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kronix - Page 4

  • 3462

    « Écoutez, j'ai cinquante-huit ans, j'ai passé ma vie à actionner des chasses d'eau, et je peux vous affirmer que celles qu'on tire (j'imite le geste sec, et le répète), s'abîment plus rapidement que celles sur lesquelles on appuie. »
    (un soudain besoin de convaincre le vendeur du rayon sanitaires...)

  • 3461

    Quelle odeur avait la combustion du charbon ? J'ai connu cela, mais c'est trop lointain, les images revenues ne font naître aucune remémoration de fumet. Enfants, chacun notre tour, nous étions désignés pour remonter les boulets noir mat, leur poids minéral confiné dans un grand seau de zinc — ou était-ce un broc de tôle émaillée ? Nous alimentions le petit poêle de l'atelier de mon grand-père. On allumait, on tisonnait les poignées rougeoyantes, de la lave en fusion maîtrisée par notre petit pouvoir. Quelle odeur ? Le minéral, le feu, la rocaille remuée qui crache ses braises, la fonte qui résonne, la fraîcheur de l'atelier qui lâche prise doucement… C'est loin mais pas assez sans doute pour que, à l'inverse, s'il advenait qu'on en brûle en ma présence, toutes les images ne remontent pas instantanément à ma mémoire. Une telle occasion ne m'a pas été donnée. Je me souviens par contre de l'odeur à froid, dans la fraîcheur terreuse de la cave, des boulets de poussière, le schlamm moulé en balles de fronde des Baléares. Sous cette forme, le charbon était versé en éboulis par le soupirail d'où tombait les bruits et la faible clarté de la rue.

     

    A propos de Saint-Etienne. Écriture en cours.

  • 3460

    Dans une semaine exactement, à 20 heures, je serai à la bibliothèque de Lentigny. Interviewé par le complice Olivier Paire, alias Petelus, nous allons évoquer les relations de mon univers avec celui de la BD, mais pas seulement. Je ne sais pas si ce sera instructif, mais je vous promets que ce sera un bon moment.

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  • 3459

    Comment aimer une ville, doit-on aimer une ville, qu'est-ce qui est aimable dans une ville ? Roannais, je franchis en voisin les quelque 80 kilomètres qui nous séparent et que les aménagements routiers successifs réduisent à moins d'une heure de trajet. La quasi indifférence des stéphanois pour ma ville, légitime en retour le peu d'influence que la préfecture de la Loire exerce sur la sous-préfecture où je suis né. Nous nous connaissons ; je doute que nous soyons jamais compagnons. Le môle lyonnais qui réoriente Saint-Etienne selon son ancienne nature, de l'ouest vers l'est, aimante les attentions, qu'on le veuille ou non, et distrait les regards que les sœurs ligériennes pourraient mutuellement se porter. Il y a des liens pourtant, beaucoup de Roannais viennent travailler ici, les administrations concentrées les obligent à s'y rendre parfois, la vie culturelle les attire souvent et les enthousiasmes footballistiques sont partagés. Pour ma part, je ne viens pas à Saint-Etienne comme un touriste dans une cité imaginée, j'entre en habitué dans ses rues où sont organisés des souvenirs en parcelles, les traces d'une part de ma vie sans nostalgie, bien que j'y aie vécu de grandes heures amoureuses, les premières véritables et totales, celles qui déterminent tant de traits de l'avenir. J'y ai chanté, oui, fort et comme un crétin, en pleine rue, j'y ai ri sans retenue, adoré sans décence, j'y ai pleuré, j'y ai désespéré comme il se doit pour tout jeune homme pétri de lectures romantiques (encore avais-je les cheveux trop policés pour représenter le type), jeune homme que je dois admettre avoir été, dont je considère les excès avec l'incrédulité d'un père. Je fus ce garçon artiste, glabre et plus que mince : maigre (je parle donc d'un temps très ancien) qui ne pouvait concevoir de tomber amoureux sans démonstration — j'en rougis — qui connut sa première fois dans une soupente que je jugerais sinistre aujourd'hui mais qui fut un nid éblouissant pour nos jeunes corps aux membres trop pâles. La minuscule fenêtre qui ne recevait qu'un quart d'heure de jour quotidien était affublée de barreaux à mi-hauteur pour interdire, je suppose, à un candidat obstiné au suicide, de s'extirper par reptations de l'unique pièce et de se précipiter déjà épuisé dans la rue Michel Servet, cinq étages plus bas. Ce court registre de lumière suffit en tout cas pour ensoleiller les souvenirs inaltérables de cette aube charnelle.

     

    (à propos de Saint-Etienne, écriture en cours)

  • 3458

    Religieux, il espérait avec cynisme les mauvaises nouvelles qui ajouteraient de l'eau à son moulin – à prières.
    Politicien, il espérait avec cynisme les mauvaises nouvelles qui ajouteraient de l'eau à son moulin – à paroles.

  • 3457

    Lancé dans un récit (de prospective, anticipation, SF... comme vous voudrez), déroulant un futur sur plusieurs millénaires, je suis contraint de m'arrêter et de tout remettre en question à cause de nouvelles données scientifiques. Certaines échéances catastrophiques, que, lors de l'écriture de Mausolées (1995, mais publié en 2013), je plaçais à un siècle, semblent se profiler à moins de trente ans. Il devient de plus en plus délicat de faire correspondre la chronologie de mon vieux roman (chronologie cachée, à l'époque : les points de repères étaient volontairement laissés dans le flou) avec le calendrier plus vaste du récit que j'entreprends. Ah, c'est inconfortable, la SF ! Je comprends que des auteurs amoureux de l'imaginaire, emmènent leurs lecteurs dans d'autres mondes, créent un moyen-âge fantastique ou n'importe quelle société débarrassée des cadres de la nôtre, passée ou présente. De même, le roman historique a bien des atouts, car le passé est acquis ; ou encore le roman contemporain, qui est en droit de se concentrer sur les affres des personnages, sans s'inquiéter de déployer un arsenal de contexte, puisque le contexte est celui des lecteurs.
    Ce qui est compliqué, c’est la confusion (entretenue, par moi notamment, c’est bien fait), entre contes futurs et divination. Nous ne sommes pas des prophètes, mais aucun auteur du genre ne reniera la bête fierté d'avoir décrit les phénomènes à venir.


  • 3456

    Le coureur cycliste n'en peut plus. Il voudrait tellement laisser tomber. Mais il y a cette magnifique jeune fille dans la foule, qui l'encourage à chacun de ses passages...

  • 3455

    « Je suis hyperactive » dit-elle fièrement. Je me pris à comparer le produit de son hyperactivité avec celui de ma paresse, laquelle me parut soudain diablement efficace.

  • 3454

    Je ne suis pas dupe : je vois bien qu'il y a une conspiration de tous les paranoïaques, ligués pour me nuire !

  • 3453

    Entre eux, les rapports étaient glaciaux, mais ça chauffait souvent.

  • 3452

    Toutes les bonnes nouvelles ne se partagent pas sur le réseau. Mais, pardon, la joie que soulèvent certaines est telle, qu'il est difficile de les contenir. Voilà. Joie. Ou émotion. Ou les deux. Bonne soirée.

  • 3451

    Photographe plein de bonne volonté, il était misérable pourtant. Incapable de faire un portrait ressemblant.

  • 3450

    J'ai rarement des chroniques aussi riches. Des nuances, des réserves et, au bout du compte, l'adhésion. Merci à ce blogueur de Lecture 42.

     

  • 3449

    C'est l'hiver, et nous voici petits dieux créateurs de nuages.

  • 3448

    Le ménage à trois fonctionnait bien mais, Vicky, incessamment sollicitée par ses amants, fatiguait. Elle demanda un temps d'abstinence. Choisit mal son heure pour déclarer la trêve car les garçons étaient prêts tous les deux à l'honorer une fois encore et espéraient la convaincre. Spectacle fascinant : deux gaules s'opposaient au régime de Vicky.

  • 3447

    Il aurait aimé être un séducteur, aller de femme en femme, sans remords, multiplier les conquêtes. Malheureusement, son épouse était magnifique, tendre, attachante, brillante, et il en était éperdument amoureux.

  • 3446

    "Des rencontres sans lendemain" promet l'annonce. Mais alors... Faut se barrer à minuit ?

  • 3445

    Le sage Hong Li vit partir ses nombreux disciples quand il commença, après des années de transmission gracieuse de son savoir, à parler d'une petite rémunération.

  • 3444

    Quand il a parlé de confiance, d'écoute et de respect, les muscles de la confiance, de l'écoute et du respect se sont resserrés autour de mon anus.

  • 3443

    La vraie frustration du cul-de-jatte n'est pas là où l'on croit. Elle n'est pas dans une jalousie supposée envers ceux qui peuvent marcher sur leurs jambes ; mais davantage dans l'impossibilité de gueuler parfois, devant une imbécillité de plus : « Y'a des coups de pieds au cul qui se perdent ! »