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Au fil de l'Histoire - Page 5

  • Apercevoir les couleurs d'une époque révolue

    Je vais avoir un peu de retard sur mes autres lectures, cette année...

    La Révolution Française, Furet et Richet
    La reine Marie-Antoinette, Pierre de Nolhac
    Revue Versalia N° 4 et 9
    Le hameau de la Reine, Thierry Deslot
    Monsieur Nicolas, Rétif de la Bretonne
    Les nuits de Paris, rétif de la Bretonne
    Les hommes de la liberté, Claude Manceron (les trois volumes)
    Vie et destin de l'architecte de Marie-Antoinette, Patrice Higonnet
    Histoire de France, 1789-1815, chez Belin
    Origines de la France, Taine
    Histoire de France, Michelet
    Histoire de la vie privée, de la révolution à la Grande Guerre, Philippe Ariès et Georges Duby
    Journal d'une reine, Evelyne Lever
    1789, recueil de textes et documents, ministère de l'éducation nationale
    Blancs et bleus dans la Vendée déchirée, J-C Martin
    De 1789 à 1815, Souvenirs et portraits, Edmond Biré
    1789, l'année sans pareille, Michel Winock
    Robespierre et la Révolution, C. Marand-Fouquet
    La bibliothèque bleue, littérature de colportage, Lise Andries-Geneviève Bollème
    La vie quotidienne en France au temps de la Révolution, J-P Bertaud
    Histoire et dictionnaire de la Révolution Française, Tulard, Fayard, Fierro
    Dix-huitième siècle, A Malet
    Mémoires de Mme Campan
    Yzernay au cœur de l'histoire, tome 1, G Michel
    Revue du souvenir vendéen, N°s 1 ; 241 ; 257
    Les insurgés de Dieu, P Poupard
    Histoire de Chanteloup-les-bois en Anjou, A H Hérault
    La chouannerie et les guerres de Vendée, N Meyer-Sablé
    Le cimetière des martyrs d'Yzernay. A H Hérault
    Paysans vendéens, Comte de Chabot
    Turreau et les colonnes infernales, E Fournier
    Les démons de la vertu, E Durand
    Sur la Vendée militaire, les textes de Reynald Secher. Il sent le souffre, mais comment en faire l'économie ?

    Les conférences d'Henri Guillemin
    Voir aussi les mémoires de Brave Langevin (guerre de Vendée)
    Lettres ou mémoires du capitaine Bouveray (armée de Mayence)
    Le petit Trianon, histoire et description, G Desjardins


    Et quelques romans, pour la chair :
    Quatre-vingt-Treize, Hugo
    Cadio, Sand.
    Les Onze, Michon

  • Pause

    Je pars pendant quelques jours sur la piste des colonnes infernales de Nicolas Haxo. Kronix va se reposer pendant ce temps, je le sais bien, allez, mais il ne faut pas lui en vouloir. Si je ne le nourris plus, le bestiau dépérit. Je reviens. merci de votre patience.

  • In memoriam

    Les gens vivaient, entre la peste, les famines, les interdits, les maladies et les guerres, l'enfer chaque jour. Malgré ça, on les rendait coupables assurément, on leur promettait après la mort, un enfer encore plus terrible. Ils n'ont certainement pu tenir que grâce à la certitude que, bon sang de bonsoir, les temps à venir seraient forcément meilleurs. Et nous voici, à saluer la mémoire de tous les cocus de l'Histoire.

  • Gauloise amère

    Vercingétorix, dans son cachot romain, revivait ses grandes chevauchées, ses baignades dans les ruisseaux libres de la Gaule, ses victoires contre l'envahisseur. Et de se voir là, dans une fosse putride à attendre qu'on l'étrangle, lui fit se demander tout de même, ce qui lui avait pris de s'exciter comme ça contre des types qui, finalement, étaient venus construire des routes et établir un commerce florissant. Commerce dont aujourd'hui, probablement, se repaissaient ceux qui l'avaient encouragé à se battre. Il se sentit triste, voire un peu cocu.

  • Préhistoire

    Travaillant sur la période révolutionnaire, je découvre au fil de mes recherches que je fouille incidemment les vestiges du passé des protagonistes de mon « Affaire des Vivants », située un siècle plus tard. Ce qui les explique, en fin de compte, et que j'ignorais moi-même. C'est troublant.

    Et, une fois de plus, le bonheur incroyable de disposer d'une bonne bibliothèque domestique. Dans la minute, une vingtaine de livres, présents, dociles, offerts, sur le sujet. Une bénédiction.

  • Polysémie

    Le travail sur Pasiphaé est lancé, concrètement cette fois. Décors et costumes sont en cours de conception, le choix des comédiens sera confirmé en septembre et les répétitions pourront commencer à la fin de l'année pour les premières représentations en janvier 2015.
    C'est un étrange destin pour cette pièce, déjà vieille de quatre ans, dont l'écriture était alors imprégnée de l'écho du ou des printemps arabes, avec cet enthousiasme iréniste que fait naître toute aspiration populaire à plus de liberté, à plus de jeunesse, à plus d'oxygène. Puis sont survenues, plus proches, les manifestations « pour tous », le fourre-tout des bonnets rouges, etc. Un questionnement sur la légitimité des populations à réclamer tout et n'importe quoi, a peu à peu corrompu les teintes de mon tableau. Une autre lecture s'impose. Et je m'aperçois avec satisfaction que la pièce autorise de telles nuances, que le propos est entre les mains du metteur en scène qui pourra, selon le moment, la synthèse qu'il aura faite de l'histoire récente, traduire un sentiment actuel sur les revendications populaires. Aucune raison que ce ne soit plus le cas dans dix, ou vingt ans. Ce qui signifie, en ce qui me concerne, qu'au moins un des aspects de la pièce est réussi.

  • Des mots pour l'avenir

    "La démocratie, c'est bien, mais sans élections, c'est plus sûr". Korjakov à Boris Eltsine, cité par Emmanuel Carrère dans "Limonov". Excellent bouquin.

  • Profil

    La silhouette de la grande pyramide fut inspirée par celle du drap de Chéops, un matin où il se réveilla particulièrement en forme.

  • Pas rien

    Il ne se sera pas passé grand'chose entre la naissance des dinosaures et la fin des humains. A peine un tour de la planète autour du centre de sa galaxie. C'est frustrant. Mais tout de même, il y aura eu le bref éclat de la littérature.

  • Croqueuse

    Le roi le plus désargenté de l’Égypte ancienne n'a pas eu les moyens de se faire construire un tombeau et encore moins une pyramide. On a retrouvé son corps dans la maçonnerie de la somptueuse tombe de sa veuve, Neptchet-Khonsou-Absetkhéphren, nom qui signifie « Celle qui en fit baver à Pharaon ».

  • Nihil novi sub sole

    "Viens, jouissons de ta vigueur, avance ta tête pour m'embrasser entre les cuisses".
    Extrait de L'épopée de Gilgamesh, écrite il y a près de 4000 ans. Rien de nouveau, n'est-ce pas ?

  • La question

    A son examen, l'apprenti bourreau était tombé sur « Une connaissance scientifique du vivant est-elle possible ? » et ça s'était mal passé. L'épreuve durait trois heures et à la fin, non seulement il n'avait obtenu aucune réponse, mais le type qu'il torturait avait à peine compris la question.

  • Le Malin

    Enfin tout de même : pourquoi Dieu avait-il créé Adam et Eve avec des sexes différents, aux temps innocents du Paradis, s'il ne voulait pas qu'ils s'en servent ? Qui est le premier tentateur, hein ?

  • L'Eternel retour

    Ulysse revient à Ithaque, dépenaillé, vieilli, au point d’être invisible aux yeux de son épouse, mais reconnu de son seul chien, dont la vie a été extraordinairement prolongée dans ce seul but. Que veut en réalité Odysseus ? Il pourrait très bien paraître avant l’arrivée des prétendants de Pénélope, lasse de résister depuis 20 ans. Il prouverait  son identité de la même façon que dans le chant final : son arc à lui seul obéissant. Pourquoi ne le fait-il pas ? Parce qu’il réalise un fantasme partagé par beaucoup : assister à ce qui se passera après notre mort. Observer l’affliction de ceux qui nous ont aimés, le cynisme des autres, découvrir l’affection que des inconnus peut-être nous ont portée, voir tomber quelques masques… A peine au large d’Ilion, peut-être imagine-t-il d’abord de surgir, en histrion, trop heureux d’arriver : « C’est moi ! Enfin ! Pénélope, dans mes bras ! » et puis, tandis que les sirènes s’époumonent, tandis que Circé tente de lui faire goûter la fadeur de l’oubli, qu’Eole cherche à le noyer, que Polyphème le maudit, finalement, peut-être se met-il à ruminer une vengeance, parce que les années s’additionnent et qu’il sait que, là-bas, dans son petit royaume, la roue tourne. A force, dans sa solitude, il doute aussi de son épouse. Qui aurait résisté si longtemps ? Il prend lentement cette résolution, dans le temps des épreuves : débarquer incognito et observer. Savoir. Connaître le monde après sa disparition. Et il découvre, avec la mort de son chien, que le monde va sans lui. Les récoltes sont faites, Pénélope va se marier. A Ithaque, le règne d’Ulysse est inscrit dans le passé, dans la déjà fabuleuse légende troyenne. Ce que fait Ulysse en révélant son identité ? Il remet les pendules à son heure, soit vingt ans en arrière. Il gomme la guerre, les compagnons disparus, les enfers et les délires. Il est arrivé dans son fief, sa jeunesse accrochée aux semelles, et il en redistribue la manne autour de lui, comme on plie le monde à ses désirs, dans les rêves. Enfin, quand tout est achevé, rejoignant Pénélope dans sa couche, peut-être la mère de Télémaque, soudain contaminée par ce souple regain qui vient de gorger le palais de sang jeune, revit-elle aussi ? Et son époux, sec et noueux, tanné et hâlé, retrouve une beauté sidérante, épargnée par le temps, plus jeune que lui et prête à revivre un amour recommencé.

  • Le fauve d'en face

    Certains éthologues estiment que les fauves sont en général déroutés par la position bizarre de l'homme, debout sur ses deux jambes, et que cette originalité lui vaut d'avoir survécu aux âges farouches. De son côté, l'homme -que rien n'étonne- lançait épieux et silex meurtriers.

  • C'était comme ça, sur le dessin ?

    Pharaon, jaugeant sa pyramide achevée, s'est dit que, finalement, elle n'était pas si grande que ça et surtout un peu lourde du cul, malgré les dénégations véhémentes de son architecte, vociférant de rage et de douleur, depuis le bassin aux crocodiles où la déception du prince l'avait précipité.

  • Parité

    On a réalisé à l'usage, qu'inviter les noirs à partager la place était plus efficace et plus pratique. Je veux parler des cases de l'échiquier.

     

    (à la relecture, je réalise que ce billet peut être mal compris. Tant pis, ceux qui me connaissent auront fait le tri)

    (à la lecture du commentaire ci-dessus, je me dis qu'on pourrait aussi mal l'interpréter et qu'il me faut peut-être être plus explicite)

    (en relisant la parenthèse qui précède, je crains que la succession de parenthèses n'améliore pas la compréhension des mal-comprenants)

    (et ça suffit comme ça)

  • Trou de mémoire

    La première oubliette fut commandée par Louis IX dont la réputation de roi juste et cool est exagérée. L'invention ne doit pas son appellation, comme on pourrait le croire, à sa fonction (jeter dedans des prisonniers qu'on préfère oublier), mais au fait que le roi, tout bonnement, oublia l'existence du machin pendant son périple en terre sainte. Quand il revint de croisade, le trou était rempli de toute une populace, de gens de cour, de pucelles, de damoiseaux, de pages, de troubadours et de jongleurs, de montreurs d'ours, de cracheurs de feu et autres saltimbanques, de dames de compagnie, de chevaliers et d'écuyers avec leur destrier, de moines et de nonnes, de bergers avec leurs troupeaux de vaches, de moutons et de chèvres, de serfs, de balistaires avec leur baliste, d'architectes avec leurs cathédrales, d'archers, de gens d'armes et de voleurs, de quantité de vilains et d'autant de beaux seigneurs que personne n'avait songé à avertir de la présence du piège. Saint-Louis en fut fort marri et, un peu agacé, repartit aussitôt pour une nouvelle croisade en maugréant "non mais si ils sont cons, c'est quand même pas de ma faute".

  • Confidences

    Le livre n'est pas encore sorti, mais entre écrivains, n'est-ce pas, on se permet de ces relations privilégiées ("tiens, si tu veux lire ça, tu me diras..."), et il arrive que le destinataire se fende d'un grand beau long texte au terme de sa lecture. Je ne vais pas bouder mon plaisir plus longtemps et vous propose de vous rendre sur le Cheval de Troie, le blog de Laurent Cachard. En ce qui me concerne, voici ce que 2014 vous réserve. Je n'en dis pas plus. Et la conclusion est superbe. Cachard est grand, loué soit son nom.

  • Passage du temps

    L'été roule encore sur vos épaules, il va tenir long ses feux plantés dans vos nuques jusqu'à la fin de septembre. Je vois ce soleil énoncer chaque pierre par son éclat, et les bêtes blanchies venir à l'auge, dans l'ombre des feuillards, aspirer à elles l'eau tirée du puits. Je regarde ces hommes par delà le temps, je considère leurs vies, leurs songes interdits, leurs existences abrégées et je vois en eux mes enfants inquiets, mes parents à la tâche, et pour tous la résistance des espoirs, le sérieux des secrets.

     

    Extrait de "L'affaire des Vivants". A paraître.