstine à laisser des commentaires nuls en espérant se faire passer pour l'excellent Laurent Cachard, qu'il a encore beaucoup de chemin à faire, et que sa misère littéraire se renifle à dix bornes. Et maintenant, s'il pouvait laisser travailler les grandes personnes...