Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

kronix - Page 5

  • 3473

    Vous lisez en ce moment la phrase de quelqu'un d'assez potache pour verser du champagne dans les képis déposés sur une table par toute une délégation de gendarmes en grande tenue, lors d'une cérémonie de jumelage. C'était il y a une quarantaine d'années, et je ne parviens pas à m'en trouver honteux.

  • Nouvelle chronique des Nefs de Pangée

    ... Et celle-ci est une des plus riches qui aient été écrites sur ce roman, publié il y a presque deux ans (ce qui commence à faire une petite longévité dans le milieu des littératures de l'imaginaire). Un article riche et sans complaisance, car l'auteur relève les défauts qu'il a perçus. Sur le blog de Tom Vipraine, Monde imaginaire, j'ai eu le plaisir de voir explorés et approfondis des aspects jamais abordés. Il y a notamment cette notion de la continuité et de la discontinuité des deux univers qui s'affrontent : le continent unique et l'océan unique, et les figures mythiques du Léviathan et du Béhémoth. Presque toutes les références y sont, dans un louable effort d'analyse littéraire du texte. Quelle jubilation pour un auteur d'être ainsi "travaillé". Je vous laisse en compagnie de cette longue et passionnante chronique.

  • 3471

    Vu un skatteur verbalisé, tandis qu'un handicapé roulait comme un dingue sur le trottoir avec son fauteuil électrique super équipé, et que les policiers, gênés, regardaient ostensiblement à côté.

  • 3470

    Je marche, j'ai beaucoup marché, j'apprends la ville en piéton, comme le conseille Lionel Bourg dans Fragments d'une ville fantôme, à la suite de Maurice Bedoin, en promenade sur les traces du Patrimoine minier stéphanois, scrupuleusement énoncé à hauteur d'homme, ou à la façon de Jean-Noël Blanc, sur son Bonhomme de chemin. Comme j'en avais eu l'intuition à Roanne pour comprendre ma propre cité, j'ai réitéré dans les rues de Saint-Etienne, dans le dédale des escaliers et des passages, au détour des blocs orthonormés par l'architecte Dalgabio quand les terrains conventuels saisis par la Révolution permirent l'élan de la ville vers le nord, j'ai marché dans la cité, j'ai respiré sa rumeur, éprouvé sa cuirasse sous les pas. J'ai traversé l'hiver, j'ai connu Saint-Etienne avalée par le brouillard, magnifiée par la neige, j'ai croisé vers la place du peuple, le cheminement placide des tramways, glissant entre les immeubles roussis par l'éclairage urbain, le silence étonnant et doux de la ville engourdie de blancheur, la nuit, je me suis attardé devant la petite muse de Massenet, un masque d'ouate posé sur le front, poings réunis sous le menton, comme si elle avait froid, beauseigne, et j'ai connu la ville sous un soleil oblique et jaune, j'ai vu la ville prétendument noire déployer un rideau de plaques éléphantines sur l'écran du soir, face à l'appartement où j'étais accueilli, à côté de l'ancienne école des Beaux-Arts, celle que je fréquentais, dont j'ai arpenté le parc de jour et de nuit — encore une fois sans nostalgie — mesurant les effets du temps et de l'abandon, je l'ai connue dans l'éclat d'une tentative prématurée de printemps vite repliée, et sous le vent, en bourrasques, en coulées vives accélérées par le confinement des hautes parois d'immeubles, dès qu'on s'aventure au delà de la grande rue, je me suis laissé égarer sur des hauteurs qui combinent une patience de village avec la rumeur toute proche de la ville. J'ai marché, disponible, ouvert à la poésie, j'attendais d'aimer, je voulais aimer cette ville. J'allais, l'esprit mobilisé par ce questionnement lancinant et peut-être moins profond ou exigent que je l'ai cru : une ville est-elle aimable ? Qu'est-ce qui est aimable dans une ville ? Doit-on aimer une ville ? En marchant, j'ai escaladé (le terme est un peu fort, pardon : j'ai gravi) les pentes et les marches des collines qui entourent la ville, autorisent une comparaison paresseuse avec Rome, sans que les auteurs s'accordent sur le nombre des sommets. J'ai découvert avec soulagement un ascenseur, là où mes souvenirs me préparaient à enchaîner une théorie d'escaliers. Je me suis rendu dans les cimetières — sorte de pèlerinage qui est, par ailleurs, dans mes habitudes, où que je me trouve — j'ai noté le caractère disparate des habitations, remarqué de belles réalisations, des réussites architecturales et de larges espaces paupérisés, je suis allé jusqu'aux zones commerciales ou industrielles qui, aujourd'hui, font un décor sans grâce et sans surprise partout en France aux marges des villes, je suis rentré dans les commerces, les musées et les églises, j'ai fréquenté des cafés, des restaurants et des pubs, j'ai été invité chez des particuliers, j'ai fait mes courses... la routine de tout résident. J'ai vécu les jours, les nuits, j'ai traversé des dimanches, passé des semaines. J'ai rencontré des gens, anonymes ou plus caractérisés, j'ai écrit, demandé, fouillé, glanant et notant, je suis allé au théâtre, au cinéma, j'ai parcouru les rayons des médiathèques, échangé avec des lycéens. J'ai considéré les crassiers spectaculaires, j'ai écouté derrière les protections de métal et sous la rue, gronder des eaux torrentielles, j'ai été guidé sur les traces du Furan, sur les traces des mineurs... J'ai eu du temps pour faire cela. J'ai bénéficié du temps qu'offre une résidence au long cours.

     

    Extrait de "à propos de Saint-Etienne". Écriture en cours.

  • 3469

    Si on accorde crédit aux sculptures de l'Île de Pâques, il n'est guère étonnant qu'une civilisation menée par des grandes gueules avec un petit cerveau, ait périclité rapidement.

  • 3468

    Il demeure pourtant un mystère, et je ne vois personne s'en soucier : les étuis péniens des papous, ça gratte ?

  • 3467

    C'est ce soir, à 20 heures, à la médiathèque de Lentigny (tout près de Roanne), médiathèque située dans le bâtiment de la mairie que nous dialoguerons, Olivier Paire et moi, autour des notions de BD et de romans, et des particularités de ces deux formes de narration. L'occasion, rare, d'évoquer mon travail de scénariste de bandes-dessinées et mon passé de dessinateur. Je sais gré à Olivier de prendre le temps de préparer cette rencontre, lui qui croule sous les traductions de mangas et surtout, qui est sur la dernière ligne droite d'un projet superbe dont je vous parlerai bientôt.

    Pour Lentigny, en attendant, je suis certain que ce sera un joli moment complice de pensée complexe (voilà, je l'ai dit).

  • 3466

    Il est double, ce vertige, il tient du physique et du mental, d'enfouissements concrets et psychologiques, ou quadruple si l'on veut, puisque les deux états dudit vertige sont redoublés par l'existence de deux réseaux relégués. Ceux que mes camarades stéphanois, pourtant du cru, élevés ici, sûrement nourris de mythes locaux où la mine se taillait la part belle et où la mémoire du Furan et de ses crues se transmettait, ceux donc que mes camarades ignoraient ou dont ils ne parlaient jamais. Cette innocence est corrélée au présent de la ville, car toute ville se conjugue au présent, en surface, existe sans que soit nécessaire de s'occuper de ce qui gît, sous elle. Est-ce à dire que les villes mentent, qu'elles cachent leurs secrets, tendent une peau maquillée sur une chair remuante qui patiente ? Qu'est-ce que c'est que ce passé enfoui ou ce potentiel d'avenir que l'habitant, plus ou moins conscient, se permet de négliger ? La Mère-rivière à laquelle la ville doit d'exister, rien de moins, circule là dessous et l'on n'est pas près de la remettre au jour, quant au passé minier sur quoi je vais d'abord m'attarder, lui aussi reste tapi, et pour de légitimes raisons : place aux vivants et à demain. C'est terminé, tout cela, enterré pour de bon, et ce ne sont pas quelques roulements d'épaule du sol ou le précieux travail des érudits, historiens amateurs ou professionnels, ce ne sont pas non plus les collections, les restes dont on retarde le délabrement, qui vont imposer l'archéologie ouvrière aux hommes de demain. C'est un dilemme, ça. L'histoire minière, ouvrière, politique, fait partie de l'identité de Saint-Etienne. Cela ancre et élève, pourtant une tentation existe d'en faire le deuil, pour avancer. Comment faire ? « Comment s'extirper de ce XIXe » questionne Lionel Bourg. Laisser parler ce passé comme un vieux qui radote, le laisser s'éteindre comme se refroidissent inéluctablement les crassiers ? ou aller au charbon (c'était tentant...), remuer les souvenirs, insister, présenter la facture, en tirer des exemples pour l'avenir ? À cela, la terre donne sa réponse. Boulangée par les hommes depuis le XIIIe siècle, elle a de ces mouvements d'humeur qui forcent l'intérêt. Quant au Furan, génération après génération recouvert, honni, sali et maltraité, régénéré mais enterré toujours, il attend le bon vouloir des hommes pour retrouver une fonction, n'être plus seulement un courant souterrain, contraint, négligé, mais un élément essentiel pour penser la ville de demain.

     

    A Propos de Saint-Etienne. Écriture en cours

  • 3465

    Cependant (et est-ce que le statut de voisin invité excuse ou aggrave ce constat ?), je ne connaissais de Saint-Etienne que la surface, le grain de peau. J'ignorais sa nature ancienne et viscérale, ses aléas de puits et de rivières. Autour de moi, personne n'en parlait, camarades stéphanois d'origine ou étudiants débarqués indifférents, nos idées n'allaient pas s'égarer en deçà de nos semelles. Quand j'y pense, quels ignares ! C'est l'air, chemin pour les cris des jeux, la fantaisie des chansons, qui nous intéressait, ou bien la terre éventuellement, porteuse de jambes de filles, et l'air, encore, son froid d'hiver pénétrant, ses bourrasques d'été jouant dans les chevelures, toujours, des filles. Des années plus tôt quand, enfant, je m'étais amouraché de préhistoire, quelques expéditions à la recherche de fossiles nous avaient bien, mon père et moi, éloigné de nos campagnes pour aborder ces parages, explorer des restes affleurants montés des entrailles carbonifères, trier les intailles témoin d'une vie triomphante très antérieure aux hommes, d'une vaste genèse qu'en amateur je connaissais bien et qu'en lecteur de Hugo je retrouvais au début de sa Légende des Siècles dans cette nature qui « dépense un soleil au lieu d'une étincelle » pleine « d'arbres effrayants que l'homme ne voit plus. » Les fougères subtilement imprimées rejoignaient d'autres fossiles sur les rayons de mon petit musée domestique. À l'aune de ces évidences, j'aurais pu concevoir que la ville s'appuyait tout entière sur un récit immémorial, à demi-secret, enfoui. Mais un tel vertige m'était inaccessible autant qu'il était indifférent à mes amis. Vertige, oui, car il existe un vertige sous la ville.

     

    A propos de Saint-Etienne. Ecriture en cours.

  • 3464

    Je ne suis pas d'ici, pourtant j'ai eu des raisons de croire que je connaissais un peu Saint-Etienne à cause de quelques années traversées en études. Les unes, subies et délétères, les autres, voulues, fastes, et finalement tout aussi accablantes. Décidément, quel éternel insatisfait j'ai failli demeurer ! Mais aussi, comprenez : que peut bien vouloir un garçon convaincu de son inutilité ? Aucun cadre ne lui procure de joie. Ce fut Saint-Etienne, ç'aurait pu être Nîmes, Lille ou New-York, qu'importe, la ville où je vivais était laide, puisqu'à mes yeux, le cadre de mes errances morbides. Vous avez bien lu plus haut qu'il y avait l'amour, qui aurait dû parer la vie de beauté intégrale, indiscutable ; ce n'est pas ma seule contradiction. Les élans du cœur ne formaient que des parenthèses dans une attitude vulgairement négative, générale, un regard mauvais porté sur à peu près tout. Notre jeune couple était encore à Saint-Etienne lorsque j'abandonnai les Beaux-Arts pour me morfondre plus profondément encore au service militaire. A., ma future femme et mère de mes enfants, travaillait dans une petite usine en ville où elle montait des compresseurs à la chaîne, n'en était pas malheureuse, je la rejoignais à chaque permission, tout arrondi de bouffe de caserne, cheveu si ras que mes oreilles en paraissaient élargies, et nous avions prévu de nous installer un jour, de faire notre nid définitif à Saint-Etienne. L'appartement était vaste, agréable, bon marché, le Crêt-de-Roc nous convenait, sa vie de village, ses voisins, ses dénivelés de pentes ou d'escaliers que nos jeunes santés surmontaient sans problème pour aller et revenir de la ville, chiner en librairie, nous offrir les glaces monstrueuses qu'on servait dans le cadre bourgeois du premier Casino restauré, repeint de vert amande, nous rendre au cinéma l'Eden, là en bas, rue Blanqui, où je crois avoir vu les plus mauvais films de mon existence. Nous eûmes d'intenses bonheurs malgré les prédictions parentales, des retrouvailles joyeuses lors des permissions, malgré leur brièveté, puis de moins en moins joyeuses pour finir par nous voir l'un et l'autre en étrangers. Crise, abandon, départ... ce fut Roanne, notre socle sûrement puisque nous y étions nés et y avions grandi, qui nous réconcilia. Je voulais par ce bref rappel dire que Saint-Etienne n'est pas un système que je découvre. Invité en résidence, j'y ai déjà mes habitudes de promenades, mes amis, mes cafés. J'y connais même des plasticiens, des éditeurs, des comédiens, des écrivains, une société symétrique à celle du Roanne artistique qui est aussi mon univers.

     

    A propos de Saint-Etienne. Ecriture en cours.

  • 3463

    Pour un romancier, l'histoire de Jésus peut-elle être autre chose que celle de l'absence d'un père, et de la création d'un père de substitution, qui s'appelle Dieu ?

  • 3462

    « Écoutez, j'ai cinquante-huit ans, j'ai passé ma vie à actionner des chasses d'eau, et je peux vous affirmer que celles qu'on tire (j'imite le geste sec, et le répète), s'abîment plus rapidement que celles sur lesquelles on appuie. »
    (un soudain besoin de convaincre le vendeur du rayon sanitaires...)

  • 3461

    Quelle odeur avait la combustion du charbon ? J'ai connu cela, mais c'est trop lointain, les images revenues ne font naître aucune remémoration de fumet. Enfants, chacun notre tour, nous étions désignés pour remonter les boulets noir mat, leur poids minéral confiné dans un grand seau de zinc — ou était-ce un broc de tôle émaillée ? Nous alimentions le petit poêle de l'atelier de mon grand-père. On allumait, on tisonnait les poignées rougeoyantes, de la lave en fusion maîtrisée par notre petit pouvoir. Quelle odeur ? Le minéral, le feu, la rocaille remuée qui crache ses braises, la fonte qui résonne, la fraîcheur de l'atelier qui lâche prise doucement… C'est loin mais pas assez sans doute pour que, à l'inverse, s'il advenait qu'on en brûle en ma présence, toutes les images ne remontent pas instantanément à ma mémoire. Une telle occasion ne m'a pas été donnée. Je me souviens par contre de l'odeur à froid, dans la fraîcheur terreuse de la cave, des boulets de poussière, le schlamm moulé en balles de fronde des Baléares. Sous cette forme, le charbon était versé en éboulis par le soupirail d'où tombait les bruits et la faible clarté de la rue.

     

    A propos de Saint-Etienne. Écriture en cours.

  • 3460

    Dans une semaine exactement, à 20 heures, je serai à la bibliothèque de Lentigny. Interviewé par le complice Olivier Paire, alias Petelus, nous allons évoquer les relations de mon univers avec celui de la BD, mais pas seulement. Je ne sais pas si ce sera instructif, mais je vous promets que ce sera un bon moment.

    28555609_1537931932927829_149126399_o.jpg

  • 3459

    Comment aimer une ville, doit-on aimer une ville, qu'est-ce qui est aimable dans une ville ? Roannais, je franchis en voisin les quelque 80 kilomètres qui nous séparent et que les aménagements routiers successifs réduisent à moins d'une heure de trajet. La quasi indifférence des stéphanois pour ma ville, légitime en retour le peu d'influence que la préfecture de la Loire exerce sur la sous-préfecture où je suis né. Nous nous connaissons ; je doute que nous soyons jamais compagnons. Le môle lyonnais qui réoriente Saint-Etienne selon son ancienne nature, de l'ouest vers l'est, aimante les attentions, qu'on le veuille ou non, et distrait les regards que les sœurs ligériennes pourraient mutuellement se porter. Il y a des liens pourtant, beaucoup de Roannais viennent travailler ici, les administrations concentrées les obligent à s'y rendre parfois, la vie culturelle les attire souvent et les enthousiasmes footballistiques sont partagés. Pour ma part, je ne viens pas à Saint-Etienne comme un touriste dans une cité imaginée, j'entre en habitué dans ses rues où sont organisés des souvenirs en parcelles, les traces d'une part de ma vie sans nostalgie, bien que j'y aie vécu de grandes heures amoureuses, les premières véritables et totales, celles qui déterminent tant de traits de l'avenir. J'y ai chanté, oui, fort et comme un crétin, en pleine rue, j'y ai ri sans retenue, adoré sans décence, j'y ai pleuré, j'y ai désespéré comme il se doit pour tout jeune homme pétri de lectures romantiques (encore avais-je les cheveux trop policés pour représenter le type), jeune homme que je dois admettre avoir été, dont je considère les excès avec l'incrédulité d'un père. Je fus ce garçon artiste, glabre et plus que mince : maigre (je parle donc d'un temps très ancien) qui ne pouvait concevoir de tomber amoureux sans démonstration — j'en rougis — qui connut sa première fois dans une soupente que je jugerais sinistre aujourd'hui mais qui fut un nid éblouissant pour nos jeunes corps aux membres trop pâles. La minuscule fenêtre qui ne recevait qu'un quart d'heure de jour quotidien était affublée de barreaux à mi-hauteur pour interdire, je suppose, à un candidat obstiné au suicide, de s'extirper par reptations de l'unique pièce et de se précipiter déjà épuisé dans la rue Michel Servet, cinq étages plus bas. Ce court registre de lumière suffit en tout cas pour ensoleiller les souvenirs inaltérables de cette aube charnelle.

     

    (à propos de Saint-Etienne, écriture en cours)

  • 3458

    Religieux, il espérait avec cynisme les mauvaises nouvelles qui ajouteraient de l'eau à son moulin – à prières.
    Politicien, il espérait avec cynisme les mauvaises nouvelles qui ajouteraient de l'eau à son moulin – à paroles.

  • 3457

    Lancé dans un récit (de prospective, anticipation, SF... comme vous voudrez), déroulant un futur sur plusieurs millénaires, je suis contraint de m'arrêter et de tout remettre en question à cause de nouvelles données scientifiques. Certaines échéances catastrophiques, que, lors de l'écriture de Mausolées (1995, mais publié en 2013), je plaçais à un siècle, semblent se profiler à moins de trente ans. Il devient de plus en plus délicat de faire correspondre la chronologie de mon vieux roman (chronologie cachée, à l'époque : les points de repères étaient volontairement laissés dans le flou) avec le calendrier plus vaste du récit que j'entreprends. Ah, c'est inconfortable, la SF ! Je comprends que des auteurs amoureux de l'imaginaire, emmènent leurs lecteurs dans d'autres mondes, créent un moyen-âge fantastique ou n'importe quelle société débarrassée des cadres de la nôtre, passée ou présente. De même, le roman historique a bien des atouts, car le passé est acquis ; ou encore le roman contemporain, qui est en droit de se concentrer sur les affres des personnages, sans s'inquiéter de déployer un arsenal de contexte, puisque le contexte est celui des lecteurs.
    Ce qui est compliqué, c’est la confusion (entretenue, par moi notamment, c’est bien fait), entre contes futurs et divination. Nous ne sommes pas des prophètes, mais aucun auteur du genre ne reniera la bête fierté d'avoir décrit les phénomènes à venir.


  • 3456

    Le coureur cycliste n'en peut plus. Il voudrait tellement laisser tomber. Mais il y a cette magnifique jeune fille dans la foule, qui l'encourage à chacun de ses passages...

  • 3455

    « Je suis hyperactive » dit-elle fièrement. Je me pris à comparer le produit de son hyperactivité avec celui de ma paresse, laquelle me parut soudain diablement efficace.

  • 3454

    Je ne suis pas dupe : je vois bien qu'il y a une conspiration de tous les paranoïaques, ligués pour me nuire !