Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

actu - Page 2

  • 3137

    Et bien, c'était prévisible, hélas. L'extrême-droite (non, je ne vous mettrai pas le lien), réquisitionne La vie volée de Martin Sourire pour faire de mon roman un porte-voix de la reconnaissance du génocide vendéen. Je me vois donc obligé de réagir et de dénoncer une manipulation de mon propos (ou une lecture orientée et fautive). « Il (l'auteur), dit ce site, nous livre le monologue de Martin, revenu de Vendée, racontant sans ambages ce que fut vraiment cette expédition punitive, que certains esprits chagrins refusent de reconnaître comme un génocide pur et simple." Sachez, chroniqueur partial, que je fais justement partie des "esprits chagrins" qui refusent qu'on colle aux Guerres de Vendée le terme de génocide.
    Je craignais que des lecteurs partisans s'emparent de cette partie du récit pour y puiser cette morale. C'est fait. Mon ambition a été, en écrivant ces lignes, de rappeler sans fard que nous (les républicains, les révolutionnaires dont je partage les idées), avions fauté, et qu'il était nécessaire de le reconnaître. Mais le monologue de Martin dit aussi les conditions et les ambiguïtés de ces événements. Il renvoie dos à dos les belligérants, fanatisme contre fanatisme.

    J'emmerde les tenants du génocide vendéen, je n'ai rien à voir avec De Villiers et ses tourbeuses épiphanies catholiques où chaque paysan est vu comme un saint martyr.
    Que ce soit clair : je conchie la malhonnêteté révisionniste autant que l'impudeur de taire ce qui nous dérange !

    Il ne s'agit pas de minimiser l'ampleur et l'ignominie des massacres, mais l'idéologie génocidaire est très spécifique et ne correspond pas, selon moi, aux principes qui ont prévalu à l'époque. Je n'ai rien contre l'emploi anachronique d'un terme imaginé pour évoquer ce qui paraissait inédit aux juges de la solution finale nazie, en l'appliquant à des phénomènes qui l'ont précédée, mais il me semble que l'idée de génocide est liée par essence à la notion de race. Il faut que l'un ou l'autre protagoniste, ou les deux, soient convaincus de l'existence d'une race distincte d'une autre. C'est cette race qui est l'enjeu du génocide. La République n'a jamais considéré que les Vendéens constituaient une race, ou même un type physique remarquable (on objectera que Barère a parlé de « race rebelle » dans une de ses carmagnoles, mais le mot race ne recouvre pas ici le sens que nous en avons, on parlait aussi bien de race française). Il y avait probablement des Vendéens travaillant à Paris (c'était le creuset où se précipitait tout le pays). Je ne sache pas qu'on a pratiqué des rafles dans la capitale pour en finir avec tous les représentants d'une hypothétique race vendéenne. Il s'est bien agi d'éliminer localement une population réfractaire, et seulement elle, au début. Rappelons que le 20 février 1794, les représentants Hentz, Garrau et Francastel donnent l'ordre aux habitants de la Vendée et aux réfugiés de quitter le territoire insurgé et s'en éloigner de plus de vingt lieues sous peine d'être considérés comme rebelles et traités comme tels. Difficile de concilier ces précautions avec une démarche génocidaire méthodique. Il s'est agi d'éliminer les rebelles pour les remplacer par une population patriote. Un rêve de pureté, bien dans l'esprit d'un Robespierre, dystopie suffisamment grave et terrible pour ne pas faire appel à un concept allogène. Crimes de guerre, massacres de masse, crimes contre l'humanité, bien sûr, et le procès doit être fait. Il fut fait par ses artisans, d'ailleurs, en son temps. Pour moi, les massacres de Vendée connaissent au moins un précédent dans l'Histoire qui permet de mieux les situer : ils sont à rapprocher de la façon dont les Romains ont décidé, au terme des guerres puniques, de se débarrasser définitivement de Carthage. Population éradiquée, bâtiments détruits, jusqu'aux champs couverts de sel pour prévenir toute renaissance. Peut-être que Robespierre et ses affidés avaient cela en tête. Au delà des monstruosités d'un Carrier, ou des ateliers de tannerie de peau humaine, la cruauté délirante des colonnes infernales, leur goût pour le pillage, ont inhibé voire disqualifié pour longtemps toute tentative de prise de recul dans la compréhension des crimes perpétrés. Et l'impact du mot génocide n'aide pas à débattre rationnellement du phénomène.
    Et qu'on s'en tienne, s'il vous plaît, à tout ce que raconte le livre et qui le met en perspective, le monologue vendéen est inscrit dans un récit plus large, et on serait bien inspiré de le rappeler. J'ai espéré, mais je me suis peut-être planté, par la description des agissements des Colonnes, élever le récit à l'échelle de l'exemplarité humaine, dépasser les impératifs historiques pour dire ma peur de toutes les solutions finales.

  • 3134

    Lors d'une de nos premières longues discussions hors de nos rapports éditeur/auteur, Frédéric Weil (béni soit son nom) et moi étions tombés d'accord sur le fait que le premier roman de Fantasy au monde est français. Oui, parfaitement : c'est le Salammbô de Flaubert (1862). A l'époque, j'avais le projet d'un roman placé sous l'héritage assumé de ce grand ancêtre. C'était lors de la sortie de Mausolées, en 2013. Frédéric m'écoutait évoquer les grandes batailles, la sauvagerie, le baroque, le luxe barbare, je lui racontais les paysages, les senteurs, les couleurs… je lui vendais un péplum sur les eaux et sur la terre. Les Nefs de Pangée commençaient à appareiller dans nos esprits. Frédéric me dit alors son intention de publier Salammbô sous cet angle : rappeler ce que le genre lui doit, et donc le proposer aux lecteurs de Fantasy. C'est chose faite aujourd'hui. Le livre va exister, grâce à un financement participatif. (Vous pouvez vous aussi rejoindre les contributeurs) Il ne sera pas publié seul. Les Moutons électriques et Mnémos ont ajouté au roman Le voyage en Orient, célèbre récit qui inspira à Flaubert les premières pages de Salammbô (avant qu'il se décide à retourner en Afrique, plus précisément en Tunisie, dans les paysages qui virent se dérouler la Révolte des Mercenaires). De plus, sera édité un opuscule où plusieurs auteurs doivent évoquer leur rapport au roman épique de Flaubert. Et vous savez quoi ? On m'a demandé d'en être. Bon. Mon roman en cours va donc prendre un peu de retard. Pas grave, c'est pour Mnémos, il me pardonnera.

  • 3133

    Permettez que j'utilise mon blog pour remercier un ami discret et généreux qui nous a, ma douce et moi, tout aussi généreusement et discrètement, abonnés au Canard enchaîné. Depuis plus d'un an (il a reconduit l'abonnement en 2017) nous nous régalons donc des trouvailles du palmipède, mais dans le dernier numéro, pardon, la jubilation est à son comble ! L'affaire Pénélope inspire nos journalistes et chaque papier est une mine de franche rigolade. Faut bien rire, hélas, de cette sinistre danse au milieu des marécages politiques (de peur qu'on ait à en pleurer, comme disait l'autre).

  • 3132

    C'est un des formats les plus brefs de la télévision. Comment parler d'un livre en quelques minutes ? Impossible, l'idée est donc seulement d'intriguer. Je vais découvrir avec vous le numéro de "Un livre un jour" avec Olivier Barrot, consacrée à "La vie volée de Martin Sourire". C'est sur France 3, à 16h05.

  • 3131

    Plusieurs billets de blogueurs permettent de patienter en attendant l'angoissant retour des critiques professionnels. En voici une, par exemple, que je trouve claire et pertinente. Alors, merci à Ys Melmoth qui a eu la curiosité de ne pas en rester à "L'Affaire des vivants".

  • 3129

    Il y a deux ans, la nouvelle librairie Baume de Montélimar m'avait fait le grand plaisir de m'inviter pour évoquer "l'Affaire des vivants". Cette année, François et son équipe ont beaucoup aimé "Les roses blanches" de Gil Jouanard, publié chez Phébus, et ont imaginé une rencontre croisée avec moi. C'est un grand honneur, évidemment, et puis il se trouve que j'ai lu et aimé le récit drolatique et tendre de la Juliette de Gil Jouanard, qui pourrait être un personnage de fiction mais dont on apprend l'identité et son lien avec l'auteur, à la fin du livre. Émouvant, riche, "picaresque" dit l'éditeur. Je plussoie.

    C'est ce soir, ce soir à 19 heures, et j'y serai autant comme auditeur que comme écrivain.

  • 3119

    Ce soir, ce sera pour Martin Sourire la première occasion de partage avec un public. Les premiers mots pour dire, évoquer, expliquer peut-être, revenir sur ce moment mystérieux où je me suis dit "Tiens, et si je racontais l'histoire d'un enfant dans la Révolution ?", ou plutôt, dire comment et pourquoi, en vérité, ce moment initial n'a pas existé. Le mystère, c'est celui-là.

    A 20 heures, à la librairie du Centre, à Ferney-Voltaire.

     

  • 3113

    Fichtre de fichtre ! Quand il s'y met... J'étais loin de mon bureau quand ma douce m'a appelé. Elle m'a résumé l'intention de la chronique, m'a fait entendre au téléphone le dernier paragraphe du billet de Laurent Cachard à propos de "La Vie volée de Martin Sourire" sur son blog. J'avais hâte de le lire intégralement, sachant le travail de lecture dont cet auteur fait le cadeau aux autres auteurs, et combien il ne se contente pas de dire qu'il a aimé. Dès mon retour, je me précipite, je lis. Me voici servi ! Je vous laisse en sa compagnie, à la lecture de ce texte précis, complet, détaillé. Que dire d'autre ? Ajouter d'innombrables mercis ? Mais nous savons, lui et moi, qu'il n'y a là ni retour d'ascenseur ou bienveillance partisane (de la bienveillance, si, tout de même un peu ? mais pas de complaisance), nous suivons chacun le parcours de l'autre et, quand un des livres de notre ami nous plaît, nous mettons en œuvre les moyens qui permettront au plus grand nombre de partager notre découverte.

    Bon, autant dire que je suis très heureux et fier, surtout, que mon dernier opus ait plu à un écrivain et néanmoins ami.

  • 3112

    La premier à chroniquer mon dernier roman est un écrivain dont j'admire le travail, ça tombe bien. Nos livres sont -sinon aux antipodes- en tout cas, inscrits dans des registres très éloignés. Et il s'agit d'un auteur intègre, qui ne distribue pas ses bons points à l'envi, ou par souci de complaire à une amitié. Je suis d'autant plus sensible au retour de lecture que Jean-Pierre Poccioni, auteur de La maison du FauneLa femme du héros entre autres, a fait de La vie volée de Martin Sourire. Diffusé d'abord sur Facebook, son texte valait d'être relayé sur Kronix. Merci à lui.

    « Pourquoi lire La vie volée de Martin Sourire de Christian Chavassieux ?
    Parce que ce roman qui se présente comme historique l’est d’une façon particulièrement intéressante et originale.
    L’événement historique est ici perçu par le personnage principal et ceux qui le côtoient comme nous percevrions nous mêmes les convulsions de notre histoire si nous ne connaissions la médiation permanente des moyens de diffusion et de présentation de l’information.
    Une histoire à hauteur d’hommes simples, de gens du commun et non l’histoire des hauts faits de quelques grands noms plus ou moins dignes du Panthéon. L’histoire du peuple par le peuple et avec lui.
    Parce que ce texte est un roman et ajoute au genre une aura supplémentaire de noblesse. Ni auto-fiction narcissique, ni pseudo biographie, ni variations sur le thème sempiternel et vain de « l’histoire vraie ». Une fiction c’est-à-dire ce procédé d’illusion réaliste que George Semprun considérait comme le seul moyen d’approcher le réel. Une fiction avec ses plaisirs petits et grands, virevoltes, événements, surprises et rebondissements.
    Enfin parce que ce texte est une œuvre littéraire ce qui implique qu’elle ne prend vie que par et pour l’écriture. Cette écriture qui se déploie avec aisance et précision, qui joue subtilement sur les tournures et le lexique très riche et recherché pour figurer la distance temporelle qui nous sépare des protagonistes est sans défaut ce qui est à la fois la moindre des choses et pas si fréquent ! Et puis soudain, quand le lecteur mis en confiance et presque accoutumé à cette belle langue finirait par oublier le talent qu’elle implique c’est le choc d’un long moment lyrique, une évocation quasi hallucinée des exactions commises en Vendée, qui s’élève progressivement aux plus forts moments poétiques qu’un lecteur puisse rencontrer. Un flot, une lave de mots qui embrase, qui sidère, qui parvient enfin, car rien n’est ici gratuit, à dire l’absolu du mal, sa béance inhumaine et pourtant si humaine. Pour moi un grand moment littéraire.
    Pour faire bonne mesure j’ai cherché des raisons de ne pas lire ce roman. Désolé je n’ai pas trouvé ! »

  • 3110

    Il est publié et maintenant, il va falloir commencer à parler de ce roman. C'est-à-dire, enfin, tenter d'en avoir une idée claire. Qu'est-ce que j'ai bien voulu faire en écrivant cette histoire ?

  • 3106

    Chavassieux GLM.jpgJe ne me défais pas de mon côté province, voyez-vous. Impossible de jouer la désinvolture quand j'apprends que « La Vie volée de Martin Sourire » est dans la sélection du Grand Livre du Mois, par exemple. Je reste cet autodidacte, cancre avéré, publié pour la première fois à 48 ans, qui s'émerveille qu'on veuille bien le considérer comme un écrivain.

  • 3105

    2017. Ouais. Déjà, si on arrive au bout de l'année...

  • 3104

    Bon, je ne veux embêter personne mais, à toutes fins utiles je vous l'annonce : c'est aujourd'hui qu'il sort.

    Couv_VVdeMS.jpg(à acheter ou commander chez votre libraire le plus proche)

  • 3101

    Je prédis, pour janvier 2017, une avalanche de bonnes intentions, de vœux et de souhaits béats.

  • 3088

    Oui, pleurons sur Alep. Évitons surtout que nos larmes ne sèchent sur nos joues, comme se sont évaporées celles que nous versâmes sur Grozny.

  • 3086

    D'un club de lecture de la FNAC, si j'ai bien compris, cette critique inaugurale de "La Vie volée de Martin Sourire". Un bon début, quoi.

  • 3084

    Lors des rencontres Lettres-Frontière pour Le Baiser de la Nourrice, il y a quelques années, je m'inquiétais du coût énergétique de l'envoi de 80 kilos d'écrivain sur les routes pour qu'il évoque son travail. Quelques années seulement ont suffi pour aggraver la situation puisque, aujourd'hui, c'est 90 kilos d'écrivain qu'il faut promener à travers le pays. Je ne saurais donc trop vous demander de compenser ce désastreux bilan carbone en venant nombreux aux premières rencontres organisées pour La Vie volée de Martin Sourire, sur 2017 :

    La librairie du Centre, Ferney-Voltaire, le mercredi 18 janvier, 20 heures.

    Médiathèque de Gilly-sur-Isère, le vendredi 3 février, 18 h.

    Médiathèque de Saint-Denis de Cabanne, samedi 11 février, 16h30.

    Médiathèque de Romorantin,mardi 28 février, 18h30.

    Centre culturel de Riorges, jeudi 6 avril, 18h30.

    Bibliothèque de Fleury-la-Montagne, vendredi 9 juin, 18h.

    et aussi, à propos des Nefs de Pangée, au Salon du livre de Noirmoutier, samedi et dimanche 24 e 25 juin.

  • 3077

    Un nouveau portrait et une nouvelle chanson : "La ville étonnée" sur le site "portraits de Mémoire(s)", la démarche entreprise sur la communauté de Communes Charlieu-Belmont.
    Avec un texte de Jérôme expliquant la démarche de la composition musicale et le texte de la chanson (pour l'entonner avec nous, sous la douche ou au bureau, préparez vos aigus).
    Bonne écoute, les amis.

  • 3075

    Je ne sais pas de quoi sera fait l'avenir, mais je me souviendrai longtemps du regard fixe de Fillon tandis que Juppé lui demandait de condamner la campagne de diffamation dont il avait fait l'objet. Le regard fixe, le sourire contenu… et finalement, l'absence de condamnation.
    Gardez bien ça en mémoire, les amis.