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Au fil de l'Histoire - Page 4

  • Homme, humus et On

    L’homme s’est longtemps considéré -étant seul juge- comme l’aboutissement de la création, et les mots témoignent de cette ambition. Revenons dans le passé lointain pour dépoussiérer la racine indo-européenne Ghiom, la terre. Les Grecs y puisent le mot khtôn de même sens, qu’on retrouvera dans chtonien et autochtone. Les latins fabriquent un « homo », littéralement « né de la terre » (idem pour l’Adam hébreu, issu également du sol), dont on retrouve la facture terrienne dans l’humus et aussi, souvenons-nous en, dans l’humilité. Le genre humain, lui, est entièrement représenté, le savez-vous, quand vous dites ou écrivez « on ». Car dans « on » il y a l’ « homme ».
    Grecs et latins ont puisé dans le Ghiom indo-européen (terre), leur khtôn et homo (voir plus haut). La logique inverse est possible : le Wiro indo-européen qui désigne l’homme en tant que principe masculin, a abouti au world anglais et au welt allemand : le monde. Il reste encore un peu de l’humain wiro dans le werewolf (le loup-garou anglais), dans la virilité, la virago et même la vertu (du latin virtus, courage, force). Enfin, une autre racine : Ner, le guerrier, a donné les préfixes andro et anthro, et les prénoms André (viril) et Alexandre (qui protège les hommes).

     

    Et c'est la 2400ème note, les amis.

  • Aujourd'hui

    Il y avait la guerre. Elle allait durer des années. Ils espéraient qu'elle cesse un jour, ils étaient persuadés qu'elle cesserait un jour. Et nous voici, vivant cela. Nous adaptant au quotidien de cette guerre-là comme nos aïeux s'adaptèrent au quotidien de la leur. Sans grand espoir qu'elle finisse. Notre temps, désormais, est un temps de guerre. Et nous allons nous y habituer.

  • On ne prête qu'aux riches

    Disons-le encore une fois, pour que la vérité s'impose : l'invention de l'eau chaude est bien antérieure à Léonard de Vinci (qui n'a pas inventé l'eau tiède non plus).

  • Le bon coin

    Tout de même, les ancêtres des peuples du Nunavut, je ne veux pas être méprisant mais... Je les imagine, au terme d'une migration séculaire, d'une marche de dizaines de milliers de kilomètres sur plusieurs générations pour trouver un endroit où prospérer, s'arrêtant au beau milieu d'une espèce de banquise blanche et glacée, contemplant l'horizon net comme une lame et déclarant : « Parfait. »

  • Abstentionniste

    Alexis de Tocqueville était étonné, même un peu goguenard, de constater que ces sacrés Américains pouvaient confier un poste de sénateur à Davy Crockett, un trappeur coiffé d'une fourrure de raton-laveur. Le raton-laveur aurait été de son avis, certainement, mais il s'en fichait visiblement.

  • Cause et effets

    La France est le pays développé où l'espoir en l'avenir est le plus bas, statistiquement. C'est aussi celui qui, proportionnellement, compte le plus d'athées.

    C'est qu'on a appris ne pas croire aux contes fées, je suppose.

  • Extrait

    On l'a cueilli sur le bord du chemin, pas loin des roues du carrosse, ou était-ce une calèche découverte, un de ces attelages légers qui prenaient de l'Angleterre le goût de la vitesse, ou encore une lourde berline, tonitruante, à trois paires de chevaux, énorme, de ces attelages que rien n'arrêtait, qui fonçaient dans les rues précédés de fantassins endurants ou de chiens immenses, jetés en avant-garde pour affoler la populace qui devrait s'écarter vite si elle voulait échapper à la mort aveugle lancée au galop derrière eux. C'était aux franges d'un petit bourg anonyme. Il y avait cet empressement de gueux accourus comme ils font à l'entour de toute pompe sait-on jamais, des fois qu'une bénédiction et quelques écus tomberaient des bourses, des fois que la manne fuserait parmi le crottin, semé avec une pareille désinvolture du cul des chevaux ou de la paume des dames – avec un soulagement moindre dans ce dernier cas – ou agglutinés là seulement pour voir, tant c'est beau, tant c'est un spectacle tout cet apparat, les cavaliers chamarrés, les postillons en livrées impeccables, la brillance des harnachements, le tonnerre des chevaux bien bouchonnés et des essieux bien graissés, des fers solides qui font gicler la caillasse.

     

    Extrait d'un roman (sans titre pour l'instant) en cours d'écriture.

  • Apercevoir les couleurs d'une époque révolue

    Je vais avoir un peu de retard sur mes autres lectures, cette année...

    La Révolution Française, Furet et Richet
    La reine Marie-Antoinette, Pierre de Nolhac
    Revue Versalia N° 4 et 9
    Le hameau de la Reine, Thierry Deslot
    Monsieur Nicolas, Rétif de la Bretonne
    Les nuits de Paris, rétif de la Bretonne
    Les hommes de la liberté, Claude Manceron (les trois volumes)
    Vie et destin de l'architecte de Marie-Antoinette, Patrice Higonnet
    Histoire de France, 1789-1815, chez Belin
    Origines de la France, Taine
    Histoire de France, Michelet
    Histoire de la vie privée, de la révolution à la Grande Guerre, Philippe Ariès et Georges Duby
    Journal d'une reine, Evelyne Lever
    1789, recueil de textes et documents, ministère de l'éducation nationale
    Blancs et bleus dans la Vendée déchirée, J-C Martin
    De 1789 à 1815, Souvenirs et portraits, Edmond Biré
    1789, l'année sans pareille, Michel Winock
    Robespierre et la Révolution, C. Marand-Fouquet
    La bibliothèque bleue, littérature de colportage, Lise Andries-Geneviève Bollème
    La vie quotidienne en France au temps de la Révolution, J-P Bertaud
    Histoire et dictionnaire de la Révolution Française, Tulard, Fayard, Fierro
    Dix-huitième siècle, A Malet
    Mémoires de Mme Campan
    Yzernay au cœur de l'histoire, tome 1, G Michel
    Revue du souvenir vendéen, N°s 1 ; 241 ; 257
    Les insurgés de Dieu, P Poupard
    Histoire de Chanteloup-les-bois en Anjou, A H Hérault
    La chouannerie et les guerres de Vendée, N Meyer-Sablé
    Le cimetière des martyrs d'Yzernay. A H Hérault
    Paysans vendéens, Comte de Chabot
    Turreau et les colonnes infernales, E Fournier
    Les démons de la vertu, E Durand
    Sur la Vendée militaire, les textes de Reynald Secher. Il sent le souffre, mais comment en faire l'économie ?

    Les conférences d'Henri Guillemin
    Voir aussi les mémoires de Brave Langevin (guerre de Vendée)
    Lettres ou mémoires du capitaine Bouveray (armée de Mayence)
    Le petit Trianon, histoire et description, G Desjardins


    Et quelques romans, pour la chair :
    Quatre-vingt-Treize, Hugo
    Cadio, Sand.
    Les Onze, Michon

  • Pause

    Je pars pendant quelques jours sur la piste des colonnes infernales de Nicolas Haxo. Kronix va se reposer pendant ce temps, je le sais bien, allez, mais il ne faut pas lui en vouloir. Si je ne le nourris plus, le bestiau dépérit. Je reviens. merci de votre patience.

  • In memoriam

    Les gens vivaient, entre la peste, les famines, les interdits, les maladies et les guerres, l'enfer chaque jour. Malgré ça, on les rendait coupables assurément, on leur promettait après la mort, un enfer encore plus terrible. Ils n'ont certainement pu tenir que grâce à la certitude que, bon sang de bonsoir, les temps à venir seraient forcément meilleurs. Et nous voici, à saluer la mémoire de tous les cocus de l'Histoire.

  • Gauloise amère

    Vercingétorix, dans son cachot romain, revivait ses grandes chevauchées, ses baignades dans les ruisseaux libres de la Gaule, ses victoires contre l'envahisseur. Et de se voir là, dans une fosse putride à attendre qu'on l'étrangle, lui fit se demander tout de même, ce qui lui avait pris de s'exciter comme ça contre des types qui, finalement, étaient venus construire des routes et établir un commerce florissant. Commerce dont aujourd'hui, probablement, se repaissaient ceux qui l'avaient encouragé à se battre. Il se sentit triste, voire un peu cocu.

  • Préhistoire

    Travaillant sur la période révolutionnaire, je découvre au fil de mes recherches que je fouille incidemment les vestiges du passé des protagonistes de mon « Affaire des Vivants », située un siècle plus tard. Ce qui les explique, en fin de compte, et que j'ignorais moi-même. C'est troublant.

    Et, une fois de plus, le bonheur incroyable de disposer d'une bonne bibliothèque domestique. Dans la minute, une vingtaine de livres, présents, dociles, offerts, sur le sujet. Une bénédiction.

  • Polysémie

    Le travail sur Pasiphaé est lancé, concrètement cette fois. Décors et costumes sont en cours de conception, le choix des comédiens sera confirmé en septembre et les répétitions pourront commencer à la fin de l'année pour les premières représentations en janvier 2015.
    C'est un étrange destin pour cette pièce, déjà vieille de quatre ans, dont l'écriture était alors imprégnée de l'écho du ou des printemps arabes, avec cet enthousiasme iréniste que fait naître toute aspiration populaire à plus de liberté, à plus de jeunesse, à plus d'oxygène. Puis sont survenues, plus proches, les manifestations « pour tous », le fourre-tout des bonnets rouges, etc. Un questionnement sur la légitimité des populations à réclamer tout et n'importe quoi, a peu à peu corrompu les teintes de mon tableau. Une autre lecture s'impose. Et je m'aperçois avec satisfaction que la pièce autorise de telles nuances, que le propos est entre les mains du metteur en scène qui pourra, selon le moment, la synthèse qu'il aura faite de l'histoire récente, traduire un sentiment actuel sur les revendications populaires. Aucune raison que ce ne soit plus le cas dans dix, ou vingt ans. Ce qui signifie, en ce qui me concerne, qu'au moins un des aspects de la pièce est réussi.

  • Des mots pour l'avenir

    "La démocratie, c'est bien, mais sans élections, c'est plus sûr". Korjakov à Boris Eltsine, cité par Emmanuel Carrère dans "Limonov". Excellent bouquin.

  • Profil

    La silhouette de la grande pyramide fut inspirée par celle du drap de Chéops, un matin où il se réveilla particulièrement en forme.

  • Pas rien

    Il ne se sera pas passé grand'chose entre la naissance des dinosaures et la fin des humains. A peine un tour de la planète autour du centre de sa galaxie. C'est frustrant. Mais tout de même, il y aura eu le bref éclat de la littérature.

  • Croqueuse

    Le roi le plus désargenté de l’Égypte ancienne n'a pas eu les moyens de se faire construire un tombeau et encore moins une pyramide. On a retrouvé son corps dans la maçonnerie de la somptueuse tombe de sa veuve, Neptchet-Khonsou-Absetkhéphren, nom qui signifie « Celle qui en fit baver à Pharaon ».

  • Nihil novi sub sole

    "Viens, jouissons de ta vigueur, avance ta tête pour m'embrasser entre les cuisses".
    Extrait de L'épopée de Gilgamesh, écrite il y a près de 4000 ans. Rien de nouveau, n'est-ce pas ?

  • La question

    A son examen, l'apprenti bourreau était tombé sur « Une connaissance scientifique du vivant est-elle possible ? » et ça s'était mal passé. L'épreuve durait trois heures et à la fin, non seulement il n'avait obtenu aucune réponse, mais le type qu'il torturait avait à peine compris la question.

  • Le Malin

    Enfin tout de même : pourquoi Dieu avait-il créé Adam et Eve avec des sexes différents, aux temps innocents du Paradis, s'il ne voulait pas qu'ils s'en servent ? Qui est le premier tentateur, hein ?