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vendredi, 30 novembre 2007
Réponse d'un éditeur
Albin Michel a une démarche intéressante, pour les auteurs qui leur envoient un manuscrit. Le courrier me donne rendez-vous sur un site dédié à la lecture des manuscrits, avec un numéro de code. J'entre mon numéro, j'apprends que mon manuscrit est en lecture. Curieux de nature, j'entre le numéro de code qui précède le mien et qui, comme je le supposais, concerne un autre manuscrit, reçu le même jour et qui est également en lecture. Poussant plus loin mes investigations, je finis par apprendre que 16 manuscrits (le mien compris) sont arrivés le 14 novembre chez Albin Michel. Ils sont tous "en lecture".
Le courrier me promet une réponse dans un délai de trois semaines à un mois.
12:45 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Travailleurs sociaux en prison
Paris, le jeudi 22 novembre - Chaque soir, sur la place du colonel Fabien dans le 19ème arrondissement à Paris et à proximité, apparaissent quelques centaines de personnes principalement originaires d’Afghanistan, d’Iran et d’Irak.
Elles viennent chercher quelques nourritures de subsistance et un hébergement d’urgence, en attendant pour la plupart de trouver une route qui les amène enfin en Angleterre. C’est comme cela depuis la fermeture de Sangatte en 2002, et particulièrement depuis plus d’un an.
Dans cette cour des miracles d’un autre siècle, village éphémère quotidien de deux heures, l’action des équipes de France Terre d’Asile, en plein accord avec les services de l’Etat, consiste à repérer les probables mineurs ou personnes en état d’extrême vulnérabilité, à les mettre en urgence à l’abri, à leur donner une information sur le droit d’asile et à les mettre en garde sur les risques du passage vers l’Angleterre.
Une gageure dans la plupart des cas, mais qui permet à un cinquième de cette population de s’inscrire dans une démarche de protection en France.
Les autres, les acteurs institutionnels et associatifs le savent, repartent par le biais de multiples réseaux, où les plus forts font régner la loi des seigneurs de la misère.
En somme, le travail social réalisé à cet endroit est un pis allé à la définition cohérente d’une politique publique d’accueil et de protection, voire, si l’on épouse ce point de vue, de sécurité publique. Mais nous l’assumons.
Ainsi, quelques milliers de personnes ont transité par cette place depuis l’hiver dernier. Elles ont passé des dizaines de frontières, séjourné pour certaines d’entre elles dans les madrasas au Pakistan ou ailleurs, servi d’interprètes aux forces françaises stationnées en Afghanistan, été interpellées par la plupart des polices d’Europe, ont parfois été détenues dans les prisons européennes, iraniennes, turques. La plupart vivent dans des conditions inhumaines d’expédients divers. Sans autorisation de séjour, sans droits. Et cela dure, et rien ne change.
C’est dans ce contexte que le Parquet de Boulogne-sur-Mer a décidé, le lundi 19 novembre 2007, d’interpeller, au petit matin à Paris, deux de nos intervenantes sociales. Comme dans les fictions, pour juguler le crime, il fallait bien une arrestation à domicile, une perquisition et un transfert menotté vers Calais.
Le délit supposé : complicité d’aide au séjour irrégulier en bande organisée. Rien que cela. La faute de nos salariées ? Avoir transgressé la frontière très ténue entre engagement professionnel et personnel en transmettant leur numéro de portable privé à certains jeunes Afghans, pris en charge par notre organisation et qui semblent impliqués dans une affaire d’aide au séjour irrégulier. Leur avoir remis une carte à l’entête de France Terre d’Asile, sans autre valeur que symbolique, attestant que ces personnes faisaient l’objet d’un suivi social dans nos services.
06:20 Publié dans Matières à penser | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 29 novembre 2007
Un expert sur Mozinor
A voir absolument "César CSI", parodie du "Jules César" de Mankiewickz (l'original est aussi un chef d'oeuvre), avec Marlon Brando, jeune et beau, dans le rôle de César, enfin, chez Mozinor, il s'agit d'un super-enquêteur. 5 minutes de bonheur.
06:50 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
I am legend
Sur le thème, il y aura le film bien cadré, bien hollywoodien avec Wesley Snipes, mais il y a aussi ce projet incroyable.
04:32 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Insomnie, e-book, livrel et fin du monde.
Il semblerait que nous soyions repartis pour une petite insomnie, voyez-vous. Rien d'inquiétant en ce qui me concerne : c'est relativement rare. Je laisse faire, j'attends que mon corps veuille bien reprendre son rythme de sommeil normal. Ne vais sûrement pas traiter ce petit désagrément avec des petites pillules en couleur ou autres saloperies. Mais je ne suis pas un vrai insomniaque.
Hier soir, nous étions à une conférence sur le futur du livre, le livre numérique. Pas le courage de pondre une synthèse à 4 heures du mat', mais je l'écrirai ce soir (billet qui sera posté probablement le 3 ou 4 décembre). En résumé cependant : la chaîne graphique a du souci à se faire. les premiers secteurs "atteints", en tout cas, les plus susceptibles d'être rapidement bouleversés, sont les industries de la presse. Certains journaux ont déjà anticipé. Pendant la conférence, ma chérie (libraire) était effarée, les joues rougissantes de colère. Elle voit son métier menacé de disparaître. En effet, si le livre d'art, le beau livre-cadeau restera probablement un objet incontournable, le reste de l'édition va être lourdement pénalisé.
On en reparlera.
Ah oui, et Fred Chichin est mort. Je suis triste.
Et Maurice Papon aussi, il paraît. Dommage que l'enfer n'existe pas.
04:05 Publié dans ???????? | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
mercredi, 28 novembre 2007
Les promesses de l'ombre
La collaboration Cronenberg/Mortensen semble promise à un certain avenir, vu les deux dernières réalisations du cinéaste canadien. Moins dérangeant que l’opus précédent (History of violence, dont j’avais largement parlé dans une version précédente de Kronix) et la plupart des films de Cronenberg, « Les promesses de l’ombre » laisse pourtant, après la vision de ce qu’on croit être seulement un bon thriller mâtiné de film noir, une sensation indicible, un écœurement discret*. L’impression n’est probablement pas due qu’aux scènes violentes et sanglantes, coutumières chez le réalisateur de « la Mouche » ou « Crash », mais à une sorte de mystère qui résiste à la première vision.
L’histoire est celle d’Anna, une sage-femme (Naomie Watts ), qui accouche une très jeune droguée et prostituée, mourant en couches. De la gamine de 14 ans ne restent donc qu’une petite fille en couveuse et un journal intime, écrit en russe. La traduction, que la sage-femme confie à un émigré russe, dont la carte de restaurant marquait les pages du journal, va la plonger dans le monde de la mafia russe londonienne (incarnée par Semyon, vieux parrain odieux et cruel aux abords doux et sages, et son fils Kirill -Vincent Cassel, extraordinaire en petit magouilleur alcoolique et sans envergure). Apparaît alors la figure du chauffeur et frère d’armes de Kirill, Nikolaï (Viggo Mortensen). Et c’est en lui que tout le mystère du film réside. Qui est-il, que veut-il vraiment, quel est son véritable rôle ? Le dernier plan ne livre qu’une clé ultime, encore impuissante à desceller les secrets infernaux cachés sous le masque du nouveau parrain.
Les amateurs pourront, lors de la sortie DVD, multiplier les arrêts sur images durant la longue scène de combat dans un hammam, scène d’anthologie où Viggo n’est couvert que de ses tatouages (tatouages d’ailleurs, stigmate historié de la vie –réelle ou factice- du chauffeur, un thème dans le thème qui mériterait une analyse à part entière).
* Ce serait une erreur de voir dans l'évolution de la filmographie du réalisateur vers des projets plus consensuels et commerciaux, un renoncement à ses hantises et à son univers. Cronenberg reste lui-même, quoi qu'on en dise.
06:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 27 novembre 2007
Rouge Sève
"Rouge sève", est le titre du reportage-photo de Christian Verdet, fait au Liban l'an dernier.
Christian donnera à cette occasion, ce soir, une conférence à la Maison de l'étudiant à Roanne, 12, avenue de Paris.
Au passage, Christian m'a envoyé cette photo de Moâ, un portrait en lecteur et non, je ne suis pas hydrocéphale, merci.
13:05 Publié dans Matières à penser | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Pas rien, mais peu de choses
En ce moment, beaucoup de lecture en retard : la trilogie de Halter : Sara, Tsippora et Lilah, deux essais autour de Proust : "Jouissance de Proust" de Miguel de Beistegui et "Marcel Proust" (collectif-essai, avec des signatures comme Bataille, Kempf et Butor), un Proust : "La confession d'une jeune fille", "Dans le nu de la vie" de Jean Hartsfeld, "le bestial serviteur du pasteur Huuskonen" de Paasilinna, "Pulp Friction" (anthologie et essai sur l'âge d'or de la littérature gay américaine), par Michael Bronski, "Remise de peine" de Patrick Modiano... et quelques autres.
Vous comprendrez que je vais un peu ralentir (quoique... je dis ça, et dès demain...), alors, comme l'autre jour, je vous laisse une image pour meubler, du temps que c'était le temps où je dessinais des petits mickeys.
06:55 Publié dans ???????? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 26 novembre 2007
on a perdu la lune
Plaçant un commentaire sur le blog de Finis Africae (un billet génial, je vous le conseille), je me suis souvenu de cette info.
D'une certaine façon, la perte de documents aussi importants me rassure. C'est qu'il existe un peu partout des documentalistes médiocres, donc probablement aussi dans les ministères de l'intérieur du monde entier, qui ne sauraient pas retrouver les listes des opposants politiques, si une dictature potentielle les exigeait. (je ne suis pas sûr d'avoir été très clair sur ce coup-là).
Pour me faire mieux comprendre, cet extrait d'un écrit plus ancien :
"Il y a eu cette notion que je m'appliquais à défendre, sans véritable conviction : le monde serait pire sans les médiocres. A me frotter à l'énergie inépuisable de mes frères, considérant qu'elle leur permettait de négliger leurs enfants, de partir plus loin en vacances, d'acheter de plus grandes piscines et de manger moins gras, je me suis d'abord laissé convaincre que le bilan de l'efficacité était négatif à l'échelle individuelle. Reporté à l'échelle des nations, la compétence comporte des dangers d'une autre nature. Elle permet de distinguer avec plus de netteté ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas ; elle permet d'isoler les éléments improductifs, les tarés et les feignants, elle détermine des talents, des aptitudes et des assuétudes, elle remarque les gènes positifs, les races supérieures. Elle fait le tri dans l'énorme matériau humain. La compétence et l'efficacité sans frein mènent tout droit aux camps de la mort.
Heureusement, les faibles, les maladroits, peuvent à tout moment faire capoter le grand projet des forts. Heureusement, l'humanité a sa réserve naturelle de médiocres qui la retient de foncer dans le mur avec le moteur surpuissant que ses éléments les plus intelligents ont su lui construire."
Oui, je meuble si ça me chante.
06:50 Publié dans Matières à penser | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 25 novembre 2007
Quand les murs tombent
Par les temps qui... courent, les journalistes engagés (on entrouve) se révèlent et considèrent comme un devoir d'alerter une opinion publique bien atone. Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau ont commis cet opuscule, publié par les éditions Galaade, pour rappeler que, tandis que nous nous inquiétons de notre pouvoir d'achat, la sinistre entreprise xénophobe de Machin se poursuit, avec tests ADN, murs politiques et policiers, ministère mêlant immigration et identité nationale.
Le texte n'a pas la qualité de ceux que j'ai pu vous présenter jusque là, certaines formules pseudo-philosophiques sont même un tantinet agaçantes, mais il m'a semblé intéressant de profiter de la sortie de ce nouveau manifeste pour évoquer un phénomène inédit. Jamais on a vu un tel sursaut d'auteurs, d'historiens, d'intellectuels, prenant la plume au bout de quelques mois de présidence, pour alerter sur la catastrophe qui se prépare.
Je pense à vous qui ne bougez pas. Je préfère être dans ma conscience que dans la vôtre.
09:20 Publié dans Sarko et moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


