« 2007-08 | Page d'accueil | 2007-10 »

dimanche, 30 septembre 2007

De la justice au niveau local

La quarantaine, très riche. Il conduit en état d'ivresse et est contrôlé après un énième dépassement de vitesse, avec un fort taux d'alcoolémie pour la deuxième fois, par la police nationale, quelque part dans notre bonne ville. Monsieur se met en colère, proteste, fait du grabuge. On l'emmène "au poste".

Là, nouveaux incidents, la colère du chauffeur n'est pas apaisée, il cogne les policiers, défonce une baie vitrée, balaie un peu de matériel de bureau.

Tout le monde se dit "cette fois, bonne famille ou pas, il va casquer". Ben oui, sauf que papa, avocat à la tretraite, sait s'y prendre... Résultat : 100 euros d'amende et une peine avec sursis.

Je me souviens de ces jeunes étudiants qui ont manifesté contre le CPE, à l'époque où Super Machin était encore ministre de l'intérieur. Ils ont juste manifesté contre une loi qu'ils désaprouvaient, et se sont fait embarquer. Verdict : Prison ferme, amende et enregistrement de leur ADN.

Non, rien, c'était juste comme ça... Sinon, tout va bien ? La digestion est bonne ?

samedi, 29 septembre 2007

Pourquoi ?

Pourquoi, mais Pûurquoâ ?

L'hiver s'annonce, il est temps de retourner son matelas. Côté hiver. Le côté hiver, sur un matelas est, crois-je me souvenir, celui du côté duquel se trouve le bandeau. C'est un bout de papier plastifié cousu dans un angle, avec la marque et en général une blonde en chemise de nuit, il peut encore y être indiqué les cotes du matelas, ses diverses caractéristiques.

Chaque année, je me demande si je retourne bien ma literie dans le bon sens... Tout ça parce qu'il n'y a personne, pas un employé, pas un responsable, pas un vendeur, pas un designer, dans aucune entreprise où l'on fabrique ce produit (très cher) depuis des décennies, qui se soit dit un jour : "et si, en plus de la nana, en plus de la marque, du nombre de ressorts et de couches de feutre, d'ouate et de machins, on marquait là, en petit : côté hiver ? Comme ça, les gens n'auraient pas à se demander..."

Nan, trop simple, trop facile, trop pratique.

 

mardi, 18 septembre 2007

Parano ? Ya !

Bon. Hum... Je ne crois pas à la conspiration, jenecroispasàlaconspiration jenecroispasàlaconspiration jenecroispasàlaconspiration jenecroispasàlaconspiration... mais depuis lundi, après avoir revu le documentaire que je vous présentais en ricanant, je me suis intéressé, intrigué et... je deviens vraiment parano. J'évite pourtant toute exaltation :

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid...

lundi, 17 septembre 2007

11 septembre : reprenez un peu de parano

Evidemment, c'est trop. Mais ce que je retiens de tout ça, est qu'il est toujours possible de douter, et de trouver des preuves pour douter...

Lee Harvey Oswald, la théorie de l'évolution... On peut tout revoir à l'aune de la paranoïa.

Mais bon, comme disait l'autre : "Un paranoïaque a de bonnes raisons de l'être".

A voir, pour réfléchir sur le concept du doute.

samedi, 15 septembre 2007

Communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme

Des tests ADN pour les demandeurs de visas :

les étrangers sont-ils des êtres humains de seconde zone ?

Des tests ADN pour les demandeurs de visas : l’amendement au projet de loi « maîtrise de l’immigration » qui vient d’être adopté par la commission des lois de l’Assemblée nationale apporte une nouvelle pierre à l’édifice de la rupture avec le droit commun et avec les principes de la République.

Il s’agit de « proposer » (sic) aux demandeurs de visas de faire effectuer, à leurs frais, un test ADN pour obtenir une empreinte génétique prouvant leur filiation. Faut-il rappeler que l’article 16 du Code civil interdit formellement toute « étude génétique des caractéristiques d’une personne » sauf « à des fins médicales ou de recherche scientifique » ? Seul un magistrat peut ordonner le recours aux empreintes génétiques pour établir une filiation. Mais ce qui est bon pour les Européens ne l’est plus pour certaines catégories d’étrangers qui relèvent apparemment d’une immigration que la majorité parlementaire ne veut plus « subir ».

Dérogation au droit commun, traitement discriminatoire… à plus d’un titre : ces analyses coûtant plusieurs centaines d’euros, on voit aisément quel genre de tri entre les demandeurs elles permettront, alors surtout qu’il faudra déjà, si le projet est adopté, payer des études de français avant de prétendre obtenir un visa. Etre un immigré « choisi » ne sera pas donné à toutes les bourses.

Quant à l’hypocrisie qui consiste à prétendre que le test ADN ne sera que « proposé » et non imposé, elle ne trompe évidemment personne : nul ne sera obligé de passer le test… ni d’obtenir un visa.

Chaque semaine, ou peu s’en faut, apporte désormais son lot d’innovations « décomplexées » qu’aucune hésitation, aucun scrupule ne semble pouvoir retenir. Jusqu’où notre pays sera-t-il ainsi entraîné sur la voie du refus de l’autre, de la stigmatisation et de la suspicion généralisée ?

La Ligue des droits de l’Homme appelle l’ensemble des parlementaires à mesurer les risques que cet emballement incontrôlé fait courir, à plus ou moins brève échéance, aux valeurs de la République et à la cohésion de la société française.

Nouvelles vérités

On ne l'arrête plus, le bougre !

La treizième fournée des vérités d'Hérald est annoncée. Extraits :

 

DCXII – Je viens de passer dix minutes avec les bras croisés et les sourcils froncés, mais manifestement, ça n’impressionne pas l’inspiration.

DCXIII – *Fronce les sourcils plus fort*

DCXIV – Note pour plus tard… Froncer les sourcils longtemps ne permet pas d’attraper l’inspiration. Une bonne migraine, en revanche...

vendredi, 14 septembre 2007

Gilgamesh

f74c1cf93bf661b555b58674bad871ed.jpgAdapté par Léo Scheer. Editions Léo Scheer.

 

L'épopée de Gilgamesh est le tout premier roman de l'histoire mais, du haut de ces 3500 ans, il vous flanque la gifle bienveillante du patriarche.  La lecture de l'aventure du roi d'Uruk a ceci de particulier, qu'elle vous renvoie à tous les textes fondateurs que vous avez déjà pu lire ou parcourir.

Le déluge ? Dans Gilgamesh. Les lamentations d'Achille sur le corps de Patrocle ? Dans Gilgamesh. Les travaux d'Hercule ? Dans Gilgamesh. Lilith ? Dans Gilgamesh. L'Odyssée, L'Ecclésiaste (des passages) ? Idem.

On n'en finit pas de retrouver les types et structures de tous les récits. Et on est épaté par la nouveauté, l'originalité de certains passages. par exemple, j'ai été abasourdi de découvrir que Gilgamesh commence par un flash back !

La scène est écrite comme l'ouverture d'un film : au fond du temple d'Ishtar, dans un coffre de cuivre vérouillé, caché, et à l'intérieur d'un tiroir secret, est enfermé une tablette de lazulite sur laquelle est gravée l'épopée de Gilgamesh. Et l'histoire peut commencer.

Gilgamesh n'est pas tout de suite un héros positif : c'est un mauvais roi. Sa force immense lui confère un pouvoir indiscuté : il sait que personne ne peut se mesurer à lui, il se bat avec les garçons, les tue souvent, il couche avec les filles, exerce un droit de cuissage systématiquement. Ses sujets en ont assez et se plaignent aux dieux.

Rebondissement assez inattendu : les dieux créent un double de Gilgamesh, Enkidu, aussi puissant que lui, mais vivant innocemment au milieu des animaux (tiens j'y pense : voilà Tarzan. On n'a vraiment rien inventé). Apprenant l'existence d'un monstre velu et puissant, Gilgamesh lui envoie d'abord une courtisane. La Joyeuse (c'est le nom de la prostituée) séduit Enkidu et l'invite à la luxure la plus débridée. Ils font l'amour 6 jours et 7 nuits, après quoi, Enkidu se sent tout de même un peu fatigué (on ne dit rien de l'état de la Joyeuse). Rassasié d'amour, rasé et habillé de frais par les soins de la prostituée (tiens, la prostituée au grand coeur : voilà Irma la douce), Enkidu se laisse convaincre de rejoindre Uruk, la cité de Gilgamesh, et la civilisation. Là, des noces se préparent, et Enkidu apprend que le roi, Gilgamesh, l'insatiable, va venir exiger son droit de cuissage sur la future mariée. Indigné, Enkidu barre le passage à Gilgamesh, et une lutte titanesque commence. Les deux adversaires sont de force égale et le combat dure longtemps. Enfin, les deux hommes-jumeaux deviennent amis.

Les deux amis vont partager encore quelques aventures, mais malheureusement Enkidu finit par mourir. Gilgamesh, inconsolable, veut comprendre pourquoi Enkidu est mort, pourquoi lui aussi, comme tous les hommes, risque de mourir un jour. Un seul homme connaît la réponse : Ut-Napishtim, seul survivant du déluge, seul homme auquel les dieux ont offert l'immortalité. Et je n'en raconterais pas plus.

Permettez-moi seulement d'insister sur quelques aspects remarquables :

La sensualité torride de certains passages "viens, jouissons de ta vigueur, avance ta tête pour m'embrasser entre les cuisses".

La quête désespérée de Gilgamesh que tout le monde traite de fou, et qui revient enfin chez lui, le coeur en paix et bienveillant envers ses sujets, parce qu'il a compris que vouloir échapper à la mort était une folie.

Les procédés narratifs très modernes : pensées de chacun, dialogues, descriptions poétiques, récit alterné.

Le récit du déluge par Ut-Napishtim a inspiré nettement celui de la Bible, à une notable différence : dans la religion sumérienne, les dieux, assistant au terrible carnage qu'ils ont déclenché, pleurent : ils regrettent. Notable différence, disais-je.

L'édition présentée est une version dépouillée des nombreuses répétitions et de la contextualisation érudite des versions précédentes. ca ne coûte que 15 euros. C'est très vite lu. Bonne lecture.

 

 

Le Planctole va-t-il nous sauver ?

Grâce à Philippe Caza, écologiste intelligent et malicieux en plus d'être le grand dessineux de Bd qu'on connaît, cette info (déjà ancienne, mais j'avais pas su...) qui mérite d'être promulguée : 
Une entreprise espagnole développe un combustible dérivé du plancton.
La matière première de ce nouveau combustible est un type de phytoplancton renfermant une concentration importante de matière grasse (20% : pour comparaison, la graine de tournesol n'en renferme que 0,1%) d'où gros pouvoir énergétique. La production est basée sur le processus tout naturel de la photosynthèse. La culture de ces cellules végétales, qui se reproduisent par mitose, se réalise dans des circuits d'eau fermés, exposés à la lumière solaire et en présence d'un air chargé en dioxyde de carbone (CO2) afin d'optimiser leur développement.
Voilà qui est intéressant : une production de carburant qui userait du CO2 au lieu d'en émettre ! La proximité d'un site industriel émetteur de CO2 serait donc une situation privilégiée pour cultiver le phytoplancton à oil. (J'ai pas dit à poil : à oyle, du pétrole, quoi, ou du planctole.)
Selon les estimations des estimateurs, ce biocombustible coûterait entre 25 et 35 centimes le litre, soit un euro avec les taxes, ce qui est comparable au prix du diesel. Mais ce carburant ne pollue pas et contribue à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre en ce sens qu'il en boufferait à la production autant qu'il en émettrait à la consommation. Bilan neutre, donc.
La culture de microalgues nécessite également beaucoup moins d'espace que les autres cultures de "bio"carburant. Une surface exploitable de 52 000 km2 permettrait d'obtenir 95 millions de barils par jour, soit la production mondiale de pétrole !
Si l'étape suivante du projet, prévue fin 2006 (raffinage et tests sur véhicules) a été menée à bien, le plancton-carburant (algoil ?) serait ensuite commercialisable fin 2007.
Sources : El Mundo, 20/07/06

mercredi, 12 septembre 2007

Le refus

Imre Kertész

Te26c80b55047b9ecf006095701a566c4.jpgraduit du hongrois par Natalia Zaremba-Huzvai. Chez Actes Sud. Collection BABEL.

"Le vieux se tenait devant le secrétaire"

"Le vieux" est écrivain. Ecrivain hongrois d'origine juive, et il ressemble beaucoup à Kertész. Dans la hongrie pro-stalinienne, un écrivain digne de ce nom a des difficultés. Notamment pour être édité. Le refus, est celui des éditeurs qui rejettent son roman : "Etre sans dépit". "Le refus" est aussi le volet central d'un triptyque composé de "Etre sans dépit" (justement) et qui s'achève avec "Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas".

Le début du roman est une passionnante analyse de l'acte d'écrire comme une fatalité, une évidence de la nature qu'il ne s'agit pas de sublimer ou de maudire, et que même l'écrivant ne peut que constater. Ensuite, l'auteur cesse son introspection, parce que, forcément, l'écriture commande et, reprenant de vieilles notes, écrit l'histoire d'un auteur appelé Köves, venu de l'étranger, débarquant dans son pays natal. Et le roman psychologique devient cauchemar kafkaïen, déambulation joycienne.

Né à Budapest en 1929, déporté en 1944, Kertész a reçu le prix Nobel de littérature en 2002.

"Il referma dessus ses doigts tremblants et insensibles et le serrera sûrement à l'instant du dernier, de l'ultime élan -quand il tombera sans vie de sa chaise devant son secrétaire."

mardi, 11 septembre 2007

Un autre anniversaire

Il y a 30 ans, mon coeur de gamin bondissait en apprenant que deux sondes spatiales étaient envoyées dans l'espace, chargées d'une mission scientifique certes, mais aussi d'un message humaniste et universel à l'attention d'improbables extraterrestres. Les vaillantes petits sondes ne devaient renseigner les scientifiques sur leur environnement que pendant une demi-douzaine d'années. Elles fonctionnent encore, envoient des informations, réussissent à se procurer de l'énergie autrement qu'avec les panneaux solaires prévus à l'origine (le soleil n'est plus qu'une grosse étoile sans force, là où elles sont à présent), et abordent la limite de l'héliosphère. Bientôt, elles seront les premiers engins humains à aborder les espaces interstellaires.

Voyager I et II tourneront encore dans le vide spatial, bien après la disparition de l'espèce qui les a créées, et il est statistiquement fort probable qu'elles ne rencontreront jamais aucune intelligence capable (ou intéressée) par le déchiffrement de leur message dérisoire. Je trouve ça vertigineux et beau.

Elles me font toujours rêver.

b375067af4c9f73923f87adb386c2d16.jpg

Toutes les notes