Cet acharnement qui va jusqu'à la démolition des ruines, et tout ça sans connaître le couplet « Du passé faisons table rase »... ça force le respect, cette internationale de la colère.
Au fil de l'Histoire - Page 8
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Pottier pris aux mots
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La bonne adresse
Dans La Vache, la deuxième sourate du Coran, il est clairement expliqué que les mécréants le sont par la volonté expresse de Dieu (« Quant aux incrédules (...) Dieu a mis un sceau sur leurs cœurs et sur leurs oreilles ; un voile est sur leurs yeux »). Si on se demande bien dans quel but, on peut en tout cas se réjouir que l'athée ne soit en rien responsable de sa philosophie et puisse même exiger du croyant le respect le plus haut, ayant bénéficié, contrairement à lui, de l'attention particulière de son créateur.
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Homme, humus et On
L’homme s’est longtemps considéré -étant seul juge- comme l’aboutissement de la création, et les mots témoignent de cette ambition. Revenons dans le passé lointain pour dépoussiérer la racine indo-européenne Ghiom, la terre. Les Grecs y puisent le mot khtôn de même sens, qu’on retrouvera dans chtonien et autochtone. Les latins fabriquent un « homo », littéralement « né de la terre » (idem pour l’Adam hébreu, issu également du sol), dont on retrouve la facture terrienne dans l’humus et aussi, souvenons-nous en, dans l’humilité. Le genre humain, lui, est entièrement représenté, le savez-vous, quand vous dites ou écrivez « on ». Car dans « on » il y a l’ « homme ».
Grecs et latins ont puisé dans le Ghiom indo-européen (terre), leur khtôn et homo (voir plus haut). La logique inverse est possible : le Wiro indo-européen qui désigne l’homme en tant que principe masculin, a abouti au world anglais et au welt allemand : le monde. Il reste encore un peu de l’humain wiro dans le werewolf (le loup-garou anglais), dans la virilité, la virago et même la vertu (du latin virtus, courage, force). Enfin, une autre racine : Ner, le guerrier, a donné les préfixes andro et anthro, et les prénoms André (viril) et Alexandre (qui protège les hommes).Et c'est la 2400ème note, les amis.
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Aujourd'hui
Il y avait la guerre. Elle allait durer des années. Ils espéraient qu'elle cesse un jour, ils étaient persuadés qu'elle cesserait un jour. Et nous voici, vivant cela. Nous adaptant au quotidien de cette guerre-là comme nos aïeux s'adaptèrent au quotidien de la leur. Sans grand espoir qu'elle finisse. Notre temps, désormais, est un temps de guerre. Et nous allons nous y habituer.
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On ne prête qu'aux riches
Disons-le encore une fois, pour que la vérité s'impose : l'invention de l'eau chaude est bien antérieure à Léonard de Vinci (qui n'a pas inventé l'eau tiède non plus).
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Le bon coin
Tout de même, les ancêtres des peuples du Nunavut, je ne veux pas être méprisant mais... Je les imagine, au terme d'une migration séculaire, d'une marche de dizaines de milliers de kilomètres sur plusieurs générations pour trouver un endroit où prospérer, s'arrêtant au beau milieu d'une espèce de banquise blanche et glacée, contemplant l'horizon net comme une lame et déclarant : « Parfait. »
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Abstentionniste
Alexis de Tocqueville était étonné, même un peu goguenard, de constater que ces sacrés Américains pouvaient confier un poste de sénateur à Davy Crockett, un trappeur coiffé d'une fourrure de raton-laveur. Le raton-laveur aurait été de son avis, certainement, mais il s'en fichait visiblement.
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Cause et effets
La France est le pays développé où l'espoir en l'avenir est le plus bas, statistiquement. C'est aussi celui qui, proportionnellement, compte le plus d'athées.
C'est qu'on a appris ne pas croire aux contes fées, je suppose.
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Extrait
On l'a cueilli sur le bord du chemin, pas loin des roues du carrosse, ou était-ce une calèche découverte, un de ces attelages légers qui prenaient de l'Angleterre le goût de la vitesse, ou encore une lourde berline, tonitruante, à trois paires de chevaux, énorme, de ces attelages que rien n'arrêtait, qui fonçaient dans les rues précédés de fantassins endurants ou de chiens immenses, jetés en avant-garde pour affoler la populace qui devrait s'écarter vite si elle voulait échapper à la mort aveugle lancée au galop derrière eux. C'était aux franges d'un petit bourg anonyme. Il y avait cet empressement de gueux accourus comme ils font à l'entour de toute pompe sait-on jamais, des fois qu'une bénédiction et quelques écus tomberaient des bourses, des fois que la manne fuserait parmi le crottin, semé avec une pareille désinvolture du cul des chevaux ou de la paume des dames – avec un soulagement moindre dans ce dernier cas – ou agglutinés là seulement pour voir, tant c'est beau, tant c'est un spectacle tout cet apparat, les cavaliers chamarrés, les postillons en livrées impeccables, la brillance des harnachements, le tonnerre des chevaux bien bouchonnés et des essieux bien graissés, des fers solides qui font gicler la caillasse.
Extrait d'un roman (sans titre pour l'instant) en cours d'écriture.
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Apercevoir les couleurs d'une époque révolue
Je vais avoir un peu de retard sur mes autres lectures, cette année...
La Révolution Française, Furet et Richet
La reine Marie-Antoinette, Pierre de Nolhac
Revue Versalia N° 4 et 9
Le hameau de la Reine, Thierry Deslot
Monsieur Nicolas, Rétif de la Bretonne
Les nuits de Paris, rétif de la Bretonne
Les hommes de la liberté, Claude Manceron (les trois volumes)
Vie et destin de l'architecte de Marie-Antoinette, Patrice Higonnet
Histoire de France, 1789-1815, chez Belin
Origines de la France, Taine
Histoire de France, Michelet
Histoire de la vie privée, de la révolution à la Grande Guerre, Philippe Ariès et Georges Duby
Journal d'une reine, Evelyne Lever
1789, recueil de textes et documents, ministère de l'éducation nationale
Blancs et bleus dans la Vendée déchirée, J-C Martin
De 1789 à 1815, Souvenirs et portraits, Edmond Biré
1789, l'année sans pareille, Michel Winock
Robespierre et la Révolution, C. Marand-Fouquet
La bibliothèque bleue, littérature de colportage, Lise Andries-Geneviève Bollème
La vie quotidienne en France au temps de la Révolution, J-P Bertaud
Histoire et dictionnaire de la Révolution Française, Tulard, Fayard, Fierro
Dix-huitième siècle, A Malet
Mémoires de Mme Campan
Yzernay au cœur de l'histoire, tome 1, G Michel
Revue du souvenir vendéen, N°s 1 ; 241 ; 257
Les insurgés de Dieu, P Poupard
Histoire de Chanteloup-les-bois en Anjou, A H Hérault
La chouannerie et les guerres de Vendée, N Meyer-Sablé
Le cimetière des martyrs d'Yzernay. A H Hérault
Paysans vendéens, Comte de Chabot
Turreau et les colonnes infernales, E Fournier
Les démons de la vertu, E Durand
Sur la Vendée militaire, les textes de Reynald Secher. Il sent le souffre, mais comment en faire l'économie ?Les conférences d'Henri Guillemin
Voir aussi les mémoires de Brave Langevin (guerre de Vendée)
Lettres ou mémoires du capitaine Bouveray (armée de Mayence)
Le petit Trianon, histoire et description, G Desjardins
Et quelques romans, pour la chair :
Quatre-vingt-Treize, Hugo
Cadio, Sand.
Les Onze, Michon -
Pause
Je pars pendant quelques jours sur la piste des colonnes infernales de Nicolas Haxo. Kronix va se reposer pendant ce temps, je le sais bien, allez, mais il ne faut pas lui en vouloir. Si je ne le nourris plus, le bestiau dépérit. Je reviens. merci de votre patience.
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In memoriam
Les gens vivaient, entre la peste, les famines, les interdits, les maladies et les guerres, l'enfer chaque jour. Malgré ça, on les rendait coupables assurément, on leur promettait après la mort, un enfer encore plus terrible. Ils n'ont certainement pu tenir que grâce à la certitude que, bon sang de bonsoir, les temps à venir seraient forcément meilleurs. Et nous voici, à saluer la mémoire de tous les cocus de l'Histoire.
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Gauloise amère
Vercingétorix, dans son cachot romain, revivait ses grandes chevauchées, ses baignades dans les ruisseaux libres de la Gaule, ses victoires contre l'envahisseur. Et de se voir là, dans une fosse putride à attendre qu'on l'étrangle, lui fit se demander tout de même, ce qui lui avait pris de s'exciter comme ça contre des types qui, finalement, étaient venus construire des routes et établir un commerce florissant. Commerce dont aujourd'hui, probablement, se repaissaient ceux qui l'avaient encouragé à se battre. Il se sentit triste, voire un peu cocu.
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Préhistoire
Travaillant sur la période révolutionnaire, je découvre au fil de mes recherches que je fouille incidemment les vestiges du passé des protagonistes de mon « Affaire des Vivants », située un siècle plus tard. Ce qui les explique, en fin de compte, et que j'ignorais moi-même. C'est troublant.
Et, une fois de plus, le bonheur incroyable de disposer d'une bonne bibliothèque domestique. Dans la minute, une vingtaine de livres, présents, dociles, offerts, sur le sujet. Une bénédiction. -
Polysémie
Le travail sur Pasiphaé est lancé, concrètement cette fois. Décors et costumes sont en cours de conception, le choix des comédiens sera confirmé en septembre et les répétitions pourront commencer à la fin de l'année pour les premières représentations en janvier 2015.
C'est un étrange destin pour cette pièce, déjà vieille de quatre ans, dont l'écriture était alors imprégnée de l'écho du ou des printemps arabes, avec cet enthousiasme iréniste que fait naître toute aspiration populaire à plus de liberté, à plus de jeunesse, à plus d'oxygène. Puis sont survenues, plus proches, les manifestations « pour tous », le fourre-tout des bonnets rouges, etc. Un questionnement sur la légitimité des populations à réclamer tout et n'importe quoi, a peu à peu corrompu les teintes de mon tableau. Une autre lecture s'impose. Et je m'aperçois avec satisfaction que la pièce autorise de telles nuances, que le propos est entre les mains du metteur en scène qui pourra, selon le moment, la synthèse qu'il aura faite de l'histoire récente, traduire un sentiment actuel sur les revendications populaires. Aucune raison que ce ne soit plus le cas dans dix, ou vingt ans. Ce qui signifie, en ce qui me concerne, qu'au moins un des aspects de la pièce est réussi. -
Des mots pour l'avenir
"La démocratie, c'est bien, mais sans élections, c'est plus sûr". Korjakov à Boris Eltsine, cité par Emmanuel Carrère dans "Limonov". Excellent bouquin.
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Profil
La silhouette de la grande pyramide fut inspirée par celle du drap de Chéops, un matin où il se réveilla particulièrement en forme.
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Pas rien
Il ne se sera pas passé grand'chose entre la naissance des dinosaures et la fin des humains. A peine un tour de la planète autour du centre de sa galaxie. C'est frustrant. Mais tout de même, il y aura eu le bref éclat de la littérature.
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Croqueuse
Le roi le plus désargenté de l’Égypte ancienne n'a pas eu les moyens de se faire construire un tombeau et encore moins une pyramide. On a retrouvé son corps dans la maçonnerie de la somptueuse tombe de sa veuve, Neptchet-Khonsou-Absetkhéphren, nom qui signifie « Celle qui en fit baver à Pharaon ».
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Nihil novi sub sole
"Viens, jouissons de ta vigueur, avance ta tête pour m'embrasser entre les cuisses".
Extrait de L'épopée de Gilgamesh, écrite il y a près de 4000 ans. Rien de nouveau, n'est-ce pas ?