Je préfère les tables. Car ne trouvez-vous pas, comme moi, la table moins prétentieuse que la chaise ? Je sais bien qu'il faut composer avec la chaise, à cause de son utilité, mais la table, avec son vaste plateau ouvert, me semble d'une nature plus simple et généreuse que son acolyte étroite.
kronix - Page 92
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Mobilier
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L'esquive
Le sac poubelle fait des prouesses pour éviter les voitures. Les automobilistes tentent de l'écraser, mais c’est un virtuose de l'esquive, il s'échappe in extremis, virevolte et s'envole dans un looping. Le voici à nouveau sautillant sur le bitume, provoquant les véhicules qui rugissent autour de lui. Hop, une nouvelle pirouette, on sent qu'il ricane quand soudain, une bête et impassible glissière de sécurité le prend dans ses filets et le maintient au sol. Piégé. L'autoroute, c'est la jungle.
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ALIROULU - Saison 2 - Premier épisode
Oui, car on ne considère pas un hors série (fut-il consacré à Proust et servi par l'immense François Podetti) comme un "vrai" numéro. Voici donc enfin, le premier épisode de la seconde saison de l'émission ALIROULU. On retrouve Jean-Baptiste Hamelin, de la libraire Le Carnet à Spirales de Charlieu, et on découvre la Médiathèque de cette petite ville, le tout dans une bonne lumière estivale.
Au sommaire Razvan Radulescu et Lidia Jorge.
A lire, si vous ne les avez pas lus.
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Nihil novi sub sole
"Viens, jouissons de ta vigueur, avance ta tête pour m'embrasser entre les cuisses".
Extrait de L'épopée de Gilgamesh, écrite il y a près de 4000 ans. Rien de nouveau, n'est-ce pas ? -
Don Juan 2.0
Lassé des plaisirs virtuels, le geek s'employa au tir à belles réelles.
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Vive l'ampleur !
"C'était à Mehassa, faubourg de Basal, dans le jardin des nautiles. Le festin des partages aurait lieu à la nuit tombée et les préparatifs, entrepris une saison plus tôt, s'accéléraient dans les dernières heures du jour. On avait débarrassé l'aire d'honneur de ses griffes d'Olicanthe et planté au sommet des arches les bannières de chasse de toutes les nations, puis on avait dressé de longues tables organisées en carré autour des vasques de bronze où rougeoyaient des braises. La nuit tropicale avait d'un coup tendu le ciel d'une taie violette incrustée de poussière adamantine. On avait allumé les torches de résine, versé les perles phosphorescentes dans les bassins d'eau verte des nautiles."
Et c'est comme ça pendant tout le bouquin ! Le projet est de construire une sorte de « Salammbô » de l'imaginaire (d'où la première phrase parodique). C'est très laborieux, voire épuisant. Cependant, ce pittoresque, cette emphase, cette ampleur, seront la couleur du premier des trois volumes de la saga. Pour ne pas me décourager sur le premier, ne pas me lasser de cette facture lyrique, je me projette sur le deuxième tome, qui sera exactement opposé. Froid, sec, intimiste. Si le premier volume sort un jour, il faudra expliquer aux lecteurs que sa forme et son atmosphère ne sont intelligibles vraiment qu'en regard de sa suite. Quant au troisième et dernier tome de l'histoire, il a pour ambition de faire la synthèse de ces deux ambiances, par effets de contrastes, dans une forme encore inconnue dans la littérature de l'imaginaire. Ne pas croire que j'abandonne certaines ambitions, même quand je m'amuse. -
C'est ce soir ou (une autre fois)
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A double tranchant
Les choses simples sont en ordre. On ne voit pas de crayon en vrac ou de bille désorganisée.
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Anecdote piquante
Analysant la guêpe qui l'avait piqué, l'entomologiste réalisa qu'il venait de découvrir une espèce inconnue. Frappant de sa paume une guêpe qui l'avait attaqué, l'entomologiste réalisa qu'il venait de découvrir une espèce inconnue. Assailli par une armée de guêpes, l'entomologiste réalisa qu'il venait de découvrir une espèce inconnue (dont le venin a la particularité de provoquer l'amnésie).
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Mausolées chauffé à 233°
Une nouvelle critique de Mausolées, toujours du côté des internautes, qui se prennent au jeu.
Sur 233°C.
Ah, et puis, j'avais oublié de lier celle-ci, sur Wagoo.
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Le tourbillon de la vie
Ma douce a entrepris de classer notre bibliothèque commune. Après les poches et les documentaires, elle ressort les bandes-dessinées. Je l'entends s'exclamer soudain. Elle m'appelle. Sur l'une des miennes, en page de garde, elle me montre une petite annotation au crayon. J'ai acheté cet album il y a plus de trente ans. Et la libraire... c'était elle.
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Mausolées - Extrait
Une clameur s’éleva, croissante. Le cœur battant, Kargo entendit enfin nettement un cri hystérique : « Des enfants ! » Comme les autres, il abandonna sa file, rebroussa chemin et joua des coudes pour s’approcher. Dès les premières rumeurs, les gardes avaient quitté leur poste pour s’imposer au milieu de l’esplanade et dégager la place. Le cercle s’élargit, les cris devinrent murmures, des gens s’agenouillèrent. Kargo ne vit rien tout de suite, mais il entendit d’abord de petits cris qui pouvaient bien être des rires. Les voix si légères, si fragiles enflèrent ; un groupe de femmes, devant lui, se prosterna d’un bloc, comme une vague qui s’effondre, et Kargo les vit : guidés par des soldats puissamment armés, de tout petits hommes avançaient maladroitement. Des enfants !
Kargo n’en avait jusqu’à présent vu que des représentations, mais cette vision directe procurait une sensation neuve, indescriptible. Les minuscules visages se bousculaient, dodelinaient comiquement ; démesurés par rapport au reste du corps, étonnamment gracieux. Cela provoquait le rire en même temps qu’une onde de chaleur qui poussait de bonnes larmes aux paupières. Certains enfants décochaient des sourires au passage ; d’autres, intimidés par la foule nombreuse, restaient accrochés aux mains des soldats et affichaient une mine sérieuse qui inspirait des réactions attendries et bienveillantes. Kargo éprouvait une sensation exaltée et, autour de lui, la foule s’enivrait de tendresse, hypnotisée. La seule apparition des enfants avait jeté sur le sol, en position de prière, des milliers de personnes fascinées. Il devait y avoir une quarantaine de garçons et de filles. Un vieillard, dans l’assistance, estima qu’ils ne devaient pas avoir plus de trois ans, ce que contesta une voix anonyme, un peu plus loin, qui parla de cinq ans. Des pénitents leur demandèrent de se taire. Kargo était bouleversé comme il ne l’avait jamais été. Il aurait voulu pouvoir être assez près des enfants pour en toucher un, ou le frôler, sentir son odeur au moins, et plonger juste une seconde dans un de ces regards trop vite passés ; mais le petit groupe s’éloignait déjà, laissant au cœur de chacun une blessure étrange, très douce. La foule immobile demeura ainsi jusqu’à ce que les enfants aient disparu, à l’autre bout de l’esplanade, derrière le mausolée. Les touristes se questionnaient, pronostiquaient leur direction, le but de leur visite. Lentement, la tête ailleurs, on reconstitua les files d’attente pour pénétrer dans le monument. -
Traditions
Radiations à la chandeleur
font gros lapins en couleurs
Qui voit des comètes à la Saint-Patrick
A Pâques, se prendra une météorite -
Mise au point
Je ne préconise aucune réaction particulière à la dernière déclaration de Georges Mouturier, mon voisin de palier. Restons-en là, voulez-vous. Inutile de manifester, inutile d'ameuter les médias, ce serait lui donner de l'importance. Je m'y refuse. Quant à ses propos indignes, je préfère n'en rien dire pour ne point l'accabler. En fait, faisons comme si rien ne s'était passé.
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Inside CC
Kronix, avide d'un billet, entre dans mon cerveau et explore cette cavité sonore à la recherche d'une idée pour le lendemain. Hèle, interroge, ne recueille qu'un écho. S'en retourne dépité. Inquiet, peut-être. En tout cas, avec un sujet de billet et c’est toujours ça (a un peu triché aussi, mais enfin.)
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Mausolées sur e-maginaire
Une nouvelle critique de Mausolées. Un certain STEPH a bien compris le virage souhaité par Mnémos en publiant ce livre.
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Le poissard
Une fée s'était bien penchée sur son berceau mais, comme elle avait picolé pour arroser la naissance, elle avait tout vomi.
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Bouffée d'oxygène
Samedi dernier, à Tarare, tandis que la ville se recroquevillait sous une pluie froide et déprimante, j'ai eu le plaisir d'être interviewé par Marie-Louise Hansen, chroniqueuse d' Oxygène-Radio. L'habillage de la radio (ah, les bons vieux effets de réverb' sur le logo), la couleur des voix qui s'y font entendre, m'ont rappelé le temps où nous sévissions sur les ondes, avec notre accent et notre bonne volonté, au micro des premières radios libres. Le web permet de réinventer ce médium, en tout cas de faire renaître la veine enthousiaste de ses pionniers. Je me suis plié avec grand plaisir à cet exercice, dont voici l'enregistrement intégral en deux parties. Merci à Marie-Louise, merci à son technicien. Vivent les radios libres !
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Ce genre de malaise
Comment dire... Si : un soir, dans une chambre d'hôtel, je sens quelque chose au fond de mon lit. C'était un pansement souillé. Et bien voilà, parfois, dans la vie, je me sens comme dans les draps de cette chambre d'hôtel.
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ça va pas durer
En ce moment, je ne prends plus le bus. Incapable de me lever assez tôt pour ça. Je me rends au travail en voiture, comme n'importe quel blaireau insoucieux de son impact sur l'environnement. Et je redécouvre le plaisir d'écouter la radio en conduisant (les éditos de Thomas Legrand notamment). Plaisir coupable, donc.